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	<title>Lubricités &#187; Saphisme</title>
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	<description>Les cahiers d&#039;Anne Archet</description>
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		<title>L’invitée</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Dec 2011 02:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Boundage]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[— Je peux inviter une amie? — Pour une fois qu’on a l’appartement à nous seuls, j’aurais pensé qu’on aurait pu… en profiter. — Tu vas l’aimer. — Elle est comment? — Elle est grande, gentille et douce. Elle a les cheveux très courts et aime porter des chemises à carreaux. — Ça ne me semble [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">— Je peux inviter une amie?</p>
<p style="text-align: justify;">— Pour une fois qu’on a l’appartement à nous seuls, j’aurais pensé qu’on aurait pu… en profiter.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu vas l’aimer.</p>
<p style="text-align: justify;">— Elle est comment?</p>
<p style="text-align: justify;">— Elle est grande, gentille et douce. Elle a les cheveux très courts et aime porter des chemises à carreaux.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ça ne me semble pas très prometteur. Je vais pouvoir la baiser?</p>
<p style="text-align: justify;">— Non. Elle n’aime pas les hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">— Dans ce cas, qu&#8217;est-ce que j’y gagne?</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien… je vais la déshabiller, lui lécher la fente et lui enfoncer mon gode préféré, tu sais, le mauve que j’ai toujours dans mon sac… elle va mouiller, c&#8217;est certain, elle mouille toujours un jour d’avril, alors je vais boire à sa source, sans même laisser une seule perle de rosée sur le poil de sa chatte. Quand elle sera enfin satisfaire, elle déchirera mes vêtements, me ligotera sur le lit et t’invitera à m’enfiler pendant qu&#8217;elle s’assoira sur mon visage.</p>
<p style="text-align: justify;">— Fuck! Tu… tu veux l&#8217;appeler maintenant?</p>
<p style="text-align: justify;">— Pas besoin, elle sera ici d&#8217;une minute à l&#8217;autre.</p>
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		<title>La grande danse macabre</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 02:20:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Hopital]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore engourdie de sommeil, je pris d’abord conscience du bruit de la radio et de la lumière que j’avais laissée allumée avant de m’endormir sur le sofa. Quelques instant plus tard, je m’éveillai au contact de sa bouche contre la mienne, de son doigt glissant sous le coton de ma culotte. Simone ne dit rien. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Encore engourdie de sommeil, je pris d’abord conscience du bruit de la radio et de la lumière que j’avais laissée allumée avant de m’endormir sur le sofa. Quelques instant plus tard, je m’éveillai au contact de sa bouche contre la mienne, de son doigt glissant sous le coton de ma culotte.</p>
<p style="text-align: justify;">Simone ne dit rien. Pourquoi l’aurait-elle fait? Elle savait que je savais. À sa seule façon de me toucher, je savais que quelqu’un venait de mourir.</p>
<p style="text-align: justify;">La mort. Elle en avait été si souvent le témoin. Parfois sanglante, hurlante et obscène dans la salle d’urgence. Parfois discrète et douce, presque inaperçue au chevet d’un enfant. «Ce n’est pas tant le spectacle de la mort que la confrontation avec ma propre finitude qui me bouleverse» me dit-elle un jour, alors qu’un patient venait quelques heures à peine de mourir dans ses bras. Et chaque fois qu’au retour de l’hôpital elle me fit l’amour, sur le champ, sans me saluer ni même m’adresser une seule parole, je sus que je recevais l’étreinte de l’ange de la mort. En ces occasions, elle n’avait que faire de son propre plaisir. Sa bouche contre mon sexe, elle me buvait, frénétiquement, interminablement, n’arrêtant qu’au moment le plus extrême de son propre épuisement, me laissant pantelante, vidée de plaisir, dépourvue de la force et de la volonté même de respirer.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir-là, il n’y eut aucune séduction, aucun baiser volé dans le cou, seulement son désir de ma peau, douce, chaude, sans âge. Seulement ses doigts, s’agitant en moi comme à la recherche de mon pouls, me fouillant jusqu’au centre de mon être. Seulement sa bouche sur mon sein me tuant et me ressuscitant encore et encore, jusqu’à ce que l’air me manque, jusqu’à ce mon cœur vienne caresser ses lèvres.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant accompli ce qui devait être accompli, Simone se laissa glisser par terre, agenouillée entre mes cuisses.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu as un poil blanc, me dit-elle soudainement.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle fronçait les sourcils, comme si elle inspectait une blessure inusitée.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette position si vulnérable, ayant à peine repris mes sens, je fus incapable de trouver une répartie convaincante.</p>
<p style="text-align: justify;">— Non… il est blond, c’est tout… murmurai-je, en regrettant amèrement de n’avoir pas éteint la lampe avant de m’endormir.</p>
<p style="text-align: justify;">— Toi, blonde? Voyons donc… répondit-elle sur un ton dubitatif. Pas de doute, il est bel et bien blanc. Tiens, en voilà un autre. Ici aussi …</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se mit en chasse, écartant mes cuisses de ses deux mains. Je sentais son souffle familier contre ma peau, mais ses doigts étaient devenus froids, inquisiteurs, cliniques. Je restai donc ainsi, couchée sur le dos, regardant fixement les tuiles du plafond, pendant que Simone me manipulait avec un soin quasi archéologique, comme un artefact fragile et immémorial.</p>
<p style="text-align: justify;">Je l’entendis même doucement compter alors que mon immortalité lentement s’évaporait.</p>
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		<title>L’assiette et la divine purée</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Apr 2011 02:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vaisselle]]></category>

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		<description><![CDATA[Je mâchais ma salade de radis en ne pensant à rien en particulier lorsqu’une jolie brunette aux courbes affriolantes vint s’asseoir à ma table, directement devant moi. — Je suis l’Être Suprême et j’ai envie de baiser, me dit-elle en souriant. Intéressée? J’avais bu, je l’avoue, mais seulement un verre de Bourgogne. J’étais donc loin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je mâchais ma salade de radis en ne pensant à rien en particulier lorsqu’une jolie brunette aux courbes affriolantes vint s’asseoir à ma table, directement devant moi.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je suis l’Être Suprême et j’ai envie de baiser, me dit-elle en souriant. Intéressée?</p>
<p style="text-align: justify;">J’avais bu, je l’avoue, mais seulement un verre de Bourgogne. J’étais donc loin du <em>delirium tremens</em>. Je lui rendis son sourire et répondis :</p>
<p style="text-align: justify;">— Désolée, je suis athée. Mais je suis quand même contente d’apprendre que Dieu est une lesbienne…</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu ne me crois pas.</p>
<p style="text-align: justify;">— Non, je ne te crois pas. Mais je suis certaine qu’elle te croirait, elle, lui dis-je en pointant la femme portant un hijab assise à la table près de la porte du restaurant.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Être Suprême ne tint pas compte de ma suggestion et attrapa mes mains.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je vais te convaincre, me dit-elle simplement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je fus frappée instantanément par un éclair aveuglant. Mon esprit fut ensuite envahi par d’étranges visions d’explosions cosmiques, de galaxies en formation, de dinosaures se fossilisant, de civilisations réduites en poussière de Lady Gaga élue pape sous le nom de Pierrette I<sup>ere</sup>. Je frissonnai d’horreur.</p>
<p style="text-align: justify;">— Toujours la même réaction lorsqu’elles apprennent qui sera le dernier Pape avant l’Apocalypse…  commenta la Suprême brunette en inspectant sa manucure.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu… je veux dire… vous… euh…</p>
<p style="text-align: justify;">— Hey, tu peux me tutoyer chérie.</p>
<p style="text-align: justify;">— Comment tu as fait ça?</p>
<p style="text-align: justify;">— Être Suprême, répondit-elle en souriant de toutes ses dents.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et tu… Tu dragues des mortelles?</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien sûr. Même l’Être Suprême a parfois le feu au cul. Tu devrais comprendre, je vous ai créés, toi et les autres, à mon image, après tout. Mes besoins sont seulement un peu plus… particuliers, disons.</p>
<p style="text-align: justify;">— Alors là…</p>
<p style="text-align: justify;">— Est-ce que je dois en conclure que tu me crois, maintenant?</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu es si… différente que je l’aurais imaginée… lui dis-je, fascinée.</p>
<p style="text-align: justify;">— Oui, c’est ça, bien sûr, elles disent toutes cela. Bon, tu veux baiser oui ou non?</p>
<p style="text-align: justify;">— En tenant pour acquis que tu sois bel et bien l’Être Suprême, pourquoi m’avoir choisie? Pourquoi ne pas créer un être spécialement conçu pour tes besoins sexuels?</p>
<p style="text-align: justify;">L’Être Suprême me sourit, approcha sa chaise contre la mienne et me baisa délicatement la joue.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu es mignonne. Et il n’y a pas une trace de flagornerie chez toi. C’est ce qui m’attire le plus — l’absence de flagornerie. Une création purement sexuelle finit toujours par tomber dans l’admiration béate et idiote — je sais, je l’ai déjà essayé. Et puis je n’ai rien à faire d’une fiancée; la monogamie rend les gens possessifs et jaloux. Je ne sais pas pourquoi tous ces types religieux s’imaginent que je prône la fidélité… qui voudrait passer l’éternité avec la même personne, hein?</p>
<p style="text-align: justify;">Je ris nerveusement, ne sachant pas trop comment réagir à cette dernière remarque, puis lui demandai :</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu as dit que tes besoins sont « particuliers »… qu’est-ce que ça veut dire, au juste?</p>
<p style="text-align: justify;">— Rien de tordu, je te le promets. Seulement un petit fétiche de rien du tout qui ne te demandera aucun effort.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je te dis tout de suite que je ne suis pas trop attirée par le BDSM. J’ai déjà laissé un mec m’attacher sur le lit, c’était plutôt bien, jusqu’à ce qu’il s’endorme…</p>
<p style="text-align: justify;">— Ha! Je sais, il s’en veut encore d’avoir trop bu cette fois-là. Bon, on y va?</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce que j’avais à perdre à la suivre? Après tout, je m’étais déjà embarquée dans des histoires encore plus invraisemblables sans hésiter un instant.</p>
<p style="text-align: justify;">— D’accord. On y va.</p>
<p style="text-align: justify;">Le restaurant autour de moi disparut dans un tourbillon coloré et je me retrouvai dans une chambre à coucher blanche, au décor néoclassique un peu kitch, qui ressemblait étrangement à celle à la fin de <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu as raison, cette chambre ressemble vraiment à celle où s’est retrouvé Dave Bowman. J’ai beau être omnisciente, j’avais oublié à quel point ce film m’avait marquée… me dit la jolie brunette.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se déshabilla et une fois dévêtue, devint translucide.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est ce qui se rapproche le plus de ma forme normale, me dit-elle en fondant lentement jusqu’à former une flaque de gelée blanchâtre.</p>
<p style="text-align: justify;">On aurait dit du sperme divin.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je te demanderais maintenant de te mettre nue et de t’asseoir au bout du lit, me dit la flaque Suprême d’une voix gazouillante.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que je fis. La marre de gelée glissa jusqu’à moi sur le plancher de marbre, puis grimpa lentement sur moi jusqu’à me recouvrir entièrement, des orteils au bout de chaque cheveu. Elle s’insinua ensuite à l’intérieur de moi par mes narines et ma bouche. Au début, je me raidis et résistai un peu, mais sa voix, à l’intérieur de ma tête, me dit que je n’allais pas étouffer, que j’arriverais à respirer sans peine, que je n’avais qu’à la laisser faire.</p>
<p style="text-align: justify;">— Oh… Oui… C’est ça… tu aimes ça, te faire baiser par un colloïde visqueux, hein? Tu es ma salope à gel… Mon sac à foutre… Allez, dis-le que je t’enduis bien… Oui! Oui! Ah! Oh! Tu me fais jouir, petite pute à purée…</p>
<p style="text-align: justify;">Je me serais attendu à un langage plus châtié de la part de Dieu, mais je dois avouer qu’une fois la surprise passée, ce <em>bukkake</em> divin s’avéra des plus jouissifs. Après une dizaine de minutes de ce manège, j’eus un orgasme terrible, si violent que j’en criai à pleins poumons, expulsant du coup l’Être Suprême par ma bouche et par mon sexe, qui fit un vol plané et vint s’écraser en mille gouttes sur les murs de la chambre.</p>
<p style="text-align: justify;">— Wow! Ça, c’est ce que j’appelle une baise! me dit la Suprême soupe en reprenant lentement sa forme de brunette.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à moi, je ne savais pas trop comment qualifier l’expérience, outre le fait qu’elle m’avait fait jouir comme jamais je n’avais joui de ma vie. La brunette me prit par la main et me tira vers elle.</p>
<p style="text-align: justify;">— Suis-moi, me dit-elle en me conduisant dans un grand hall dont les murs étaient recouverts d’étagères contenant des assiettes de porcelaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je compris de quoi il en retournait, je frissonnai de bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai eu il y a fort longtemps un rêve érotique. C’était une orgie bizarre où tous les participants, hommes comme femmes, étaient nus et lançaient de la vaisselle contre les murs. Je me frottais contre tous ces corps nus et jouissais dans le bruit assourdissant des assiettes qui éclataient. Depuis, ce scénario est un de mes fantasmes les plus secrets, des plus inavouables, un de ceux que je n’avais jamais eu l’occasion de réaliser — parce que se balader à poil dans les éclats de vaisselle est vachement dangereux et parce que c’est tout simplement trop bizarre.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu m’as laissé me vautrer dans mon fétiche, alors te laisser te vautrer dans le tien est bien la moindre des choses… me dit la Suprême petite garce en me faisant un clin d’œil.</p>
<p style="text-align: justify;">Le grand hall se remplit alors d’hommes et de femmes de toutes les tailles et de toutes les couleurs qui se mirent en riant à lancer les assiettes contre les murs.</p>
<p style="text-align: justify;">— Merci! C’est… merveilleux! dis-je à l’Être Suprême en l’embrassent, les yeux baignés de larmes.</p>
<p style="text-align: justify;">L’orgie dura une bonne heure. Je léchai les femmes et me fit prendre de mille manières par les hommes à travers les monticules d’éclats de porcelaine acérés. Étrangement, toute cette vaisselle, une fois cassée, devenait spongieuse et comestible comme des crêpes aux fraises. Lorsque je trempais ces tessons dans la chatte des femmes, ils prenaient la saveur du chocolat. Je jouis à répétition en me remplissant la panse, au son cristallin des assiettes fracassées.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand l’orgie fut terminée, la petite brunette s’avança vers moi et me tendit la seule assiette rescapée de l’hécatombe.</p>
<p style="text-align: justify;">— Juste un petit souvenir, histoire de te redonner la foi…! me dit-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">On pouvait y lire : « J’espère que tu t’es bien éclatée »</p>
<p style="text-align: justify;">Je lui fis un dernier câlin puis me retrouvai soudainement à la table du restaurant, devant ma salade de radis à peine entamée. Je demandai l’addition puis pris la poudre d’escampette en serrant ma divine assiette contre mon cœur.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelque mois plus tard, la fille qui est maintenant mon ex me lança cette assiette à la figure lors d’une dispute. Elle se fracassa contre la porte de la cuisine et j’en reçus un éclat qui me fit une longue estafilade sur la joue. « Tu m’aimes moins que cette assiette! » avait-elle crié en la lançant.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait raison, pour une fois.</p>
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		<title>Supplique</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2011 02:32:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésies licencieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Menstruation]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Scatophilie]]></category>

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		<description><![CDATA[Assez, je ne veux plus rien entendre Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con Épargne-moi les détails sur sa bite moisie Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit Tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Assez, je ne veux plus rien entendre<br />
Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver<br />
Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con<br />
Épargne-moi les détails sur sa bite moisie</p>
<p>Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains<br />
L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit<br />
Tous les fuseaux horaires les frontières déflorées<br />
Pour passer un jour de plus en son odieuse compagnie</p>
<p>Ni le grand lit de son loft de Yaletown<br />
Où vous avez copulé comme des chiens sans collier<br />
Et mangé des gaufres avec de la crème fouettée<br />
Tu vas finir par me faire vomir sur le combiné</p>
<p>Épargne-moi tes pleurnicheries je sais je sais je sais<br />
Que tu ne l’as pas vu depuis la Chandeleur ou la Trinité<br />
Qu’il a des fesses à faire mourir un sourire à faire renaitre<br />
Dis-moi plutôt : t’aime-t-il vraiment, cet enfant de salaud?</p>
<p>Irait-il jusqu’à boire le sang qui s’écoule de ton calice odorant<br />
Quand la lune te transforme en femelle hululante?<br />
Irait-il jusqu’à gratter du bout de la langue les sombres épices<br />
Séchées sur le vortex hypnotique de ton anus astral?</p>
<p>Moi, oui.</p>
<p>Car je ne suis pas un jeune homme bien qu’on présente à sa mère<br />
Je suis la catin invertie la chipie dégénérée hystérique<br />
La tribade vénéneuse qui attend dans l’ombre immémoriale<br />
Le moment propice pour aspirer par ton sexe le miel de ton âme</p>
<p>Irait-il jusqu’à offrir son cul à ta sainte main thaumaturge<br />
Pour que tu puisses jusqu’au poignet voir s’il a du cœur au ventre?<br />
Irait-il jusqu’à oindre tes pieds sublimes de ses sucs<br />
Les essuyer avec ses cheveux pour te bénir, toi, femme christique?</p>
<p>Moi, oui.</p>
<p>Il est des offrandes terrifiantes, nécessaires, mais hors de portée<br />
De ton petit monsieur propret gominé au sourire fluoré<br />
Avec son phallus couvert de poussière de missel<br />
Et de smegma puant le saint chrême des valeurs familiales</p>
<p>Lorsqu’il te délaissera pour ses copains de poker<br />
Lorsqu’il se dira trop vieux pour embrasser ta fente<br />
Lorsqu’il bandera mou à la vue de tes rides sublimes<br />
Lorsqu’il préféra la télé à ta vulve angélique et bestiale</p>
<p>Donne-moi un coup de fil je te susurrai les horreurs que tu adores<br />
Donne-moi un coup de fil je te murmurai les mots que tu veux entendre<br />
Ou alors, laisse-moi un message bien vulgaire et bien tendre<br />
Pour que je devine au premier souffle que c’est bien toi.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La peau des fesses</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 00:13:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[BDSM]]></category>
		<category><![CDATA[Fessée]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Venue à l’improviste prendre le thé à la maison, cousine Mirelle avait placé un mouchoir sur mon vieux divan défoncé récupéré dans la rue pour ne pas salir sa précieuse jupe. Une tasse fumante à la main et une moue dédaigneuse à la bouche, elle finit par me cracher la question pour laquelle elle avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Venue à l’improviste prendre le thé à la maison, cousine Mirelle avait placé un mouchoir sur mon vieux divan défoncé récupéré dans la rue pour ne pas salir sa précieuse jupe. Une tasse fumante à la main et une moue dédaigneuse à la bouche, elle finit par me cracher la question pour laquelle elle avait daigné franchir le pas de mon trois et demi.</p>
<p style="text-align: justify;">— Qu’est-ce que tu as acheté à tante Cécile pour son anniversaire?</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle chipie! Faire tout ce chemin pour le seul plaisir de frotter mon nez dans ma propre crasse!</p>
<p style="text-align: justify;">— Rien, lui répondis-je après avoir ravalé ma colère avec un peu de Earl Grey. Je suis pauvre comme la gale en ce moment. Alors, je lui ai tricoté ceci.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me levai et allai chercher l’écharpe sur laquelle je besognais depuis un mois. J’aime beaucoup ma tante Cécile, qui en a bavé plus qu’elle méritait toute sa vie, et je me fais un point d’honneur de souligner son anniversaire. Placée au couvent trop jeune, on l’a soupçonnée d’amitiés un peu trop particulières avec une novice de son âge. On l’a décrétée hystérique, on lui a enfilé la camisole de force, on lui a fait subir les jets d’eau froide et l’isolement prolongé en cellule. Il a fallu que ma mère et ses sœurs forment un commando et prennent d’assaut le couvent de ces enragées pour la libérer de cet enfer. Depuis, cette toute petite dame vit toute seule dans son tout petit appartement, avec sa toute petite télé, son tout petit chat et son tout petit sofa qu’elle m’a toujours offert sans me poser de questions, chaque fois que l’univers semblait s’écrouler autour de moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Je montrai donc à la cousine Mireille ce que j’avais réussi de peine et de misère à tricoter pour ma tante préférée.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ah? C’est… intéressant. Qu’est-ce que c’est? me dit-elle avec un sourire aussi blanc qu’hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est une écharpe. Ça se voit, non?</p>
<p style="text-align: justify;">— Peut-être…</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est le mieux que j’arrive à faire. Je ne suis pas très douée pour les travaux de l’aiguille, dis-je en soupirant.</p>
<p style="text-align: justify;">— Si tu travaillais, aussi, tu aurais de l’argent pour faire des cadeaux.</p>
<p style="text-align: justify;">— <em>I would prefer not to&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Hein?</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est de Melville. <em>Bartleby the Scrivener</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">— Plus on est paresseuse, plus on a le temps d’avoir des lettres, c’est bien connu. Regarde, madame simplicité volontaire, ce que j’ai acheté à notre chère tante.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle extirpa de son sac un petit paquet enveloppé de papier de soie blanc qu’elle développa avec mille précautions.</p>
<p style="text-align: justify;">— Un carré d’Hermès! Il est magnifique! Mais… il a dû te coûter un prix fou!</p>
<p style="text-align: justify;">— Ce n’est pas un carré, mais un châle en cachemire et en soie. Il ne m’a coûté que mille deux cents dollars.</p>
<p style="text-align: justify;">— Pfff… «Que» mille deux cents dollars… sifflai-je, incrédule.</p>
<p style="text-align: justify;">— Avec ma promotion, je peux me le permettre. Je t’avais dit que je suis maintenant vice-présidente marketing pour l’est du Canada?</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est la troisième fois que tu le mentionnes. Cécile va être folle de joie… j’aurais tant voulu lui faire un cadeau de ce genre.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ça bat l’écharpe mal foutue, hein?</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est vraiment injuste, tu la fréquentes à peine…</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me fit un sourire encore plus blanc et hypocrite.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je pourrais te la donner, si tu veux… me dit-elle en agitant le châle sous mon nez.</p>
<p style="text-align: justify;">— Donner? Je suis surprise que ce mot fasse partie de ton vocabulaire! Allez, dis-le donc directement : qu’est-ce que tu veux en échange?</p>
<p style="text-align: justify;">Elle ramena son popotin (et son mouchoir) vers moi et glissa une main sur mon genou.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu pourrais être… gentille avec moi, susurra-t-elle, une lueur vicieuse dans le regard.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me reculai, incrédule. La cousine Mireille est bien la dernière personne</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu es tombée sur la tête ou quoi?</p>
<p style="text-align: justify;">— Depuis que Paul, ce sale traître, a foutu le camp avec sa petite traînée, je n’ai pas… enfin, tu sais, ce que je veux dire.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et alors? Depuis quand t’intéresses-tu aux femmes?</p>
<p style="text-align: justify;">Je sentis ses ongles s’enfoncer légèrement dans la chair de ma cuisse.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ma nouvelle secrétaire est très paresseuse… elle mériterait d’être sévèrement corrigée, mais la fessée est considérée comme une forme de harcèlement par la convention collective.</p>
<p style="text-align: justify;">— Si c’est pas malheureux, hein…</p>
<p style="text-align: justify;">— Je ne te le fais pas dire. S’il n’en tenait qu’à moi, je la déculotterais, lui enfoncerais un gode au cul, la coucherais à plat ventre sur mes genoux, puis lui chaufferais les fesses à coup de badine, comme elle le mérite.</p>
<p style="text-align: justify;">— Oh!</p>
<p style="text-align: justify;">Elle attrapa mon menton, plongea longuement son regard dans le mien, puis me roula une pelle digne d’<em>Autant en emporte le vent</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ensuite, je lui ordonnerais de se mettre à genoux sous mon bureau et je l’obligerais à me lécher la chatte jusqu’à ce que je jouisse.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je…</p>
<p style="text-align: justify;">— Enfin, je lui donnerais son quatre pour cent et la renverrais chez elle, la figure rendue luisante par mon plaisir et les fesses à vif.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu ne t’attends quand même pas à ce que je t’aide à réaliser tes fantasmes de cadre supérieur à la noix? lui demandai-je, estomaquée.</p>
<p style="text-align: justify;">— Nous avons tous un prix, dit-elle simplement en me montrant une dernière fois le châle de tante Cécile.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me mordis les lèvres.</p>
<p style="text-align: justify;">— Alors?</p>
<p style="text-align: justify;">— Je n’ai pas de badine.</p>
<p style="text-align: justify;">— Qu’est-ce que tu crois… j’ai apporté tout le nécessaire! dit-elle joyeusement en sortant de son sac l’objet en question ainsi que des menottes, un bâillon-boule, un tube de lubrifiant, et un plug anal de taille effrayante.</p>
<p><a href="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/flourish.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2674" title="* * *" src="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/flourish.jpg" alt="" width="103" height="42" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, tante Cécile, la larme  à l’œil, admirait son châle tout neuf après m’avoir embrassée sur les deux joues.</p>
<p style="text-align: justify;">— Il est magnifique, ma petite chérie! Vraiment, tu n’aurais pas dû… il a dû te coûter un prix fou, me dit-elle, la voix étranglée par l’émotion.</p>
<p style="text-align: justify;">— Seulement la peau des fesses, lui répondis-je, tout sourire, en tortillant mon popotin endolori.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Visite de courtoisie</title>
		<link>http://archet.net/2011/03/20/desolee-de-vous-deranger/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 01:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>

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		<description><![CDATA[Désolée de vous déranger, mais puis-je parler à la maîtresse de la maison ? Est-elle prise en ce moment ? Est-elle sous la douche ? Si c’est le cas, puis-je grimper les escaliers sur-le-champ, sans bien sûr déranger la maisonnée, pour me rendre à la salle de bains et, toute nue, la rejoindre sous la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Désolée de vous déranger, mais puis-je parler à la maîtresse de la maison ? Est-elle prise en ce moment ? Est-elle sous la douche ?</p>
<p style="text-align: justify;">Si c’est le cas, puis-je grimper les escaliers sur-le-champ, sans bien sûr déranger la maisonnée, pour me rendre à la salle de bains et, toute nue, la rejoindre sous la douche dans l’eau chaude et près de son corps lourd et brûlant même si je me doute bien qu’elle risque sur le coup d’être effrayée, et lui parler pour la rassurer, lui dire qu’elle n’est pas grosse du tout, que ses seins sont toujours magnifiquement ronds et succulents, que son cou est fin et élégant, et lui dire en l’embrassant que la vie est toujours grande ouverte devant elle, pour que je puisse glisser ma main entre ses cuisses savonneuses et l’emmener au paradis en lui chuchotant à l’oreille ces mots secrets qu’elle aurait pu entendre ce fameux jour de juillet, il y a si longtemps, avant le mariage, les enfants et les pattes d’oie au coins du visage, jusqu’à ce que sur le plancher de la douche, submergées de bonheur, en larmes et tremblantes, nous nous aimions désespérément ?</p>
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		<title>L’alcool et le rasoir</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Jan 2011 16:05:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Trichophilie]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre Jacinthe et moi, ça n’allait plus du tout. Elle me trouvait irresponsable, insouciante, elle qui était si sérieuse et réfléchie. Elle me reprochait mes absences, mes trahisons. Elle n’avait pas tout à fait tort: j’avais à l’époque la fâcheuse tendance de ne pas payer ma part de loyer et de revenir à l’appartement la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Entre Jacinthe et moi, ça n’allait plus du tout. Elle me trouvait irresponsable, insouciante, elle qui était si sérieuse et réfléchie. Elle me reprochait mes absences, mes trahisons. Elle n’avait pas tout à fait tort: j’avais à l’époque la fâcheuse tendance de ne pas payer ma part de loyer et de revenir à l’appartement la chatte tartinée de foutre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir-là, je l’avais traînée contre son gré dans une sauterie chez une connaissance d’une connaissance. Le buffet était gargantuesque et l’alcool coulait à flots. Un peu trop même, si bien que vers minuit, je me suis sentie vaseuse. Jacinthe avait aussi avalé sa part de vodka, elle qui ne buvait que très rarement. Elle riait, se laissant tâter par un groupe d’hommes, ce qu’elle ne faisait jamais. D’ailleurs, l’appartement était plein d’inconnus à la gueule de brute qui étaient débarqués de Dieu sait où. Lorsque le parquet s’est mis à tanguer, j’ai titubé jusqu’à une chambre et je me suis effondrée dans un lit.</p>
<p style="text-align: justify;">Une lumière venant du couloir me réveilla: la porte était ouverte. Quelqu’un était entré dans la pièce. Je reconnus le parfum de Jacinthe, mêlé à une forte odeur d’alcool. Elle s’etait approchée silencieusement du lit et s’était allongée près de moi. Je sentis sa main entre mes cuisses. Trop saoule pour faire quoi que ce soit, je la laissai faire en fermant les yeux. Elle releva ma jupe, fit glisser ma culotte, puis plaqua sa bouche contre ma vulve.</p>
<p style="text-align: justify;">J’avais toujours hautement considéré la technique buccale de Jacinthe. Mais cette fois, quelque chose clochait. Je mis cette maladresse sur le compte de l’alcool, elle n’avait pas tellement l’habitude. Tout en me faisant lécher, je mis la main sur sa tête. J’adorais caresser ses longs cheveux. Mais sous la main je ne sentis que des poils drus. Stupéfaite, j’explorai la nuque complètement rasée, les oreilles et le front dégagés. Ce n’était donc pas Jacinthe! J’essayais de deviner quelle fille pouvait bien venir, comme ça, me cunnilincter dans le noir. J’avais bien fait quelques œillades à une fille aux cheveux très courts en début de soirée, mais enfin de là à… peut-être qu’elle aussi se méprenait sur la personne… quelle situation incroyable! Situation que je me résolus de savourer, en espérant que Jacinthe n’en apprenne rien. J’ai joui en gémissant, emprisonnant la tête rude de l’inconnue entre mes cuisses. Elle hoqueta, se débattit un peu, mais je ne relâchai l’étreinte qu’une fois mon corps apaisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Revenue à mes esprits, je ne savais pas trop ce que je devais faire. J’aurais pu me taire et me rendormir comme une bienheureuse. Mais j’étais trop curieuse. Je lui demandai: «Qui es-tu?»</p>
<p style="text-align: justify;">Abasourdie, je reçus la réponse comme un coup de poing:</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est moi, Jacinthe.</p>
<p style="text-align: justify;">— Mais qu’est-ce que t’as fait à tes cheveux?</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai avancé la main pour toucher à nouveau sa tête.</p>
<p style="text-align: justify;">— T’es devenue folle ou quoi?</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s’est relevée et me dit:</p>
<p style="text-align: justify;">— Une de tes salopes de copines m’a proposé cinq cents dollars pour me couper les cheveux, j’allais quand même pas dire non. Je te rappelle qu’on a déjà trois mois de loyer en retard. Mais toi, Anne, t’es un belle dégueulasse! Tu pensais qu’une autre était venue te lécher la chatte, hein?</p>
<p style="text-align: justify;">J’étais coincée. L’esprit embrumé par l’alcool, je ne trouvai rien à répondre. Je l’entendis se relever et partir en claquant la porte. Me laissant retomber sur le lit, je me dis qu’elle n’y penserait plus le lendemain et replongeai dans le néant.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis réveillée quelques heures plus tard avec une prodigieuse gueule de bois, qui ne m’empêchait toutefois pas de me souvenir parfaitement de ce qui s’était passé au cours de la nuit. Je me levai péniblement, remis ma culotte, me rajustai tant bien que mal puis partis à la recherche de Jacinthe. Des gens dormaient un peu partout. Dans un coin du salon, je suis tombé sur un champ de bataille: la crinière coupée de Jacinthe par terre, de longues mèches blondes, lisses et encore soyeuses, mélangées à des cheveux plus courts. Ils avaient dû commencer grossièrement aux ciseaux et finir à la tondeuse ou au rasoir. Ces instruments traînaient d’ailleurs sous la table à café.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis j’ai vu des poils frisés. Était-il possible qu’ils lui aient aussi… J’ai ramassé le rasoir. Il était couvert de petits poils blonds. J’ai alors vu la robe de Jacinthe, accrochée à un fauteuil. Je n’ai pu alors m’empêcher de l’imaginer, allongée par terre sur le dos, les cuisses ouvertes, un homme penché sur sa chatte, le rasoir à la main. Avec sans doute d’autres salauds autour d’elle, des vicieux venus se rincer l’œil en rigolant. Elle a dû leur offrir tout un spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;">L’avait-elle fait pour se venger de moi? Ou bien pour du fric, comme ses cheveux? Et maintenant où était-elle? Et qu’avait-elle encore pu faire d’autre comme bêtises?</p>
<p style="text-align: justify;">Je l’ai trouvée dans une autre pièce, allongée sur un lit défait, sur le ventre, nue. De près, on voyait que la coupe de cheveux, que le rasage de la nuque et des tempes, avait été mal torché. Je l’ai retournée. Elle dormait profondément et puait l’alcool. Des traînées de sperme séché maculaient son ventre, ses cuisses, ses seins et son visage, tout autour de sa bouche et au coin de ses lèvres. Sa chatte était entièrement rasée, jusqu’à l’anus. On pouvait voir les nombreuses coupures laissées par un rasage négligent sur le pubis et les grandes lèvres. Sur son front nu, dépourvu de son épaisse frange, un mot tracé au feutre rouge: « salope ».</p>
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		<title>Cent plis de peau</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 07:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésies licencieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Bite]]></category>
		<category><![CDATA[Chatte]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe oral]]></category>

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		<description><![CDATA[Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés Afin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils<br />
À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée<br />
Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles<br />
Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies<br />
Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés<br />
Afin qu’elle soit prête pour toi, chipie boudeuse et angélique</p>
<p>Cent plis à la commissure de tes lèvres obstinément closes<br />
Quand j’y frottai son gland épaté pour y forcer un passage<br />
Jusqu’à ce que tu cèdes, mal lunée, mais complaisante<br />
Lui abandonnant les clés du palais baveux et soyeux<br />
Creusant les joues pour te faire petite, toute petite<br />
Chair convulsée qui se noue au va-et-vient du nœud</p>
<p>Cent plis de peau où son odeur de foutre exhale<br />
J’en lèche une perle sur ton oreille offerte comme un sexe<br />
Et une longue coulure le long de ta nuque de traînée<br />
Salope éblouissante tu transpire encore le mâle<br />
Qui t’a ouverte et prise et couverte de rage<br />
Qui t’a labourée et enduite de ses sucs vénéneux</p>
<p>Cent plis de putain orageuse où je sens sa présence<br />
Laisse-moi m’y frotter longtemps à m’en brûler la langue<br />
Laisse-moi m’infuser de ce poison viril qu’il t’a instillé<br />
Qui a fait paraître ta chair rouge et comme enflammée<br />
Ce soir ta peau encore en est tout embaumée<br />
Laisse-moi en respirer sur toi l’odorant souvenir.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>En veillant su&#039;l perron</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Apr 2009 06:43:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Lesbiennes]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>

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		<description><![CDATA[(avec un flask de gros gin et deux vieilles lesbiennes) Dans leurs bigoudis, leurs robes un peu trop élimées et leurs bas un peu trop filés, Anne et Sophie étaient assises dans leur fauteuil à bascule sur le perron de leur bicoque hors d’âge, les jambes un peu trop écartées, avec une bouteille de gin frelaté pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><em>(avec un flask de gros gin et deux vieilles lesbiennes)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Dans leurs bigoudis, leurs robes un peu trop élimées et leurs bas un peu trop filés, Anne et Sophie étaient assises dans leur fauteuil à bascule sur le perron de leur bicoque hors d’âge, les jambes un peu trop écartées, avec une bouteille de gin frelaté pour regarder passer les machines. Anne sortit une indienne de son sac et l’alluma.</p>
<p style="text-align:justify;">― Tu as vu les deux filles au snack-bar ?</p>
<p style="text-align:justify;">― Ouais, répondit Sophie.</p>
<p style="text-align:justify;">― Elles n’arrêtent pas de se lécher la fente en cachette depuis que la plus jeune est mariée.</p>
<p style="text-align:justify;">― Tu me niaises ?</p>
<p style="text-align:justify;">― Pas du tout, poupée.</p>
<p style="text-align:justify;">Sophie cracha son chewing-gum dans le buisson puis regarda, inquiète, son amante.</p>
<p style="text-align:justify;">― Chérie, tu ne devrais pas fumer en tenant ta bagosse aussi près de toi.</p>
<p style="text-align:justify;">― Ha ! Ça fait plus de trente ans que je le fais ! Il n’arrivera rien, t’inquiète, rigola Anne. S’il y a trois choses que je connais, c’est le <em>moonshine</em>, les cigarettes de contrebande et les brouteuses de carpette. Tu connais la femme du maire ?</p>
<p style="text-align:justify;">― La fausse blonde avec les seins qui lui tombent au nombril ?</p>
<p style="text-align:justify;">― Elle-même. Je sais qu’elle visite quotidiennement la culotte de la petite brune du dépanneur.</p>
<p style="text-align:justify;">― Et comment madame sait-elle une chose pareille ? railla Sophie.</p>
<p style="text-align:justify;">― C’est mon petit doigt qui me l’a dit. Et laisse-moi te dire qu’il sent la chatte bien baisée !</p>
<p style="text-align:justify;">― Plus ça va, plus tu deviens vulgaire, ma pauvre Anne.</p>
<p style="text-align:justify;">― C’est pour ça que tu m’aimes, chérie ! Hey, tu vois la pétasse qui sort de la voiture ?</p>
<p style="text-align:justify;">― Laquelle ?</p>
<p style="text-align:justify;">― De l’autre côté de la rue, à la station-service. Paraît qu’elle a la plotte la plus hot en ville.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors que Sophie plissait les yeux pour mieux voir, un bruit terrible accompagné d’un nuage de fumée se fit entendre, faisant sursauter tout le patelin. Sophie se tourna et vit sa gouine le visage enduit de suie noirâtre, les cheveux hérissés et fumants, avec une relique de clope pendant au bout de ses lèvres. Elle prit une gorgée de bibine, se cala dans la chaise berçante et dit simplement :</p>
<p style="text-align:justify;">― Je crois que c’est maintenant toi qui l’as, la plotte la plus hot en ville, chérie.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le syndrome de la page blanche</title>
		<link>http://archet.net/2008/04/02/le-syndrome-de-la-page-blanche/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Apr 2008 03:43:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Fente]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>
		<category><![CDATA[Seins]]></category>

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		<description><![CDATA[— Voilà… ça y est. Et maintenant? — Et maintenant, tu me racontes, comme promis, me dit-elle en souriant sous le masque noir qui bandait ses yeux. Je veux que tu me racontes une horreur comme toi seule as le secret, une histoire avec notre voisine Lucie. Oh! Oui… comme ça… ta langue, juste ici… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>— Voilà… ça y est. Et maintenant?</p>
<p>— Et maintenant, tu me racontes, comme promis, me dit-elle en souriant sous le masque noir qui bandait ses yeux. Je veux que tu me racontes une horreur comme toi seule as le secret, une histoire avec notre voisine Lucie. Oh! Oui… comme ça… ta langue, juste ici… Raconte-moi comment Lucie lècherait ma fente pendant des heures, jusqu’à ce que je la supplie de me… Oh! Attends, je vais…</p>
<p>Elle arqua le dos en inspirant profondément, puis repris :</p>
<p>— Allez, tu as promis. Raconte-moi comment elle caresserait mes seins… c’est ça, avec tes… et comment je passerais longuement mes doigts dans sa longue chevelure pendant qu’elle me… mais… ce ne sont pas tes chev… qu’est-ce que?</p>
<p>Elle retira brusquement le masque, cligna un peu les yeux puis sursauta en voyant sa voisine, la mine réjouie, essuyer son menton du revers de sa main.</p>
<p>— Je suis désolée, Simone, lui dis-je en me retirant doucement de la chambre. Je manque cruellement d’inspiration en ce moment.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le pouls de l&#039;univers</title>
		<link>http://archet.net/2008/02/20/le-pouls-de-lunivers/</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 20:58:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Masturbation]]></category>
		<category><![CDATA[Rupture]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[«Une souris verte Qui courait dans l’herbe Je l’attrape par la queue Je la montre à ces messieurs…» Assise sur la chaise à bascule, Caroline fit sautiller sa petite nièce de deux ans sur sa cuisse en chantonnant cette comptine. La petite Sophie, fille unique de sa sœur Patricia, adorait le rythme et la douce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«Une souris verte<br />
Qui courait dans l’herbe<br />
Je l’attrape par la queue<br />
Je la montre à ces messieurs…»</p>
<p>Assise sur la chaise à bascule, Caroline fit sautiller sa petite nièce de deux ans sur sa cuisse en chantonnant cette comptine. La petite Sophie, fille unique de sa sœur Patricia, adorait le rythme et la douce tendresse du va-et-vient. «Tout le monde aime le rythme et la douce tendresse du va-et-vient», se dit Caroline. «Du berceau à la tombe. Tout le monde veut être pris ainsi, dans des bras aimants et consolateurs».</p>
<p>Mais plus personne ne prenait Caroline, qui depuis trois mois restait sans caresse, sans baiser, sans baise. Sans rythme, sans tendresse, sans bras aimants et consolateurs depuis le départ de Maude. Caroline ressentait son absence comme une amputation. Mieux: comme la douleur fantôme, mais lancinante que ressent la femme excisée. «Nous sommes si différentes…», avait expliqué Maude. «Nous n’avons rien en commun. Inutile de s’acharner, nous finirions par nous entredéchirer, c’est certain.» Cette logique était si imparable qu’elle ne laissait aucune prise; Caroline, impuissante, ne put rien faire d’autre que regarder Maude lui filer entre les doigts.</p>
<p>La petite Sophie soupirait de bonheur pendant que sa tante retenait ses cris et ses larmes. Enfant, elle avait toujours été la plus sage et la plus courageuse, protégeant sa petite sœur, ouvrant toutes les portes pour elle, les défonçant lorsque la situation l’exigeait. Depuis la venue de Sophie, Patricia comptait tout naturellement sur sa grande sœur, sur sa force tranquille, sa bienveillance et son indéfectible fidélité pour l’aider à concilier les exigences de la maternité et celles de sa carrière. Ce que Caroline acceptait avec grâce, puisqu’elle était folle de cette enfant, de sa simplicité et de son honnêteté: lorsqu’elle avait faim, elle demandait à manger; lorsqu’elle voulait de l’attention, elle grimpait sur ses genoux; lorsqu’elle était fatiguée, elle venait dormir dans ses bras.</p>
<p>La petite s’étant assoupie, Caroline la porta jusqu’à son propre lit. Elle la borda et plaça des oreillers le long de son corps pour éviter qu’elle ne tombe dans son sommeil. Il ne pouvait toutefois y avoir de repos pour la tante. On lui avait appris dans son enfance que c’était vilain de pleurnicher, de crier, de se plaindre. Toutes ces bonnes manières faisaient de Caroline une femme si facile à laisser…</p>
<p>Pour ne pas troubler le sommeil de sa nièce, Caroline s’allongea sur le sol, dans l’odeur poussiéreuse et sèche de la carpette. Les jambes repliées contre son ventre, elle se mit à se bercer, cherchant un peu de douceur et de tendresse dans le va-et-vient. Le plancher, en grinçant, murmurait «Reviens, reviens…» et son cœur blessé répondait en chantant «Elle est partie, elle est partie…». Caroline appuya son poing contre sa poitrine, par peur qu’à force de saigner et de chanter, il décide lui-même de partir, la laissant seule et froide comme un tombeau. Sous cette caresse involontaire, les pointes de ses seins s’érigèrent, dans une excitation incongrue.</p>
<p>C’est alors que Caroline fut traversée par une force étrange, ancienne, obscure. Elle ne venait pas de Maude, ni d’elle-même. On aurait dit un dieu émergeant des profondeurs immémoriales venant assouvir ses pulsions de vengeance et de viol. Ou peut-être une déesse. Quoi qu’il en soit, la pauvre mortelle en fut tétanisée, alors qu’une voix se mit à résonner dans sa tête: «Ton sexe m’appartient. Je vais le transpercer. Tes mains m’appartiennent. Je vais en faire que bon me semble. Ta vie m’appartient. Je ne te laisserai pas en finir avec elle. La vie est souffrance et je te ferai souffrir. Mais je te donnerai les moyens de guérir.»</p>
<p>Tout en continuant de se bercer, Caroline déboutonna son jeans et le fit glisser jusqu’à ses chevilles. Elle fit glisser sa main habituelle contre son ventre jusqu’à ce qu’elle rencontre des poils follets et une fente entrouverte, assez humide pour humecter sa culotte. La petite Sophie suçait son pouce et soupira dans son sommeil. Caroline gémit en retrouvant son clitoris, intact, mais rebelle, au même endroit où Maude l’avait laissé. Elle émergeait de trois mois d’hibernation; l’hiver était bien loin d’être fini, mais les eaux semblaient enfin libérées des glaces. Un doigt, puis un autre plongèrent au plus profond d’elle-même pour prouver que la source, miraculeusement, ne s’était pas tarie.</p>
<p>Loin des regards, une lesbienne se fit l’amour en pleurant. Un bébé mouilla sa couche dans la chaleur et la sureté du lit de sa tante. Toutes deux se berçant au rythme doux et tendre du pouls de l’univers.</p>
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		<title>L’ego gouine</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jan 2008 18:08:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Curiosa]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier matin, j’ai reçu par la poste un cadeau d’anniversaire de la part d’un lecteur français que je remercie de tout cœur (et qui se reconnaîtra). Il s’agit d’un exemplaire impeccable de La Froideur chez la femme, par le Docteur d’Orbec, publié à Paris par la Bibliothèque populaire des sciences médicales. L’ouvrage ne porte pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier matin, j’ai reçu par la poste un cadeau d’anniversaire de la part d’un lecteur français que je remercie de tout cœur (et qui se reconnaîtra). Il s’agit d’un exemplaire impeccable de <em>La Froideur chez la femme</em>, par le Docteur d’Orbec, publié à Paris par la Bibliothèque populaire des sciences médicales. L’ouvrage ne porte pas de mention de date mais il a probablement été publié au début du XX<sup>e</sup> siècle — si je me fie à la typographie et surtout au propos — à l’époque de la sexologie naissante.</p>
<p>Attention délicate, mon gentil admirateur a placé un signet au milieu du chapitre intitulé «La faute de la femme» où le bon docteur nous explique à quel point l’égoïsme maladif et pervers de la lesbienne représente un danger à la fois pour elle-même et pour la société:</p>
<p><em>«Par dessus tout, elle [la saphiste] est odieusement égoïste. Malheur à l’homme qui oserait lui faire la cour! Il serait brutalement repoussé. Et pourtant, cette vertueuse si farouche n’est qu’une horrible gourgandine. […] Les saphistes détestent l’homme; mais, par contre, elles aiment la femme d’un amour violent. Pour elle, elles sont capables de toutes les folies, elles iraient jusqu’au crime. Nulle considération ne les arrêtera, ni mari, ni famille, ni enfants mêmes, car elles peuvent être mères sans oublier leur vice. Coûte que coûte, elles retourneront à leur horrible passion, au risque d’y perdre réputation, honneur, santé, raison.»</em></p>
<p>Décidément, la sexualité féminine est bien menaçante pour les sociétés patriarcales, en particulier celle qui donne congé au phallus. À moins, bien entendu, que cette idée ne me soit venue seulement parce que j’ai perdu depuis longtemps réputation, honneur, santé et raison…!</p>
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		<title>Carte de tendre</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Nov 2007 18:29:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Je relus pour la dixième fois l’itinéraire que ma collègue Sophie m’avait griffonné sur un bout de papier froissé. «Un long moment sur l’avenue de l’Engagement, dépasser l’intersection de la rue de la Fidélité, puis tourner à gauche sur le boulevard du Coup-de-foudre, qui se transforme après quelques minutes en rue de l’Adultère… Suivre la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je relus pour la dixième fois l’itinéraire que ma collègue Sophie m’avait griffonné sur un bout de papier froissé.</p>
<p>«Un long moment sur l’avenue de l’Engagement, dépasser l’intersection de la rue de la Fidélité, puis tourner à gauche sur le boulevard du Coup-de-foudre, qui se transforme après quelques minutes en rue de l’Adultère…  Suivre la pente douce jusqu’au chemin du Divorce… Tourner à droite sur la rue des Regrets, jusqu’à la promenade de la Dépression et tourner à gauche sur l’impasse de la Psychopathe. Mon adresse: 911, impasse de la Psychopathe.»</p>
<p>Effrayée, je pensai alors à Sophie. Son charme mutin, son sourire malicieux, et ses seins… tout petits, tout mignons, attendant sagement sous sa chaste blouse de coton blanc d’être bécotés,  mordillonnés. Les yeux de Sophie, ses lèvres qui faisaient déboîter mon cœur et mouiller ma culotte…</p>
<p>«Et puis merde!» me dis-je en jetant le papier sur le siège arrière de la voiture de Simone. «Je sais qu’elle m’attend, je finirai bien par trouver le chemin!» Je pris la clé et démarrai.</p>
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		<title>Le libraire, sa femme et sa cliente</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Oct 2007 20:03:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour Nefisa — Je… je dois y aller, lui dis-je d’une voix tremblante, le souffle coupé, et les joues luisantes de cyprine. — Non. Pas tout de suite. Reste, je t’en prie, me répondit Rachel, souriante, sa chevelure de feu répandue sur l’oreiller. Reste, il fait froid dehors et le lit est si doux, si [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><a href="http://nefisa.blogspot.com/">Pour Nefisa</a></em></p>
<p>— Je… je dois y aller, lui dis-je d’une voix tremblante, le souffle coupé, et les joues luisantes de cyprine.</p>
<p>— Non. Pas tout de suite. Reste, je t’en prie, me répondit Rachel, souriante, sa chevelure de feu répandue sur l’oreiller. Reste, il fait froid dehors et le lit est si doux, si chaud…</p>
<p>— Je sais, chérie, soufflai-je en enfilant ma culotte, mon soutien-gorge entre les dents. Mais je dois vraiment partir. Si ton mari nous surprend, je ne suis pas mieux que morte.</p>
<p>Elle caressa son ventre rond puis le doux renflement de son pubis du bout des doigts, puis murmura:</p>
<p>— Allez, respire par le nez et reviens près de moi. Il reste des parties de mon anatomie que tu n’as pas encore dépliées!</p>
<p>— Cesse de te moquer, je suis sérieuse. Des cocus qui font la peau à la maîtresse de leur épouse, ça ne se trouve pas que dans les romans de gare, mais aussi à la page des faits divers des journaux jaunes. Ce n’est pas parce que ton cher et tendre passe le plus clair de son temps avec des bouquins poussiéreux qu’il est inoffensif et non violent.</p>
<p>— Tu t’en fais pour rien. Maurice ne risque pas de débarquer à l’improviste pour te mettre une balle entre les deux yeux.</p>
<p>— Et qu’est-ce qui te permet de dire cela avec un tel aplomb?</p>
<p>— Il a téléphoné juste avant ton arrivée. Il m’a dit qu’il va rentrer tard, car il te présente en ce moment des <em>curiosa</em> rarissimes et tu sembles très, très intéressée, me dit-elle avec un clin d&#8217;oeil.</p>
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		<title>Érotisme horticole</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Sep 2007 20:18:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Saphisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Les jours sont chauds et les nuits presque glaciales. Je me suis donc résignée à préparer mon potager pour l’hiver, arrachant les quelques plants de tomates qui résistaient encore vaillamment sur leur tuteur. Une légère pluie avait humecté le jardin en matinée, rendant la terre grasse, malléable, douce au toucher. Simone, qui me regardait travailler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les jours sont chauds et les nuits presque glaciales. Je me suis donc résignée à préparer mon potager pour l’hiver, arrachant les quelques plants de tomates qui résistaient encore vaillamment sur leur tuteur. Une légère pluie avait humecté le jardin en matinée, rendant la terre grasse, malléable, douce au toucher. Simone, qui me regardait travailler depuis quelques minutes, vint m’embrasser dans le cou et me chuchota à l’oreille: «La terre est féminine. Jamais elle n’est plus belle que lorsqu’elle est mouillée.»</p>
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