Au Zimbabwe, un homme qu’on avait surpris
Avec une ânesse, forniquant à l’envi
S’est défendu en disant qu’on l’avait berné:
Il croyait besogner une prostituée.
Textes portant l'étiquette « Prostitution »
9 novembre 2011
Elle affiche encore les vestiges d’une beauté qui fut sûrement, il y a des décennies, flamboyante, sculpturale. Un visage strié de profonds sillons, mais à la structure encore intacte, des yeux émeraude éclatants, une bouche fanée, mais encore charnue; tout son visage exprimait la splendeur passée d’une femme qui avait tous les hommes à ses pieds.
— Tu es bien gentille de venir me visiter, me dit-elle tout doucement, de sa voix chevrotante. J’ai connu bien des consœurs qui ont vieilli toutes seules, abandonnées de tous. Toi, tu viens toujours me voir, même si tu sais que j’étais une gourgandine, une courtisane, une pierreuse…
— Je sais, une prostituée, vous me l’avez dit des centaines de fois…
— Oui ma petite, une pute. Pendant plus de trente ans, tu imagines? À l’époque, on pouvait vendre ses charmes pendant longtemps, ce n’est pas comme aujourd’hui, avec toute cette drogue qui ronge les filles, les use en quelque mois et les détruit avant même d’avoir pu apprendre le métier. Dans mon temps, tapiner c’était exactement comme jouer la comédie. Ce que je faisais aussi — tu sais que j’étais actrice, n’est-ce pas?
— Oui. Vous étiez aussi effeuilleuse.
— Faire la pute, c’est jouer un rôle comme un autre. Quelle différence y a-t-il, au fond, entre jouer une soubrette, une reine, une sainte ou une pute? Tout ce qu’il faut, c’est s’imprégner du personnage.
— Et le reste? Je veux dire… les… les services que vous rendiez?
— Bah, c’était la partie la plus facile. Ce qui comptait, c’était d’être professionnelle et de faire de son mieux. Comme lorsque j’étais sur scène, finalement. Je portais le costume, le maquillage et devenait cette fille qui faisait bander les hommes. Il y a beaucoup de satisfaction à tirer de tenir son rôle le mieux que l’on peut, ma petite chérie. Et quand c’était fini, c’était comme au théâtre : je me démaquillais, je retirais mon costume et je retournais à la maison.
— Et les clients, ils appréciaient?
— Ils en avaient largement pour leur argent. J’étais très populaire, très demandée. Évidemment, personne ne m’applaudissait, mais les hommes ont en ces circonstances d’autres manières d’exprimer leur appréciation.
Elle se met à rire malicieusement, comme une gamine.
— Quand tu me regardes, tout ça doit te sembler difficile à croire, ma petite chérie… me dit-elle, soudainement sérieuse.
— Je peux facilement vous imaginer jouant le rôle d’une prostituée de grand luxe, de ce genre que la plupart des filles de mon âge n’arriveraient jamais à imiter. La classe et la distinction se perdent, mais vous, vous en être toujours l’incarnation.
Elle me tapote la main en souriant, pendant que j’ajuste avec précaution la couverture sur ses genoux et desserre le frein du fauteuil roulant.
Un bordel qui offrait aux clients, en Suisse
Pour chaque achat de fellation des saucisses
Brula suite à un accident de BBQ :
C’est trop hot de mêler charcuterie et cul.
(Haïkus du dimanche écrits à la demande de phroz et publiés en rafale sur Twitter.)
Larme au coin de l’œil
Et sur ma joue empourprée
Un peu de sperme.
La porte claque
Ne reste que dans les draps
Son parfum fauve.
Les traits convulsés
Et la chair de ses nymphes
Autour de mes doigts.
Après avoir joui
Serment d’amour éternel
Je sais qu’elle ment.
Le regard hautain
Mais l’entrejambe humide
Elle sera mienne.
J’aime sa nuque
Quand j’enfonce quatre doigts
Dans son fondement.
Lèche ma chatte
Même si près de ton lit
Le chat observe.
Tu m’as bien baisée
Contre ma cuisse attendrie
Ton foutre coule.
Mon cul modeste
Par ta pine orgueilleuse
Bourré de fierté.
Baise-moi encor
Sur ta peau moite d’amour
La lune brille.
Il la pénètre
Sur ma bouille les embruns
De leur jouissance.
Odeurs marines
Quand dans les plis de son con
Je glisse mon nez.
Ton foutre gicle
Tant et tant qu’il déborde
Par mes narines.
Cyprine salée
Ma tension artérielle
En a trop souffert.
Le galbe troublant
De tes seins improbables
Me rend démente.
La pine du chien
Enfoncé dans sa chatte
Cris et jappements.
Au téléphone
Pour mouiller ma culotte
Sa voix me suffit.
Elle fait claquer
Le martinet sur la chair
De son amante.
La solitude
Amère de se branler
Pendant une orgie.
La canicule
N’est jamais la vraie cause
De mes draps mouillés.
«Tige de jade»
Voilà comment je nomme
Ta queue d’Orient.
Ton coquillage
Couvert de rosée nacrée
Je veux y boire.
Voisins excédés
Par mes cris de jouissance
Frappent à ma porte.
Une lesbienne
Ne cesse de me texter
Ses mots graveleux.
Elle vend son corps
À un prix exorbitant
Un bijou précieux.
La ville en été
A l’odeur acidulée
D’un con détrempé.
J’appuie mes talons
Sur tes larges épaules
Enfonce ta queue.
Ta motte touffue
Tu peux lui faire tes adieux
Voici le rasoir.
Tes jolies fesses
Polies comme le marbre
Où est mon fouet?
Elle a joui si fort
Que son corps se contracte
Gicle la pisse.
Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)
(Lire la suite.)
Nom du fichier : conference04.wav
AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée
LB : Louis Berthier, artiste embroché
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage
L : Lucifer, poète enculé
S : Stella, prostituée de Babylone
F : Fido, soumis bien membré
[Début de l’enregistrement]
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.
L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.
La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.
La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. Lire la suite »
Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)
(Lire la suite.)
Nom du fichier : conference03.wav
AA : Anne Archet, conférencière encore et toujours interrompue
LB : Louis Berthier, artiste sodomisé
SB : Simone Bechara, lesbienne excédée
L : Lucifer, poète sans écrits
[Début de l’enregistrement]
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : Je ne sais même plus où j’en étais… l’individu… l’homme du ressentiment… le grand individu… est-ce que je devrais parler du surhomme? Hum… je vais garder ça pour la période de questions. Passons tout de suite à la société.
Selon Nietzsche, ce ne sont pas les forts qui oppriment les faibles, mais les faibles qui oppriment les forts. Les faibles sont les individus du ressentiment. Ils ont érigé des structures sociales basées sur la morale des esclaves et l’instinct grégaire — obéissance, renoncement de soi, peur — dont la fonction est de triompher des valeurs individuelles des forts que sont le courage, la fierté, la volonté. Comment ont-ils réussi une telle chose? En offrant au fort le pouvoir, ce qui le réduit au rang de faible en le transformant en berger, l’obligeant à mettre sa force au service du troupeau.
Mais quand l’individu fort refuse de commander tout autant que d’obéir, la société tout entière est unie pour le culpabiliser. Sa non-intégration au troupeau est interprétée par les faibles comme un défaut, une anormalité.
[Bruits étouffés de discussion.]
La société aristocratique de Nietzsche n’a donc rien à voir avec une quelconque société moyenâgeuse, faite de clans, de classes et de hiérarchies. Elle est constituée d’individus libres et forts qui sont des ponts vers le surhomme. Leur association, temporaire par essence, n’a pas pour but, comme c’est le cas pour les faibles, de les protéger, puisqu’ils ont la capacité de défendre seuls leurs intérêts. En fait, les aristocrates s’associent pour donner et non pour recevoir. Ils cherchent des «cocréateurs» et des « comoissonneurs » qui participent dans l’élaboration de nouvelles valeurs, des égaux — amis ou ennemis — dignes de lui, pour créer, vivre, jouir.
[Bruit d’une porte qui claque]
A Copenhague des prostituées
Offrent désormais du sexe gratuit.
C’est pour elles un moyen contester;
Encourageons-les pour toute une nuit.
Même les putes et les macs doivent désormais
Mettre leur épaule à la roue pour Kyoto.
Ainsi, un bordel berlinois offre un rabais
À tous ses clients qui se présentent en vélo.
Elles vendaient de bons cafés latte.
En plus de servir ces douces boissons,
Leurs seins et leur cul laissaient tripoter :
On les accusa de prostitution.
Par une putain s’étant fait duper,
Un Norvégien eut l’intelligence
D’aller sitôt se plaindre aux policiers
Qui lui collèrent une contredanse.
Quand je serai maquerelle
J’aurai de gros lolos
De gros lolos tout rouges
Ronds comme des navets
De gros lolos tout rouges
Gros comme des courges
De gros lolos tout rouges
Qui remuent et qui bougent.
Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux
Quand je serai tapineuse
J’aurai une guêpière
Une drôle de guêpière
Avec des cotillons
Une guêpière magique
Remplie de foulards
Remplie de pétards
Remplie de morpions
Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux
Quand je serai une grue
J’aurai une paire de bottes
Avec des talons hauts
Qui montent jusqu’à la plotte
Avec des talons hauts
Pour faire monter au ciel
Avec les zosiaux
Sans avoir des ailes
Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux
Le téléphone sonna, ce qui la fit sursauter — habituellement, le téléphone ne sonnait plus à cette heure si tardive.
— Nathalie, c’est Steve. Tu peux envoyer une de tes filles à la suite présidentielle de l’hôtel le St-James? Brad, George et Orlando veulent s’amuser un peu.
Le souffle coupé, elle prit quelques secondes pour se rasséréner, puis demanda d’une voix tremblante d’émotion :
— Est-ce que c’est vraiment le Brad, le George et le Orlando auxquels je pense?
— Qu’est-ce que tu crois, ma vieille, évidemment! répondit Steve. Alors, je te fais confiance: elle doit être classe, sexy, discrète, mais complètement déchaînée. Capiche?
— Depuis quand ai-je l’habitude de te décevoir? Je m’en occupe personnellement, t’inquiète.
— Meci Nath, tu m’enlèves une sacrée épine du pied! Je passerai dans une heure avec le cash, comme d’habitude. Ciao! dit-il avant de raccrocher.
Elle se leva péniblement de son fauteuil, essuya son pantalon de coton ouaté jauni de ses doigts graisseux pour le débarrasser de ses miettes de pizza puis marcha d’un pas lourd jusqu’aux toilettes. Elle vida le point noir sur son nez, enleva la plaque dentaire sur ses incisives du bout de son ongle et replaça tant bien que mal sa coiffure. Elle racla ensuite la boue qui tachait ses bottes et enfila le vieux manteau de fourrure qu’elle gardait sous son matelas.
«Je ne sais pas qui est cette Nathalie et je m’en moque…», se dit Josée en se regardant une dernière fois dans le miroir du vestibule. «Ce que je sais, c’est que ce soir, après quarante-neuf ans d’attente, je vais enfin avoir un peu d’action!»









