Au Starbucks du Sheraton Parkway Toronto North, je mettais à jour les Cahiers sur un des ordinateurs que ces charmants revendeurs de caféine mettent à la disposition des junkies de la fève noire qui forment l’essentiel de leur clientèle. Après quelques minutes, je tournai la tête et croisai le regard d’un quidam éberlué qui me dévisageait, probablement depuis quelque temps déjà.
— May I help you? lui demandais-je, agacée, après un moment de gène.
— Sorry to bozer you, me répondit-il avec un fort accent français, botte… are you Anne Archet?
— On dirait bien… lui dis-je en fermant l’interface d’administration de WordPress.
— Ça alors! Mais c’est incroyable! Je débarque tout juste de Paris et la première personne que je rencontre au Canada est Anne Archet!
— Évidemment, puisque toutes les blogueuses québécoises fréquentent assidûment les cafés des hôtels pour ne pas louper un bon parti éventuel en provenance de l’hexagone, lui-répondis-je avec mon meilleur sourire.
— Ha! Ha! Je vous reconnais bien! Mais dites-donc, vous êtes très différente dans la vraie vie que sur votre blogue… me lança-t-il en plissant les yeux.
— C’est que je ne porte jamais mes tentacules en vacances, lui dis-je en finissant mon café.









