Textes portant l'étiquette « Fellation »

Dialogue nuptial (4/5)

7 janvier 2007

— Dommage que la mariée ait choisi un voile léger. Elle a pourtant une tête à chapeau…

— Ce qui est dommage, c’est qu’elle se soit contentée d’embrasser le marié. Elle a pourtant une bouche à pipe…

Saturnales

7 mars 2003

(Rédigé à l’endos d’un menu de café.)

Il est une heure dans mon abri de Jésus-Christ poilu. Il est une heure à ma table et j’en bave d’aise comme une moniale édentée.

Et on continue d’écouter la lutte dans la taverne à gauche, et on continue de regarder le bien, le mal à travers une grosse quille. Une quille! Donne-moi donc une grosse bien froide pour flatter ma valeur humaine! Viens me la rentrer dans la tête, sale pornocrate englué! Vas-y, appuie-moi sur la porte, que je touche ta seringue en bébé formol! Viens que je te suce, tu es bien raide mort!

À ma connaissance, les gens sont mouillés. Vas-y, lèche mes méninges, moi aussi je suis bien mouillée, nervurée, bien soluble! Ton souffle est lourd de métal, toi Saturne, ma peine d’alcool. Lèche mes cordages, ma vie est bien bandée.

Puisque c’est ainsi, buvons du vin de plomb, la chaleur est vraie. Buvons pour éclaircir le poison, buvons pour tuer l’espérance imposable. Bois sans soif les flots âcres de mon dernier souffle; moi je broierai seule le suc ductile de ton sexe bienveillant.

Long monologue de séparation

11 février 2003

Je n’aime pas son regard clair traversé par la foudre, ce regard qui prend et qui ne rend jamais, ce regard qui viole l’âme. Je n’aime pas qu’il caresse mon corps avec des yeux brillants. Je n’aime pas qu’il m’étende sur des velours et des soies, à la lumière de bougies exhalant le santal. Je n’aime pas qu’il pince sa bouche sur le bout d’un sein, qu’il glisse entre mes jambes des mains chaudes et froides. Je n’aime pas qu’il dessine sur ma peau des oiseaux, des cascades, qu’il souffle des orages dans les méandres de mes veines, qu’il fasse porter ma voix plus loin que le ciel.

Je n’aime pas quil me prenne contre lui dans le coin d’une pièce, qu’il serre son corps et le mien jusqu’à la douleur et cachés dans le noir comme des enfants punis, qu’il dessine dans le vide des arabesques d’or. Je n’aime pas ce champ immense où sa voix me pénètre entre un cri et un soupir. Je n’aime pas la nuit qu’il me morde, écarte mes cuisses et entre en moi comme un coup de tonnerre. Je n’aime pas qu’il cambre mon corps à la fureur du sien lorsque nos deux voix s’épousent sur les fausses étoiles du plafond.

Je n’aime pas dans les rues qu’il me souffle des mots crus en me frôlant des mains et qu’il allume des incendies qu’il s’empresse d’éteindre. Je n’aime pas qu’il attise jusqu’à la fureur la faim que mon ventre conçoit pour le sien. Je n’aime pas qu’il me plaque contre les murs, qu’il remonte mes jambes et que des feux d’artifices sillonnent notre ciel. Je n’aime pas qu’il se glisse dans mon dos et qu’il prenne mes seins dans ses mains, qu’il me parle des étoiles, de la magie du ciel. Je n’aime pas qu’il s’appuie jusqu’à ce que je sente son sexe contre mes fesses, qu’il lâche mes seins et se glisse jusqu’à mes hanches. Je n’aime pas qu’il appuie une main entre mes omoplates et que de l’autre écarte mes jambes. Je n’aime pas qu’il s’amuse un moment à faire aller et venir le tissu de ma robe, qu’il se penche sur ma nuque et me morde en se glissant dans mon ventre.

Je n’aime pas qu’il entre dans la salle de bain, qu’il me pêche dans la baignoire, qu’il jette d’énormes coussins sur le sol, qu’il me sèche avec des gestes doux, qu’il vernisse mes ongles, quil masse mes jambes. Je n’aime pas qu’il monte mes chevilles sur ses épaules, qu’il glisse vers mon sexe, qu’il me fouille avec sa langue, qu’il m’explore avec ses doigts. Je n’aime pas goûter sur ses lèvres la salive de ma vulve tandis que mon cœur me bat à l’endroit qu’il vient de quitter.

Je n’aime pas sentir son sexe se dresser et se tendre jusqu’à mon ventre. Je n’aime pas descendre mon corps le long du sien et prendre son sexe dans ma bouche. Je n’aime pas qu’il se cambre un peu comme une fille puis se rallonge. Je n’aime pas me guider au son de son souffle, le flatter avec ma langue, avec mes mains et d’un coup l’engloutir tout entier. Je n’aime pas que ses gémissements m’excitent, que ses mains s’agrippent aux draps et puis qu’il coule, tout chaud, dans ma gorge. Je n’aime pas attendre la dernière goutte, desserrer doucement les lèvres et me redresser pour voir l’éclat de ses yeux quand il a joui.

Je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais, je le hais.

Je me réveille en boule dans mon lit. Le réveil sonne mais je n’ouvre pas encore les yeux, de peur de le perdre. Je me lève et ma journée est un vaste brouillard. Une vie morte qui m’angoisse et bouscule des larmes dans mon regard. Mon cœur brûle. J’attend la nuit comme une libération. Quand je ferme les yeux pour m’endormir, il m’attend les bras ouverts. Il me bascule sur un lit et me fait l’amour en riant. Il s’enfonce en moi et le monde disparaît, réduit à ce bout de chair dur qui va et vient dans mon ventre ou à ses doigts qui me fouillent, sa langue, ses mains qui me frôlent, pincent, griffent, s’agrippent en propriétaire, sa bouche qui m’embrasse, me mord et toujours me fait gémir. Il y a son sexe contre mes fesses, son parfum sur ma peau et dans ces journées grises, j’ai toujours le poids d’un désir dans mon bas-ventre, un four entre mes jambes.

La nuit est ma délivrance.

Rêve

16 janvier 2003

Il m’arrive souvent de rêver d’une verge seule, détachée d’un corps masculin, flottant dans l’air et qui enfle dans ma bouche, tandis que ma langue se love tout autour et l’enserre; elle se tend lentement, ma gorge se serre convulsivement sur ce gland gonflé de sève et le masse doucement. Plus tard, je déguste particulièrement la dernière goutte que je soutire en exerçant une tendre pression tout le long de la hampe, tandis que ma langue serre doucement le gland sur mon palais.


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