Textes portant l'étiquette « Cul »

Big Bang

7 septembre 2011

Elle se plaint depuis des semaines devant le miroir. Elle se trouve moche, elle n’aime pas ses fesses, exhibe sous mon nez une culotte de cheval imaginaire, me dit qu’elle n’est plus d’un amas de capitons et de vergetures.

En désespoir de cause, je l’amène dans ce parc où, la nuit, des satyres aux sens enflammés hurlent à la lune et copulent entre eux dans les fourrés à défaut de pouvoir s’offrir la chair douce et rosée d’une femme complaisante. Dès qu’ils l’aperçoivent, ils se ruent sur elle, ils réduisent ses vêtements en charpie, la baisent, la traitent comme une chose et surtout l’enculent à répétition, vénèrent son cul et y reviennent sans cesse, jusqu’à la barre du jour, jusqu’à ce que les heures abolissent les sexes, abolissent les êtres, les transformant en magma sublime de chairs indifférenciées.

Rien ne sera plus comme avant. Elle est enfin libre, apaisée : son cul est devenu le centre de gravité de l’univers.

Au feu les pompiers

22 novembre 2008

Au feu, les pompiers,
V’là le cul qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là le cul en feu !
C’est pas moi qui a l’feu au cul,
C’est la cantinière,
C’est pas moi qui l’a brûlé,
C’est le cantinier.

La peau est si…

4 janvier 2008

Il n’y avait que deux choses à faire dans ce chalet isolé par la tempête au beau milieu de la forêt et comme on ne peut continuellement se caresser la fente je l’encourageai à écrire de petits poèmes crus de son cru. Elle refusa, protestant qu’elle n’a aucun talent. Mais à force d’insister, elle se résigna et, pour me faire plaisir, s’installa à la table où, consciencieusement, elle griffonna pendant au moins une bonne heure dans le petit carnet qu’elle utilise d’habitude pour rédiger sa liste d’épicerie.

Lorsqu’elle eut fini, je lui demandai de m’en faire lecture, ce qu’elle fit en louchant et avec une voix idiote:

«Mon cul, par Simone Bechara

Mon cul
Ton doigt dans mon cul
Tes doigts de pied aussi
Doigts de pied dans mon cul
Dans la rue
Mon cul dans la rue
(la rue du cul)
Seule avec tes doigts
Dans mon cul
(dans la rue)»

Railleuse, je lui suggérai de s’ouvrir un blogue pour publier ses «textes» — en prononçant ironiquement les guillemets, juste pour la taquiner. Évidemment, elle ne voulut rien entendre: elle craint des ennuis au boulot et l’idée d’utiliser un pseudonyme ne la rassure pas du tout. À bouts d’arguments, je lui chipai son cahier en turlutant: «Si tu n’es pas sage, je le montrerai à tous tes amis!».

Elle rit nerveusement — elle est toujours très sage et n’a pas vraiment d’amis.

Incarnation

20 décembre 2007

Je n’ai aucune réminiscence de mes vies antérieures, mais je garde un souvenir très vif de tous les vits que j’eus dans le postérieur.


Passer à la version mobile de ce site.