<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lubricités &#187; Amour</title>
	<atom:link href="http://archet.net/tag/amour/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://archet.net</link>
	<description>Les cahiers d&#039;Anne Archet</description>
	<lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2012 02:34:52 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Je t&#039;aime, trouduc</title>
		<link>http://archet.net/2009/03/06/je-taime-trouduc/</link>
		<comments>http://archet.net/2009/03/06/je-taime-trouduc/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 06:17:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Soumission]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lubricites.wordpress.com/?p=2116</guid>
		<description><![CDATA[― Je t’aime. ― Non, arrête, je refuse d’entendre un mot de plus. Si tu m’aimais, tu ne te contenterais pas de me regarder ! Tu serais un homme, un vrai et tu ferais… quelque chose ! Il soupira, ferma les paupières et se tourna sur son dos. Elle le dévisagea dans la pénombre en souhaitant ardemment, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">― Je t’aime.</p>
<p style="text-align:justify;">― Non, arrête, je refuse d’entendre un mot de plus. Si tu m’aimais, tu ne te contenterais pas de me regarder ! Tu serais un homme, un vrai et tu ferais… quelque chose !</p>
<p style="text-align:justify;">Il soupira, ferma les paupières et se tourna sur son dos.</p>
<p style="text-align:justify;">Elle le dévisagea dans la pénombre en souhaitant ardemment, de toutes ses forces, qu’il passe à l’acte, qu’il assume ses responsabilités viriles, qu’il prenne le contrôle. Il l’imagina la culbutant, entrant lentement, mais résolument en elle, la retenant de ses bras puissants, pour ensuite lui souffler à l’oreille sur un ton ferme et apaisant : « Ta rage est si magnifique. Tu me fais bander quand tu es en colère. Si j’agis en trouduc, c’est seulement pour te voir en furie. »</p>
<p style="text-align:justify;">Elle ne pourrait pas rester en colère ou lui en vouloir s’il disait une phrase de ce genre. Mais non : il préférait prendre son trou, comme d’habitude, et rester là, sagement immobile sur son côté du lit.</p>
<p style="text-align:justify;">― Hey ! Je te parle ! Pourquoi ne fais-tu pas quelque chose ! lui dit-elle en secouant son épaule amorphe. Réveille-toi, bon dieu !</p>
<p style="text-align:justify;">Elle le poussa un peu plus fort, le pinça, même, mais n’obtient aucune réaction. Pas le moindre petit mouvement, pas le moindre petit bruit.</p>
<p style="text-align:justify;">Une étrange angoisse vint soudainement tordre son estomac et oppresser sa poitrine.</p>
<p style="text-align:justify;">― Antoine ? Tu… tu dors ? lui dit-elle en le secouant franchement. Antoine ? Antoine !</p>
<p style="text-align:justify;">Elle sentit alors la panique lentement la gagner.</p>
<p style="text-align:justify;">― Merde ! Merde ! Merde ! cria-t-elle en se relevant.</p>
<p style="text-align:justify;">Elle l’attrapa par les deux épaules et se mit à le secouer.</p>
<p style="text-align:justify;">― Chéri ! Je t’aime ! Je t’en supplie ! Réveille-toi ! Antoine ! Antoine !</p>
<p style="text-align:justify;">Un sourire narquois apparut soudainement sur son visage de pierre.</p>
<p style="text-align:justify;">― Je t’ai eue ! siffla-t-il en ouvrant les yeux.</p>
<p style="text-align:justify;">Elle le frappa de toutes ses forces avec son oreiller.</p>
<p style="text-align:justify;">― Trouduc !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2009/03/06/je-taime-trouduc/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pénétration</title>
		<link>http://archet.net/2008/11/26/pntration/</link>
		<comments>http://archet.net/2008/11/26/pntration/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2008 21:12:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Retailles d’hosties]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Fellation]]></category>
		<category><![CDATA[Pénétration]]></category>
		<category><![CDATA[Sang]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=558</guid>
		<description><![CDATA[Pourquoi est-ce toujours à toi d’être en moi? N’est-ce pas profondément injuste? Je veux me glisser sous ta peau, ramper à travers ta chair, me laisser couler lentement dans tes artères et taquiner ton cœur du bout de la langue. Je veux que nos os se calcifient et se soudent, que nos tendons s’entremêlent et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi est-ce toujours à toi d’être en moi? N’est-ce pas profondément injuste?</p>
<p>Je veux me glisser sous ta peau, ramper à travers ta chair, me laisser couler lentement dans tes artères et taquiner ton cœur du bout de la langue. Je veux que nos os se calcifient et se soudent, que nos tendons s’entremêlent et que nos deux esprits fusionnent.</p>
<p>Je veux nager dans l’onde amoureuse de ton sang, boire la vie pulsante de ta semence, me regarder avec tes yeux pour comprendre enfin ce que tu vois en moi.</p>
<p>Je veux goûter le suc astringent de mon amour avec ta langue, sentir les plis humides de ma vulve sur le bout de tes doigts et ma cyprine poisseuse mouiller tes lèvres. Je veux sentir la caresse de mon sein avec la paume de ta main et les soubresauts de ma chatte en émoi au bout de ton gland.</p>
<p>Je veux sentir ce que tu ressens quand je prends ta virilité dans ma bouche, lorsqu’elle baigne dans ma salive brûlante. Je veux frémir comme tu frémis lorsque je fais vriller ma langue folle le long de la hampe, lorsque tu l’enfonces dans ma gorge dans un geste incontrôlé. Je veux ressentir la fièvre qui saisit ton corps lorsque tu cries mon nom, lorsque tu tires mes cheveux, lorsque tu t’effondres, tremblant, renversé par la jouissance.</p>
<p>Je veux sentir la douleur que provoque le fil glacé de ma lame étincelante lorsqu’elle fend lentement ta peau trop parfaite. Je veux ressentir le frisson que tu ressens lorsque je pose mes lèvres sur ta plaie et que je suce le flot écarlate de la vie qui fuit de tes veines, sentir l’adrénaline te posséder quand je m’accroche à ta chair déchirée. Je veux connaître la divine agonie de ma morsure sur ta gorge, m’entendre murmurer ton nom dans ton oreille, sentir autour de ta taille mes cuisses qui t’enserrent et qui te poussent à t’enfoncer toujours plus profondément en moi.</p>
<p>Je veux ressentir l’effet que produit en toi la violence de mes mots courroucés, la piqûre âcre de mes sarcasmes, la force souveraine de ma colère, la joie terrible de mes aveux et baigner, de l’intérieur, dans la cascade cristalline de ton rire. Mais je veux aussi sentir ton émoi lorsque tendrement tu me prends dans tes bras, lorsque tu caresses mon visage, lorsque je mouille tes joues de mes larmes.</p>
<p>J’ai besoin de savoir ce que tu ressens quand tu me désires, quand tu me possèdes.</p>
<p>Je veux savoir ce que tu ressens quand tu dis que tu m’aimes.</p>
<p>Je veux pénétrer en toi.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2008/11/26/pntration/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>19</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La famille est une minifourgonnette en panne qui continue de rouler</title>
		<link>http://archet.net/2008/11/05/la-famille-est-une-minifourgonnette-en-panne-qui-roule-toujours/</link>
		<comments>http://archet.net/2008/11/05/la-famille-est-une-minifourgonnette-en-panne-qui-roule-toujours/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2008 04:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anarchie etc.]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1428</guid>
		<description><![CDATA[Des amis à moi qui viennent d’avoir leur premier enfant se sont achetés une minifourgonnette. Ce qui, en soit, est dans l’ordre naturel et nord-américain des choses : d’abord, on forme un couple, ensuite, on tombe en cloque, on s’hypothèque une maison en banlieue et après, on se lance dans l’achat d’un véhicule familial dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des amis à moi qui viennent d’avoir leur premier enfant se sont achetés une minifourgonnette. Ce qui, en soit, est dans l’ordre naturel et nord-américain des choses : d’abord, on forme un couple, ensuite, on tombe en cloque, on s’hypothèque une maison en banlieue et après, on se lance dans l’achat d’un véhicule familial dont la livraison précède de quelques jours l’accouchement. Ne reste plus ensuite qu’à se marier, se procurer un chien, des appareils électroménagers, un cinéma-maison et des anxiolytiques à profusion pour oublier la dépression nerveuse et voguer tranquillement sur le long fleuve tranquille du bonheur. Sur cette minifourgonnette, le concessionnaire à eu l’idée géniale d’apposer un autocollant arborant fièrement le slogan de son commerce: «La famille et l’amour, des valeurs sûres!». Lorsque je fis remarquer la chose à ma copine, elle fit la moue et me dit: «Je sais, c’est horrible d’associer des valeurs si belles et si fondamentales à un vulgaire paquet de tôle motorisé!»</p>
<p>Je n’ai pas osé la contredire, mais il est flagrant selon moi que ce n’est pas elle qui a raison mais bien Toyota Gatineau. Le consumérisme, la famille et l’amour sont bel et bien des institutions inextricablement liées, des mécanismes de pouvoir donc le but principal est de nous asservir. Si nous voulons vraiment nous réapproprier nos vies dans leur totalité, si nous voulons vraiment libérer nos désirs des griffes de la peur et de la domination, il est nécessaire de s’attaquer à ces institutions qui peuvent nous sembler à priori éternelles et immuables. Il faut s’y attaquer et les détruire comme nous le ferions avec toutes les autres institutions qui nous asservissent.</p>
<p><span id="more-1428"></span>Qui dit amour dit mariage — même au Québec, champion canadien en titre de l’union libre, où seulement 30 % des couples habitent ensemble sans être mariés. Si dans les sociétés préétatiques le mariage a eu tendance à n’être qu’une façon plus ou moins informelle d’établir ou de maintenir des liens de parenté élargie, il s’est transformé, avec la montée de l’État, en une institution formelle et contraignante liée inextricablement avec la propriété. Plus spécifiquement, le mariage est devenu l’institution par laquelle le père, en tant que propriétaire de sa famille, donne sa fille à un autre homme qui, en tant que son mari, devient son nouveau propriétaire. Le mariage, qu’il soit hétéro ou homosexuel et malgré tous les oripeaux romantiques qu’on se plaît à lui donner, reste à la base une transaction, un échange de propriété qui fait de la famille le lieu fondateur de la domination des individus, domination qui s’étend ensuite à toute la société.</p>
<p>La nature même de la famille est hiérarchique. Son rôle principal est la reproduction de la société, ce qui, en tout premier lieu, exige la reproduction des êtres humains. Ainsi, la femme a pour objet de porter en son sein puis d’élever des enfants qui, bien qu’ultimement la propriété de leur père, restent sous l’autorité directe de leur mère. Voilà pourquoi ceux et celles qui ont eu le bonheur de grandir dans un environnement familial respectueux des rôles sexuels traditionnels ont goûté pour la première fois à la domination hiérarchique en la personne de leur mère. Le père, dans cet arrangement, reste une figure d’autorité distante, travaillant ses soixante à soixante-dix heures par semaine (malgré la théorique victoire ouvrière des quarante heures par semaine) pour donner accès aux membres de sa famille à toutes les marchandises qui sont socialement requises pour vivre décemment. La mère éduque, élève, corrige au besoin, établit les limites, définit de quelle manière ses rejetons doivent vivre leur vie, bref, devient le visage quotidien de l’autorité — tout comme le contremaître est celui du patron et des actionnaires, la plupart du temps invisibles sur les lieux de travail.</p>
<p>Le rôle social véritable de la famille est donc, comme je l’ai dit précédemment, la reproduction des êtres humains. Cela ne signifie pas seulement donner naissance à des enfants, mais aussi transformer cette matière première humaine en marchandise utile à la société — un sujet loyal, un bon citoyen, un travailleur acharné, un contribuable obéissant, un consommateur avide. Dès la naissance, il est nécessaire que le père et la mère commencent immédiatement le dressage de l’enfant. C’est d’ailleurs ainsi qu’on doit comprendre l’exclamation habituelle des salles d’accouchement, «C’est un garçon!» ou «C’est une fille!». Le sexe est le seul rôle social qui est déduit dès la naissance à partir de la biologie de l’individu et imposé grâce à une multitude de symboles — les couleurs des murs de la pouponnière, les vêtements, les jouets qu’on choisit d’offrir aux enfants, les jeux qu’on encourage et que l’on décourage, et ainsi de suite.</p>
<p>Tout ceci se fait en conjonction avec une insistance des parents sur l’infantilisation. Plutôt que d’encourager et nourrir l’indépendance, l’autonomie, la capacité de prendre ses propres décisions et la capacité d’agir en conséquence, on encourage les comportements naïfs, ineptes et les attitudes irrationnelles. Ces comportements, qualifiés de «mignons», de «<em>cutes</em>» et sont censés incarner l’essence même de l’enfance. Même si les enfants, dans les faits, se servent de leur faculté à être mignons habilement pour manipuler les adultes, le renforcement social de cette qualité encourage néanmoins la dépendance assez longtemps pour que le conditionnement à la soumission fasse effet, pour que la servitude devienne une habitude. Lorsque ce processus est accompli, être <em>cute</em> commence à être qualifié d’enfantillage.</p>
<p>Puisque la relation normale entre un parent et un enfant en est une de propriété et donc de domination et de soumission au niveau le plus intime, les enfants finissent par développer ce que Wilhelm Reich appelait une « armure caractérielle ». La conséquence en est particulièrement révoltante, puisque le conditionnement familial <em>et</em> les tentatives d’y résister et de s’en défendre peuvent marquer à vie.</p>
<p>Les peurs, les phobies et les mécanismes de défense que l’autoritarisme familial instille en nous ont pour effet d’assurer la pérennité et la reproduction de la structure familiale. Les méthodes employées par les parents pour renforcer l’incapacité des enfants garantissent que leurs désirs resteront hors de leur portée et sous le contrôle de leurs parents — agissant en ce sens comme agents de l’autorité. Ceci reste vrai même si les parents «gâtent» leurs enfants, puisque gâter les enfants signifie canaliser leurs désirs vers des attitudes socialement acceptables de consommation. Incapables de réaliser leurs propres désirs, les enfants s’habituent rapidement au manque et apprennent en moins de deux la faculté essentielle de baiser des culs dans l’espoir d’obtenir ne serait-ce que des miettes de ce qu’ils convoitent. L’idéologie du travail et de la consommation nous est ainsi inculquée grâce aux relations qui nous sont imposées dès l’enfance. Lorsque nous atteignons l’adolescence et que nos pulsions sexuelles deviennent plus précises, le sentiment de manque que nous avons appris nous mène aisément vers des conceptions marchandes de l’amour et du sexe. Ce qui fait qu’au moment de nous engager dans une relation amoureuse, la tendance à la comprendre comme une relation économique liée à la propriété devient très forte.</p>
<p>Quant à ceux et celles qui ne réifient pas leurs pulsions sexuelles, ils sont rapidement stigmatisés — particulièrement les filles. Nous nous agrippons à nos relations amoureuses avec un désespoir qui est symptomatique de la rareté bien réelle de l’amour et du plaisir en ce monde. Résultat: ceux et celles qui ont si bien appris qu’il est impossible de réaliser véritablement leurs désirs acceptent finalement que si leurs désirs ne leur appartiennent pas, que s’ils n’arrivent même plus à <em>reconnaître</em> leurs propres désirs, ils peuvent à tout le moins définir les limites des désirs des autres, qui à leur tour définissent les limites des leurs. C’est sûr, sécuritaire&#8230; et misérable. C’est le couple, le précurseur de la famille.</p>
<p>La peur maladive et désespérée de la rareté de l’amour reproduit donc les conditions du maintien de cette rareté. Les tentatives d’explorer et expérimenter de nouvelles façons d’aimer qui s’éloignent de l’institutionnalisation du désir que sont le couple, le mariage et la famille sont presque toujours récupérées par la réification marchande de l’amour. Un phénomène qui devrait surprendre personne puisque l’amour réifié est le seul qui puisse être acceptable dans une société dominée par l’économie.</p>
<p>Ironiquement, l’utilité économique de la famille est spécifiquement ce qui expose sa pauvreté au grand jour. Dans les sociétés préindustrielles (et, dans une certaine mesure, les sociétés industrialisées préconsuméristes), la logique économique de la famille résidait dans sa faculté de constituer un <em>ménage</em>, qui, bien plus que l’individu, constitue l’unité de base de la société capitaliste dans ses phases initiales — à un tel point que je me demande s’il est conceptuellement possible d’appliquer le qualificatif de «prolétaire» à un individu. D’ailleurs, c’est la structuration en ménages qui a imposé la différence entre travail productif (salarié, intégré au système marchand et assumé par les hommes) et travail improductif (non-salarié, axé sur la subsistance et assumé par les femmes) et qui a définitivement institutionnalisé le sexisme.</p>
<p>Le rôle économique de la famille a toutefois changé en occident après la Seconde Guerre mondiale, avec la montée de la société de consommation. Son objet devint alors la reproduction des consommateurs, chaque membre de la famille représentant une clientèle cible spécifique. Ainsi, la famille est devenue la matrice d’où émergent des ménagères, des adolescents, des écoliers, des hommes virils ou métrosexuels, bref, des êtres dont la capacité de réaliser leurs désirs a été détruite afin de rediriger leur énergie vitale vers la consommation. Dans ce contexte, la famille reste nécessaire comme moyen de reproduction des rôles sociaux, mais puisqu’elle ne détermine plus les limites du désir appauvri — puisque ce rôle est maintenant rempli par la consommation — il n’y a plus de base réelle est solide pour assurer sa cohésion.</p>
<p>Voilà pourquoi nous assistons — avec beaucoup plus d’horreur que de satisfaction — à la désagrégation de la famille sans sa destruction. La famille roule encore, comme une minifougonnette rouillée, accidentée et déglinguée qui n’en finit plus de nous polluer l’existence. Et encore aujourd’hui, peu de gens arrivent à concevoir une vie pleinement remplie et satisfaisante sans mariage, sans intégration dans une famille. Même les gais, les lesbiennes et les bisexuels, qui pourtant, par la force des choses, se sont longtemps vu refuser l’accès à ces deux institutions, n’ont pour la plupart qu’une envie : se plier à la normalité aliénante définie par le patriarcat.</p>
<p>La famille est la source première, la plus intime et la plus vicieuse de notre esclavage. Le fait qu’elle nous semble si naturelle, si inscrite dans notre biologie est un leurre vicieux, un gage de son efficacité. Donnons-lui la chiquenaude qui suffirait à l’abattre et partons explorer de nouveaux arrangements, de nouvelles formes de vie amoureuse, libérons nos désirs des griffes de la peur et reprenons ainsi une part de notre vie qui nous a été si insidieusement volée.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2008/11/05/la-famille-est-une-minifourgonnette-en-panne-qui-roule-toujours/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>27</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Conjugaison conjugale</title>
		<link>http://archet.net/2008/06/20/conjugaison-conjugale/</link>
		<comments>http://archet.net/2008/06/20/conjugaison-conjugale/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2008 17:18:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Haine]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1393</guid>
		<description><![CDATA[La plupart du temps, le passé simple de haïr est aimer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La plupart du temps, le passé simple de <em>haïr</em> est <em>aimer</em>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2008/06/20/conjugaison-conjugale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Amour (encore)</title>
		<link>http://archet.net/2008/01/29/amour-encore/</link>
		<comments>http://archet.net/2008/01/29/amour-encore/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 17:21:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1340</guid>
		<description><![CDATA[Hier soir, visite de ma petite cousine de quatorze ans, de qui j’ai reçu les confidences émoustillées. Elle me décrivit son premier amour comme un prologue qui se prend pour un épilogue.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier soir, visite de ma petite cousine de quatorze ans, de qui j’ai reçu les confidences émoustillées. Elle me décrivit son premier amour comme un prologue qui se prend pour un épilogue.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2008/01/29/amour-encore/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Grosse fatigue</title>
		<link>http://archet.net/2008/01/27/grosse-fatigue/</link>
		<comments>http://archet.net/2008/01/27/grosse-fatigue/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Jan 2008 03:44:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1337</guid>
		<description><![CDATA[Jalousies, minauderies, enfantillages, bouderires, mièvreries, niaiseries: l’amour est le bêtisier du sexe.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jalousies, minauderies, enfantillages, bouderires, mièvreries, niaiseries: l’amour est le bêtisier du sexe.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2008/01/27/grosse-fatigue/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Engagement</title>
		<link>http://archet.net/2007/05/31/engagement/</link>
		<comments>http://archet.net/2007/05/31/engagement/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 01 Jun 2007 02:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1164</guid>
		<description><![CDATA[J’étais tellement fatiguée que j’ai dit oui à tout ce qu’elle me demandait — que je l’aimais, qu’elle était la femme de ma vie, que je ne la quitterais jamais et ainsi de suite. Ce qui, après une bonne nuit de sommeil, ne peut que laisser songeuse quant à la source des serments amoureux…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’étais tellement fatiguée que j’ai dit oui à tout ce qu’elle me demandait — que je l’aimais, qu’elle était la femme de ma vie, que je ne la quitterais jamais et ainsi de suite. Ce qui, après une bonne nuit de sommeil, ne peut que laisser songeuse quant à la source des serments amoureux…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2007/05/31/engagement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La vraie nature de la jalousie</title>
		<link>http://archet.net/2007/03/02/la-vraie-nature-de-la-jalousie/</link>
		<comments>http://archet.net/2007/03/02/la-vraie-nature-de-la-jalousie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Mar 2007 17:31:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=1078</guid>
		<description><![CDATA[Je feins d’être jalouse de ses amies, de ses collègues, de ses rencontres — de ses patients, même. C’est ce que j’ai trouvé de mieux pour la conforter dans cette idée d’une sorte d’amour partagé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je feins d’être jalouse de ses amies, de ses collègues, de ses rencontres — de ses patients, même. C’est ce que j’ai trouvé de mieux pour la conforter dans cette idée d’une sorte d’amour partagé.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2007/03/02/la-vraie-nature-de-la-jalousie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>11</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Derrière le voile</title>
		<link>http://archet.net/2003/03/14/derriere-le-voile/</link>
		<comments>http://archet.net/2003/03/14/derriere-le-voile/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2003 15:11:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésies licencieuses]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=54</guid>
		<description><![CDATA[Je jouis boudeuse de tes larmes de sucre Tes cils prodigues contre ma tempe Sang renversé et désordre textile Reste immobile encore oui un peu La chaleur des algues étourdit mes narines Je te sais muette et pourtant de ta bouche Fuient des mots étranges périls en osmose Ton rire est trop pur pour tes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je jouis boudeuse de tes larmes de sucre<br />
Tes cils prodigues contre ma tempe<br />
Sang renversé et désordre textile</p>
<p style="text-align: justify;">Reste immobile encore oui un peu<br />
La chaleur des algues étourdit mes narines<br />
Je te sais muette et pourtant de ta bouche<br />
Fuient des mots étranges périls en osmose</p>
<p style="text-align: justify;">Ton rire est trop pur pour tes gestes souillés<br />
Fichée sur ton doigt j&#8217;attends l’incendie<br />
Oh laisse-moi donc guider ta main<br />
Où ma peau s&#8217;achève et mes rêves commencent.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2003/03/14/derriere-le-voile/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Simone&#8230;</title>
		<link>http://archet.net/2003/03/12/simone/</link>
		<comments>http://archet.net/2003/03/12/simone/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2003 16:24:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papiers de fortune]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=52</guid>
		<description><![CDATA[(Rédigé au verso d’une pub de lessive.) Elle me dit: Je ne te quitterai jamais, &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;à moins que tout l’or de tes colères ne cesse de se muer en cantiques. Je ne te quitterai jamais, &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;à moins que la neige des pierres ne se mette à réciter L’Union libre. Je ne te quitterai jamais, &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(Rédigé au verso d’une pub de lessive.)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Elle me dit:</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que tout l’or de tes colères ne cesse de se muer en cantiques.<br />
Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que la neige des pierres ne se mette à réciter <em>L’Union libre</em>.<br />
Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que le feu sonore de tes cheveux ne cesse de provoquer.<br />
Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que la chapelle ardente de tes bras ne se ferme sur les pages numériques.<br />
Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que la caféine de ton regard ne cesse de parfumer les rues de cannelle.<br />
Je ne te quitterai jamais,<br />
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;à moins que ton visage ne s’efface sur la bure de la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je la crois,<br />
Parce que sa voix est douce comme le martinet de l’été<br />
Parce que sa raison a des paroles souterraines<br />
Parce que ses mots sont froids comme la pluie<br />
Parce que ses baisers ont la quadrature des hyperboles acides.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2003/03/12/simone/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

