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Soins gériatriques

6 septembre 2011

Sur Craigslist, j’avais pris contact avec une infirmière qui travaillait de nuit dans une maison de vieux. Elle me raconta que lorsque ses pensionnaires dorment, elle reçoit discrètement des hommes dans son poste de soins. La plupart du temps, elle les suçait et recueillait leur foutre dans un grand bécher; elle en buvait le contenu pour épater l’un deux, qui venait la visiter chaque vendredi, tard dans la nuit.

Ne voulant pas manquer un truc pareil, je voulus immédiatement aller la rejoindre. Elle m’indiqua que lorsqu’elle n’était pas occupée, elle dormait dans une chambre de la résidence. Mais arrivée sur place, dans chaque chambre que je visitai, sous chaque drap que je soulevai, je ne trouvai qu’une horrible vieillarde ou un cadavre.

Elle

29 août 2011

Elle couchée sur le dos dans son lit et feuillette le Cosmo. Je viens chevaucher sa tête, je frotte ma chatte sur son visage, je jouis sur sa bouche, je l’étouffe et lui fais mal. Ça semble lui convenir — elle n’est pas très bavarde. Puis je lui pisse dessus, sur le visage, dans les yeux. Elle regimbe un peu, pour la forme, mais reste totalement soumise, servile : à mon humble avis, c’est l’influence délétère de la presse féminine.

Confessions d’une dominatrice récalcitrante

24 août 2011

(Extrait de la prochaine mouture des Mémoires de la pétroleuse nymphomane)

Être tortionnaire n’est pas un talent naturel chez moi. J’admets volontiers que je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un ange de douceur et de gentillesse, mais il se trouve que je suis aussi fortement éprise de liberté, si bien que commander me répugne autant que de servir. Il ne me serait d’ailleurs jamais venu à l’esprit de m’adonner au BDSM avant de rencontrer Simone — je ne savais même pas ce que signifiait BDSM, c’est dire. Or, c’est bien connu, ce sont les soumises qui mènent le bal dans ce genre de relation et la mienne était particulièrement tyrannique. Comme je l’aimais d’un amour insensé, comme j’étais prête à n’importe quoi pour la garder près de moi, j’ai dû fouler au pied mes belles convictions libertaires et m’efforcer de devenir une déesse de cuir, une maîtresse cruelle — alors que je ne cessais de crier «  Ni dieu, ni maître » dans mon for intérieur.

Elle me demandait des trucs pas possibles, ce n’était jamais assez hard pour elle. Moi qui suis une petite nature, faiblarde et asthmatique, moi qui tourne de l’œil à la vue de la moindre goutte de sang, de la moindre trace de merde, j’étais servie. Et puis tous ces trucs avec des chiens, moi ça me donnait une frousse pas possible, je devais me faire violence pour l’obliger à prendre son pied avec ces sales cabots. Et son pied, dieu sait qu’elle le prenait : à tue-tête et en en redemandant toujours, continuellement.

Je ne sais pas si c’est le cas de toutes les soumises, mais la mienne était d’une intelligence redoutable. Elle avait fait de brillantes études et se lançait dans ce qui s’annonçait comme une carrière médicale tout aussi brillante. Elle était exigeante envers elle-même et sûrement au moins aussi exigeante envers moi, sa maîtresse. Elle détestait la médiocrité, la routine et acceptait rarement de se soumettre deux fois de suite aux mêmes sévices. Elle voulait toujours du nouveau, de l’inédit, de la perversion à profusion, toujours renouvelée.

Je me suis longtemps demandé pourquoi une femme de sa stature et de son tempérament avait choisi de se faire dominer par une fille comme moi, qui avait si peu la vocation de dominatrice. J’en suis arrivée à la conclusion que ce qu’elle aimait de moi, c’était mon imagination débordante. Pour elle, j’ai écrit mes plus belles œuvres, les plus sublimes, les plus cruelles. Celles que je ne publierai jamais et qui seront éternellement dédiées à sa plus grande gloire.

J’avais beau avoir de l’imagination, il y avait quand même toujours dans tout ce que je pouvais imaginer une part que je ne pouvais accomplir : tout ce qui aurait risqué de la blesser gravement, de la mutiler — voire de la tuer. Il fallait aussi que j’évite tout ce qui pouvait la marquer, du moins sur les parties les plus visibles en société de son corps, car elle avait une vie professionnelle et une respectabilité à préserver, ainsi que de distingués collègues et une famille ultra-catho à ménager.

Je me souviens d’un matin, alors que j’avais passé la nuit précédente à la punir de  mille manières. Elle me dit d’un air déçu, pendant que je la libérais finalement de tous ses liens:

— Tu ne t’es pas servie des aiguilles chauffées à blanc…

— Tu sais que j’ai horreur des aiguilles, c’est un traumatisme d’enfance. Et puis je t’aurais fait des marques compromettantes qu’il t’aurait fallu expliquer à ta mère et au docteur machin-chouette.

Elle soupira.

— Triste monde que celui où une femme ne peut vivre pleinement la sexualité de son choix.

— Pfff. Ta sexualité, tu pourrais la vivre à ta guise si tu n’étais pas si obsédée de respectabilité bourgeoise.

— Ah! Si on pouvait vivre notre amour comme ça, tout simplement, au grand jour, sans craindre l’opprobre…

— Tu pourrais commencer par me demander de t’accompagner au party de Noël de ton département et me présenter à tes parents. Ce serait un bon début…

— Et comment je te présenterais? Comme une amie? Comme une coloc?

— Ce serait plus exact de me présenter comme ton amoureuse, ta maîtresse… ou même ta tortionnaire sadique et cruelle…

— Aussi bien les achever tout de suite d’un coup de revolver.

— Si on se mariait? Tu pourrais me présenter comme ta gentille épouse.

— Tu envisagerais vraiment de…

— Si tu acceptes, je t’attache nue sur la poubelle et je te livre aux éboueurs du quartier pour qu’ils nous fassent un enfant.

Elle me regarda, songeuse, visiblement tentée.

Je suis souvent revenue à la charge avec cette proposition par la suite. L’idée lui plaisait — celle de l’insémination par éboueurs interposés, pas celle du mariage. Je n’ai jamais réussi à la trainer devant un juge de paix, mais elle a fini par me présenter à ses parents. Ils encaissèrent la nouvelle de l’homosexualité de leur fille avec beaucoup moins de difficulté que celle de sa grossesse de père inconnu.

L’accouchement fut la seule occasion où je la vis souffrir physiquement de maux que je ne lui avais pas infligés. Lorsque je pris Louise-Michelle, notre fille, pour la première fois dans mes bras, je compris soudainement que sa maman avait dorénavant une nouvelle tortionnaire.

Représentation

Rêve étrange. Je suis sur la scène d’un théâtre qui ressemble à celui où ma mère m’amenait quand j’étais petite pour voir des pièces pour enfant. Je suis vêtue d’une petite robe noire toute simple, de ce genre de celles que je m’achetais quand j’étais encore mariée avec elle. Un homme se présente, habillé comme un Monsieur Loyal de cirque. Il explique au public (que je ne vois pas) le déroulement du spectacle; tous pourront, chacun à son tour, me demander de faire à peu près n’importe quoi — les sucer, les branler, les laisser me cracher dessus, pisser ou éjaculer sur moi, ou par terre et me demander de lécher. Il est toutefois interdit de me toucher, sous peine de mourir foudroyé, calciné, dans les convulsions atroces.

Le premier participant qui monte sur la scène est la papesse du jeu de tarot. Elle demande à ce que je sois clouée sur la table où l’on servira le dîner. Je me réveille et constate que mon chat a fait tomber la photo de ma mère par terre.

Lexicophilie

23 août 2011

Quand j’étais petite, je croyais que l’expression «faire son devoir conjugal» signifiait d’écrire des verbes dans un cahier à la demande de sa maîtresse. Maintenant que je suis grande, je sais que ça veut dire se branler en lisant le Bescherelle.

Vente sous pression

15 août 2011

À la boutique de lingerie, je trouvai une paire de bas noirs tout ce qui a de plus sexy. Mais comme je suis une consommatrice avisée, j’allai voir la vendeuse pour m’assurer de ne pas me faire un fourrer avec des bas qui se niquent dès la première baise.

— Pardonnez-moi, madame… j’aimerais savoir si le sperme peut tacher ce tissu.

Elle jaugea le vêtement d’un œil avisé, puis me répondit :

— Pas du tout. Ces bas résistent à toutes les taches; le foutre ne fait que glisser, comme de l’eau sur le dos d’un canard.

— Ah oui? Ça me semble difficile à croire…

— Je peux vous faire une démonstration, si vous le souhaitez.

— Je vous en prie, faites, faites…

— Patrick! Amène ton cul ici sur le champ! J’ai besoin de toi pour une cliente! cria la vendeuse.

Un commis rondouillard sortit de l’arrière-boutique en maugréant. J’eus l’impression que nous le dérangions en pleine pause branlette syndicale, à en juger par la bosse qui déformait sa salopette.

— Vous allez voir, c’est presque miraculeux, me dit-elle en débraguettant le zigoto.

Elle en extirpa une bite longue et épaisse autour de laquelle elle enroula le bas. Elle se mit ensuite à le branler à toute vitesse, tout en poursuivant nonchalamment sa discussion avec moi.

— Si c’était de la soie, ou même du nylon, il y a longtemps que le bas aurait filé, voire même déchiré. Mais il s’agit ici de microfibres spéciales développées par la NASA qu’on a traitées à l’acide perfluorobutanesulfonique. Croyez-moi, c’est tout simplement impossible de les abimer ou de les tacher…

Après à peine une minute de ce traitement, Patrick le commis se mit à respirer bruyamment,  grogna, puis éjacula à longs traits sur le bas.

— Vous voyez comme le sperme perle sur le tissu? Si je plie le bas ainsi, je peux tout ramasser en une seule petite flaque… il ne reste ensuite à verser le tout à l’endroit de son choix et on se retrouve avec des bas impeccables — c’est l’idéal pour le bureau ou les sorties en ville.

Elle défit les deux premiers boutons de son chemisier et versa le foutre sur ses seins.

— Vous pouvez vérifier par vous-même, si vous le voulez, me dit-elle en me faisant un clin d’œil.

J’inspectai le bas et vis qu’elle avait raison : je ne trouvai pas la moindre trace d’humidité. Quant au commis, il s’affairait à nettoyer de la langue le corsage de sa patronne.

— Dites-moi… Vous faites ce genre de démonstration avec toutes vos clientes?

— Bien sûr que non, répondit-elle d’un ton sec. Vous êtes ici dans un commerce honnête, pas dans un lupanar.

— Elle ment, ajouta Patrick en sortant pour la première fois de son mutisme.

Mots cochons

13 août 2011

(Qui semblent graveleux à première vue, mais qui finalement ne le sont pas du tout.)

Braiser

J’ai écarté les cuisses de la poulette et je l’ai braisée dans la cuisine comme un chef.

Culard

Tu as vu comment il est monté, cet animal? Comment il n’arrête pas de se pavaner devant les femelles? C’est un vrai culard, celui-là!

Cyprin

La fontaine de cette femme déborde; elle est remplie de cyprins.

Éculer

À force de l’enfiler chaque jour, il a réussi à l’éculer.

Espagnolette

Si tu acceptes de réparer ma fenêtre, je te ferai une espagnolette pour te récompenser.

Fellaga

Lorsqu’il en eut marre de se faire baiser, il se fit fellaga.

Fesse-mathieu

Comme il est difficile de vider les bourses de ce fesse-mathieu!

Fourre-tout

Ce fourre-tout, c’est mon baise-en-ville.

Fistuler

Il s’est élargi à un point tel qu’il a fini par se fistuler au fond du rectum.

Glandophile

Ravi, ce glandophile tâtait ses balles d’un air connaisseur.

Gouille

Après la pluie, le vieux laissait toujours les enfants venir dans son jardin jouer dans ses gouilles.

Goder

Elles passent leurs journées au lit à goder ensemble.

Kamakura

Je me suis déjà tapée tout Kamakura avec mon mari.

Marie-salope

Ah ! Cette vieille marie-salope… tous les pêcheurs du village s’en sont déjà servis.

Organum

Leurs voix s’élevèrent, pleines d’émotion, et je sus alors que c’était l’organum final.

Rectoral

Il ne se laisse jamais prier pour assumer ses fonctions rectorales.

Salopette

Je meurs d’envie de mettre cette salopette.

Spermophile

Avis aux parents : on rapporte qu’un spermophile a été aperçu rodant dans le parc municipal.

L’Impératrice

9 août 2011

J’ai rêvé que l’impératrice — l’arcane III du tarot — s’était insinuée dans mon esprit et avait pris le contrôle de mon corps. J’avançais dans le corridor, nue et majestueuse, la main posée sur le pubis comme sur un coussin d’hermine. Arrivée au balcon, parmi les vivats, la liesse, je me suis branlée vigoureusement avec mon sceptre incurvé, aspergeant la foule de cyprine se transformant en papillons mordorés, en étincelles aveuglantes.

Le martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie

16 juillet 2011

L’empereur Maximien, séduit par la beauté et les hautes qualités morales de Catherine d’Alexandrie, s’agenouilla un jour devant elle pour lui demander sa main. Après avoir essuyé un refus plein de mépris, il entra dans une fureur telle qu’il ordonna à ses bourreaux de la flageller et de disloquer ses membres. Mais au moment de la soumettre au supplice, les roues où elle avait été liée furent frappées d’un éclair aveuglant et volèrent en éclats, tuant la plupart de ses tortionnaires.

Pendant que le mien liait mes poignets à la tête du lit et caressait de ses mains calleuses les sinuosités les plus intimes de mon corps dénudé, je me demandai si j’allais jouir d’une telle intervention divine. Fébrile, tremblante, j’étais Sainte Anne Archet de Montréal, soumise au supplice de la roue, ne sachant pas ce qui allait ou n’allait pas ce produire.

L’illumination vint lorsque la première goutte de cire brûlante tomba, un peu au dessus de mon ventre, presque entre mes seins, et que je sentis ma peau toute entière s’embraser dans une flamme intense, extatique et miraculeuse.

Média social

27 juin 2011

Marcel Mongeon, entrepreneur en démolition, contemplait avec nostalgie sa vieille école lorsqu’un de ses employés vint le tirer de sa rêverie.

— Hey boss, faut vraiment que vous veniez voir ça!

— Qu’est-ce qui se passe? Il y a un problème?

— Non, pas de problème, mais je pense que vous ne voulez pas rater ça.

Mongeon soupira, mit son casque de chantier et suivit son jeune blanc-bec d’employé à travers les couloirs en ruine, jusqu’au cœur de l’édifice.

— On ne voulait pas commencer à démonter les toilettes avant que vous ne puissiez jeter à un coup d’œil à ceci, boss. C’est juste… trop drôle.

Plusieurs ouvriers étaient attroupés et rigolaient en se tapant les cuisses. Marcel s’approcha et comprit que les panneaux métalliques des cabinets étaient l’objet de cette hilarité. Ils étaient couverts de graffitis — pas de ces trucs stylisés que l’on voit partout de nos jours, mais de simples gribouillages faits au stylo ou au feutre.

— Vous n’allez peut-être pas me croire mes petits gars, mais j’ai connu cette fille. Nous sommes même sortis ensemble… un seul soir, dit Mongeon en pointant du doigt un des graffitis.

On pouvait lire : «Louise Veilleux couche le premier soir.»

Les jeunes éclatèrent de rire.

Le patron poursuivit sa lecture à haute voix, dans l’hilarité générale.

«La mère de Michel Landry se fait enculer par le bedeau après la messe.»

«Ginette Sénécal aime sucer des queues.»

«Ta sœur se laisse fourrer par les hobos de track en bas de la côte.»

«Qui a vu les boules de Carmen Paquette?» — suivi d’au moins une bonne vingtaine de «moi» et de commentaires graveleux.

«Pelletier est une crisse de tapette.»

— Pelletier, c’était mon prof de maths, dit Mongeon. Bordel, il doit bien être mort depuis trente ans… et toutes ses filles… elles doivent maintenant être grand-mères… Pierrette était dans ma classe et j’ai soixante-deux ans…

Les loulous hurlaient de rire. Certains même en pleuraient.

— Qu’est-ce que vous avez tous à rigoler? Un peu de respect je vous prie — c’est le Facebook de mon époque!

Déménage à trois

13 juin 2011

— Et puis? Où vas-tu aller? me demanda-t-elle en s’approchant de la fenêtre et en déboutonnant sa blouse.

Je regardai sa réflexion sur le verre, la fine dentelle qui soutenait ses seins et les lumières de minuit de la ville à nos pieds.

— Quelque part loin d’ici, lui répondis-je, quelque part où il n’a jamais été.  Quelque part où il ne me retrouvera pas.

Je la pris par la taille et elle se pencha vers moi, sa blouse glissant sur ses bras. Elle déposa sa tête sur mon épaule et je l’embrassai tendrement. Ses lèvres étaient chaudes et douces.

— Et moi? Est-ce que tu m’aimes? murmura-t-elle.

Elle se redressa et plaça ses mains sur mes joues.

— Est-ce que tu m’aimes? Est-ce que tu m’aimes… sans lui?

Avant que je ne puisse répondre, elle m’embrassa, un peut trop fort, avec une passion qu’on aurait pu confondre avec du désespoir. Elle s’ouvrit comme une fleur, délicate et fragile, et pressa son corps contre le mien.

— Ne dis rien… ne dis rien… soupira-t-elle, les yeux clos, une larme coulant sur  sa joue.

Une journée dans la vie d’une cyber-salope

26 mai 2011

6h30

Je me réveille au son strident de l’alarme de mon portable, la seule qui arrive à m’extirper des limbes après une nuit de baise. Machinalement, je me retourne, tends le bras de l’autre côté du lit et me surprends pendant deux secondes à n’y trouver personne. Les yeux encore englués de sommeil, j’ouvre le tiroir de la table de nuit et fouille à l’aveuglette pour attraper mon petit vibromasseur. J’ai besoin de jouir, là, tout de suite, c’est l’effet qu’a toujours sur moi un lit vide. Heureusement, les piles ne sont pas mortes — enfin, pas tout à fait. Je le règle à la bonne vitesse et je le glisse juste au bon endroit, bien appuyé juste à droite de mon clitoris, puis je savoure la douce vibration. Mmm. Je vais l’enfoncer tout doucement, tiens. Je suis mouillée, comme la plupart des matins où je devrais être tôt au bureau. On dirait que c’est un mécanisme de défense, une façon que mon corps a trouvée pour me retenir au lit le plus longtemps possible. Pourquoi Laurent n’est pas là? En fait, je sais pourquoi il n’est pas là et qu’il n’y sera jamais. Un écran d’ordinateur ne garde pas un lit au chaud. Mmm, c’est bon, juste là… je… oh!

7h12

La douche. Comment commencer la journée autrement? Je laisse couler l’eau sur mon corps pendant plusieurs minutes, pour savourer sa chaleur enveloppante. Puis, je me savonne abondamment, en m’attardant sur ma poitrine… Ouf! Mes mamelons sont tout durs… Je pense à Pierre… Rien à faire, je suis toujours aussi excitée. Fuck. Le savon mousse sur mes seins. Je me demande si Pierre est dans sa douche, lui aussi, en ce moment… s’il se branle en pensant à moi… Je suis envahie de visions de sa queue bien dure et savonneuse alors que le pain glisse sur mon ventre. Rien à faire, il faut que je me branle encore. Je lève une jambe, je pose le pied contre le bord de la cabine, puis dirige le jet de la pomme contre ma chatte. Oh! Mon Dieu! Je crois que je vais… Pierre! Est-ce que tu vas jouir, toi aussi? Je me pince un mamelon et imagine son menton râpeux contre mon sein. Oh! Oui! Je…

Ouf. Il faut que j’en parle sur Twitter avant de sécher mes cheveux.

8h20

Je ne suis pas sitôt arrivée au bureau que le patron me demande d’aller faire du café. Quel trou de cul! Ce serait matière à grief si j’étais syndiquée… En regardant le café passer, je me penche sur le comptoir et sens ma jupe relever, exactement comme l’autre soir, avec Robert, sur Skype. Je m’étais retourné et j’avais levé ma jupe et puis… coucou, pas de culotte. Il en bavait tellement de désir que je sentais presque son souffle contre ma nuque à travers la webcam. Je me suis passé un doigt dans la fente pour l’aguicher et lui, il me disait des horreurs délicieuses… de celles qui me font mouiller comme une traînée… et puis je me suis mise à… Merde, je suis en train de me frotter contre  la poignée du tiroir. Je me rajuste en vitesse et apporte à mon connard de boss son double double. Dès qu’il aura le dos tourné, j’en profiterai pour raconter sur mon blogue ce que j’ai fait ensuite avec Robert. Depuis le temps que mes lecteurs me réclament cette histoire…

9h30

Il est 7h30 à Vancouver, Laurent devrait maintenant être debout. Et le patron qui vient de partir en réunion… à moins qu’il ne soit encore parti chez la poufiasse du centre-ville qu’il baise chaque mercredi. J’en ai rien à cirer, en autant que ça me laisse un peu de temps pour tchater. Voyons s’il est en ligne…

sensu_elle: Bon matin cheri

megastud04: Nadine! kiss kiss kiss :-*

sensu_elle: Je me suis branler 2 fois en pensant a toi ce matin :-P

megastud04: Moi aussi mais juste 1 fois dans la douche. Tu étais trop HOT!

sensu_elle: raconte

megastud04: Tu étais a genou et tu m’a sucé jusqu’à la moelle. Ensuite, tu m’as lavé le dos comme une gentille fille!

sensu_elle: LOL

sensu_elle: Le patron est parti. Personne au bureau. Je m’emmerde. Appelle moi

megastud04: Impossible. Roxanne est juste à côté :-(

sensu_elle: Ce soir alors?

megastud04: Oui bonne idée. Kess tu portes en ce moment? Je parie que tu n’as pas de culotte…

sensu_elle: Nan, jamais de culotte. Je lève ma jupe pour te montrer… Bordel! J’ai le feu au cul! Tiens, je pourrais aller chercher un des bâtons de golf du boss dans son bureau et m’enfoncer le manche dans la chatte…

megastud04: :-o

sensu_elle: Tu voudrais me voir faire un trou d’un coup? ;-)

megastud04: Nadine, tu es incroyable Tu me raconteras ca plus tard je suis déjà en retard pour le boulot et grâce à toi je bande comme un taureau. À plus tard coquine! xxxx

13h00

Une forte odeur d’eau de Cologne m’assaille — voilà le patron qui revient au bercail. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour masquer cette odeur de chatte bien ramonée, hein… tiens, je vais raconter ça sur Facebook, qu’on rigole un peu.

14h10

Je m’emmerde. Si au moins l’accès à joueraveclefantasme.com n’était pas bloqué, je pourrais répondre à mes messages… ou alors zieuter un peu les webcams…

Voilà le livreur d’UPS qui s’amène… tiens, c’est un petit nouveau. Un jeune mec dans la vingtaine, tout en muscles, belle gueule de mauvais garçon… et l’uniforme marron lui va à ravir. J’ai bien fait d’avoir attendu avant de remplir les formulaires d’envoi… Tu es célibataire, mon chou? Si tu ne l’es pas, ce n’est pas bien grave… tu peux quand même venir me prendre sur la Xerox, je vais m’asseoir sur la vitre, ça fera de chouettes photocopies…

Sitôt qu’il est parti avec nos colis, je cours aux cabinets. Il y a des limites à rester assise à s’exciter de la sorte, il faut pouvoir se soulager de temps en temps. Je jouis, assise sur la cuvette, la tête contre la cloison, l’index et le majeur couverts de mouille gluante.

Je me lèche les doigts, je replace ma jupe et retourne d’un pas résigné écrire les foutues lettres qui devraient être terminées depuis hier.

15h57

Je suis prête à décamper depuis au moins vingt minutes. Arrgggh! Pourquoi est-ce si long? Je suis certaine que l’horloge sur le mur retarde. Fuck, mon ordinateur indique la même heure… mon téléphone aussi… et mon portable…  et mon iPod… Merde, il est bien 15h57… et… et… 58 ! Encore deux petites minutes! Come on… come on… come on…

16h00

Je referme la porte du bureau et lance au patron le doigt d’honneur que je retiens depuis ce matin. Faudra un jour que je trouve le courage de le lui faire en pleine face. J’espère que je ne manquerai pas le bus… j’ai tous ces courriels à répondre, surtout celui de Caroline qui veut m’offrir comme cadeau d’anniversaire à son Jules… j’ai la chatte en feu rien qu’à y penser. Je mouillerais ma culotte si j’en portais une… je vais devoir faire attention quand je vais m’asseoir. Quoique je pourrais prendre en photo la trace sur le siège et la poster sur Tumblr…

17:10

Pourquoi faut-il qu’il y ait autant de bouchons dès qu’il se met à faire beau? J’ai les nerfs à vif, je suis en nage, je brûle. Mes vêtements volent dans tous les sens dès que j’entre dans l’appartement. J’entends ce vicelard de Tremblay ouvrir sa porte avant que je ne ferme la mienne, le cul à l’air. Il s’arrange toujours pour ne pas en perdre une miette, celui-là. Tant pis, ça m’excite toujours de jouer les allumeuses. Voyons qui m’a écrit… Quatre messages de Laurent, deux de Caroline, un de Pierre, deux de Robert. Je les déguste l’un après l’autre, le doigt dans la chatte. C’est la litanie habituelle qui me fait tant de bien : « Je veux te baiser en levrette » … « Viens me lécher les couilles » … « Donne-moi ton petit cul bien serré » … « Tu es si bandante » … « Je vais te lécher jusqu’à ce que tu hurles comme une chienne »… « Je vais t’envoyer ma purée dans la gorge »… Oui! C’est ça, baisez-moi, baisez-moi tous! Pincez mes seins, bourrez ma chatte, prenez-moi par-derrière, criez mon nom en éjaculant, faites-le pour moi, mes chéris. Faites-le ce soir, faites-le tout de suite, juste pour moi.

Je glisse un doigt dans mon minou, puis deux, puis trois. Je me baise à défaut de me faire baiser, à grand coup de verge imaginaire, de bite absente. Je mouille, je pisse la cyprine et je jouis, je jouis encore, je jouis sans fin, le temps bascule dans une éternité frénétique et tremblante.

20h18

Il faudrait bien que je me fasse quelque chose à manger. Il y a du jus et du sang sur ma chaise. Et un restant de choucroute dans le frigo. Je crois que je vais faire un peu de cam… où ai-je mis mon gode et mon bikini de latex?

23:30

Le téléphone sonne, c’est Laurent. Roxane est sortie avec des copines.

— Tu veux jouir avec moi, beauté? me susurre-t-il à l’oreille.

— T’ai-je déjà dit non?

Je ne dis jamais non à un homme qui bande — du moins, jamais quand il est à bonne distance et que je suis hors de portée.

— Oh fuck oui! Tu me baises comme un chef!

J’attrape mon vibro, le gros, celui qui seul peut me propulser au paradis après une journée de frotte minou bien remplie.

— Oui, chéri, je te suce, je lèche tes grosses couilles, je t’enfonce un doigt bien huilé dans le cul. Tu en veux deux? Tiens, en voilà trois! Je te veux, prends-moi.

Je m’étire dans le lit, j’écarte bien les cuisses et je laisse la vibration faire son travail. Oh! Oh merde! Je vais jouir!

— Oui! Oui! Oui! Viens! Jouis avec moi!

— Bonne nuit Nadine, fais de beaux rêves, me dit-il avant de raccrocher.

Je m’endors, nue, par-dessus mes couvertures. Seule. Demain est un autre jour — faudra pas que j’oublie d’en parler sur mon blogue.

Homo Robustus

5 mai 2011

Émilie déposa sa tasse de café sur la table et se pencha vers Kevin.

— Chéri?

— Hum? marmonna-t-il, les yeux rivés sur sa grille de mots croisés.

— Mon vibromasseur ne fonctionne plus. Ce n’est pas les piles, je viens de les changer, elles sont neuves. Rien à faire, il ne vibre plus.

— Le petit œuf métallique relié à la commande par un fil?

— Ouais.

— Voilà un design qui laisse à désirer, compte tenu de l’usage.

— Tu crois que tu peux le réparer?

— Donne-le-moi, dit-il en soupirant, avant de replier son journal.

Dix minutes plus tard, le boitier de la commande était ouvert et ses entrailles étendues sur la table. L’œuf argenté était aussi éventré, les tripes à l’air libre. Kevin travaillait lentement, consciencieusement, tel un chirurgien, le fer à souder dans une main, la sonde du voltmètre dans l’autre. Quant à Émilie, elle restait au chevet du malade, les sourcils froncés par l’inquiétude.

Kevin finit par déposer ses outils en hochant la tête.

— Le moteur est grillé, foutu. Ce truc est cliniquement mort — il était beaucoup trop délicat pour l’usage intensif qu’il subissait.

— Mais… Qu’est-ce que je suis censée faire maintenant? dit-elle, visiblement déçue.

Kevin balaya du bras toute la ferraille, attrapa Émilie par la taille et la coucha sur la table, puis lui enleva sa culotte. Avant même qu’elle eût le temps de protester, il lui glissa deux doigts dans la chatte et écrasa sa langue contre son clito.

Prise de convulsions, elle jouit, les bras fendant l’air, en criant des obscénités.

Kevin essuya son visage avec la manche de sa chemise et dit :

— Tu vois? Tout ce qu’il te fallait, c’est quelque chose conçu de façon plus robuste.

L’assiette et la divine purée

28 avril 2011

Je mâchais ma salade de radis en ne pensant à rien en particulier lorsqu’une jolie brunette aux courbes affriolantes vint s’asseoir à ma table, directement devant moi.

— Je suis l’Être Suprême et j’ai envie de baiser, me dit-elle en souriant. Intéressée?

J’avais bu, je l’avoue, mais seulement un verre de Bourgogne. J’étais donc loin du delirium tremens. Je lui rendis son sourire et répondis :

— Désolée, je suis athée. Mais je suis quand même contente d’apprendre que Dieu est une lesbienne…

— Tu ne me crois pas.

— Non, je ne te crois pas. Mais je suis certaine qu’elle te croirait, elle, lui dis-je en pointant la femme portant un hijab assise à la table près de la porte du restaurant.

L’Être Suprême ne tint pas compte de ma suggestion et attrapa mes mains.

— Je vais te convaincre, me dit-elle simplement.

Je fus frappée instantanément par un éclair aveuglant. Mon esprit fut ensuite envahi par d’étranges visions d’explosions cosmiques, de galaxies en formation, de dinosaures se fossilisant, de civilisations réduites en poussière de Lady Gaga élue pape sous le nom de Pierrette Iere. Je frissonnai d’horreur.

— Toujours la même réaction lorsqu’elles apprennent qui sera le dernier Pape avant l’Apocalypse…  commenta la Suprême brunette en inspectant sa manucure.

— Tu… je veux dire… vous… euh…

— Hey, tu peux me tutoyer chérie.

— Comment tu as fait ça?

— Être Suprême, répondit-elle en souriant de toutes ses dents.

— Et tu… Tu dragues des mortelles?

— Bien sûr. Même l’Être Suprême a parfois le feu au cul. Tu devrais comprendre, je vous ai créés, toi et les autres, à mon image, après tout. Mes besoins sont seulement un peu plus… particuliers, disons.

— Alors là…

— Est-ce que je dois en conclure que tu me crois, maintenant?

— Tu es si… différente que je l’aurais imaginée… lui dis-je, fascinée.

— Oui, c’est ça, bien sûr, elles disent toutes cela. Bon, tu veux baiser oui ou non?

— En tenant pour acquis que tu sois bel et bien l’Être Suprême, pourquoi m’avoir choisie? Pourquoi ne pas créer un être spécialement conçu pour tes besoins sexuels?

L’Être Suprême me sourit, approcha sa chaise contre la mienne et me baisa délicatement la joue.

— Tu es mignonne. Et il n’y a pas une trace de flagornerie chez toi. C’est ce qui m’attire le plus — l’absence de flagornerie. Une création purement sexuelle finit toujours par tomber dans l’admiration béate et idiote — je sais, je l’ai déjà essayé. Et puis je n’ai rien à faire d’une fiancée; la monogamie rend les gens possessifs et jaloux. Je ne sais pas pourquoi tous ces types religieux s’imaginent que je prône la fidélité… qui voudrait passer l’éternité avec la même personne, hein?

Je ris nerveusement, ne sachant pas trop comment réagir à cette dernière remarque, puis lui demandai :

— Tu as dit que tes besoins sont « particuliers »… qu’est-ce que ça veut dire, au juste?

— Rien de tordu, je te le promets. Seulement un petit fétiche de rien du tout qui ne te demandera aucun effort.

— Je te dis tout de suite que je ne suis pas trop attirée par le BDSM. J’ai déjà laissé un mec m’attacher sur le lit, c’était plutôt bien, jusqu’à ce qu’il s’endorme…

— Ha! Je sais, il s’en veut encore d’avoir trop bu cette fois-là. Bon, on y va?

Qu’est-ce que j’avais à perdre à la suivre? Après tout, je m’étais déjà embarquée dans des histoires encore plus invraisemblables sans hésiter un instant.

— D’accord. On y va.

Le restaurant autour de moi disparut dans un tourbillon coloré et je me retrouvai dans une chambre à coucher blanche, au décor néoclassique un peu kitch, qui ressemblait étrangement à celle à la fin de 2001, l’Odyssée de l’espace.

— Tu as raison, cette chambre ressemble vraiment à celle où s’est retrouvé Dave Bowman. J’ai beau être omnisciente, j’avais oublié à quel point ce film m’avait marquée… me dit la jolie brunette.

Elle se déshabilla et une fois dévêtue, devint translucide.

— C’est ce qui se rapproche le plus de ma forme normale, me dit-elle en fondant lentement jusqu’à former une flaque de gelée blanchâtre.

On aurait dit du sperme divin.

— Je te demanderais maintenant de te mettre nue et de t’asseoir au bout du lit, me dit la flaque Suprême d’une voix gazouillante.

Ce que je fis. La marre de gelée glissa jusqu’à moi sur le plancher de marbre, puis grimpa lentement sur moi jusqu’à me recouvrir entièrement, des orteils au bout de chaque cheveu. Elle s’insinua ensuite à l’intérieur de moi par mes narines et ma bouche. Au début, je me raidis et résistai un peu, mais sa voix, à l’intérieur de ma tête, me dit que je n’allais pas étouffer, que j’arriverais à respirer sans peine, que je n’avais qu’à la laisser faire.

— Oh… Oui… C’est ça… tu aimes ça, te faire baiser par un colloïde visqueux, hein? Tu es ma salope à gel… Mon sac à foutre… Allez, dis-le que je t’enduis bien… Oui! Oui! Ah! Oh! Tu me fais jouir, petite pute à purée…

Je me serais attendu à un langage plus châtié de la part de Dieu, mais je dois avouer qu’une fois la surprise passée, ce bukkake divin s’avéra des plus jouissifs. Après une dizaine de minutes de ce manège, j’eus un orgasme terrible, si violent que j’en criai à pleins poumons, expulsant du coup l’Être Suprême par ma bouche et par mon sexe, qui fit un vol plané et vint s’écraser en mille gouttes sur les murs de la chambre.

— Wow! Ça, c’est ce que j’appelle une baise! me dit la Suprême soupe en reprenant lentement sa forme de brunette.

Quant à moi, je ne savais pas trop comment qualifier l’expérience, outre le fait qu’elle m’avait fait jouir comme jamais je n’avais joui de ma vie. La brunette me prit par la main et me tira vers elle.

— Suis-moi, me dit-elle en me conduisant dans un grand hall dont les murs étaient recouverts d’étagères contenant des assiettes de porcelaine.

Lorsque je compris de quoi il en retournait, je frissonnai de bonheur.

J’ai eu il y a fort longtemps un rêve érotique. C’était une orgie bizarre où tous les participants, hommes comme femmes, étaient nus et lançaient de la vaisselle contre les murs. Je me frottais contre tous ces corps nus et jouissais dans le bruit assourdissant des assiettes qui éclataient. Depuis, ce scénario est un de mes fantasmes les plus secrets, des plus inavouables, un de ceux que je n’avais jamais eu l’occasion de réaliser — parce que se balader à poil dans les éclats de vaisselle est vachement dangereux et parce que c’est tout simplement trop bizarre.

— Tu m’as laissé me vautrer dans mon fétiche, alors te laisser te vautrer dans le tien est bien la moindre des choses… me dit la Suprême petite garce en me faisant un clin d’œil.

Le grand hall se remplit alors d’hommes et de femmes de toutes les tailles et de toutes les couleurs qui se mirent en riant à lancer les assiettes contre les murs.

— Merci! C’est… merveilleux! dis-je à l’Être Suprême en l’embrassent, les yeux baignés de larmes.

L’orgie dura une bonne heure. Je léchai les femmes et me fit prendre de mille manières par les hommes à travers les monticules d’éclats de porcelaine acérés. Étrangement, toute cette vaisselle, une fois cassée, devenait spongieuse et comestible comme des crêpes aux fraises. Lorsque je trempais ces tessons dans la chatte des femmes, ils prenaient la saveur du chocolat. Je jouis à répétition en me remplissant la panse, au son cristallin des assiettes fracassées.

Quand l’orgie fut terminée, la petite brunette s’avança vers moi et me tendit la seule assiette rescapée de l’hécatombe.

— Juste un petit souvenir, histoire de te redonner la foi…! me dit-elle.

On pouvait y lire : « J’espère que tu t’es bien éclatée »

Je lui fis un dernier câlin puis me retrouvai soudainement à la table du restaurant, devant ma salade de radis à peine entamée. Je demandai l’addition puis pris la poudre d’escampette en serrant ma divine assiette contre mon cœur.

Quelque mois plus tard, la fille qui est maintenant mon ex me lança cette assiette à la figure lors d’une dispute. Elle se fracassa contre la porte de la cuisine et j’en reçus un éclat qui me fit une longue estafilade sur la joue. « Tu m’aimes moins que cette assiette! » avait-elle crié en la lançant.

Elle avait raison, pour une fois.

You’re sexting, you’re beautiful and you’re mine

21 avril 2011

En ouvrant le courriel, j’eus la surprise de tomber immédiatement sur une photo en gros plan de son sein gauche. C’est dans de telles circonstances que je me compte chanceuse de travailler toute seule à la maison.

«Qu’est-ce que faisaient les pauvres esclaves salariés pour tuer le temps au bureau le vendredi après-midi avant l’invention des téléphones intelligents? LOL» pouvait-on lire sous la photo. 

Je répondis : 

«Ils enlevaient leur culotte et s’asseyaient sur la photocopieuse ROFL. Je suis la docteure Frankenstouffe, je vais te reconstruire dans mon laboratoire, mais il me manque beaucoup trop de morceaux! J’en veux + + + !» 

Elle me prit au mot et pour les quinze minutes qui suivirent, je reçus l’une après l’autre les parties dénudées de son anatomie que j’assemblai avec enthousiasme sur l’écran de mon ordinateur. On aurait dit une Suédoise en kit achetée chez Ikea. 

«Il en reste une dernière!» m’écrit-elle en m’envoyant son nombril. 

La dernière photo fut celle de sa chatte toute mimi et épilée… où l’on pouvait apercevoir, juste en dessous, le pantalon de tweed gris et le soulier verni d’un homme — probablement son patron — qui entrait dans son bureau. Depuis, elle ne répond plus à mes messages. Si elle n’a pas été congédiée sur-le-champ, elle a sûrement eu droit à une sacrée promotion.

Run for your life

11 avril 2011

Dès le début, Lili avait senti que quelque chose clochait. Elle était restée couchée sur le dos, immobile, dans la position de l’étoile de mer, dans l’attente d’un orgasme qui peinait à se produire.Entre ses cuisses, Marc, d’habitude si habile de sa langue et de ses doigts, semblait cette fois hésitant, pataud… et franchement pas au plus fort de ses facultés érectiles. Exaspérée, elle abandonna tout espoir et tapota le front de son amant pour lui faire signe de couper court à ses caresses. Celui-ci se releva et s’allongea à ses côtés.

— Que se passe-t-il mon chéri? lui chuchota-t-elle à l’oreille. On dirait que le cœur n’y est pas…

Marc essuya ses joues empoissées de cyprine avec le drap.

— C’est Jean-Paul, dit-il en soupirant. Je crois que cette histoire de polyamour le dérange beaucoup plus qu’il ne veut bien nous l’admettre.

— Qu’est-ce que tu racontes? Il est totalement d’accord à ce que j’aie d’autres amoureux. Tu ne l’entends pas? Il est dans son bureau, en train d’écouter de la musique et ne se soucie pas une seule seconde de ce que nous pouvons faire, toi et moi.

— Tu parles, oui. As-tu justement prêté attention à ce qu’il écoutait?

— Non, pourquoi?

— Il a d’abord fait jouer Jealous Guy, de John Lennon et juste après, ce fut Unfaithful de Rihanna. Il a enchaîné avec Trahison de Garou. Et là, c’est Comment tuer l’amant de sa femme de Jacques Brel… ça fait trois fois qu’il la répète.

— Oh…

Inquiets, ils se regardèrent sans rien dire.

— Euh… la fenêtre, elle donne sur la rue ou sur ta cour? finit par demander Marc, en remettant ses chaussettes.

La laisse

5 avril 2011

— Je suis désolée, Monsieur Lheureux est en réunion. Si vous souhaitez laisser un message, je peux vous connecter à sa boîte vocale.

Au son de sa voix, la réceptionniste semblait jeune et sexy et Marie se demanda s’il l’avait baisée et si oui, par quel orifice. «Je me demande si elle a aimé et s’il lui a fait mal comme à moi, si elle le désire autant que je le désire… » se dit-elle. Surtout, elle se demanda pourquoi ça la dérangeait à ce point.

— Madame?

«Madame toi-même, petite garce!» se dit-elle, sans lui répondre. «Tu crois peut-être que je suis vieille et rabougrie parce qu’il a limé tes trous plus récemment que les miens, hein, poufiasse. »

— Vous voulez que je vous connecte?

La dernière fois qu’il y avait eu connexion entre Marie et lui, c’était dans l’escalier de secours de la tour phallique où se trouvait son bureau. Elle l’avait laissé déchirer ses collants et s’enfoncer dans le premier trou contre lequel sa queue avait buté, elle l’avait laissé tripoter ses seins et arracher deux boutons de sa blouse qu’elle portait à sa demande, parce que la pointe de ses seins perçait la soie de la même façon qu’il transperçait ses inhibitions, jusqu’à ce qu’elle le laisse faire tout ce qu’il voulait, jusqu’à ce qu’elle le laisse la pousser contre l’horrible rampe de métal de l’escalier, jusqu’à ce qu’elle se penche dans cette cage d’escalier de béton aussi froide et dure que son cœur. Il l’a baisée et rebaisée sans même daigner enfiler le préservatif qu’elle lui tendait, jusqu’à ce que son cul soit barbouillé de foutre et ses joues baignées de larmes, jusqu’à ce qu’elle ressente dans ses entrailles la brûlure de sa passion — ou plus prosaïquement, du soulagement de ses couilles.

— Je vous envoie tout de suite à sa boîte vocale.

La réceptionniste semblait trop heureuse de se débarrasser de Marie et de son silence qu’elle prenait peut-être pour de l’agressivité ou encore de la débilité légère.

— Vous avez joint le bureau de Patrick Lheureux. Je ne peux vous répondre en ce moment. S’il vous plait, laissez-moi un message.

Ce «s’il vous plait» semblait si étrange à Marie. Il était aussi incongru que tous les «merci» et les «je t’aime» qu’elle ne l’avait jamais entendu prononcer. Parce que ce qui lui plaisait à elle n’avait aucune importance. La seule chose qui importait, c’est qu’elle soit nue, à genoux devant lui, quémandant sa queue ou son attention. L’attention de sa queue. De sa queue en tension.

Le signal de la boîte vocale se fit entendre, Marie prit une grande respiration et plongea au plus profond de sa déchéance.

— C’est moi, Marie…

Elle entendit ce manque, cette urgence dans sa propre voix qui lui serrait la gorge et  brûlait son visage.

— Je veux…

«C’est toi que je veux» pensa-t-elle.

— … enfin, je voulais…

«… que tu me fasses tout ce que tu as envie de me faire… » ajouta-t-elle mentalement.

— … te dire que…

« …que je ne ressens rien lorsque tu n’es pas là pour me toucher et que je n’ai le sentiment d’être en vie que lorsque tu consens à abuser de moi.»

— … que je suis seule pour les prochains jours…

« … tu pourrais donc me baiser comme la première fois, lorsque tu m’as fait m’allonger nue sur le lit conjugal, ne portant que mon jonc de mariage et que je me suis doigtée comme une malade, jusqu’à en perdre la tête, sous ton regard amusé. Tu m’as ensuite attachée et prise plus fort et plus intensément que mon mari ne l’a jamais fait, pas parce que tu m’aimais, même pas parce que tu me désirais, mais seulement parce que tu savais que j’allais m’en souvenir dorénavant chaque fois qu’il allait me pénétrer tendrement sur ce lit où nous avons conçu nos enfants et où je l’ai trahi.»

— … alors si tu as envie de venir à la maison pour dîner…

«… je te servirai dans le minuscule uniforme de soubrette en latex que tu m’as acheté parce que tu savais qu’il n’arriverait pas à contenir mes seins et que j’aurais l’air d’une parfaite salope, aussi parce que tu savais que j’allais la porter quand même uniquement parce que tu me le demandais. Je m’agenouillerai sous la table pendant que du mastiqueras ton rumsteck, je te sucerai la queue et te lécherai délicatement les couilles en laissant un filet de bave couler à la commissure de mes lèvres, un pouce bien enfoncé dans mon cul et l’autre dans ma chatte, comme tu me l’as enseigné et comme tu l’as sûrement appris à toutes les stupides pétasses que tu sautes. »

— … appelle-moi…

«Appelle-moi salope, pute, chienne, charrue, grognasse. Traite-moi de tous ces noms qui m’humilient et m’excitent tant. Dis-moi ces mots je ne tolérais pas avant de te rencontrer. Crache-moi ces mots qui m’ont dépouillé de la personne que je croyais être et qui m’ont laissé avec celle que je croyais que tu désirais. Si tu ne le fais pas, je me les ferai graver dans la chair, je les ferai tatouer sur la peau de mes fesses, pour que tous ceux qui après toi m’enculeront sachent à qui ils ont affaire. »

— … sur mon cellulaire…

«Celui que tu m’as fait acheter. Celui dont mon mari ignore l’existence. Celui que tu as glissé dans un condom et enfoncé dans mon con quand j’étais attachée et sans défense — même si je suis toujours sans défense avec toi, attachée ou non. Celui que tu as fait vibrer en rigolant, pour m’apprendre ce que voulait dire l’expression phone sex. Celui que j’utiliser en ce moment pour m’offrir à toi parce que tu es maintenant la seule voie qu’il me reste vers moi-même. »

Marie raccrocha, mais ne mit pas fin à la connexion. Elle était liée à lui par un besoin bien plus fort que sa volonté. Assise sur son lit, attendant son appel, attendant qu’il daigne lui dire quand et comment il allait abuser de son corps et de son esprit, elle se mit à pleurer. Des larmes amères coulèrent sur ses joues, causées non pas par la trahison et l’humiliation ou la brûlure de cette laisse invisible qui la liait toujours à lui, mais parce qu’elle redoutait que le jour où il lâcherait cette laisse soit finalement arrivé et qu’en traînant sur le sol derrière elle, cette laisse finisse par s’emmêler, qu’elle s’y empêtre et en meurt étranglée.

 

La peau des fesses

29 mars 2011

Venue à l’improviste prendre le thé à la maison, cousine Mirelle avait placé un mouchoir sur mon vieux divan défoncé récupéré dans la rue pour ne pas salir sa précieuse jupe. Une tasse fumante à la main et une moue dédaigneuse à la bouche, elle finit par me cracher la question pour laquelle elle avait daigné franchir le pas de mon trois et demi.

— Qu’est-ce que tu as acheté à tante Cécile pour son anniversaire?

Quelle chipie! Faire tout ce chemin pour le seul plaisir de frotter mon nez dans ma propre crasse!

— Rien, lui répondis-je après avoir ravalé ma colère avec un peu de Earl Grey. Je suis pauvre comme la gale en ce moment. Alors, je lui ai tricoté ceci.

Je me levai et allai chercher l’écharpe sur laquelle je besognais depuis un mois. J’aime beaucoup ma tante Cécile, qui en a bavé plus qu’elle méritait toute sa vie, et je me fais un point d’honneur de souligner son anniversaire. Placée au couvent trop jeune, on l’a soupçonnée d’amitiés un peu trop particulières avec une novice de son âge. On l’a décrétée hystérique, on lui a enfilé la camisole de force, on lui a fait subir les jets d’eau froide et l’isolement prolongé en cellule. Il a fallu que ma mère et ses sœurs forment un commando et prennent d’assaut le couvent de ces enragées pour la libérer de cet enfer. Depuis, cette toute petite dame vit toute seule dans son tout petit appartement, avec sa toute petite télé, son tout petit chat et son tout petit sofa qu’elle m’a toujours offert sans me poser de questions, chaque fois que l’univers semblait s’écrouler autour de moi.

Je montrai donc à la cousine Mireille ce que j’avais réussi de peine et de misère à tricoter pour ma tante préférée.

— Ah? C’est… intéressant. Qu’est-ce que c’est? me dit-elle avec un sourire aussi blanc qu’hypocrite.

— C’est une écharpe. Ça se voit, non?

— Peut-être…

— C’est le mieux que j’arrive à faire. Je ne suis pas très douée pour les travaux de l’aiguille, dis-je en soupirant.

— Si tu travaillais, aussi, tu aurais de l’argent pour faire des cadeaux.

I would prefer not to…

— Hein?

— C’est de Melville. Bartleby the Scrivener.

— Plus on est paresseuse, plus on a le temps d’avoir des lettres, c’est bien connu. Regarde, madame simplicité volontaire, ce que j’ai acheté à notre chère tante.

Elle extirpa de son sac un petit paquet enveloppé de papier de soie blanc qu’elle développa avec mille précautions.

— Un carré d’Hermès! Il est magnifique! Mais… il a dû te coûter un prix fou!

— Ce n’est pas un carré, mais un châle en cachemire et en soie. Il ne m’a coûté que mille deux cents dollars.

— Pfff… «Que» mille deux cents dollars… sifflai-je, incrédule.

— Avec ma promotion, je peux me le permettre. Je t’avais dit que je suis maintenant vice-présidente marketing pour l’est du Canada?

— C’est la troisième fois que tu le mentionnes. Cécile va être folle de joie… j’aurais tant voulu lui faire un cadeau de ce genre.

— Ça bat l’écharpe mal foutue, hein?

— C’est vraiment injuste, tu la fréquentes à peine…

Elle me fit un sourire encore plus blanc et hypocrite.

— Je pourrais te la donner, si tu veux… me dit-elle en agitant le châle sous mon nez.

— Donner? Je suis surprise que ce mot fasse partie de ton vocabulaire! Allez, dis-le donc directement : qu’est-ce que tu veux en échange?

Elle ramena son popotin (et son mouchoir) vers moi et glissa une main sur mon genou.

— Tu pourrais être… gentille avec moi, susurra-t-elle, une lueur vicieuse dans le regard.

Je me reculai, incrédule. La cousine Mireille est bien la dernière personne

— Tu es tombée sur la tête ou quoi?

— Depuis que Paul, ce sale traître, a foutu le camp avec sa petite traînée, je n’ai pas… enfin, tu sais, ce que je veux dire.

— Et alors? Depuis quand t’intéresses-tu aux femmes?

Je sentis ses ongles s’enfoncer légèrement dans la chair de ma cuisse.

— Ma nouvelle secrétaire est très paresseuse… elle mériterait d’être sévèrement corrigée, mais la fessée est considérée comme une forme de harcèlement par la convention collective.

— Si c’est pas malheureux, hein…

— Je ne te le fais pas dire. S’il n’en tenait qu’à moi, je la déculotterais, lui enfoncerais un gode au cul, la coucherais à plat ventre sur mes genoux, puis lui chaufferais les fesses à coup de badine, comme elle le mérite.

— Oh!

Elle attrapa mon menton, plongea longuement son regard dans le mien, puis me roula une pelle digne d’Autant en emporte le vent.

— Ensuite, je lui ordonnerais de se mettre à genoux sous mon bureau et je l’obligerais à me lécher la chatte jusqu’à ce que je jouisse.

— Je…

— Enfin, je lui donnerais son quatre pour cent et la renverrais chez elle, la figure rendue luisante par mon plaisir et les fesses à vif.

— Tu ne t’attends quand même pas à ce que je t’aide à réaliser tes fantasmes de cadre supérieur à la noix? lui demandai-je, estomaquée.

— Nous avons tous un prix, dit-elle simplement en me montrant une dernière fois le châle de tante Cécile.

Je me mordis les lèvres.

— Alors?

— Je n’ai pas de badine.

— Qu’est-ce que tu crois… j’ai apporté tout le nécessaire! dit-elle joyeusement en sortant de son sac l’objet en question ainsi que des menottes, un bâillon-boule, un tube de lubrifiant, et un plug anal de taille effrayante.

Le lendemain, tante Cécile, la larme  à l’œil, admirait son châle tout neuf après m’avoir embrassée sur les deux joues.

— Il est magnifique, ma petite chérie! Vraiment, tu n’aurais pas dû… il a dû te coûter un prix fou, me dit-elle, la voix étranglée par l’émotion.

— Seulement la peau des fesses, lui répondis-je, tout sourire, en tortillant mon popotin endolori.


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