Textes de la catégorie « Poésies licencieuses »

Idée fixe

26 janvier 2012

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert, est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant. Et blanc.
Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel serait si blanc ?
Je veux dire – Jean-Robert ? Le Jean-Robert ? Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants, blancs et hétérosexuels que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés d’un braquemart géant, blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement le plus blanc, le plus géant
Et le plus hétérosexuel
Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs qu’un hétérosexuel ait pu porter
Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc est le plus hétérosexuel et géant
Le Jean-Robert, celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante
Je n’avais pas idée que Jean-Robert ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ? Certainement pas moi
Jean-Robert, si gigantesquement et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels semblent moins blancs et géants
Quelqu’un était au parfum ? Quelqu’un était au courant ?
Que l’hétérosexuel et jean-robertien braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel de Jean-Robert ?
Pas moi, oh non, certainement pas moi.

Idée fixe, lu par Izabull:

Confession de la pornographe

22 décembre 2011

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Regret

14 décembre 2011

Pas le son de ta voix
Pas les minuscules poils presque invisibles sur ta joue
Pas cette expression sur ton visage
      lorsque tu m’as dit « je t’aime » pour la première fois
Pas les Quatuors à cordes de Bartók
      qui te font grincer les dents
Pas tes chevilles sur le bord de la table à café
Pas l’odeur piquante de ton con repu d’amour
Ni le fin hâle de sueur sur ton épaule
      le matin quand tu dors encore
Ni ta timidité, ni tes audaces démentes
Ni même le velours de tes lèvres

Seulement le goût de tes larmes.

Au confessionnal

8 septembre 2011

Mon père, je m’accuse d’avoir eu des pensées impures.

Mon père, je m’accuse d’avoir pensé au corps de l’homme
     En prenant en bouche le corps du Christ.

Mon père, je m’accuse d’avoir caché
     Des cartes postales coquines dans mon missel.

Mon père, je m’accuse de m’être touché les parties honteuses
     Avec les gants blancs que je porte à la messe.

Mon père, je m’accuse d’avoir essayé de voir
     Sous le pagne du Christ en croix.

Mon père, je m’accuse d’avoir glissé des mots obscènes dans les cantiques.

Mon père, je m’accuse d’avoir rincé ma chatte dans le bénitier.

Mon père, je m’accuse d’avoir fourré mon chapelet dans mon cul
     Et de l’avoir retiré, grain par grain, en soupirant d’aise.

Mon père, je m’accuse d’avoir joué avec les cierges
     Leur donnant cette drôle d’odeur en lorsqu’ils brulent.

Mon père, je m’accuse d’avoir usé la patine du maître-autel
     En y frottant mon abricot.

Mon père, je m’accuse d’avoir sous sa soutane décalotté Monseigneur
     Pendant qu’il rajustait sa calotte.

Mon père, je m’accuse de m’être crossée avec sa crosse.

Mon père, je m’accuse d’avoir la gnougnougnaffé la noune de la nonne.

Mon père, je m’accuse d’avoir blasphémé l’immaculée conception
     En souillant ma vertu dans la nef sans contraception.

Mon père, je m’accuse d’avoir pissé dans le ciboire
     Pour que vous en preniez et que vous en mangiez-en tous

Mon père, je m’accuse d’avoir caché mon kotex dans le calice
     Car ceci est mon sang, livré pour vous.

Prière de la pornographe

18 juillet 2011

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des prostituées
Toi qui t’abandonnas toute entière aux exigences impétueuses de la chair,
Toi qui connus toutes les joies sublimes et foudroyantes de la débauche,
Toi qui fus vierge, mère, maîtresse, mystique, putain et stigmatisée
Toi qui te fis refuser le voile parce que tu étais trop belle
Toi qui trouvas ton amant assassiné au pied d’un arbre
Fais que je sois toujours pleine de désir

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des érotographomanes
Toi qui, pour racheter tes errements, fis pénitence publique
En te promenant dans les rues, montée par un ânier
Qui dans les rues criait ton passé en n’omettant
Aucune impudeur, aucune obscénité
Apprenant ainsi aux bourgeois effarés
Une multitude de péchés délectables
Qu’ils n’auraient jamais eu la liberté
Ou même l’imagination de commettre
Fais que je puisse toujours crier mon désir

Amen.

Haiculs

3 juillet 2011

(Haïkus du dimanche écrits à la demande de phroz et publiés en rafale sur Twitter.)

Larme au coin de l’œil
Et sur ma joue empourprée
Un peu de sperme.

La porte claque
Ne reste que dans les draps
Son parfum fauve.

Les traits convulsés
Et la chair de ses nymphes
Autour de mes doigts.

Après avoir joui
Serment d’amour éternel
Je sais qu’elle ment.

Le regard hautain
Mais l’entrejambe humide
Elle sera mienne.

J’aime sa nuque
Quand j’enfonce quatre doigts
Dans son fondement.

Lèche ma chatte
Même si près de ton lit
Le chat observe.

Tu m’as bien baisée
Contre ma cuisse attendrie
Ton foutre coule.

Mon cul modeste
Par ta pine orgueilleuse
Bourré de fierté.

Baise-moi encor
Sur ta peau moite d’amour
La lune brille.

Il la pénètre
Sur ma bouille les embruns
De leur jouissance.

Odeurs marines
Quand dans les plis de son con
Je glisse mon nez.

Ton foutre gicle
Tant et tant qu’il déborde
Par mes narines.

Cyprine salée
Ma tension artérielle
En a trop souffert.

Le galbe troublant
De tes seins improbables
Me rend démente.

La pine du chien
Enfoncé dans sa chatte
Cris et jappements.

Au téléphone
Pour mouiller ma culotte
Sa voix me suffit.

Elle fait claquer
Le martinet sur la chair
De son amante.

La solitude
Amère de se branler
Pendant une orgie.

La canicule
N’est jamais la vraie cause
De mes draps mouillés.

«Tige de jade»
Voilà comment je nomme
Ta queue d’Orient.

Ton coquillage
Couvert de rosée nacrée
Je veux y boire.

Voisins excédés
Par mes cris de jouissance
Frappent à ma porte.

Une lesbienne
Ne cesse de me texter
Ses mots graveleux.

Elle vend son corps
À un prix exorbitant
Un bijou précieux.

La ville en été
A l’odeur acidulée
D’un con détrempé.

J’appuie mes talons
Sur tes larges épaules
Enfonce ta queue.

Ta motte touffue
Tu peux lui faire tes adieux
Voici le rasoir.

Tes jolies fesses
Polies comme le marbre
Où est mon fouet?

Elle a joui si fort
Que son corps se contracte
Gicle la pisse.

Supplique

31 mars 2011

Assez, je ne veux plus rien entendre
Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver
Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con
Épargne-moi les détails sur sa bite moisie

Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains
L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit
Tous les fuseaux horaires les frontières déflorées
Pour passer un jour de plus en son odieuse compagnie

Ni le grand lit de son loft de Yaletown
Où vous avez copulé comme des chiens sans collier
Et mangé des gaufres avec de la crème fouettée
Tu vas finir par me faire vomir sur le combiné

Épargne-moi tes pleurnicheries je sais je sais je sais
Que tu ne l’as pas vu depuis la Chandeleur ou la Trinité
Qu’il a des fesses à faire mourir un sourire à faire renaitre
Dis-moi plutôt : t’aime-t-il vraiment, cet enfant de salaud?

Irait-il jusqu’à boire le sang qui s’écoule de ton calice odorant
Quand la lune te transforme en femelle hululante?
Irait-il jusqu’à gratter du bout de la langue les sombres épices
Séchées sur le vortex hypnotique de ton anus astral?

Moi, oui.

Car je ne suis pas un jeune homme bien qu’on présente à sa mère
Je suis la catin invertie la chipie dégénérée hystérique
La tribade vénéneuse qui attend dans l’ombre immémoriale
Le moment propice pour aspirer par ton sexe le miel de ton âme

Irait-il jusqu’à offrir son cul à ta sainte main thaumaturge
Pour que tu puisses jusqu’au poignet voir s’il a du cœur au ventre?
Irait-il jusqu’à oindre tes pieds sublimes de ses sucs
Les essuyer avec ses cheveux pour te bénir, toi, femme christique?

Moi, oui.

Il est des offrandes terrifiantes, nécessaires, mais hors de portée
De ton petit monsieur propret gominé au sourire fluoré
Avec son phallus couvert de poussière de missel
Et de smegma puant le saint chrême des valeurs familiales

Lorsqu’il te délaissera pour ses copains de poker
Lorsqu’il se dira trop vieux pour embrasser ta fente
Lorsqu’il bandera mou à la vue de tes rides sublimes
Lorsqu’il préféra la télé à ta vulve angélique et bestiale

Donne-moi un coup de fil je te susurrai les horreurs que tu adores
Donne-moi un coup de fil je te murmurai les mots que tu veux entendre
Ou alors, laisse-moi un message bien vulgaire et bien tendre
Pour que je devine au premier souffle que c’est bien toi.

LIVE NUDE GIRLS

25 mars 2010

Le soir venu
La mer d’huile des trottoirs
Reflète des lèvres rougies par le stupre
Des seins à la pulpe licencieuse et dense
Et les promesses infinies
De jambes interminables
Pendant que le néon entre deux éclipses
Martèle un LIVE NUDE GIRLS
Qui réverbère le cri de tout ce qui crie grâce
De tout ce qui m’implore d’avoir la vie sauve
Dans la toundra de mon cœur

Lettre à l′amant

14 février 2010

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

Dérobade

14 décembre 2009

(aubade)

Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol

Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché

Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude

J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique

Cent plis de peau

16 juillet 2009

Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils
À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée
Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles
Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies
Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés
Afin qu’elle soit prête pour toi, chipie boudeuse et angélique

Cent plis à la commissure de tes lèvres obstinément closes
Quand j’y frottai son gland épaté pour y forcer un passage
Jusqu’à ce que tu cèdes, mal lunée, mais complaisante
Lui abandonnant les clés du palais baveux et soyeux
Creusant les joues pour te faire petite, toute petite
Chair convulsée qui se noue au va-et-vient du nœud

Cent plis de peau où son odeur de foutre exhale
J’en lèche une perle sur ton oreille offerte comme un sexe
Et une longue coulure le long de ta nuque de traînée
Salope éblouissante tu transpire encore le mâle
Qui t’a ouverte et prise et couverte de rage
Qui t’a labourée et enduite de ses sucs vénéneux

Cent plis de putain orageuse où je sens sa présence
Laisse-moi m’y frotter longtemps à m’en brûler la langue
Laisse-moi m’infuser de ce poison viril qu’il t’a instillé
Qui a fait paraître ta chair rouge et comme enflammée
Ce soir ta peau encore en est tout embaumée
Laisse-moi en respirer sur toi l’odorant souvenir.

Viens jouer avec moi

10 mars 2009

Instituteur et écolière
Juge et accusé
Professeur et étudiant
Infirmière et malade
Aveugle et chien-guide
Starlette et chauffeur
Exorciste et possédées
Policier et délinquant
Cavalier et pur-sang
Rentier et bonniche
Inquisiteur et Cathare
Médecin et patient
Agent de probation et prostituée
Bonne sœur et orpheline
Livreur de pizza et adolescente
Tchékiste et makhnoviste
Tinkiwinkie et Laalaa
Imam et femme adultère
Fermier et vache laitière
Légionnaire et crucifié
Poule et colonel Sanders
Motard et biker chick
Samouraï et Geisha
Député et électeur
Dealer et junkie
Rockstar et groupie
Gynécologue et parturiente
Geôlier et prisonnière
Charcutière et saucisson sec
Notaire et secrétaire
Bouc et bergère
Maître-nageur et noyée
Cowboy et squaw
Macchabée et thanatologue
Fonctionnaire et contribuable
Photographe et mannequin
Vendeur de chaussures et cliente
Psychiatre et schizophrène
Sainte Thérèse d’Ávila et l’ange à la longue lance d’or

Sous mon bureau

24 février 2009

Personne ne t’avait vu te glisser
Sous mon bureau

Personne ne pouvait t’entendre
Sous mon bureau

Mais moi, je pouvais sentir ta présence
Sous mon bureau

Tu écartas lentement mes genoux
Sous mon bureau

Tu fis éclore mon sexe
Sous mon bureau

Tu chuchotas des mots indécents
Sous mon bureau

Doucement, tu doigtas ma fente
Sous mon bureau

Odieusement, tu y enfonças quatre doigts
Sous mon bureau

Avidement, tu lapas mon plaisir
Sous mon bureau

Voracement, tu mordis mon âme
Sous mon bureau

Brisée, je vins en tremblant
Sous mon bureau

Émue, je t’offris d’être promu
Sous mon bureau

En oubliant que j’étais trois paliers hiérarchiques
Sous ton bureau

Je t’appelle Tony

29 octobre 2008

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony

Précisions

9 janvier 2008

Avec tes lèvres sur les miennes
Avec ta langue qui frôle mes dents
Avec la même qui plus tard glisse sur ma raie
Avec cet anneau doré sur tes nymphes
Avec tes cheveux noirs comme tes intentions
Avec ta peau secrète gravée de signes cryptiques
Avec ta culotte rouge qui flotte dans ma baignoire
Avec tes fesses comme des miches dorées dans mes mains
Avec tes fesses zébrées de rouge sous la jupe de tweed
Avec ton haleine sucrée de femme éthylique
Avec tes larges cuisses reptiliennes autour de mes hanches
Avec mes orteils doucement caressés par ta salive
Avec ta rivière de perles sur la table de nuit
Avec cette cicatrice violacée sur ton pubis
Avec la rosace tendre et sauvagine de ton cul
Avec les vergetures et les plis flasques de ton ventre
Avec ta logorrhée logarithmique quand je te lèche
Avec tes messages sibyllins sur le répondeur quand je te laisse
Avec ce sourire de starlette de porno moyen-oriental
Avec tes deux doigts qui butent contre ma matrice
Avec cette laisse et ce collier à clous autour de ton cou.

Message vocal

11 juillet 2007

Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière

Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher

Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes

Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau

Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari

Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.

Je veux lire

30 mars 2007

Léo
Léa
Léo et Léa
Le camion de Léo et Léa
La radio de Léo et Léa
Léa est l’amie de Léo
Léo est l’ami de Léa
Léa a la balle et le bâton de Léo
Léo a la poupée et la bicyclette de Léa
Léo a pelé la poire
Léa boit du lait
Léo et Léa ont lu le livre
La petite Léa a un tutu rose
Léa a la peau humide
Léo regarde Léa
Léa a le souffle court et rapide
Léo goûte la peau de Léa
La petite Léa a une jolie culotte
Léa caresse son minou
Le minou de Léa est une jolie petite bête
Les soupirs de Léa sont humides
Léo dépasse de son slip
Léo est bandé comme papa
Léo lèche le minou mouillé
Léa ouvre ses jambes et gigote l’index dans son anus

Léo suce les seins de Léa pendant qu’elle le branle et guide sa queue vers sa fente et puis Léo qui la pénètre d’un coup pendant qu’elle crie qu’il la met de plus en plus vite avec des clapotis visqueux plus qu’elle brame encore et oh oui et plus fort et plus profond et qu’il mord ses lèvres elle agite les jambes crispe les orteils et les ongles sur la peau de Léo et après elle jouit en hurlant et qu’il vient sur son ventre
sur sa poitrine
son menton
son nez

Le nez de Léa
La bouche de Léo
La bouche et le nez de Léa
Léo
Léa

Mue

29 mars 2007

Ma bouche cérémoniale
Une fellation en grandes pompes
Les violons funiculaires
Ceci n’est pas une pipe

On me déplace la frontière
Le long dos impensable
J’avale la beauté
Liqueurs de problèmes fixes

Cris des canines dans la vallée
Virgule-moi l’aréole entre les doigts
Bien ficelée sous lune obligée
Compte les gouttes dans la serrure sexuelle

Dans ma robe blanche, jeunesse en tresses
Lèvres noires et jeûne des frôlements
Les pieds nus tachés de boue bleue
Masturbée d’une main les arcanes

Amant improbable
Suant le désordre et la rédemption
Je suis ta fille perverse
Ton amante cruelle sous la faux


Passer à la version mobile de ce site.