<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lubricités &#187; Dialogues vénériens</title>
	<atom:link href="http://archet.net/categorie/dialogues-veneriens/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://archet.net</link>
	<description>Les cahiers d&#039;Anne Archet</description>
	<lastBuildDate>Sun, 12 Feb 2012 06:24:37 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Fourrer Fourrer Fourrer Fourrer</title>
		<link>http://archet.net/2012/02/09/fourrer-fourrer-fourrer-fourrer/</link>
		<comments>http://archet.net/2012/02/09/fourrer-fourrer-fourrer-fourrer/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 19:38:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Chnolles]]></category>
		<category><![CDATA[Fourrer]]></category>
		<category><![CDATA[Mots]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3442</guid>
		<description><![CDATA[— Tu t’es déjà demandé combien de fois on peut écrire le mot «fourrer» avant qu’il ne perde toute signification? — Non, mais je sens que tu vas me le dire. — J’ai rempli une page de «fourrer» hier soir. J’étais fatiguée, je m’ennuyais et surtout j’avais les nerfs à fleur de peau. Je pensais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">— Tu t’es déjà demandé combien de fois on peut écrire le mot «fourrer» avant qu’il ne perde toute signification?</p>
<p style="text-align: justify;">— Non, mais je sens que tu vas me le dire.</p>
<p style="text-align: justify;">— J’ai rempli une page de «fourrer» hier soir. J’étais fatiguée, je m’ennuyais et surtout j’avais les nerfs à fleur de peau. Je pensais que ça allait m’inspirer. C’est ce qu’on appelle se fourrer le doigt dans l’œil…</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu écris de la porno. Si fourrer ne t’inspire pas, je me demande bien ce qui le fera.</p>
<p style="text-align: justify;">— Certainement pas fourrer, ni les relations sexuelles en générales, en tout cas.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est pas un peu contradictoire, ce que tu viens de dire, non?</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est tout ce qui mène à l’acte qui m’allume. Après, ce n&#8217;est que de la mécanique et de la tuyauterie.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu ne vas pas encore me casser les couilles avec tes foutus préliminaires!</p>
<p style="text-align: justify;">— Tiens, c’est une idée, ça. L’escarpin dans les chnolles comme prélude à l’amour…</p>
<p style="text-align: justify;">— Dis plutôt «prélude à l’hospitalisation».</p>
<p style="text-align: justify;">— Mais non, mon chéri, je te botterais le sachet avec grâce et délicatesse.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je vais quand même passer mon tour, si ça ne te dérange pas trop.</p>
<p style="text-align: justify;">— Toujours est-il qu’en Arial 12 points et des marges de 2 centimètres, j’ai pu «fourrer» cinq cent trente-neuf fois.</p>
<p style="text-align: justify;">— Un vrai gang bang.</p>
<p style="text-align: justify;">— Au quarantième fourrer, je me sentais comme à l’école, lorsqu’on me punissait avec une copie. Je ne voyais plus que des lettres, sans signification. Ce n’est qu’un mot, après tout.</p>
<p style="text-align: justify;">— Fourrer, ce n’est pas qu’un mot. Glisse-le dans n’importe quelle conversation et tu verras quel effet il produit.</p>
<p style="text-align: justify;">— Pour moi, ce n’est qu’un mot. Avant, j’écrivais «baiser», jusqu’à ce que je l’use à la corde. J’ai essayé «niquer», mais c’est trop franchouillard et ça me laisse de glace. Alors je me suis mise à utiliser ce «fourrer», bien gras, bien joual et bien vulgaire.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et alors?</p>
<p style="text-align: justify;">— Alors il ne me fait plus d’effet non plus. Je me sens comme une gynécologue qui ausculte des vagins à longueur de jour et qui n’a plus envie de lécher une plotte de retour à la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et le mot «plotte», il te fait encore de l’effet?</p>
<p style="text-align: justify;">— À peine.</p>
<p style="text-align: justify;">— Dans ce cas, tu devrais arrêter d’écrire.</p>
<p style="text-align: justify;">— Quoi?</p>
<p style="text-align: justify;">— Fourrer est l’unique objet de ton écriture. Alors quand vient le temps de fourrer pour de bon, tu es trop saturée pour joindre le geste au mot.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je préfère écrire que fourrer.</p>
<p style="text-align: justify;">— Merci, c’est très flatteur. Pourquoi alors sautes-tu dans mon lit chaque mardi après-midi?</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est à cause des préliminaires. Et aussi parce que j’ai des escarpins à étrenner et que tes chnolles sont juste à la bonne hauteur.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2012/02/09/fourrer-fourrer-fourrer-fourrer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Comme en soixante-neuf</title>
		<link>http://archet.net/2011/04/09/comme-en-soixante-neuf/</link>
		<comments>http://archet.net/2011/04/09/comme-en-soixante-neuf/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2011 02:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=103</guid>
		<description><![CDATA[Elle n’était revenue auprès de moi que quelques jours, avant de repartir pour Baltimore, où elle étudiait. Nos retrouvailles furent brèves, intenses et surtout orageuses, comme elles le sont toujours. Le matin de son départ, elle me demandait encore : — Qu’est-ce que tu as pu faire comme cochonneries, pendant mon absence… — Bof… je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle n’était revenue auprès de moi que quelques jours, avant de repartir pour Baltimore, où elle étudiait. Nos retrouvailles furent brèves, intenses et surtout orageuses, comme elles le sont toujours. Le matin de son départ, elle me demandait encore :</p>
<p style="text-align: justify;">— Qu’est-ce que tu as pu faire comme cochonneries, pendant mon absence…</p>
<p style="text-align: justify;">— Bof… je me suis défendue.</p>
<p style="text-align: justify;">— Raconte.</p>
<p style="text-align: justify;">— À quoi bon…</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me regarda fixement, de ce regard qui coupe court à toute discussion.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et par quelle cochonnerie dois-je commencer? lui demandai-je avec résignation.</p>
<p style="text-align: justify;">— La dernière. La plus fraîche.</p>
<p style="text-align: justify;">— Puisque tu insistes… Je sors du collège, le temps est doux, et près de l’arrêt du bus, je croise un quidam, genre vétéran de Woodstock, la cinquantaine, les cheveux longs et grisonnants, la barbe et tout le bazar. Il était pas mal et j’ai croisé son regard…</p>
<p style="text-align: justify;">— Les vieux hippies t’excitent, maintenant?</p>
<p style="text-align: justify;">— Pourquoi pas? Il n’y a pas de mal à vouloir changer de crémerie. Donc, nos regards se croisent. Je continue mon chemin et puis j’entends dans mon dos: «S’il vous plaît mademoiselle». Je me retourne, c’est le barbu qui me regarde avec un grand sourire. J’ai pensé qu’il allait me demander l’heure, ou alors de la monnaie pour un café…</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est plutôt lui qui t’a offert un café pour te draguer…</p>
<p style="text-align: justify;">— Que non. Il me regarde dans les yeux et me dit: «J’ai envie de lécher ta chatte»!</p>
<p style="text-align: justify;">— Voyons. Impossible.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je te jure. Ça m’a carrément scié! Je ne me suis pas démontée, je n’ai pas répondu et j’ai marché vers l’abribus. Mais il m’a suivie et il a insisté. Il passait sa langue sur ses lèvres en me disant qu’il avait trop envie de me sucer le minou, qu’il n’avait jamais brouté de chatte asiatique, qu’il voulait savoir si je goûte le jasmin…</p>
<p style="text-align: justify;">— Et tu lui as dit oui…</p>
<p style="text-align: justify;">— Il m’a excitée, ce vieux pervers… et puis, la situation était trop invraisemblable pour la laisser passer…</p>
<p style="text-align: justify;">De toutes mes frasques, ce sont celles que je partage avec l’homme de la rue qui la choquent. Que je m’offre une collègue de travail ou un voisin est pour elle dans l’ordre des choses. Mais mon goût pour le chat de ruelle la dépasse complètement, la terrifie.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et si c’était un psychopathe qui avait envie de jouer du couteau? Tu es complètement inconsciente Anne, aussi folle que ce vieux pouilleux…</p>
<p style="text-align: justify;">— Je sais, je sais, c’était risqué. Mais mon instinct me disait que sa passion était le cunnilinctus et non le meurtre en série. Je lui ai dit «ok» et il m’a emmené dans l’usine désaffectée, tu sais, celle près du canal…</p>
<p style="text-align: justify;">— Endroit idéal pour commettre un meurtre en toute tranquillité…</p>
<p style="text-align: justify;">— Peut-être, mais je suis encore bien vivante… On s’est retrouvé dans une immense pièce pleine de débris et de fer tordu. Il y avait une grande table au milieu. Il s’est couché sur la table et il m’a demandé de m’asseoir sur sa bouche.</p>
<p style="text-align: justify;">— Évidemment, tu t’es exécutée…</p>
<p style="text-align: justify;">— Évidemment. J’ai enlevé ma petite culotte, j’ai relevé ma jupe et j’ai fait ce qu’il me demandait. Il m’a léchée pendant une bonne demi-heure ! Tu peux ne pas savoir…</p>
<p style="text-align: justify;">— J’espère que je ne le saurai jamais…</p>
<p style="text-align: justify;">— Il enfonçait sa langue au fond de mon vagin. Je me suis tortillée comme un ver sur sa bouche. Je sentais sa moustache sur mon clitoris… c’était démoniaque! J’ai crié comme une folle et ça résonnait à mort dans toute l’usine. Quand il a senti que j’allais jouir, il m’a mis un doigt dans l’anus et j’ai eu l’impression que les anges de l’Apocalypse allaient sonner la fin des temps.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est ainsi que tu qualifies tous tes orgasmes…</p>
<p style="text-align: justify;">— Mais celui-ci fut particulièrement humide. Mon hippie était mouillé jusque dans les cheveux. Il en avait partout! Et moi j’étais en nage. Et tu sais ce qu’il a fait après?</p>
<p style="text-align: justify;">— Il a mis sa sale bite dans ta bouche.</p>
<p style="text-align: justify;">— Même pas. Il m’a assise sur la table, il a écarté mes jambes et il a bu et léché tout ce qui coulait. Ça m’a tellement excitée que je suis repartie de plus belle!</p>
<p style="text-align: justify;">— Et après?</p>
<p style="text-align: justify;">— Après? Rien. Il m’a dit «salut» et il est parti. Il n’a même pas demandé de le toucher.</p>
<p style="text-align: justify;">Les bras croisés, Simone me regardait, interdite.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu attires vraiment tous les fêlés de la planète, me dit-elle sur un ton courroucé.</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien sûr chérie. Et c’est pour cette raison que tu reviens toujours à moi.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2011/04/09/comme-en-soixante-neuf/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le miroir du stupre</title>
		<link>http://archet.net/2011/03/24/le-miroir-du-stupre/</link>
		<comments>http://archet.net/2011/03/24/le-miroir-du-stupre/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 15:21:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Nymphomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Ragots]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3264</guid>
		<description><![CDATA[Nous sirotions toutes deux un latte lorsque ma chérie aperçut une de nos connaissances communes, une jeune femme toute blonde et toute menue qui nous sourit et nous salua de la main avant de quitter le café en coup de vent. — Quand même, quelle salope… me dit-elle avec une moue dédaigneuse. — Tu crois? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nous sirotions toutes deux un <em>latte</em> lorsque ma chérie aperçut une de nos connaissances communes, une jeune femme toute blonde et toute menue qui nous sourit et nous salua de la main avant de quitter le café en coup de vent.</p>
<div>
<p>— Quand même, quelle salope… me dit-elle avec une moue dédaigneuse.</p>
<p>— Tu crois?</p>
<div>
<p style="text-align: justify;">— J’en suis sûre. Ça se voit dans ses yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est drôle que tu en parles. Pas plus tard qu’hier, Marie ne tarissait pas d’éloges à son sujet. Elle me disait à quel point elle était gentille, serviable et raisonnable, à quel point elle aurait voulu qu’Anaïs, son ex, soit comme elle…</p>
<p style="text-align: justify;">— Pfff. On voit bien que Marie ne l’a jamais vue à genoux derrière le comptoir du bar avec la queue d’un parfait inconnu dans la bouche.</p>
<p style="text-align: justify;">— Oh!</p>
<p style="text-align: justify;">— Et qu’elle ne l’a jamais vue se pencher, le chemiser ouvert, devant un groupe d’adolescents, en pinçant ses mamelons et en se léchant les lèvres d’un air lubrique.</p>
<p style="text-align: justify;">— Vraiment?</p>
<p style="text-align: justify;">— Elle ne l’a pas vue non plus sans sa culotte, couchée sur le dos les jambes en l’air sur le parquet, s’offrant à tous les hommes qui veulent bien d’elle et qui rigolent en se rebraguettant après lui avoir rempli la moniche de foutre.</p>
<p style="text-align: justify;">— Et bien ça, alors…</p>
<p style="text-align: justify;">— Et je parie que Marie ne l’a jamais vue jouir, la bave coulant sur ses joues comme une possédée, les yeux révulsés et les jambes s’agitant dans tous les sens, un juron à la bouche et une pine enfoncée dans son cul.</p>
<p style="text-align: justify;">— Tu as vraiment tout vu cela? lui demandai-je, incrédule.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je te l’ai dit : ça se voit dans ses yeux, me répondit-elle avant d’avaler d’un trait son café refroidi.</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2011/03/24/le-miroir-du-stupre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ma vie, mon corps et mon ame</title>
		<link>http://archet.net/2011/03/11/ma-vie-mon-corps-et-mon-ame/</link>
		<comments>http://archet.net/2011/03/11/ma-vie-mon-corps-et-mon-ame/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2011 18:59:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Orgasme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3250</guid>
		<description><![CDATA[— So you can make me come. That doesn&#8217;t make you Jesus. — Hein? — «Ce n’est pas parce que tu arrives à me faire jouir que tu es le messie.» C’est ce que chante Tori Amos à la radio. — Ah, Tori Amos… ça ne nous rajeunit pas. — Elle a raison. — Quoi? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">— <em>So you can make me come. That doesn&#8217;t make you Jesus.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Hein?</p>
<p style="text-align: justify;">— «Ce n’est pas parce que tu arrives à me faire jouir que tu es le messie.» C’est ce que chante Tori Amos à la radio.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ah, Tori Amos… ça ne nous rajeunit pas.</p>
<p style="text-align: justify;">— Elle a raison.</p>
<p style="text-align: justify;">— Quoi?</p>
<p style="text-align: justify;">— Toi, chaque fois tu arrives à me faire jouir, je suis sûre que tu penses que… que c’est quelque chose d’incroyablement important, de fondamental, sur lequel je devrais centrer ma vie.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je…</p>
<p style="text-align: justify;">— Ce que je veux dire, c’est que le sexe avec toi, c’est bien — c’est très bien, même — mais combien penses-tu que je te dois vraiment pour un orgasme?</p>
<p style="text-align: justify;">— Qu’est-ce que tu veux dire?</p>
<p style="text-align: justify;">— Je peux te faire jouir, moi aussi. Est-ce que tu penses que tu me dois ta vie, ton corps et ton âme juste parce que j’arrive à te faire venir? Comme si c’était la chose la plus extraordinaire du monde?</p>
<p style="text-align: justify;">— Ben…</p>
<p style="text-align: justify;">— Alors?</p>
<p style="text-align: justify;">— Euh… oui, justement. C’est ce que je pense. Pour vrai.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2011/03/11/ma-vie-mon-corps-et-mon-ame/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Duplicate</title>
		<link>http://archet.net/2011/01/12/duplicate/</link>
		<comments>http://archet.net/2011/01/12/duplicate/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Jan 2011 17:45:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Foutentrer]]></category>
		<category><![CDATA[Foutre]]></category>
		<category><![CDATA[Scrabble]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=688</guid>
		<description><![CDATA[Je tapotai pensivement mes lèvres du bout de l’index, puis plaçai soigneusement mes lettres après le mot « fou ». – Tadam ! Lettre compte double… mot compte triple… quarante-deux points… plus cinquante parce que je vide mon chevalet… quatre-vingt douze ! Lalalèreu ! – « Foutentrer » n’est pas acceptable, me dit-il sans sourire. – Bien sûr que ça l’est. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je tapotai pensivement mes lèvres du bout de l’index, puis plaçai soigneusement mes lettres après le mot « fou ».</p>
<p style="text-align: justify;">– Tadam ! Lettre compte double… mot compte triple… quarante-deux points… plus cinquante parce que je vide mon chevalet… quatre-vingt douze ! Lalalèreu !</p>
<p style="text-align: justify;">– « Foutentrer » n’est pas acceptable, me dit-il sans sourire.</p>
<p style="text-align: justify;">– Bien sûr que ça l’est. C’est un mot tout ce qu’il y a de plus banal et usuel.</p>
<p style="text-align: justify;">– Et madame peut daigner m’en donner la définition ?</p>
<p style="text-align: justify;">– Tout le monde sait que ça veut dire « remplir avec force ». C’est un verbe du premier groupe qui se conjugue tout simplement comme « aimer »… ou « entrer ».</p>
<p style="text-align: justify;">– Pfff. Et tu t’attends vraiment à ce que je gobe ça sans mot dire ?</p>
<p style="text-align: justify;">– Serait-ce un défi ?</p>
<p style="text-align: justify;">– Évidemment.</p>
<p style="text-align: justify;">– J’ai laissé mon dico chez moi… lui dis-je en souriant malicieusement.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un geste vif, il fit voler les pièces du jeu dans tous les sens en envoyant valser le plateau de carton jusqu’au fond de la pièce, puis me foutentra vigoureusement sur la table.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2011/01/12/duplicate/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Trichotillomanie thérapeutique</title>
		<link>http://archet.net/2010/05/09/tricotillomanie-therapeutique/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/05/09/tricotillomanie-therapeutique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 May 2010 02:25:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=421</guid>
		<description><![CDATA[— Hum… il est anormalement allongé, madame Archet. — Docteur, il est sur le point de me rendre folle. Il dépasse et frotte contre mon jeans — j&#8217;en arrive à jouir simplement en me promenant dans la rue. — Je vous avais bien dit de le laisser tranquille. Vous devez cesser d&#8217;y toucher et de le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>— Hum… il est anormalement allongé, madame  Archet.</p>
<p>— Docteur, il est sur le point de me rendre  folle. Il dépasse et frotte contre mon jeans — j&#8217;en arrive à jouir simplement en  me promenant dans la rue.</p>
<p>— Je vous avais bien dit de le laisser  tranquille. Vous devez cesser d&#8217;y toucher et de le tirer. Dites-moi, combien de  fois par jour vous masturbez-vous ?</p>
<p>— Euh… je ne parlerai qu&#8217;en présence de…</p>
<p>— Vous n’êtes pas en état d’arrestation Anne. Ce  n’est qu’une simple question.</p>
<p>— Je n&#8217;y peux rien docteur. Je collectionne  les <em>curiosa</em> et j’écris  des textes érotiques. Il faut bien que j’allège la tension d’une façon ou d’une  autre.</p>
<p>— Mais êtes-vous obligée de tirer dessus ?</p>
<p>— Ça m’aide à me concentrer.</p>
<p>Ils se met à griffonner nerveusement et me tend  une prescription : «La patiente se tortillera une mèche de cheveux au  besoin.»</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/05/09/tricotillomanie-therapeutique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Confidences sur le carrelage</title>
		<link>http://archet.net/2010/05/03/confidences-sur-le-carrelage/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/05/03/confidences-sur-le-carrelage/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 04 May 2010 00:03:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[BDSM]]></category>
		<category><![CDATA[Normalité]]></category>
		<category><![CDATA[Perversions]]></category>
		<category><![CDATA[Urophilie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/journal/?p=397</guid>
		<description><![CDATA[— Aie! Arrête! Je ne suis pas un soumis! — Tu es sûr? — Puisque je te le dis! — Tu serais donc Dominateur&#8230; — Ce n’est pas l’envie de te frapper qui me manque en ce moment, mais je suis à peu près certain que ce n’est pas sexuel. — Fuck! On a tout essayé! Attends un peu&#8230; et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>— Aie! Arrête! Je ne suis pas un soumis!</p>
<p>— Tu es sûr?</p>
<p>— Puisque je te le dis!</p>
<p>— Tu serais donc Dominateur&#8230;</p>
<p>— Ce n’est pas l’envie de te frapper qui me manque en ce moment, mais je suis  à peu près certain que ce n’est pas sexuel.</p>
<p>— Fuck! On a tout essayé! Attends un peu&#8230; et ça, ça ne te fait vraiment  rien?</p>
<p>— AIE ! Puisque je te dis que je n’ai aucun fétiche! Tu veux bien me foutre  la paix ?</p>
<p>— Impossible. Tu en as un, ça ne peut pas faire autrement! Il s&#8217;agit de le  trouver. Voyons&#8230; tu n’aimes pas les garçons, tu n’aimes pas les filles…</p>
<p>— J’aime les filles! Tu le sais très bien. Tu me dis cela uniquement parce  que je ne t’ai jamais draguée!</p>
<p>— Tu ne dragues personne. Tu ne sors jamais avec personne : tu ne fais que  les accompagner vaguement et leur servir de faire-valoir occasionnel. Tu n’aimes  pas les filles, tu n’aimes pas les chèvres… est-ce que tu aimes les chèvres?</p>
<p>— Non!</p>
<p>— Il doit bien y avoir quelque chose qui t’allume…</p>
<p>— Pourquoi tiens-tu mordicus à me trouver un fétiche?</p>
<p>— Parce que c’est amusant. Parce que c’est excitant. Parce que ça procure le  sentiment fugace d’être en vie.</p>
<p>— Je t’assure que je me sens suffisamment en vie. Tu me détaches?</p>
<p>— Le cuir : non. Le latex : non plus. Le Saran Wrap : encore moins. Le  pudding au chocolat, les jeux de rôle, les petites culottes de dentelle, les  escarpins, les épingles à nourrice, les films pornos, les couches de coton… que  reste-t-il?</p>
<p>— Il reste à me détacher.</p>
<p>— Je sais! L’ondinisme!</p>
<p>— Pourquoi ne pas admettre tout simplement que j’ai une libido anorexique et  un jardin secret désertique?</p>
<p>Elle s’accroupit au-dessus de son  visage et l’asperge d’un jet ambré.</p>
<p>— Parce que c’est malsain et contre-nature.</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/05/03/confidences-sur-le-carrelage/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;amour au temps du Twitt</title>
		<link>http://archet.net/2010/03/18/lamour-au-temps-du-twitt-2/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/03/18/lamour-au-temps-du-twitt-2/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 01:38:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe oral]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3085</guid>
		<description><![CDATA[Quatrième épisode, où il est discuté de bienséance nuptiale en ces temps troublés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="À lire de bas en haut!" href="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/dialogue04.png">Quatrième épisode</a>, où il est discuté de bienséance nuptiale en ces temps troublés.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/03/18/lamour-au-temps-du-twitt-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Élévation du discours (à un niveau soutenu)</title>
		<link>http://archet.net/2010/03/13/elevation-du-discours/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/03/13/elevation-du-discours/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 22:54:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Ascenseur]]></category>
		<category><![CDATA[Clichés]]></category>
		<category><![CDATA[Écriture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3062</guid>
		<description><![CDATA[Elle était grande, brune, sculpturale, et retenait la porte de l’ascenseur de sa main pendant que je m’engouffrai à l’intérieur. — Quel étage? me demanda-t-elle. — Le vingtième, lui répondis-je timidement. Je fixais les voyants lumineux des étages en écoutant une version pour orchestre de Question de feeling lorsqu’elle me demanda : — Vous êtes Anne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle était grande, brune, sculpturale, et retenait la porte de l’ascenseur de sa main pendant que je m’engouffrai à l’intérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">— Quel étage? me demanda-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">— Le vingtième, lui répondis-je timidement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je fixais les voyants lumineux des étages en écoutant une version pour orchestre de <em>Question de feeling</em> lorsqu’elle me demanda :</p>
<p style="text-align: justify;">— Vous êtes Anne Archet, n’est-ce pas?</p>
<p style="text-align: justify;">— Comment avez-vous deviné? lui demandai-je et plongeant mon regard dans ses yeux d’outremer.</p>
<p style="text-align: justify;">— Vous ressemblez aux photos qu’on trouve sur votre site.</p>
<p style="text-align: justify;">— Moi qui voulais les enlever… je vois que j’ai bien fait d’attendre!</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me sourit puis me tendit la main en me disant :</p>
<p style="text-align: justify;">—Sophie Beaulieu. Je travaille ici comme traductrice. Et je vous lis depuis toujours!</p>
<p style="text-align: justify;">— Enchantée, Sophie.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait les cheveux bouclés, en cascade sur ses épaules… et les seins si hauts perchés qu’ils auraient fait damner Saint Antoine, perché en haut du mont Qolzum.</p>
<p style="text-align: justify;">— J’ai particulièrement aimé votre histoire avec le chien, ajouta-t-elle. C’était à la fois répugnant et étrangement excitant.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est ce qu’on me dit toujours. Je suis contente que ça vous ait plu.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ascenseur s’immobilisa et un homme en sortit. Il ne restait plus que nous deux à bord de l’appareil.</p>
<p style="text-align: justify;">— Je peux vous poser une question? me demanda-t-elle aussitôt que la porte fut refermée.</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien sûr.</p>
<p style="text-align: justify;">— Pourquoi n’avez-vous jamais écrit d’histoire qui se passe dans un ascenseur?</p>
<p style="text-align: justify;">Je soupirai.</p>
<p style="text-align: justify;">— Probablement parce que c’est un des clichés les plus usés du genre.</p>
<p style="text-align: justify;">— Ah?</p>
<p style="text-align: justify;">— Oui. Le huis clos… la promiscuité et le désir qui monte alors que l’ascenseur lui, est immobilisé… sans compter la similarité lexicale entre l’élévation et l’érection… tout ça a été dit et redit cent fois.</p>
<p style="text-align: justify;">— Vous croyez?</p>
<p style="text-align: justify;">— Bien sûr. C’est aussi usé que le coup du livreur de pizza dans les films pornos des années soixante-dix. Vous mettez en contact deux étrangers qui en d’autres circonstances ne se seraient même jamais adressé la parole — et encore moins caressé l’entrecuisse. Ensuite, vous décrivez l’échange furtif de regards, l’amorce timide de la conversation, puis paf! La panne. C’est l’élément déclencheur, celui qui fait que, de fil en aiguille, les petites culottes volent, les muqueuses sont tripotées et les fluides corporels s’échangent.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me regarda avec un drôle de sourire au coin de la bouche.</p>
<p style="text-align: justify;">— Si je comprends bien, les clichés ne sont pas dignes pour vous d’être écrits.</p>
<p style="text-align: justify;">— C’est à peu près ça, oui.</p>
<p style="text-align: justify;">— Mais sont-ils dignes d’être vécus? Me demanda-t-elle en défaisant le bouton de son corsage et en appuyant sur celui de l’arrêt d’urgence de l’ascenseur.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me démontra ensuite que je suis incapable de résister aux lieux communs, surtout dans les aires communes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/03/13/elevation-du-discours/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;amour au temps du Twitt</title>
		<link>http://archet.net/2010/03/07/lamour-au-temps-du-twitt-03/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/03/07/lamour-au-temps-du-twitt-03/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 01:06:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Chaussures]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3055</guid>
		<description><![CDATA[La suite de ce roman fleuve qui se lit en remontant le courant — de bas en haut. Épisode trois : mariage, chaussures et scandale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La suite de ce roman fleuve qui se lit en remontant le courant — de bas en haut. Épisode trois : <a title="L,amour au temps du Twitt, épisode 3" href="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/dialogue03.png">mariage, chaussures et scandale</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/03/07/lamour-au-temps-du-twitt-03/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;amour au temps du Twitt</title>
		<link>http://archet.net/2010/03/05/lamour-au-temps-du-twitt/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/03/05/lamour-au-temps-du-twitt/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 02:19:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[BDSM]]></category>
		<category><![CDATA[Sodomie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=3044</guid>
		<description><![CDATA[Une grande saga romantique, avec de la passion, des déchirements, des larmes et du sang, qui se lit de bas en haut. Lisez le premier épisode et le deuxième épisode.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une grande saga romantique, avec de la passion, des déchirements, des larmes et du sang, qui se lit de bas en haut. Lisez le <a title="Ou l'art d'amener subtilement la chose..." href="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/dialogue01.png">premier épisode</a> et le <a title="Ou les préparatifs..." href="http://archet.net/wordpress/wp-content/uploads/dialogue02.png">deuxième épisode</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/03/05/lamour-au-temps-du-twitt/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La conférence interrompue (5/5)</title>
		<link>http://archet.net/2010/02/02/la-conference-interrompue-55/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/02/02/la-conference-interrompue-55/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 03:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Anarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=2868</guid>
		<description><![CDATA[Ou la philosophie dans le 3½ (transcription de cinq enregistrements numériques) (Lire le début.) Nom du fichier : conference05.wav AA : Anne Archet, un individu LB : Louis Berthier, un autre individu SB : Simone Bechara, un troisième individu [Début de l’enregistrement] AA : Bon, la foutue conférence… Hum… Ouais… Pffff… Je pourrais peut-être terminer sur une note plus… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Ou la philosophie dans le 3½<br />
(transcription de cinq enregistrements numériques)</em><br />
(<a href="http://archet.net/2009/12/22/la-conference-interrompue/">Lire le début</a>.)</p>
<p><strong>Nom du fichier : conference05.wav</strong></p>
<p>AA : Anne Archet, un individu<br />
LB : Louis Berthier, un autre individu<br />
SB : Simone Bechara, un troisième individu</p>
<p style="text-align: center;">[Début de l’enregistrement]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Bon, la foutue conférence… Hum… Ouais… Pffff… Je pourrais peut-être terminer sur une note plus… personnelle…</p>
<p style="text-align: justify;">Ok. Les idées que je partage avec vous ne sont qu’exploratoires; elles appellent à l’expérimentation, à la prospection de domaines inconnus. Ce sont des invitations à des voyages, à des transhumances, à des aventures à la mesure de nos désirs, qui mènent par delà de nos limites. Ces idées n’ont en soi rien de révolutionnaire. Elles ne le deviennent qu’au moment où elles entrent en conjonction avec une résistance active et consciente à la société — une reconnaissance consciente que notre unicité et notre liberté en tant qu’individus sont radicalement en conflit avec la société et que nous devons la détruire pour finalement devenir ce que nous sommes. Car nous…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Euh… Anne? Tu as une minute?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, Louis.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Lucifer vient de partir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ah oui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui. Avec Stella.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu veux dire que…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu as vu comme moi à quel point il était fasciné par elle. Alors qu’elle se refaisait une beauté, elle lui a dit : « Lucifer, j’ai des projets pour toi, viens avec moi. » Et il a dit oui, tout simplement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quel genre de projets?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je ne sais pas. Mais j’ai trouvé une enveloppe à ton nom sur la table de la cuisine.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ah?</p>
<p><span id="more-2868"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’une enveloppe qu’on déchire.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et puis?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est écrit : « J’ai enfin trouvé la voie de l’extinction. Adieu. » Et c’est signé « Éric »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Il y a les billets, aussi…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui… Trois cent soixante dollars… Ça voudrait dire que Stella n’a pas pris son argent…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tout ça me dépasse complètement. Pourquoi a-t-elle fait ça?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Elle n’a sûrement pas besoin de nos billets et a peut-être décidé qu’en prenant possession de Lucifer, elle gagnerait beaucoup plus…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> D’accord, mais Lucifer n’était pas à nous, alors pourquoi le payer…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je crois que pour Stella, l’argent n’a pas d’importance — ou du moins, n’a pas la même importance que pour la plupart des prostituées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et cette histoire d’extinction, à quoi ça rime selon toi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Si tu veux mon avis, notre Lucifer a pris la ligne de fuite.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce que tu veux dire?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est un concept de Guattari et Deleuze. Selon eux, nous sommes tous, individuellement et collectivement, traversés par des lignes que nous empruntons et qui déterminent les conditions de notre existence. Notre vie est un écheveau inextricable de lignes entremêlées.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ok. Et ces lignes sont?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ben… Il y a les lignes dures, celles du devoir, du travail, de la morale, du mariage, de la famille. Par exemple, le métier de Stella, la prostitution, est une ligne dure. Elle vend son temps et son corps pour assurer sa survie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je vois. La ligne dure, c’est l’exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, mais pas seulement ça. Les lignes dures ont l’avantage redoutable de nous assurer un avenir: une carrière, une famille, une vocation à réaliser. C’est la ligne de la sécurité. Elle nous exploite, mais en échange notre survie est assurée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Belle perspective. C’est l’ennui assuré.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Justement. On vit en relative sécurité sur la ligne dure, mais sans surprise et sans espoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> D’accord. Et l’autre ligne, c’est la ligne de fuite, c’est ça?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, mais il y a aussi les lignes souples.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Souples?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui. Ce sont celles qui voguent autour des lignes dures en les défiant sans les remettre en question. Ce sont celles des désirs cachés, des rêveries, des fantasmes, des discussions à voix basse entre collègues, du commérage… de la délinquance, aussi, celle du petit refus de respecter le règlement, celle de la grève, de l’absentéisme au travail, du vol à l’étalage… Tous ces petits délits qui offrent des instants de liberté, de vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Comme une call-girl qui s’amuse en organisant une orgie pour le plaisir et oublie de se faire payer?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ben oui, pourquoi pas… L’orgie ressemble au carnaval du Moyen Âge : c’est le moment où l’ordre établi est temporairement renversé, où on a l’impression de vivre, enfin. C’est l’expérience ponctuelle qui rend la ligne dure supportable. Une soupape de sûreté, en quelque sorte.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et la ligne de fuite, c’est… la révolution?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Pas nécessairement… Alors que les lignes souples s’enroulent autour des lignes dures, la ligne de fuite s’en détache. La destination est inconnue, imprévisible — c’est un devenir, un processus incontrôlable. C’est l’émancipation, la libération, la seule ligne sur laquelle on peut réellement devenir ce qu’on est, vivre réellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et c’est ce que Lucifer a fait, tu crois? En devenant l’objet sexuel de Stella?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Peut-être. Je crois bien qu’il a tout abandonné, comme Fido… Tu te rappelles ce que Stella disait?  « Travail, famille et patrie »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> La ligne dure…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Yep. La ligne dure…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je me demande ce qu’il va y trouver, sur sa ligne de fuite, ce pauvre Lucifer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Qui sait… d’autres valeurs, d’autres façons de vivre, d’aimer… la folie, la mort, aussi, peut-être. Parce que fuir, c’est aussi risquer, abandonner la sécurité qu’offre la ligne dure…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Cette histoire de lignes, tu vas en parler dans ta conférence?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne sais pas… Je ne sais plus ce que je vais raconter. Et je dois y être dans un peu plus d’une heure…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je peux te poser une question indiscrète, Anne?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Shoot.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu dis qu’on doit changer la vie en vivant l’anarchie ici et maintenant, quitte à ce que ce soit limité et temporaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et que c’est à force de faire une telle chose qu’éventuellement, l’ordre actuel va s’écrouler.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est à peu près ça, oui.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ce que je me demande, c’est comment tu concilies ce qui s’est passé ici, aujourd’hui, avec ce que tu racontes dans ta conférence? Je veux dire… Est-ce que c’est vraiment en jouant aux fesses qu’on va abattre le capitalisme? Ça me semble un peu gros, tu ne trouves pas?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Évidemment non. Je ne suis pas idiote ai point de penser une telle chose.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce qu’il faut faire, alors?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Que faire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ouais. « Que faire ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> L’éternelle question…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Il y a l’art. C’est ce que je fais, moi. Quand je m’exprime à travers mon art… je le fais aussi pour créer, pour changer le monde à ma manière…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne sais pas. L’art reste finalement une marchandise comme les autres… En ce qui me concerne, j’écris beaucoup, mais je n’entretiens pas beaucoup d’illusions quant à l’utilité de cette activité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Peut-être que la question ne devrait pas être « Que faire? », mais plutôt « Que voudrais-tu faire? »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> En ce moment, ce que je voudrais, c’est partir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Hey, je ne te retiens pas. Ma porte est grande ouverte!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Nono! Je parle d’itinérance en compagnie d’amis et d’amants comme toi, de gens remplis de désirs similaires aux miens. On pourrait former un festival nomade de rébellion, voyager sans cesse.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Un « festival »? Tu veux partir avec le cirque?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Pas exactement. Je dis « festival » au lieu de « tribu » ou « bande » parce que la seule constante serait l’envie de mes compagnons de participer à l’aventure. Il y aurait donc des gens qui arriveraient et qui partiraient constamment, au gré de leurs désirs…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et qu’est-ce que tu ferais, au juste? Des spectacles?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Pourquoi pas… du moins, quelque chose de fun, de ludique… de créatif.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> D’accord. Et comment on s’arrangerait pour bouffer? Pour s’habiller? Pour se loger? Je parie que travailler est hors de question…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Peut-être pas hors de question, mais le moins possible, ça, c’est certain. On pourrait grappiller tout ce qu’on peut, voler, aussi. Partager entre nous les dons amassés ici et là auprès des rencontres de hasard, auprès des gens séduits par l’expression de notre fureur, de notre folie…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu crois vraiment à ce que tu racontes? Tu penses vraiment que ça pourrait marcher?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je sais que je me répète, mais… pourquoi pas?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Franchement, Anne, ton truc, ça ne me semble pas révolutionnaire du tout. Les clochards font la même chose et ils ne dérangent pas trop l’ordre établi. Pire : ils en subissent l’oppression. On les laisse vivoter en marge du système en attendant qu’ils crèvent, c’est tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je sais. Mais ce n’est pas tout, justement. On pourrait tisser des liens entre nous. Partager nos expériences, nos connaissances avec les amis que nous nous ferions sur la route. Créer un réseau de la révolte… propager l’incendie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Propager l’incendie?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui. Dans le sens de stimuler le désir de créer et d’affronter l’oppression chez mes semblables. Et aussi attaquer les dispositifs du pouvoir par le sabotage, le vandalisme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ça me semble une recette pour se retrouver en prison en moins de temps qu’il ne le faut pour dire « insurrection ».</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ça fait partie des risques de la ligne de fuite. Mais le fait que nous soyons toujours en mouvement, que nous soyons insaisissables pourrait sûrement nous offrir une certaine impunité. Après tout, le nomadisme offre l’avantage de pouvoir se soustraire du regard du Léviathan…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ouais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Yep.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> N’empêche que tu n’as toujours pas répondu à ma première question.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Qui était?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Comment concilies-tu tes convictions avec ce qui s’est passé aujourd’hui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Pourquoi est-ce que je devrais me sentir obligée de vivre en accord avec mes convictions?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Peut-être parce que tu fais de ton mode de vie une stratégie pour réaliser tes idéaux, tiens!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu as raison.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Alors?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Alors rien. Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je suis lasse, si lasse… Lasse de me sentir isolée parce que je refuse de me sacrifier aux rôles sociaux qui me sont imposés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Difficile de devenir un grand individu, hein?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> On a la grandeur qu’on peut. La mienne est toute petite.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Alors toutes tes salades sur l’individu fort qui n’a pas besoin des autres, ce n’était que des pirouettes intellectuelles?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je n’ai pas besoin des autres, Louis. Je les désire, c’est différent.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et en quoi est-ce différent?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je te désire, toi, Louis, comme je désire Simone, Lucifer et Stella. Comme je désire aussi Fido et tous les autres parce je brûle d’un feu ardent. Je brûle d’explorer de nouveaux agencements, de nouvelles façons d’aimer, de haïr, de me mesurer avec mes semblables. Je brûle de connaître les idées de ceux et celles qui veulent, comme moi, aller par delà les identités et les rôles sociaux. Et surtout, je brûle d’explorer ces idées avec ceux que je désire, avec mes amis, mes amantes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et tout ça, bien sûr, en te confinant dans la marge.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est là que tout commence. Un jour, la marge recouvrira peut-être toute la planète… En attendant, je veux cesser de vivre faiblement. Je veux commencer tout de suite à créer un monde dans lequel non seulement moi, mais tous mes semblables peuvent vivre selon leurs propres nécessités.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Vivre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui. Vivre, enfin, pour de bon.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Très long silence. Bruits de pas qui s’approchent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est l’heure de partir, Anne. Il faut aller faire ta conférence.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> J’ai une meilleure idée, mon amour. Partons plutôt la vivre, là, maintenant.</p>
<p style="text-align: center;">[Fin de l’enregistrement.]</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/02/02/la-conference-interrompue-55/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La conférence interrompue (4/5)</title>
		<link>http://archet.net/2010/01/24/la-conference-interrompue-45/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/01/24/la-conference-interrompue-45/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 03:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Anarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Cuir]]></category>
		<category><![CDATA[Cunnilinctus]]></category>
		<category><![CDATA[Domination]]></category>
		<category><![CDATA[Insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[Orgie]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Sodomie]]></category>
		<category><![CDATA[Soumission]]></category>
		<category><![CDATA[Sperme]]></category>
		<category><![CDATA[Urophilie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=2746</guid>
		<description><![CDATA[Ou la philosophie dans le 3½ (transcription de cinq enregistrements numériques) (Lire la suite.) Nom du fichier : conference04.wav AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée LB : Louis Berthier, artiste embroché SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage L : Lucifer, poète enculé S : Stella, prostituée de Babylone F : Fido, soumis bien membré [Début de l’enregistrement] [Bruits de manipulation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Ou la philosophie dans le 3½<br />
(transcription de cinq enregistrements numériques)</em><br />
(<a href="http://archet.net/2010/02/02/la-conference-interrompue-55/">Lire la suite</a>.)</p>
<p><strong>Nom du fichier : conference04.wav</strong></p>
<p>AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée<br />
LB : Louis Berthier, artiste embroché<br />
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage<br />
L : Lucifer, poète enculé<br />
S : Stella, prostituée de Babylone<br />
F : Fido, soumis bien membré</p>
<p style="text-align: center;">[Début de l’enregistrement]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de manipulation de micro.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de manipulation de micro.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.</p>
<p style="text-align: justify;">L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.</p>
<p style="text-align: justify;">La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. <span id="more-2746"></span>La liberté n’est pas un but à atteindre, mais une expérience à vivre. Et la vie ne peut attendre.</p>
<p style="text-align: justify;">L’insurrection est donc le fait de poser en acte le refus de l’ordre étatique existant. L’insurrection est un moyen d’affaiblir la société autoritaire et capitaliste dans le but de libérer des zones d’espace et de temps où l’autonomie et la liberté économique et politique, une fois l’autorité rejetée, sont alors réalisables. L’insurrection est un coin de métal enfoncé dans les lézardes du mur épais que constitue le spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;">L’insurrection consiste à vivre l’anarchie, à la réaliser dans des moments et des espaces non seulement possibles, mais actuels. Il s’agit donc de ne plus remettre la vie à plus tard, de ne plus penser en terme d’action politique, de révolution et de prise de pouvoir, mais en terme de création de nouvelles valeurs, de nouvelles expériences de vie, et de dissolution du pouvoir…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Est-ce qu’on a frappé à la porte? Je pense que j’ai entendu frapper…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> De calme, Lucifer, il n’y a personne.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tu m’avertis si ça frappe, hein…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Sûr. Maintenant, tu permets?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ouais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas qui s’éloignent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Nietzsche nous invite à devenir ce que nous sommes, de grands individus. Cette voie est ardue, remplie de périls, mais c’est la seule façon de nous réapproprier notre vie. Se placer au centre de notre propre activité signifie trouver de nouvelles façons d’entrer en rapport avec la société, d’entrer en relation et entre nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour où nous commencerons à vivre selon nos propres désirs et nos propres expériences, nous nous retrouverons perpétuellement en conflit avec le troupeau et ses maîtres. Ce sera alors à nous de refuser d’assumer, de jouer le rôle social qu’on nous assigne, refuser de faire semblant d’accepter d’avoir à payer pour se procurer les biens nécessaires à notre survie, refuser de travailler, de suivre le protocole, la morale, la bienséance.</p>
<p style="text-align: justify;">Le grand individu lutte avec intelligence, humour et fureur pour sa propre cause, contre la société. Il cherche aussi ses semblables, ceux avec qui il veut vivre, jouir, créer de nouvelles valeurs. Voilà ce à quoi Nietzsche nous invite, voilà l’essence de l’anarchie : profiter mutuellement de nous-mêmes en tant qu’individus sauvages et libres.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun de nous est unique et donc imprévisible…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[On sonne à la porte.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas de course.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> J’y vais! J’y vais!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de porte qui ouvre.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Vous… vous êtes Stella.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Monsieur a un sens de l’observation très développé, à ce que je vois. Vous êtes l’hôte, n’est-ce pas?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Alors? Vous me faites entrer ou je dois vous pousser moi-même hors de la porte?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Euh… oui, oui, bien sûr.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L : </em>Est-ce que notre pute est arri… oh!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Et tu dois être celui qui m’a téléphoné. Vous êtes quatre, ici, n’est-ce pas?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je… je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Où sont les autres?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Il y a… Anne, juste là…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Anne Archet?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, c’est moi. Enchantée de faire ta… je veux dire, votre connaissance, madame…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Je vous en prie, appelez-moi Stella, Anne. C’est un plaisir pour moi de vous rencontrer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Et moi de… vous contempler…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> J’ai lu tout ce que vous avez écrit. Vous avez du talent.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Merci… je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Vous devriez abandonner vos scrupules et publier ailleurs que sur le web. Vendre ses œuvres ne signifie pas nécessairement vendre son âme au diable, vous savez.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ah, vous pensez que…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Évidemment. Nous n’avons pas le choix de nous vendre, c’est une nécessité, car on en a fait la condition de notre survie. Alors, autant vendre chèrement le temps dont on nous dépossède.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oh, oui, c’est vraiment… c’est ce que je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Parlant d’argent, où est le mien? Il faut me payer comptant et à l’avance.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, bien sûr… J’ai ça juste ici… voilà.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Voyons cela… quarante… cent… deux cents&#8230; deux cent soixante. Il manque cent dollars. Où sont-ils?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est que…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas qui approchent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Qu’est-ce que vous faites? On a sonné… est-ce que la pute est… oh!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Tu dois être l’amante de madame Archet, je présume?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Euh… euh oui, moi c’est Simone…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Joli prénom. Comme dans <em>L’Histoire de l’œil </em>de Bataille. Je suppose que c’est toi qui a les cent dollars manquants?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je les ai, madame Stella… voilà, prenez.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Hum… Gardez ceci. Cent dollars suffisent. Bon, maintenant, passons aux choses sérieuses. Vous avez des désirs en particulier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Euh…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Hum…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Toi, Lucifer. C’est bien ton nom?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> C’est un nom de plume, en fait. Je m’appelle en réalité Éric et…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> C’est toi qui m’as appelé. Qu’est-ce que tu avais en tête?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Moi? Ben je voulais seulement… vous savez, je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Vous?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Oui, je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Bon, je vais devoir prendre les choses en main. Ne vous en faites, pas, j’ai l’habitude de m’occuper de l’agencement des désirs… Vous… quel est votre prénom?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Louis.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Louis, prenez ceci et allez chercher Fido. Il est dans le coffre arrière de ma voiture.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’un trousseau de clés qu’on lance et qu’on attrape.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> J’y vais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas. Porte qui ouvre, puis qui se ferme.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Maintenant, j’ai besoin que quelqu’un me déshabille. Des volontaires?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Moi!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> D’abord, tu sors ton porte-monnaie sans hésiter. Maintenant, tu t’empresses de la déshabiller… je vais de surprise en surprise, Simone.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Vas-y, mignonne. Je suis toute à toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> D’accord. Hum… votre parfum est si… enivrant. Laissez-moi d’abord me placer derrière vous pour que je puisse faire courir mes mains le long de vos hanches… et votre ventre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Commence par ma blouse.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oui, un bouton à la fois… Oh! Votre peau est si douce… et ces tatouages étranges, sur vos bras… ça ressemble…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> On dirait le <em>Jardin des délices</em> de Bosch.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Bien observé. Le reste du triptyque est sur mon dos. Maintenant, ma jupe.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oh… Votre taille est si fine et vos fesses si rebondies, c’est presque irréel… je crois que… je crois que je vais enlever votre string avec mes dents…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Attention à mes bas. Je ne supporte pas les mailles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Bon dieu! Quel cul! Je n’en crois pas mes yeux…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Détache mes cheveux, Simone, veux-tu?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ces longues mèches de jais… si brillantes, si douces, si odorantes… on voudrait y plonger son nez et y mourir…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ses seins… peux-tu…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oui, attends… voilà, j’enlève le soutien-gorge…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oh! Ils sont si ronds… des globes parfait, haut perchés… et ces pointes, longues et dures… on croirait le buste d’une Vénus de marbre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de porte qui ouvre.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Il n’y avait pas de chien dans le coffre de l’auto… mais il y avait ce gars-là…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Je vous présente Fido, mon fidèle compagnon.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Euh… enchantée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Est-ce qu’il peut nous entendre, avec cette cagoule de cuir?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Bien sûr. Il ne peut toutefois pas parler, car il porte un bâillon.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> C’est la première fois que je vois ce genre d’accoutrement. Il est couvert de cuir de la tête aux pieds…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Sans compter l’anneau dans son nez, dans lequel passe sa laisse…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Fido a tout abandonné, travail, famille, patrie, pour devenir mon esclave. Il est soumis à tous mes caprices.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Votre… esclave?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Oui. Il est à mon service jour et nuit. Évidemment, comme c’est le cas pour tous les maîtres, le pouvoir que j’ai sur lui ne tient qu’à son bon vouloir. Le jour où je ne serai plus à la hauteur de ses désirs, il me quittera sûrement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça ne risque pas d’arriver… moi, je ne vous quitterais jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> En attendant, il m’est fort utile. C’est une brave bête, pleine de vigueur, qui saillit avec enthousiasme tout ce qu’on lui demande. Et surtout, il est exceptionnellement bien monté…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ah oui? J’aimerais bien voir ça…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Justement, ma chère, vous allez avoir la chance de constater <em>de visu</em> à quel point la nature a été prodigue envers lui, car c’est avec vous que nous commençons.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Moi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Oui. Fido, montre ta queue à la dame. Exécution.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de fermeture à glissière.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Lucifer, aide notre écrivaine à se déshabiller. Et vous, Louis, retirez vos vêtements. Je veux m’assurer que vous soyez en état de l’honorer convenablement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Houla! Alors, c’est ça qu’on entend par « bien membré »… Je peux le…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Allez-y. Sucez-le. Il en raffole. Lucifer, c’est à ton tour. Mets-toi à poil et approche-toi, que je compare ta bite à celle de ton ami…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hum.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de succion baveux.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Jolies queues… on croirait qu’elles sont jumelles… longues et cambrées… je sens votre pouls battre à l’unisson dans chacune de mes mains.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui… c’est bon…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Hmm…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Anne, ces trois mâles sont maintenant prêts à vous prendre. Il faut agencer les positions. Louis, couchez-vous sur le dos, sur le lit… voilà. Anne, installez-vous sur lui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Comme ça?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> C’est ça. Je vois que vous êtes bien mouillée… ça va glisser à merveille. Je place la queue de Louis contre votre chatte et…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ooooh…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> C’est bien! Tortillez-vous le cul… en cadence… Maintenant, Lucifer, tiens-toi debout, de l’autre côté, et offre ton membre à son palais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Mffmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ouais… Hmmmm…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de succion accompagnés de la plainte d’un lit qui craque et de soupirs désordonnés.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Fido, à toi de compléter l’arrangement. Encule madame… et je t’en prie, fais-le délicatement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Les craquements et les plaintes s’accélèrent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Et moi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Toi, ma toute belle, je t’ai réservé ce que tu désires vraiment. Regarde…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oh! On dirait de la nacre… votre chatte est parfaite… comme un écrin où serait lové le bijou précieux qu’est votre clitoris…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Glisses-y ta langue : il mouille pour toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Commence une mélodie étrange, celle de l’amour à six. On dirait une pièce de musique concrète de Pierre Schaeffer : percussions rythmées produites par le matelas et le lit, grognements graves des hommes qui répondent aux plaintes flûtées des femmes. Le rythme fluctue, tout en accélérant. Les voix se tissent, se nouent et se défont autour de ce martèlement, jusqu’au cri final.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Mmmm… Han!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Mmmmoui!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ah… Ah! Ah!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Tu vois ton amante, comme elle a été prise par les trois orifices? Regarde-la bien… elle a du foutre sur les joues… elle en a aussi qui coule le long de ses cuisses… approche-toi… vas-y, je te regarde.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Vous voulez que je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Oui. Il ne doit rien en rester.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> <em>[Reprenant son souffle.]</em> Fff… Viens… Fff… mon amour… Fff… tout ce sperme est pour toi…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Passe ta langue sur son menton, sinon ça va couler sur le drap…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Mmmm…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de lapement.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Quant à toi, Fido, laisse-moi t’enlever ton bâillon. Mais je t’avertis : je ne veux pas entendre un mot sortir de ton trou à bite.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de fermeture à glissière, puis bruit d’une pièce de plastique qu’on retire d’une bouche.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Tu vas maintenant sucer les deux jeunes hommes que voilà pour qu’ils reprennent vigueur et soient utiles pour la suite des choses.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Oui.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de succion baveux et soupirs, tant féminins que masculins, le tout entrecoupé du dialogue qui suit :]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui, mon amour, glisse ta langue dans ma fente…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Fuck! Il… Il suce comme une ventouse!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> À moi, c’est à mon tour… Ouf!&#8230; Sa langue… je ne me suis jamais fait sucer comme ça!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Lapements et plaintes qui se poursuivent quelques minutes.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Bien! Brave Fido! Tu les as si bien lapés qu’ils sont durs comme l’os… Tu es un bon toutou, Fido. Viens, tu vas avoir ta récompense. D’abord, je te remets ton bâillon…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits buccaux, puis fermeture à glissière.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Ensuite, approchez-vous, Anne… et toi aussi, Simone. Fido raffole de l’urine des jeunes femmes… pissez-lui dessus.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Comment? Sur le lit?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Non. Il va s’étendre là, sur le plancher. Vous n’aurez qu’à l’enjamber… vous accroupir un peu… un tout petit peu de pisse sur votre parquet, ça ne vous dérange pas trop Louis?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Bordel, non. Je veux voir ça!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Et on lui pisse… où, exactement?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Laissez-vous inspirer par le moment. Évidemment, la tête est un emplacement de choix…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Incroyable… Tout ça est tout simplement incroyable…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je sens que ça vient…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’un liquide qui gicle.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> En plein dans la gueule!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Sur sa poitrine, aussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> À moi! À moi!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Autre bruit d’un liquide qui gicle.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm!<em> </em>Fffmmm!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Regardez comme il bande… Pisse-lui sur la queue, Simone!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Dommage, j’ai fini.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> À moi maintenant que l’asperger, cette brave bête.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’un troisième liquide qui gicle.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Il se tord de plaisir… Vous aviez raison, c’était vraiment une récompense.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm! Fffmmm! Fffmmm!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anne, mon amour… je t’ai trouvée si belle… si douloureusement perverse quand tu lui a pissé au visage… je suis trop excitée… laisse-moi enfouir mon nez dans ta chatte, me saouler de ton nectar…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Viens sur le lit avec moi et gamahuchons-nous. Moi aussi, je veux te faire minette, lécher tes nymphes parfumées d’urine…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Craquements du lit, puis lapements entrecoupés à quelques reprises par des « Oh! » et des « Ah! » poussés par les deux femmes.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Alors, messieurs, le spectacle vous excite?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Fuck… oui! Je ne peux pas m’empêcher de me branler!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je bande tellement que j’ai l’impression que ma bite va se détacher de mon corps et se sauver par la fenêtre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Dans ce cas, joignons-nous à ces deux charmantes gouines et foutons en chœur. Je me place en levrette ici, sur le bord du lit…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oh! Quel cul sublime… si je pouvais…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Non Louis. Je veux que ce soit le poète qui m’enconne. Viens, Lucifer. Prends-moi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Laissez-moi d’abord embrasser cette cramouille divine…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Lapements. Soupirs.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Hum… Oh… Ffff…Bon, suffit. Il est temps de composer l’agencement avant que la ferveur ne tombe. Donne-moi ta queue, que je la guide… voilà… doucement…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Han… Ouf… Ha…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Craquements rythmiques du lit et soupirs.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S : </em>Maintenant… Lucifer…tu vas… te faire enculer…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je… non…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Oui… il le faut… continue de me baiser… et vous, Louis, approchez…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je vais y aller doucement, Lucifer… plus doucement que lorsque tu me l’as fait…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Tu as entendu, poète? Ne gâche pas tout… offre ton fondement…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Oui… vas-y… je… je suis prêt…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ne bouge plus… attends…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Hum… Oh!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Dou… ce… ment…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L : </em>Ne bouge plus! Ne bouge plus! Laisse-moi le temps de…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Ça va, Lucifer?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je… Oui, je crois…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Dans ce cas, allez-y, Louis, besognez-le. Je sentirai dans ma chatte les coups de boutoir que vous lui donnerez.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB:</em> Ffff… Han… Han… Han…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L:</em> Ah! Oh… Oh! Oh!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S:</em> Oui, c’est bien! Jusqu’au fond! Oui!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[La musique vénérienne reprend, ponctuée à l’arrière-plan par les gloussements des deux femmes qui se gougnottent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Fido, à toi de jouer. Tu sais ce que tu as à faire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F : </em>Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui! Encule-moi! Je veux sentir ton pieu fouiller mes entrailles!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Doucement, Fido! Il ne faut pas briser l’arrangement. Nous devons rester liés, tous les quatre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>F :</em> Fffmmm.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Mmgmrmm… Oui! Oui! Il m’encule!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S :</em> Allez mes chéris! Enculez-vous! Faites-moi jouir! Plus fort! Plus vite!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Cris féminins et masculins désordonnés. Craquements de lits. Soupirs et plaintes et crescendo.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L : Je…Je vais…</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui! Oui!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>S : Oh…</em></p>
<p style="text-align: center;">[Fin de l’enregistrement.]</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/01/24/la-conference-interrompue-45/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La conférence interrompue (3/5)</title>
		<link>http://archet.net/2010/01/09/la-conference-interrompue-35/</link>
		<comments>http://archet.net/2010/01/09/la-conference-interrompue-35/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 03:07:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Anarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Nietzsche]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=2729</guid>
		<description><![CDATA[Ou la philosophie dans le 3½ (transcription de cinq enregistrements numériques) (Lire la suite.) Nom du fichier : conference03.wav AA : Anne Archet, conférencière encore et toujours interrompue LB : Louis Berthier, artiste sodomisé SB : Simone Bechara, lesbienne excédée L : Lucifer, poète sans écrits [Début de l’enregistrement] [Bruits de manipulation de micro.] AA : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Ou la philosophie dans le 3½<br />
(transcription de cinq enregistrements numériques)</em><br />
(<a href="http://archet.net/2010/01/24/la-conference-interrompue-45/">Lire la suite</a>.)</p>
<p><strong><em>Nom du fichier : </em>conference03.wav</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">AA : Anne Archet, conférencière encore et toujours interrompue<br />
LB : Louis Berthier, artiste sodomisé<br />
SB : Simone Bechara, lesbienne excédée<br />
L : Lucifer, poète sans écrits</p>
<p style="text-align: center;">[Début de l’enregistrement]</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de manipulation de micro.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne sais même plus où j’en étais… l’individu… l’homme du ressentiment… le grand individu… est-ce que je devrais parler du surhomme? Hum… je vais garder ça pour la période de questions. Passons tout de suite à la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon Nietzsche, ce ne sont pas les forts qui oppriment les faibles, mais les faibles qui oppriment les forts. Les faibles sont les individus du ressentiment. Ils ont érigé des structures sociales basées sur la morale des esclaves et l’instinct grégaire — obéissance, renoncement de soi, peur — dont la fonction est de triompher des valeurs individuelles des forts que sont le courage, la fierté, la volonté. Comment ont-ils réussi une telle chose? En offrant au fort le pouvoir, ce qui le réduit au rang de faible en le transformant en berger, l’obligeant à mettre sa force au service du troupeau.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais quand l’individu fort refuse de commander tout autant que d’obéir, la société tout entière est unie pour le culpabiliser. Sa non-intégration au troupeau est interprétée par les faibles comme un défaut, une anormalité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits étouffés de discussion.]</em></p>
<p style="text-align: justify;">La société aristocratique de Nietzsche n’a donc rien à voir avec une quelconque société moyenâgeuse, faite de clans, de classes et de hiérarchies. Elle est constituée d’individus libres et forts qui sont des ponts vers le surhomme. Leur association, temporaire par essence, n’a pas pour but, comme c’est le cas pour les faibles, de les protéger, puisqu’ils ont la capacité de défendre seuls leurs intérêts. En fait, les aristocrates s’associent pour donner et non pour recevoir. Ils cherchent des «cocréateurs» et des « comoissonneurs » qui participent dans l’élaboration de nouvelles valeurs, des égaux — amis ou ennemis — dignes de lui, pour créer, vivre, jouir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’une porte qui claque]</em></p>
<p><span id="more-2729"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est là que la pensée de Nietzsche rejoint l’anarchie. Selon lui, la confrontation des volontés et leur libre jeu aboutissent à un équilibre créatif de la même façon que le libre jeu des pulsions de l’individu qui se combattent entre elles aboutit à cette unité qu’est le moi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Où est-elle, cette foutue bouteille?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA : </em>Autrement dit, c’est lorsque l’autorité d’une église, d’un monopole privé, d’un gouvernement, d’un État prétend faire cesser le combat entre les volontés individuelles et imposer une paix artificielle venue d’en haut que la société conduit au pourrissement des énergies individuelles et consacre la victoire des faibles sur les forts, la victoire de l’oppression hiérarchique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Lève ton joli cul, poupée, je suis certain qu’il l’a planquée sous le matelas.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Lucifer, si je me suis réfugiée dans la chambre, c’est pour avoir la paix et finir de me préparer pour ce soir. Et là… tu me déranges.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Il l’a cachée ici, j’en suis sûr!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hého! Tu m’écoutes quand tu parles?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ouais, ouais… Les aristos pourrissent la vie des autres et oppriment la hiérarchie. Elle est peut-être dans la table de chevet…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Lucifer! Fous le camp! Fais chier, là!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> La garde-robe déborde de trucs, peut-être qu’elle est cachée dans une de ces boîtes…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu veux boire, hein? Tu veux ta bibine?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[On l’entend fouiller dans son sac.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Vingt… trente… trente-cinq… quarante… cinquante… soixante. Tiens, voilà soixante dollars. Va boire à ma santé et surtout, ne reviens pas!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Merci gamine, t’es une <em>sweet chick</em>. Je vais te dédier mon prochain recueil.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ton recueil, tu peux même le faire tatouer sur ton cul si ça te chante, pourvu que tu sortes de la chambre!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tiens, tiens… mais que vois-je au fond de ce panier à linge sale?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu as de l’argent, maintenant, décrisse !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Wouhou! Je savais qu’il l’avait cachée dans la chambre!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quoi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> La bouteille de bourbon! Elle est presque pleine, en plus! Jackpot!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Dans ce cas, rends-moi mon fric.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tut, tut, tut, ma toute de miel. Je pense que je vais garder ces billets pour plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Non, mais… je rêve! Salaud! Hors de ma vue!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Hé hé hé hé !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Rires qui vont en s’éloignant.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Crétin! Crotté! Ne reviens surtout pas!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> <em>[Avec une voix provenant de loi.] </em>Tu aimerais trop ça, petite cochonne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA : [Soupire.]</em> Bon. Où en étais-je? Nietzsche… rejoint l’anarchie… Ah! Ok.</p>
<p style="text-align: justify;">On retrouve dans l’anarchisme le meilleur comme le pire. Le meilleur se trouve du côté de la fin: c’est l’anarchie, le désir de transformation totale de l’existence basée sur la réappropriation de la vie de tous les jours par des individus s’associant librement avec des individus de leur choix. Le pire se trouve du côté des moyens: c’est le gauchisme, les modes d’action que l’anarchisme a hérité de sa trop longue association avec la gauche politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Les militants, les théoriciens et les groupes anarchistes occupent depuis le XIXe siècle une niche minuscule de la constellation éclectique de la gauche révolutionnaire: celle de la «gauche de toutes les gauches» ou alors celle, encore plus pitoyable, de la «conscience de la gauche». Dans la plupart des principales insurrections et révolutions des deux cents dernières années, la gauche autoritaire a tenu le haut du pavé, repoussant chaque fois les anarchistes un peu plus dans la marge. Qu’elle soit féministe, libérale, sociale-démocrate, tiers-mondiste, altermondialiste, socialiste ou communiste, la gauche reste est soucieuse de justice et d’égalité, mais favorise l’action politique à travers des organisations hiérarchiques dont les principales caractéristiques sont une direction professionnelle, des idéologies dogmatiques (surtout en ce qui concerne les courants marxistes), un moralisme à tout crin et un dégoût envers la liberté individuelle et les initiatives autonomes de créer des communautés authentiquement non-hiérarchiques et libertaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Les anarchistes se sont trouvés devant un dilemme: soit ils situaient leurs critiques quelque part dans les marges de la gauche, soit ils rejetaient en bloc le gauchisme au risque d’être isolés et oubliés. Puisque la majorité des anars sont justement devenus anarchistes en quittant des organisations gauchistes jugées trop autoritaires, il n’est guère surprenant qu’ils choisissent pour la plupart la première option. Ce faisant, ils marginalisèrent définitivement l’anarchie en adoptant les tics et les perversions de la gauche…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Une porte claque violemment.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anne, fais quelque chose! Je vais finir par l’étriper!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quoi? Qui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Lucifer!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> <em>[Avec une voix provenant de loi.] </em>Je veux une puuuuute!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Dès que ses lèvres ont touché le goulot, il est devenu odieux!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ça ne le change pas beaucoup de son état normal…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> <em>[Qui s’approche.]</em> Je veux baiser! J’ai les couilles gonflées comme des montgolfières! Elles sont sur le point d’éclater, je te jure. Où sont les puuuutes?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu vois ce que je veux dire?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu n’en as pas eu assez d’enculer ce pauvre Louis?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Il ne m’a même pas laissé finir, l’espèce de lopette. Même pas capable de se laisser enculer comme un homme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Si tu y étais allé plus doucement, aussi…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Allez, Simone, je sais que tu suces comme une vraie guidoune. Montre-moi tes boules et je vais te faire crier de bonheur, cocotte.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Wow. On voit que monsieur le poète sait parler aux dames… Jamais en cent ans, gros mongolien! Je préférerais me faire monter par un âne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Pfff. Y’a que des saintes nitouches, ici. Je veux une puuuuuute!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Faites-le taire, quelqu’un!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Fous-toi à poil, Anne! Je vais te fourrer à quatre pattes!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Non merci, tu m’as déjà escroqué de soixante dollars. Je me suis assez fait fourrer comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Vous me dégoûtez, toutes les deux.  Je vais me trouver une bonne pute bien gentille et ce sera tant pis pour vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> C’est ça, bon vent!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je veux une puuuuute!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Mais tu vas te la fermer, phallocrate! Tu crois que tu vas lui rendre service à cette pauvre fille? Tu crois que ça va lui faire plaisir de se taper ta bite pourrie en échange de quelques dollars? La seule chose que tu arriveras à faire, c’est entretenir la misère d’une démunie, probablement droguée en plus. Tu ne fais que perpétuer l’oppression des femmes!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je ne veux exploiter personne. Je ne veux que baiser.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est sans espoir. Tu ne comprends ni du cul, ni de la tête.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Allez finir cette conversation ailleurs, j’ai du travail.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Qui se fait exploiter, crois-tu? Celui qui donne ses derniers soixante dollars pour avoir un seul, un unique orgasme, ou celle qui ne fait qu’ouvrir les cuisses, attendre que ça passe et s’enrichit en faisant rien?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ce qu’il ne faut pas entendre… la prostitution n’est pas un métier comme un autre! As-tu pensé au rapport de force inégalitaire entre la pute et le client? Si un homme paye une femme pour du sexe, il prend le contrôle de son corps, et ça, c’est inacceptable.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> C’est comme ça pour toutes les jobs de marde, chérie. Tu crois que le commis de dépanneur qui se tape des <em>shifts</em> de sept heures la nuit et qui ne peut même pas aller pisser entretient un rapport de force égalitaire avec la multinationale qui l’emploie?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu mélanges tout! C’est dans leur corps de femme que les prostituées souffrent!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça paraît que tu ne t’es jamais retenue de pisser pendant sept heures pour dire une telle chose. Quand je travaillais, c’est mon corps qu’on possédait et c’est dans ma chair que je sentais l’oppression.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Mais pas dans ton sexe. Ça, c’est pire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Non, c’est la même chose. Et puis, je te trouve méprisante envers ces braves travailleuses du sexe qui rendent un service si précieux à tous ces hommes incapables de se trouver une partenaire. Elles soulagent la misère humaine et on devrait tous en être reconnaissants!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tiens, ce n’est plus des « puuuuutes » maintenant, mais de « braves travailleuses du sexe ». Je me demande qui est le plus méprisant, hein…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Sauf votre respect madame, c’est synonyme. Maintenant, excusez-moi, je dois faire un coup fil à une honnête marchande de plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de feuilles froissées.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ahem! <em>[Sur un ton sec et tranchant.]</em> Je disais donc :</p>
<p style="text-align: justify;">La révolution comme une fin, comme utopie mythique, exige renonciation et sacrifice de soi. La perspective révolutionnaire se résume donc à agir en vue de réaliser cette fin, d’atteindre cet objectif inaccessible. Or, la vie est trop précieuse pour la gâcher à courir derrière des chimères. La vie est courte. Très courte. Il faut la risquer, pas la sacrifier.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout sacrifice de soi est un gaspillage scandaleux. Car sacrifier sa vie, c’est la consacrer à l’obéissance et au ressentiment. Je pense à tous ces gens qui sont morts pour des patries qui n’existent plus, pour des souverains dont la lignée est depuis longtemps oubliée, pour des fumisteries aussi dérisoires que tragiques comme des religions, des préjugés ou des idéologies dont la simple évocation ne provoque aujourd’hui qu’un rire amer.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre vie, il faut la risquer, c’est-à-dire prendre les moyens ici et maintenant pour aller jusqu’au bout de nous-mêmes. C’est la seule cause qui mérite qu’on perde notre vie, car cette cause est notre propre vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Considérer qu’on ne sera pas libre tant que le dernier individu sur terre ne sera pas libéré nous condamne au sacrifice et au ressentiment. On ne peut obliger quiconque d’être libre, ce qui explique l’échec de toutes les tentatives révolutionnaires basées sur la contrainte. Se situer dans l’obligation, c’est faire éclore la domination, pas la liberté. Je ne veux pas vous convaincre de l’opportunité ou non de vous réapproprier votre vie et devenir ce que vous êtes. Plusieurs d’entre vous — peut-être même la majorité — n’en ont même pas la volonté. Alors pourquoi sacrifierai-je ma vie pour vous? Il nous faut donc prendre conscien…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce qui se passe ici?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB : </em>Louis! Dis à Lucifer de foutre le camp! Il veut faire venir une call girl ici et dans ton appart…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je veux une puuuuute!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Est-ce que tu l’as déjà appelée?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Euh… non.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tant mieux, parce que j’en connais une.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ah oui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Attends… tu ne vas pas sérieusement l’encourager dans son idée stupide?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je ne la connais que de réputation… mais je te jure, c’en est toute une. Elle travaille à son propre compte… son nom est Stella.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Comment en as-tu entendu parler?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oh, tout le monde en parle. Et il y a Steve qui a déjà fait affaire avec elle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> L’éditeur?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ça ne me surprend pas de lui, ce porc…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA:</em> Ça suffit, j’en ai plein mon casque. Je vais aller me faire un sandwich, puisque c’est impossible d’avoir la paix!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas, puis porte qui claque.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Comment est-elle?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> On m’a dit qu’elle est d’une beauté stupéfiante, presque insupportable…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Oh… Et&#8230; qu’est-ce qu’elle… fait?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tout?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em>Si on la paie <em>cash</em> et à l’avance, naturellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Qu’est-ce que tu veux dire exactement par « tout »?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> C’est toi le poète; use un peu de ton imagination!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Il se trouve que mon imagination a besoin d’être un peu stimulée… suffisamment du moins pour que je consente à me départir de mes soixante billets gagnés à la sueur de mon front.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> On dit qu’elle baise avec des hommes et des femmes sans distinction. Qu’elle fait aussi dans le SM… et que les orgies sont sa spécialité. Il paraît qu’elle a organisé des partouzes monstres… décadentes et dionysiaques à souhait…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Alors là, mon imagination fonctionne à plein régime. Quoi d’autre?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB : </em>C’est sûrement des racontars, mais j’ai entendu parler de rituels bizarres qu’elle organise, des trucs pas clairs avec des chaînes, des chevalets, des chaînes… des chiens et des boucs aussi…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> J’en ai assez entendu. Bon vent, les détraqués!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas lourds qui s’éloignent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Qu’est-ce que tu attends? Appelle-la!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je veux bien, mais je serais vraiment surpris qu’on puisse se permettre ses tarifs qui sont probablement exorbitants.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça, ça reste à voir, hein…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je te dis qu’elle est beaucoup trop chère pour nos moyens de paumés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Pas sûr. J’ai soixante dollars… file-moi son numéro.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je ne l’ai pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Quoi? Tu me racontes tout ça et tu ne sais même pas comment la contacter!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Penses-tu qu’un gars comme moi tient ce genre d’information dans son portable?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Man! T’es une vraie agace! Non seulement j’ai plus envie de baiser que jamais, mais en plus, je suis frustré…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Calme-toi Lucifer. Il parait qu’elle offre ses services dans les petites annonces du journal. On n’a qu’à vérifier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Mais qu’est-ce que tu attends Loulou? Go, go, go! Va le chercher, ton crisse de journal! <em>Get up and boogie</em>!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ça va, y’a pas le feu…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Au cul, le feu, au cul! C’est là que je l’ai!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ha! Ha!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas qui s’éloignent. Silence, puis bruit liquide d’une personne qui boit à même la bouteille.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Il peut bien rigoler, lui. Pendant ce temps, moi, je bande…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Autre bruit liquide d’une personne qui boit à même la bouteille.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Parfois, je voudrais en finir pour de bon, pisser mon foutre… éjaculer jusqu’à me vider de ma substance… devenir creux et vide, translucide, même…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Encore un bruit liquide d’une personne qui boit à même la bouteille, puis un long silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Pour que mon être, devenu impalpable, me serve d’alibi face à la mort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas qui s’approchent.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce que tu dis?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Rien, rien. Tu as le journal?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Juste celui d’hier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça devrait faire l’affaire, non?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Espérons-le…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de papiers froissés.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Regarde dans la section « Escortes »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> C’est ce que je fais!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Mmm… non… Mmm… Là! « Très jolie coquine fesses bombées te reçoit à Laval »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ça ne sonne pas du tout comme Stella. D’ailleurs, ça ne peut pas être elle, parce qu’se déplace seulement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Et celle-ci? « Adorable, belle et chaude, 32 DDD, bas jarretelle 39 ans 80$ »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Stella est plus jeune… et 80$, franchement, non, on ne s’en sortira jamais à si bas prix…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Agence… Salon de massage… Hum… Son nom n’apparaît nulle part.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Sauf ici, regarde… dans la section « Prières et remerciements »…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> « Prières et remerciements »?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui! Écoute :</p>
<p style="text-align: justify;">« Ave Maris Stella<br />
Vous fait connaître l’extase divine<br />
Mieux que vierge, immaculée<br />
Bienheureuse au septième ciel<br />
En recevant cet ave<br />
De sa bouche bienfaitrice<br />
Et en changeant notre nom pour Ève<br />
Priez-la et vous serez exhaussé.»</p>
<p style="text-align: justify;">Et il y a ensuite un numéro de téléphone…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> On ne perd rien à essayer. Passe-moi l’appareil… Tu dis qu’il faut que je change mon nom pour « Ève »?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> C’est ce qui est écrit.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits des touches d’un téléphone.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça sonne… Oui, bonjour, je m’appelle « Éve » et j’aimerais devenir bienheureuse au septième ciel… Oui, dans le journal d’hier… C’est donc vous, Stella. Je suis vraiment content de vous parler! Je me demandais si c’était possible pour vous… Oui, ce serait pour aujourd’hui, le plus tôt possible en fait… Ah, je vois… attendez, je vais aller chercher de quoi écrire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce qu’elle dit? Qu’est-ce qu’elle dit?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L : </em>Chut! Oui… Oui… D’accord…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de pas qui s’éloignent. Porte qui claque.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Long silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’une porte qui ouvre.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne serai jamais prête pour ce soir. Et tu sais à quel point je suis nulle pour improviser…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ne t’en fais pas, je suis sûre que tu vas te débrouiller. Pourquoi ne retournons-nous pas à la maison? Je vais te faire un bon dîner et tu pourras finir d’écrire ta conférence en paix…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu as vu l’heure? L’université est juste à côté d’ici. Si je retourne à la maison, il ne me restera qu’une heure et je devrai reprendre l’autobus pour arriver à temps. Non, je n’ai pas le choix. Je dois rester ici et finir de me préparer malgré ce foutoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Bon! C’est réglé!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Qu’est-ce qui est réglé?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Lucifer a parlé à Stella.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> L’escorte de luxe?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Elle-même! Elle arrive dans une petite heure!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Quoi?!?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Et ça nous coûtera presque rien! Seulement trois cent soixante dollars! C’est vingt fois moins que ce qu’elle demande d’habitude…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Dis-leur comment tu es arrivé à la convaincre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je lui ai dis que tu serais présente.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Moi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Elle a tout de suite été partante. Paraît qu’elle veut rencontrer Anne Archet depuis longtemps… on dirait qu’elle fait partie de ton fan club, poupée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Il n’en est pas question! Vous allez forniquer avec votre putain sans nous! Viens Anne, on part.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Elle lit mon blog?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ouais, c’est ce qu’elle a dit. Elle a ajouté qu’elle faisait souvent la lecture de ton essai sur Schopenhauer à certains de ces clients aux goûts spéciaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Des philosophes, probablement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hum… J’en doute.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ne les écoute pas, Anne! Viens, on retourne à la maison!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Elle a dit qu’elle avait des tas de trucs à te raconter au sujet de tes textes érotiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> J’aurais jamais cru qu’une telle femme apprécierait ce que j’écris…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> On pourrait rester un peu, Simone… Faire connaissance…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ne viens pas me dire que tu veux participer à… à cette…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je te l’ai dit, nous n’avons pas le temps de retourner à l’appartement avant la conférence.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Vous allez quand même devoir prendre le temps d’aller chercher des sous, hein, parce que ça revient à cent dollars par personne.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je t’ai déjà donné soixante dollars, Lucifer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça, c’était pour la <em>booze</em>. Pas pour la fesse.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Y’a pas à dire, tu es un vrai escroc.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> C’est cent dollars par personne, sinon la dame tournera les talons et ira faire le bonheur de clients plus fortunés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Attends… tu n’avais pas dit que c’était trois cent soixante dollars? Ça fait… quatre-vingt-dix dollars, pas cent.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Pas question que je paie un cent à cette greluche!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Hey, c’est moi qui ai fait toutes les démarches et qui ai réussi à convaincre la dame. Ce n’est que justice que je profite d’un rabais…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Plutôt crever que de devenir la cliente d’une prostituée! Ce serait un affront fait à toutes les femmes! Anne… ton truc, est-ce qu’il enregistre encore?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Euh… peut-être. Attends…</p>
<p style="text-align: center;">[Fin de l’enregistrement.]</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2010/01/09/la-conference-interrompue-35/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La conférence interrompue (2/5)</title>
		<link>http://archet.net/2009/12/31/la-conference-interrompue-25/</link>
		<comments>http://archet.net/2009/12/31/la-conference-interrompue-25/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 06:17:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Archet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dialogues vénériens]]></category>
		<category><![CDATA[Bisexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Fellation]]></category>
		<category><![CDATA[Hétérosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Nietzsche]]></category>
		<category><![CDATA[Sodomie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://archet.net/?p=2722</guid>
		<description><![CDATA[Ou la philosophie dans le 3½ (transcription de cinq enregistrements numériques) Nom du fichier : conference02.wav AA : Anne Archet, conférencière interrompue LB : Louis Berthier, artiste subventionné SB : Simone Bechara, lesbienne radicale L : Lucifer, poète sans abri [Début de l’enregistrement] [Bruits de manipulation de micro.] AA : «Individualisme, aristocratie et anarchie», par Anne Archet. Suite et fin. L’individualisme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><em>Ou la philosophie dans le 3½<br />
(transcription de cinq enregistrements numériques)</em></p>
<p><strong><em>Nom du fichier : </em>conference02.wav</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">AA : Anne Archet, conférencière interrompue<br />
LB : Louis Berthier, artiste subventionné<br />
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale<br />
L : Lucifer, poète sans abri</p>
<p style="text-align: center;">[Début de l’enregistrement]</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de manipulation de micro.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> «Individualisme, aristocratie et anarchie», par Anne Archet. Suite et fin.</p>
<p style="text-align: justify;">L’individualisme de Nietzsche est aristocratique dans le sens où il est convaincu que tous les individus ne sa valent pas : il y a les forts et les faibles. L’erreur est de comprendre ces termes dans le cadre des relations sociales actuelles et surtout de croire que « forts » veut dire « bourgeois », « maîtres » ou « dictateurs » et que « faibles » veut dire « prolétaires », « esclaves » ou « opprimés »; la pensée de Nietzsche est beaucoup trop complexe pour tomber dans un tel manichéisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Nietzsche distingue plutôt la force et de la faiblesse, la volonté de puissance ascendante (qui va dans le sens de la vie) et la perversion de cette volonté (lorsqu’elle se heurte à des obstacles comme la morale, la religion ou la société), perversion qui fait que l’individu retourne sa volonté contre lui-même, s’affaiblit et éventuellement s’autodétruit. Le fort et le faible ne sont donc pas nécessairement deux individus séparés et distincts dont l’un réduirait l’autre en esclavage; ce sont plutôt deux tendances en lutte qui coexistent chez l’individu, le tirant tantôt vers le bas, tantôt vers le haut.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fort — l’aristocrate étymologique, le meilleur — et le faible ne sont donc pas deux individus séparés dont l’un réduirait l’autre en esclavage. Il s’agit plutôt de deux tendances qui tirent l’individu tantôt vers le bas, tantôt vers le haut. L’individu fort est celui qui s’est placé dans des conditions de vie qui favorisent la tendance ascendante de sa volonté et qui parvient à faire triompher en lui les forces positives. Le faible est celui qui renonce à lui-même, qui a honte de son égoïsme, qui préfère se dominer lui-même, dominer ses passions, ses instincts, plutôt que d’exercer sa puissance vers le monde extérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fort est un « homme supérieur », c’est un individu qui…<br />
<span id="more-2722"></span><br />
<em>[Bruits de pas lourds.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> …arrête de me traiter de gouine!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Seulement si tu arrêtes de me traiter de phallocrate!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> … c’est un individu qui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est pourtant ce que tu es, espèce d’hétérosexiste!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Quand tu m’insultes, tu pourrais au moins utiliser un vocabulaire que tout le monde comprend, au lieu de cracher ton jargon de brouteuse de carpette radicale.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu es vulgaire et borné. Pas besoin de frotter longtemps un hétéro pour découvrir un macho.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu as le même look que mon garagiste et même l’Aubainerie Croteau a moins de chemises à carreaux en stock que ta garde-robe. Alors merci bien, je préfère encore me faire frotter par une vraie femme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu sais ce qu’elle te dit, la vraie femme?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je disais, l’aristocrate est l’En Dehors cher à E. Armand, un marginal, un individu isolé par choix et non par dépit. Il…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Si tu veux mon avis, tu devrais cesser d’ériger une anomalie génétique comme l’homosexualité au rang de vertu ou pire, de programme politique de libération des femmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anomalie génétique! Pourquoi pas maladie mentale, tant qu’à y être… les années cinquante sont finies depuis longtemps, espèce de néanderthalien!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Souvent les marginaux appartiennent à la race des déçus. Le troupeau n’a pas voulu d’eux et leurs tentatives désespérées de s’y intégrer ont échoué…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB : </em>Arrête de m’insulter et écoute plutôt ce que j’ai à te dire. Tu es homosexuelle, ça saute aux yeux. Tu es aussi frustrée — ça aussi, ça se voit tout de suite, et ça s’entend même dans ta voix. Ça fait de toi une marginale qui veut se venger contre l’univers.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> … leur critique de la société relève alors du ressentiment, que Nietzsche définit comme une volonté de vengeance qui ne se réalise pas immédiatement par peur ou par faiblesse et se développe sournoisement en se satisfaisant de la dévalorisation de ce qu’elle ne peut vaincre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je suis bien heureuse que les straights me rejettent parce que je n’ai rien à faire de leur monde pourri. Tu crois que j’ai envie de me marier, de me taper une bite puante chaque soir, de pondre des morveux en série, de torcher la maison alors que j’ai ma journée de travail dans le corps et par-dessus tout, me prosterner devant le Dieu Phallus? Je laisse ce genre de vie aux conasses qui n’ont rien compris.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce que tu peux être méprisante! Tu peux bien me dire que je suis resté pris dans les années cinquante, alors que tu me radotes des vieilles rengaines des années soixante-dix! Les conasses, comme tu dis, ont au moins le mérite de perpétuer l’espèce… On ne peut pas en dire autant des inverties dégénérées de ton genre!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Le grand individu n’est donc pas l’homme ou la femme du ressentiment. Il ne méprise pas la foule et la société parce qu’elles le rejettent. C’est plutôt lui qui les rejette et se place au-dessus d’elles. Il sort de la norme par en haut, non par en bas…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Pfff. Si vous arrêtiez de vous reproduire comme des lapins, vous, les hétéros, le monde serait un endroit plus tolérable et moins surpeuplé…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> … Le grand individu est un génie, un artiste, un héros. C’est celui qui affirme de nouvelles valeurs…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tes propres parents étaient hétéros, alors arrête ton cirque! Le monde existe grâce à nous! Si on vous laissait le contrôle, tout fouterait le camp!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Arriéré!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Erreur de la nature!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> … c’est l’enfant qui joue et qui dit oui à la vie, au devenir, à lui-même. C’est l’aristocrate, l’individu souverain.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Fasciste!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Emmerdeuse!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Assez! Vous n’avez pas fini de vous chamailler comme des gamins? Vous ne voyez pas que j’essaie de travailler?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est lui qui a commencé, avec son hétérosexisme!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Si on t’écoutait, on serait tous tapettes et ce serait la fin de la civilisation… non, de l’espèce!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Qu’est-ce que tu peux être épais! Tout ce que je dis, c’est qu’on doit reconnaître et accepter qu’il existe deux orientations sexuelles. On peut être hétéro ou homosexuel, c’est tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hého, attends une minute… « c’est tout »?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Bah oui. Deux possibilités… on peut être attirée par des personnes de son propre sexe ou du sexe opposé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ouais. Deux options, comme la vérité et l’erreur… ou le bien et le mal…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Vous ne trouvez pas ça un peut court, un peu simpliste?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je te vois venir, madame la bisexuelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je ne compte plus les fois où nous avons eu cette discussion.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est parce que tu ne veux pas admettre que tu as tort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Qu’est-ce qu’elle dit?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je dis que les préférences sexuelles — et l’orientation sexuelle — ne sont pas des catégories étanches. Et que d’être attirée par les deux sexes n’est pas un symptôme d’immaturité, d’ambivalence ou d’indécision.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ouais, ouais, ouais. Qu’est-ce que c’est, alors?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB : </em>C’est de la fifure à temps partiel!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Rire gras.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Esti d’épais! Franchement! Ce que madame n’a pas compris, c’est que ceux et celle qui se disent bisexuels sont au mieux inconscients de leur orientation sexuelle, au pire hypocrites.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Qu’est-ce qui ne faut pas entendre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je suis sérieuse! Les bis se déclarent comme cela lorsqu’ils commencent à admettre qu’ils sont attirés par des individus de leur sexe alors qu’ils ont connu précédemment des relations hétérosexuelles insatisfaisantes. Mais c’est le cas de presque tous les gays et les lesbiennes! Les bisexuels n’osent tout simplement pas sortir définitivement du placard et s’avouer franchement leur homosexualité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ça me semble logique.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Et ça, c’est quand elles ne sont pas carrément hypocrites… J’en ai connu plus que ma part de ces prétendues bisexuelles qui se donnaient une petite vie hétérosexuelle bien confortable pour jouir sans vergogne des avantages de la fameuse « normalité » bourgeoise alors que clandestinement elles s’adonnent aux joies de l’amour saphique…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Foutaises! Tout ça, ce n’est que de la foutaise. Avec qui suis-je en couple, moi qui baise des hommes clandestinement, au point de me faire prendre en flagrant délit?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je ne parlais pas nécessairement de toi…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu parles! J’ai commencé ma vie sexuelle avec des femmes et je n’ai découvert les hommes que bien après. Et depuis, je vis jouis de tous les inconvénients de la fameuse « anormalité » du couple homosexuel…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ça va, ça va, ne te fâche pas…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Si ça se trouve, ce sont les gens qui n’ont toujours connu qu’une attirance envers un seul sexe qui sont l’exception. Votre orientation sexuelle sur un mode binaire, ça ne colle pas à la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ha! Ben dans ce cas, je fais fièrement partie de l’exception!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Et moi aussi! Jamais, au grand jamais, je ne serais attirée par un Gino de son espèce.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Peut-être pas lui… mais un autre…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Serions-nous sur le point d’avoir une révélation-choc?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Hé hé hé…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Anne! Je t’en prie!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Disons que Simone n’est pas tout à fait vierge en ce qui concerne la gent masculine…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu avais promis de…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tant qu’à me faire traiter d’hypocrite, aussi bien être aussi mesquine. Imagine-toi, mon cher Louis, que j’ai déjà surpris madame plus-lesbienne-que-vous-toutes au lit avec un homme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Pwah ha ha! C’est la nature qui revient au galop!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est loin d’être ce que tu penses, espèce de demeuré.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Elle avait le visage enfoui dans un oreiller et se faisait prendre en levrette par Paul… Tu te souviens? Le serveur de <em>L’Indocile</em>…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Paul? Il n’est pas censé d’être gay, lui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Il l’est toujours et moi aussi!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Alors… Pourquoi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est que… on avait bu et puis… Paul venait de se faire larguer par son chum… il pleurait dans mes bras et me disait qu’il vieillirait seul et abandonné de tous… Alors moi, j’ai voulu le consoler. Je lui caressais les cheveux… et puis je l’ai embrassé sur le front. C’est alors qu’il s’est redressé et m’a fixé avec ses yeux rougis. Son regard était si triste et j’étais si désemparée devant tant de désespoir… Avec une voix tremblante, il m’a demandé si j’avais déjà couché avec un homme. Je lui ai répondu que non… jamais. Il m’a alors embrassée…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Et tu t’es laissée faire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> J’étais troublée, je ne savais que faire… quoi penser… il m’a caressé les seins… s’est escrimé maladroitement avec mon soutien-gorge… puis, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai pris par la main et je l’ai entraîné dans ma chambre. Je me suis assise sur le lit et lui, debout devant moi, à ouvert sa braguette…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et… ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Et… ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ben… j’ai glissé ma main à l’intérieur… son machin commençait déjà à durcir. C’était la première fois que j’en touchais une… une… une bite. Je me serais attendue à quelque chose de plus âpre, de plus râpeux… de plus rugueux, comme une joue masculine… mais non, c’était doux, chaud et moite… Paul s’est mis à soupirer, il a baissé son pantalon… puis son slip… il était alors… enfin, vous imaginez comment…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Bandé.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est ça. Et il a approché son sexe de mon visage…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et tu l’as…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oui, je l’ai… et je crois que je l’ai bien sucé. Je suis lesbienne, pas idiote, je sais comment ça fonctionne. Pour une première fois, je suis convaincue d’avoir fait du bon boulot. C’est même lui qui m’a dit d’arrêter, car il était sur le point de… enfin, je ne voulais pas qu’il éjacule dans ma bouche et il l’avait compris sans que je n’aie à le lui dire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Et c’est à ce moment qu’ils se sont mis à forniquer selon les voies tracées par le Seigneur!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ne te moque pas, Anne. Il m’a déshabillée, puis m’a retournée… et a enfoui son visage entre mes fesses. Il m’a léché le cul, tu te rends compte… j’ai cru qu’il voulait m’enculer, alors j’ai un peu regimbé, mais il est descendu sur ma chatte et… et bien, je mouillais et après quelques instants, je me suis mise à soupirer, si bien qu’il a posté sa bite contre ma… enfin… vous savez ce que je veux dire… il a fait ce qu’il avait à faire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et c’est là qu’Anne vous a surpris?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je suis entrée dans la chambre pendant que Paul la broutait comme une chèvre. Ils étaient tous deux si concentrés qu’ils n’ont même pas remarqué ma présence. J’hésitai à les interrompre, ils étaient si mignons… et la situation était si inusitée… j’ai donc décidé de les laisser s’amuser et d’aller faire la même chose de mon côté. Je ne suis revenue à l’appart que le lendemain.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu lui a raconté ce que tu avais vu la veille?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Évidemment. Elle a rougi jusqu’à la racine des cheveux et a balbutié un tas d’explications incohérentes. Pourtant, je ne lui avais aucunement fait la morale…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Comment aurais-tu pu me faire la morale puisque tu vas toi-même te faire mettre tous les jours impairs par le premier porteur de bite venu?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quoi qu’il en soit, tout ceci prouve bien qu’en ce qui concerne l’orientation sexuelle, tout n’est pas blanc ou noir et que même ceux qui se disent exclusivement homo ou hétéro font souvent des écarts dans leur diète habituelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ça ne prouve rien du tout! Ce n’était qu’une erreur de parcours!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quelle mauvaise foi! Personne ne t’a forcée et de ce que j’ai pu voir, tu y a pris pas mal de plaisir!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ce n’est pas parce que j’ai baisé une fois avec un homme — gay, en plus — que je ne suis pas lesbienne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ce n’est pas ce que je dis! Tout ce que je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est un épisode qui ne pèse pas lourd dans toute une vie de désir et d’amour des femmes. C’est l’exception qui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB : </em>Qui confirme la règle, exactement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu es d’accord avec elle, maintenant? Qu’est-ce qui te prend?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Elle a raison, c’est tout. Lorsque ça n’arrive qu’une seule fois… ça ne compte pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :[Rires.]</em> Monsieur aurait-il lui aussi des confessions à nous faire?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Lui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Pas du tout!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je connais vos secrets, vous deux. Alors inutile de faire l’innocent, Louis.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Macho Man ici présent aurait-il lui aussi goûté à la bite?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Jamais!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Ce n’est pas ce que tu m’as raconté.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ha! C’est la meilleure! Monsieur l’homophobe avec une queue dans la bouche… je vois déjà le portrait!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA:</em> Il a fait bien plus que ça, ma chère.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Anne!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ah oui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Oui. Et tu ne devineras jamais avec qui.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Bon. Vous êtes toutes les deux chez moi et je vous prie de partir, j’ai du travail.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Avec qui?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Avec Sylvain.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Bon, ça suffit. Ramassez vos trucs et foutez le camp.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Sylvain… le gars qui sort avec Danielle?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> My gode! C’était la conjonction des mâles alpha!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je n’ai pas à entendre ça! Restez si vous voulez; moi, je retourne à ma sculpture.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Louis! Raconte-nous comment tu es devenu un suceur de trique! Est-ce qu’il t’a bien shampouiné la barbe?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> À ce qu’il m’a dit, il se serait même laissé…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Non! Pas vrai?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Rires.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je te jure!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ce n’est pas ce que vous croyez.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Et qu’est-ce qu’on croit, au juste?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Sylvain et moi, on se connaît depuis la petite école…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Et maintenant, vous vous connaissez dans le sens biblique du terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Quand nous avions douze ans, Sylvain volait des revues de cul de son père et on les regardait ensemble en se branlant…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Comportement tout ce qu’il y a de plus hétérosexuel…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tous les garçons le font!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Il n’a pas tort, Simone.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Plus tard, il m’a masturbé et je lui ai rendu la pareille. Nous étions si jeunes…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Soit. Mais moi, je parlais de cette fameuse soirée, il y a six mois…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ben…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB : [Criant presque.]</em> On veut savoir comment tu en es arrivé à te faire enculer!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de porte qui claque.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Qui s’est fait enculer?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ah non! Manquait plus que lui!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Est-ce que je dois comprendre que c’est toi qui t’ai fait mettre, joli cœur?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tiens, salut Lucifer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Tu n’étais pas parti à Vancouver, toi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je pars seulement vendredi. Alors comme ça, notre tartiste s’est fait tartiner la raie?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Louis nous racontait comment Sylvain s’y est pris pour le sodomiser.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je ne racontais rien du tout!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Allez, Louis, on est tous au courant. Aussi bien cracher le morceau.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Ça fait quel effet de se faire bourrer le trou de balle?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> C’était un accident.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Yeah, right! Je passe mon temps à tomber assis sur des bites et à me faire enculer par accident! Vous n’avez rien à boire, ici?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Franchement, Lucifer, il n’est même pas encore midi!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Les histoires de sodomites, ça me donne toujours soif.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tu veux une histoire de sodomite? C’est bien ce que vous voulez? Alors, vous allez être servis. Mais ensuite, foutez-moi la paix!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> On est toutes ouïes, joli cœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Sylvain était venu regarder la <em>game</em> à la maison. Après la deuxième période, il était clair que le Canadien allait se faire laminer, alors on s’est un peu désintéressés du match et on s’est mis à parler du bon vieux temps. Et puis je ne me souviens plus très bien comment on en est arrivés là, mais on s’est rappelés l’époque où on se cachait pour se branler en regardant de la porn… alors quand la partie fut terminée, j’ai commandé un film de lesbiennes à la télé à la carte…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> On voit que ta tolérance envers les lesbiennes varie selon ton humeur et les circonstances, hein…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> On s’en crisse de ta tévé! On veut des détails sur ton cul! Tu ne m’avais pas dit que tu avais une bouteille de bourbon?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Je l’ai cachée — je savais que tu viendrais.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Salaud d’enculé!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu gueule, Lucifer! Cesse d’interrompre, on arrive au moment juteux…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Juteux! Bien dit!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> <em>[Soupir.]</em> Je disais donc, on a loué un film de lesbiennes et on l’a regardé ensemble, sur le divan, les pantalons aux chevilles, la queue à la main et les yeux rivés à l’écran. Évidemment, je le regardais furtivement se branler; il devait faire la même chose car nos regards ont fini par se croiser. Il m’a alors dit quelque chose de stupide, genre, que mon pénis avait changé, depuis le temps, qu’il était plus gros… ensuite, il m’a demandé s’il se souvenait des fois où il me branlait… je lui ai fait signe que oui, l’émotion me serrait la gorge. Sans rien dire, il s’est approché et… il m’a sucé. C’était…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Bon?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Euh… Oui… oui. Curieusement, je ne savais pas quoi faire de mes mains et ça m’embêtait drôlement. Je n’osais pas les placer sur sa tête pendant que sa langue glissait sur mon gland… alors je restai les mains en l’air, comme une victime de holdup. À la télé, un fille se faisait mettre un gode dans le cul en gémissant… Ce fut trop pour moi, j’ai comme perdu la tête, j’étais si excité que j’ai joui en tremblant. Je lui ai balancé mon foutre dans la bouche… Quand Sylvain s’est relevé, il avait une longue coulure de sperme sur la joue, qu’il a essuyée du revers de sa main…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Man, je pense que je vais vomir. Je ne devrais jamais écouter ce genre de truc à jeun. Où est ta crisse de bouteille de Jack?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Ça ne nous dit pas comment tu en es venu à te faire enculer.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> J’y arrive. Sylvain était bandé comme un âne. Je l’ai regardé et il a pointé la fille du film qui semblait jouir du cul comme une forcenée. Il m’a demandé si ça me plairait d’essayer… Alors je lui ai tout simplement demandé d’y aller délicatement. Il a sorti un condom et du lubrifiant de son sac — je me dis d’ailleurs qu’il devait avoir une idée derrière la tête avant de venir chez moi, puisqu’il avait pris la peine de s’équiper… Il m’a fait coucher sur la moquette du salon, sur le dos… il a relevé mes jambes et a léché un peu mon anus, y a glissé le bout de sa langue… et après, il y a mis du <em>lube</em>. J’étais si excité que j’en avais des bouffées de chaleur, des tremblements… Quand j’ai senti son gland contre mon cul, ce fut plus fort que moi, je me suis contracté. Sylvain a été vraiment patient, il s’y est pris lentement, avec mille précautions… et a réussi à l’enfoncer jusqu’à la garde.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Bon, ça suffit. Il n’y a rien à boire et en plus, j’ai la trique. Baisse tes culottes qu’on répète l’expérience, j’ai envie moi aussi de ramoner un petit derrière.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> <em>[Sur un ton scandalisé.] </em>Quoi?<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Oui! Bonne idée! Voilà quelque chose que je voudrais bien voir!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Il n’en est absolument pas question! Pour qui me prenez-vous?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Pour une lopette qui aime se faire mettre au cul! Attends, je baisse mon froc…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Mais il le fait pour vrai !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Rires.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tiens! Elle est belle, ma bite, hein? Je suis sûr que tu en meurs d’envie!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Rires.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Remballe ton machin puant, il ne m’intéresse pas du tout. Dis-lui, Anne, que je suis hétéro!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je n’ai rien à voir avec vos histoires de cœur…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Tu vois comme elle est bien dure… viens, je te la mets dans le rectum… tu vas aimer — après tout, tu en as l’habitude…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Faites-la taire, quelqu’un!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Je crois que tu l’auras sur le dos tant que tu ne l’auras pas dans le cul, j’ai bien peur…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Ok, ça va, d’accord! Mais à deux conditions. Premièrement, avec un condom; j’ose à peine imaginer les maladies qui fermentent dans ses couilles moisies…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encule-le! Encule-le!<em> </em>Encule-le! Encule-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Et deuxièmement, je veux d’abord que Simone me suce. Jusqu’à l’orgasme.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Encu… moi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui, toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Je…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Vas-y chérie, je te regarde. Je suis sûre que tu es experte.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Fais ce qu’il te dit, salope! Je bande à m’en donner des bleus au gland!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Silence.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Suce-le! Suce-le! Suce-le!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Bon. J’accepte. Si c’est le prix à payer pour voir monsieur l’hétérosexiste se faire ramoner…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit de fermeture à glissière.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Tiens beauté, elle est toute à toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Elle hésite.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> C’est la timidité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Elle n’est pas capable, plutôt.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> Pas capable? Regardez-moi bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de succion baveux.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Pour une gouine, elle est plutôt douée… elle y met un max de salive… regarde, ça lui coule jusqu’au scrotum…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Hum… Ouf… Hum… Oui…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Quel enthousiasme… on jurerait qu’elle a enfin trouvé son bonheur. Si elle continue comme ça, elle va devoir assumer les conséquences habituelles du geste…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Je sens qu’elles sont sur le point de gicler, tes conséquences…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oui! Oui! Mmm… Oui!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits liquides de strangulation.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Oh! Oh… Fuck! Quelle lamproie!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruit d’une chaise qu’on repousse.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Qu’est-ce qu’elle fait? Elle… Anne… tu l’embrasses?</p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>[Bruits de succion et de lapements.]</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Elles font boule de neige!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Tu es la plus vicieuse des suceuses de bites, ma chérie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>SB :</em> C’est que j’ai un excellent modèle, mon amour…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Désolé d’interrompre vos mamours lesbiens, mais j’ai un derrière poilu à bourrer, moi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Chose promise… mets ce condom et je t’en supplie, vas-y doucement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> T’en fais pas, la douceur, ça me connaît. Couche-toi, le ventre sur la table, ici… c’est ça…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Attends. J’ai besoin de lubrifiant. J’en ai dans la pharma…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Avec toute cette salive et ce sperme entre tes fesses? Arrête de faire ta lopette. Je vais seulement…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Non! Ne fais pas…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L : </em>Han! Tiens!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB : </em>Aie! Non!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Han! Prends-la, mon salaud!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>LB :</em> Aie! Aie! Non! Aie!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>AA :</em> Lucifer! Arrête! Tu ne vois pas que…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L :</em> Han! Han!</p>
<p><em>LB :</em> Ahhhhhhhhh!</p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: center;">[Fin de l’enregistrement.]</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://archet.net/2009/12/31/la-conference-interrompue-25/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

