Quelles que soient ses caresses, elles se terminent toujours de la même manière: par des cris, des pleurs et des questions interminables.
Textes de la catégorie « Aphorismes »
7 janvier 2008
Soif excessive, mal de tête, irritabilité, nausée… le temps des fêtes a sur moi le même effet qu’une surdose de vitamine D.
Je n’ai aucune réminiscence de mes vies antérieures, mais je garde un souvenir très vif de tous les vits que j’eus dans le postérieur.
Suite à ma panne de clavier, mon vieux Waterman a repris, par la force des choses, du service. Quelle étrange expérience! J’avais oublié à quel point l’écriture — et pas seulement la calligraphie, mais bien le choix des mots, le propos — est déterminée par le mouvement de la main, par la gravité. Le résultat fut d’ailleurs si grave que je l’ai laissé choir dans la corbeille.
Je ne suis pas végétarienne parce que j’aime les animaux; je le suis parce que je hais les plantes.
Ellipses. Blancs. Points de suspension. Le vide — il n’y a rien de plus important. En fait, j’écris très peu: je retranche, surtout.
Je sais me faire haïr lorsque c’est nécessaire — et il me plaît de croire que je suis habile stratège, prêchant le faux pour connaître le vrai.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai longtemps confondu les mots puritain et putain. D’ailleurs, il me semble toujours que les deux termes sont inséparables, ontologiquement liés.
Inutile de se leurrer: écrire ne sert à rien, et c’est sûrement pour cela que je m’y consacre avec obstination. Quant au blogue, il ne fait qu’ajouter une dimension supplémentaire à l’inutilité chérie.
Si Proust avait été blogueur, jamais n’aurait-il écrit À la Recherche du temps perdu, car il aurait parfaitement su à quel endroit il avait perdu tout ce temps.
Difficile de vivre quand il est difficile mourir. Je crois que l’existence me serait bien plus supportable si j’avais l’assurance de pouvoir choisir le moment, le lieu et les conditions de ma mort; donnez-moi les moyens du suicide pour que je puisse vivre en paix.
La première fois que je me suis masturbée, j’ai failli croire en Dieu. Malheureusement pour lui, mes séances solitaires subséquentes m’ont confortée dans mon athéisme.
Pour la maladie, contrairement à la musique, grave et aigu sont à peu près synonymes.
Je pourrais concevoir que mes contemporains ne se conforment que par peur. Je serais prête à admettre, à la rigueur, qu’ils le fassent par habitude ou même par paresse. Mais qu’ils embrassent leurs chaînes par simple manque d’imagination, voilà qui ne cesse de me plonger dans les abîmes du désespoir.
Je m’assied et j’écris. Je me couche et j’écris. Tout me sert d’écritoire: une table, un divan, un lit, les marches d’un escalier, les murs de plexiglas d’un abribus, le dos moite de mon amante. Parfois, j’écris même en marchant. Le monde reste ainsi hors de ma vue et je me sens hors de sa portée, inatteignable.








