Idée fixe

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert, est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant. Et blanc.
Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel serait si blanc ?
Je veux dire – Jean-Robert ? Le Jean-Robert ? Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants, blancs et hétérosexuels que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés d’un braquemart géant, blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement le plus blanc, le plus géant
Et le plus hétérosexuel
Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs qu’un hétérosexuel ait pu porter
Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc est le plus hétérosexuel et géant
Le Jean-Robert, celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante
Je n’avais pas idée que Jean-Robert ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ? Certainement pas moi
Jean-Robert, si gigantesquement et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels semblent moins blancs et géants
Quelqu’un était au parfum ? Quelqu’un était au courant ?
Que l’hétérosexuel et jean-robertien braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel de Jean-Robert ?
Pas moi, oh non, certainement pas moi.

Idée fixe, lu par Izabull:

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16 commentaires pour “Idée fixe”

  1. Veline ajoute:

    Tu as un talent fou ! Je suis sans voix…

  2. guillemet ajoute:

    C’est même agréable à lire, du coup je suis allé me regarder dans une glace mais je n’ai pas demandé au miroir si j’avais le…et d’ailleurs je ne me prénomme pas Jean-Robert.
    *sourire*

  3. Jean-Robert ajoute:

    bon, c’est sympa Anne, mais je t’ai déjà dit: c’est non. Cesse de me harceler et renvoie les photos que tu m’as dérobé.

  4. Kevin ajoute:

    oua !! eh dit Jean-Robert, a 8 ans les filles disez déja sa de toi?

  5. Intrus ajoute:

    tu parles Kevin, c’est juste qu’Anne devrait cesser d’observer ses voisins à la lunette astronomique.

  6. Franz ajoute:

    Arrête ! Il va se croire obligé de te rendre hommage. Mais bon, pendant ce temps, il nous reste ton talent…

  7. décontenancé ajoute:

    parnasse, pornasse et porno, faut voir le fond du baril pour voir qu’il reluit. Mais, Anne, pourquoi as-tu changé ton vin en eau?

  8. Muscardin ajoute:

    J’accepte, c’est sous ce titre que ce document est parvenu à la rédaction de la radio Ici et Maintenant le 11 septembre 2003. Ce texte a été lu à l’antenne.

    Mes chers amis, Le 11 septembre marque le triste anniversaire d’une catastrophe hautement symbolique pour l’humanité. Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l’accord tacite d’une sorte de contrat passé avec chacun d’entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :

    1) J’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants,

    2) J’accepte d’être humilié ou exploité a condition qu’on me permette a mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale,

    3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que le prise en charge de la société a ses limites,

    4) J’accepte de rémunérer les banques pour qu’elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu’elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j’accepte implicitement). J’accepte aussi qu’elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui des autres clients,

    5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s’écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année,

    6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états,

    7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix. J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J’accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d’armes et faire tourner l’économie mondiale,

    Cool J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution, s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte,

    9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer,

    10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux,

    11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront,

    12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, l’amour au sexe, et la liberté à l’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie,

    13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive,

    14) J’accepte que l’on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures,

    15) J’accepte que l’on mette au banc de la société les personnes agées dont l’expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l’univers) nous savons que l’expérience ne se partage ni ne se transmet,

    16) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre en occident. je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous,

    17) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et de la planète,

    1Cool J’accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu’on me le signale explicitement. J’accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l’agroalimentaire de breveter le vivant, d’engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l’agriculture mondiale,

    19) J’accepte que les banques internationales prêtent de l’argent aux pays souhaitant s’armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu’il vaut mieux financer les deux bords afin d’être sûr de gagner de l’argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s’ils ne peuvent pas rembourser les emprunts,

    20) J’accepte que les multinationales s’abstiennent d’appliquer les progrès sociaux de l’occident dans les pays défavorisés. Considérant que c’est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu’on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous n’avons pas le droit de faire de l’ingérence,

    21) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honneteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise,

    22) J’accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l’agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident,

    23) J’accepte que le reste de la planète, c’est-à-dire quatre milliards d’individus, puisse penser différemment à condition qu’il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d’expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives,

    24) J’accepte l’idée qu’il n’existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d’une conscience et d’un langage, ce n’est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte,

    25) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques,

    26) J’accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l’explication du mystère de nos origines. Et j’accepte que la nature ait pu mettre des millions d’années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants,

    27) J’accepte la recherche du profit comme but suprême de l’Humanité, et l’accumulation des richesses comme l’accomplissement de la vie humaine,

    2Cool J’accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J’accepte l’augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d’éléments radioactifs dans la nature. J’accepte l’utilisation de toutes sortes d’additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c’est qu’ils sont utiles et sans danger,

    29) J’accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent,

    30) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer,

    31) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux,

    32) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez,

    33) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.

    Fait par amitié sur la Terre, le 11 septembre 2003.

  9. non dit ajoute:

    De quelle couleur est le braqumart blanc de Jean-Robert ?

  10. Télépinou ajoute:

    Le plan :
    Restait qu’on s’improvisait pas voleur de bite. Ça demandait un plan.
    D’abord, il fallait trouver un chirurgien. Il n’existait que deux solutions : la corruption ou la menace. La corruption c’était plus sûr mais plus long, ce serait donc la menace. Seulement comment peut-on être certain de l’attitude d’un gars sous la contrainte, surtout quand ce gars devait vous poser une bite…, délicat, ça… les connaissances de Chaus’ette en matière de pines étaient, il faut le dire, très faibles, à part la sienne, il en avait pas tâté des masses et même aucune autre. Et si l’enfoiré de médecin la lui boutait de traviole, ou même à l’envers !… non un juste flingue ne suffirait pas à le garantir de toute duplicité, il fallait un moyen de rétorsion plus retors… il lui fallait… un père de famille ! … auquel il chouraverait les gosses !, comme ça c’était sûr, il le tiendrait par les couilles. Des gosses contre une pine, ça pouvait que marcher.

    Ce qui fut dit fut fait.

  11. Télépinou ajoute:

    Maintenant Jean-Robert…
    Le mieux c’était profiter de la nuit, Télépinou était en plein décalage horaire, pendant qu’il ferait noir pour J-R, Chaus’ette serait déjà en plein jour, un avantage à pas rater. D’autant que… avec une bite pareille on doit dormir confiant, à tous les coups il coinçait en bienheureux le J-R… J-R, facile…
    Le vrai problème, ce serait d’ouvrir la porte de son appart. La fenêtre, ça demandait trop de courage et cette merde de porte, ça c’était vraiment la plaie… ouais ben d’accord, y a une chatière, ça m’avance… Bon voyons, on est sûr la terre des indiens, je suppose que mon animal totem, ça doit être un genre de rongeur… un castor ?… j’vais quand même pas la bouffer c’te porte !…
    Télépinou s’enrage mais rien ne vient… il fulmine à côté du chirurgien qui s’impatiente… et puis… pris d’une soudaine et inquiétante impulsion, dont le lecteur maintenant reconnaît la fatale origine,
    il s’approche doucement de la porte, y colle lentement son torse nu et son bassin brûlant, promenant deux mains sensibles sur l’étendue polie de bois sombre, et tandis que ses doigts parcourent d’un contact plus intense cette peau couleur ébène dont le vernis colle légèrement, il lui prend d’y écraser ses lèvres. Une fois puis plusieurs. Respirant goulûment son parfum capiteux, massant sensuellement toute sa surface, il s’agenouille langoureusement venant goûter la douceur veinée du bois de la pointe de la langue, qui répond à sa cajolerie d’une luisance plus odorante, jusqu’à parvenir au petit bouton doré de la poignée qu’il couvre de ses plus ferventes attentions, sous le regard médusé du chirurgien. Saisi d’une fièvre grandissante alors, frottant son corps contre le corps de la porte, il humecte ses doigts de salive, glisse d’une caresse alourdie de désir la main vers le bas, s’attarde en savantes pressions puis plonge plusieurs fois toute entière sa main dans la chatière : la porte émet un étrange gémissement, se contracte trois fois et s’ouvre !

    Chaus’ette ébahi songe qu’il devra essayer d’enculer un four pour voir, dès fois qu’il en sorte un gâteau.

    Il entre. Le sort de J-R dès lors est scellé.

  12. Télépinou ajoute:

    vous avez remarqué cette schizophrénie qui frappe mon personnage ? comme d’autres éléments du récit elle n’était pas prévue, ce n’est d’ailleurs pas la première fois que mon histoire m’échappe, que je me retrouve contraint de faire avec…
    fort heureusement je ne frémis pas devant les réinterprétations, et cela pour une raison qui ne restera pas sans effet sur vous : cela introduit une incertitude par laquelle on sent bien que tout est toujours possible, que le déroulement surmonte toutes les adversités, ainsi plus que le ferait un récit planifié, on est conduit à penser que rien ne pourra entraver son achèvement !
    L’erreur a toujours été ma meilleure amie… aussi bien vous ne pourrez jamais me dire : « Télépinou/ Chaus’ette, ici tu fais erreur »… et vous ne vous inclinerez jamais à me dire : « oh Chaus’ette/ Télépinou comme tu as raison »…
    Vous êtes donc toute entière à ma merci !
    C’est une histoire tragique, où le méchant gagne à la fin (et ment au début)
    ou alors c’est le contraire, je me souviens plus

  13. Télépinou ajoute:

    « Nom de dieu, cte bite, alors ! Mais c’est un assomoiââr ! ». Chaus’ette déambulait dans l’appartement la bite à la main, ne se lassant pas d’en sentir le poids, d’en lorgner la masse, d’en ouïr la silencieuse promesse de grand-jouir. « sûr qu’avec une bite pareille, ça doit être facile de faire hurler les filles ! ». Il se planta devant un miroir ; d’abord il en fut un peu vexé car la taille du membre le faisait paraître plus petit, il y avait disproportion, c’était embarrassant. Ça oui c’était embarrassant, pour se ranger un tel engin dans la culotte, il allait falloir qu’il se l’enroule autour des burnes. Haha, il faudrait qu’il essaye, après, de bander d’un coup, ça devait faire une sacrée figure ! Chpouing ! Mais à propos oui, bien sûr, il se devait de l’étrenner ! Une bonne vieille branlette avec sa nouvelle flamberge, une pignole de champion du monde qu’il allait se taper !
    Alors… alors… Anne… chlipchlip… Ââânne, chlipchlipchlip… soutif, plus d’soutif !, chlopchlop… culotte… RhÂââânne, plus d’culotte !, chlopchlopchlop… gnhin ! Hin !… merde, rien ! (vexant, non ?)… merde et si Anne s’était gourée, si Jean-Robert était homo ! Plus pâle tout d’un coup, Chaus’ette déglutit, non ça pouvait pas devenir ça, sa vie : reluquer les filles sans plus rien et sentir monter la crampette devant ses copains ! Il convoqua en conscience ses dieux personnels : Chapi ! Chapo ! Aidez-moi ! Puis il se chuchota qu’Anne n’était peut-être pas le bon fantasme, en fait, tout ce qu’il se rappelait d’elle c’était une tête et quatre sourires, bon mignonne, mais c’était pas ce qu’il avait vu de plus bandant (Mlle Anne, je ne vous apprendrai rien en disant que je suis un vaurien). Alors…
    Oserai-je ?, oserai-je la goujaterie ? s’interrogea-t-il, oserai-je un fantasme plus fou, plus intense ? … Oui !

  14. Télépinou ajoute:

    … M*** ?… M*** ?… oh, oh oui ça vient, M***, dis-moi la beauté stupéfiante de ton regard sang d’ambre, la délicatesse nonchalante de tes mains assassines, M*** oh M***, comme je tremble d’un désir fulgurant à l’approche alentie de ton corps meurtrier, M*** mmmh, mmmhoh ! Emporte-moi dans cette chute où tu goûtes la pâmoison de la perte avant le choc de la fureur ! (et M*** répondait beaucoup des trucs comme « mateo, mateo, haï, haï, iôôôsh »)
    Le vertige monta en Télépinou tandis que sa pensée gouvernait l’abandon sensible et comme originel de son amante. Mais le vertige monta si bien tandis qu’il retroussait en haut d’une cuisse gourmande sous l’intensité d’un regard à la fois timide et mortel le pan d’une longue robe fendue, qu’il vit subitement danser devant ses yeux une myriade de lucioles blanches.
    L’appartement tangua, Télépinou faiblit et se recroquevilla.
    « Mais qu’est-ce qui m’arrive, bondieud’bondieud’merde ! »…
    Vertige.
    Il calma ses sens chavirés, évitant de peu la syncope, puis « c’est pas vrai de bordel de fagots de moignons de salopes !, (quel poète ce Chaus’ette !) ch’u trop p’tit ! ch’u trop p’tit ! J’ai pas assez de sang dans le corps pour lever c’ damné braquemart ! Oh non merde, à chaque fois que j’vais bander, j’vais tomber dans les vap’ ! Pauvre de moi, j’ai la plus grosse bitemolle du monde ! ».
    (oui, oui, je sais ce que vous pensez :  » ah ces mecs et leurs queues ! pfff ! et après on me demande pourquoi je préfère les femmes »…
    j’ai pas fini de vous faire préférer les femmes, charmeuse, (sourire chafouin), car c’est là le seul refuge que je vous autoriserai (« ah mais quel fatuité, alors , mais c ‘est de pire en pire ! »), exact, et vous en saurez un peu plus la prochaine fois

  15. Télépinou ajoute:

    Permettez que je m’arrête un instant pour m’assurer de votre confort pendant cette longue lecture… c’est la moindre des choses, on n’a pas si souvent le privilège d’une lectrice aussi prestigieuse ! Aussi rendons une fois hommage à votre savoureuse personne et pour que cet hommage soit éclatant, soyons franc jusqu’à vous en exposer la magie, de sorte que séduite par la manière autant que par l’art, vous ne puissiez n’en pas sourire heureusement :
    Tout d’abord, désireux de vous inciter à une lecture sensible, d’infléchir même votre âme rétive aux douceurs de l’amabilité, je viens étendre devant vous ce mea culpa :
    je reconnais que j’ai mal agi envers vous. Si, si ; voilà trop longtemps que je vous prive de ces gentils compliments dont j’embellissais mes textes avec plaisir (« comment Télépinou, tu oses m’oublier ? ») mais non, jamais de la vie, mais non, je vous impatiente rien de plus, et c’est assez agréable (« petit vantard, crois-tu que j’accorde une quelconque importance à tes galimatias ? »), hééé… bien oui, hé oui, mon impudence n’a pas de limite (« pfff ! fanfaron ! ») allons, ne vous emportez pas, joli cœur, laissez-moi vous dédommager de mon affectueuse insolence par une annonce prometteuse : Mlle Anne, je vais bientôt vous déifier (« peuh ! idiot, des amoureux transis, j’ai que ça »), je suis bien d’accord, maintenant faites, je vous prie, cette distinction ;
    dire « Ô, Anne, ma déesse » suffit à manifester sa soumission, mais non pas à vous élever aux nues, ils ne vous déifient pas, ils vous idolâtrent, déifier demande un pouvoir démiurgique qu’ils ne possèdent pas, tandis que moi, si ! (« hihi, allez tiens, mariole ! tu m’amuses ! »),
    vous verrez…
    et dans le même mouvement je tâcherai de me jeter plus bas que terre (« mais c’est ton état naturel, andouille ! et quoi ? tu attends que je te félicite ? »),
    non pas chère demoiselle, et vous ne douterez plus de cette erreur lorsque vous aurez appris que je quête votre chute, pour la beauté de laquelle et son retentissement j’ai bien besoin que vous soyez très haute et moi très bas (« gredin ! »)… ah comme j’apprécie lorsque vous m’appelez par mon petit nom !
    … il y avait un final charmant, que je n’écrirais pas, où vous me disiez « gredin ! » et moi « gourgandine ! » et nous étions heureux – sourire nostalgique…
    Mais cela ne modifiera en rien le dessein que je fomente, sachez que je m’en régale à l’avance, vous ne saurez résister à mes flatteries tant elles seront habiles et par là que va-t-il se passer ?
    Elue déesse par un imposteur, vous légitimerez mon usurpation, en conséquence de quoi vous saurez qu’aussi votre grandeur repose sur une supercherie, recevant en fraude ce ciel que vous méritiez à plein droit, vous serez dans l’obligation de me soutenir en tout sous peine de provoquer vous-même votre propre déclin (« ah misérable ! canaille ! fripouille ! ») oh oui ! oh oui !
    … Ce piège est tellement beau que je ne me lasse pas de le contempler (« grrrr ! »)
    Héhé, voulez-vous que je vous frotte le dos, beauté ?

  16. Télépinou ajoute:

    eh ben voila !
    maintenant je peux dire « Alors, Anne, chère déesse », le sourire narquois aux lèvres.
    c’est ravissant.
    je vais donc pouvoir continuer cette navrante histoire (comment c’est toujours pas fini ce truc là ?) oh non, il reste encore pas mal de chemin, mais pour votre peine je vous confie que cette histoire est la dernière, aussi vous m’en tiendrez peut-être moins rigueur de vouloir faire traîner en longueur, car c’est étendre un peu, à chaque fois, encore, le plaisir de votre compagnie…
    je vous dis donc à bientôt

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