Confidences sur le carrelage

— Aie! Arrête! Je ne suis pas un soumis!

— Tu es sûr?

— Puisque je te le dis!

— Tu serais donc Dominateur…

— Ce n’est pas l’envie de te frapper qui me manque en ce moment, mais je suis à peu près certain que ce n’est pas sexuel.

— Fuck! On a tout essayé! Attends un peu… et ça, ça ne te fait vraiment rien?

— AIE ! Puisque je te dis que je n’ai aucun fétiche! Tu veux bien me foutre la paix ?

— Impossible. Tu en as un, ça ne peut pas faire autrement! Il s’agit de le trouver. Voyons… tu n’aimes pas les garçons, tu n’aimes pas les filles…

— J’aime les filles! Tu le sais très bien. Tu me dis cela uniquement parce que je ne t’ai jamais draguée!

— Tu ne dragues personne. Tu ne sors jamais avec personne : tu ne fais que les accompagner vaguement et leur servir de faire-valoir occasionnel. Tu n’aimes pas les filles, tu n’aimes pas les chèvres… est-ce que tu aimes les chèvres?

— Non!

— Il doit bien y avoir quelque chose qui t’allume…

— Pourquoi tiens-tu mordicus à me trouver un fétiche?

— Parce que c’est amusant. Parce que c’est excitant. Parce que ça procure le sentiment fugace d’être en vie.

— Je t’assure que je me sens suffisamment en vie. Tu me détaches?

— Le cuir : non. Le latex : non plus. Le Saran Wrap : encore moins. Le pudding au chocolat, les jeux de rôle, les petites culottes de dentelle, les escarpins, les épingles à nourrice, les films pornos, les couches de coton… que reste-t-il?

— Il reste à me détacher.

— Je sais! L’ondinisme!

— Pourquoi ne pas admettre tout simplement que j’ai une libido anorexique et un jardin secret désertique?

Elle s’accroupit au-dessus de son visage et l’asperge d’un jet ambré.

— Parce que c’est malsain et contre-nature.

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17 commentaires pour “Confidences sur le carrelage”

  1. pHiLoGrApH ajoute:

    C’est donc un fétichiste de l’asperge ! En botte, c’est le pied.

  2. chaussette ajoute:

    Comment avez-vous pu oublier la pince à bisous? j’en déduis qu’elle doit intervenir en dernier à seule fin de vous donner le loisir d’exercer tous les outrages sur le captif. Parce que si la réaction du prisonnier à l’ondinisme n’est pas mentionnée, c’est bien qu’elle est moins importante que le plaisir manifeste de Mlle Anne à l’administrer (avec un joli alibi d’altruisme en passant, bravo)

  3. François S. ajoute:

    <br /> Elle s’est assise sur son visage. Nue, cuisse bien écartées. La vulve couvrant bien sa bouche et son nez. Puis elle a soupiré.<br /> « il va crever lentement » se dit elle. « comme il a vécu, le nez dans les affaires des autres, prenant son plaisir là ou il y a de la souffrance. »</p> <p>« T’aime ça ? » lui lança-t ‘elle. « Tu sens mes effluves ? Je ne me suis pas lavée depuis deux jours, ça sent la pisse et le sperme que tu m’as refilé hier soir »<br /> Elle soupira à nouveau. Le souffle de l’homme entre ses cuisses, son souffle chaud entrecoupé de tentatives d’inspirations la faisait parfois tressaillir. Elle ne voulait pas prendre le moindre plaisir à ce petit jeu. Elle voulait simplement le voir crever.<br /> « J’ai envie de pisser, tu permet ? » Bien sûr qu’il permettait ! Tout ce qui pouvait l’avilir encore plus était permis. Elle urina donc sur le visage rougeaud. Il eu un hoquet douloureux, il avait du en faire passer un bon verre dans ses poumons. La pisse lui dégoulinait sur les joues, se mêlant aux larmes qui avaient perlé de ses yeux. « Tu manques d’air ? Tu voudrais respirer un peu ? » il gémit quelque chose qui ressemblait à un oui. « Ben non, j’ai pas envie maintenant. Tu va devoir attendre un peu » et comme pour bien lui faire comprendre qu’il était piégé elle se laissa peser plus encore sur son visage. Il était violacé maintenant et elle devait contenir fermement sa tête entre ses cuisses car il tentait de se dégager convulsivement. Il la mordait, enfin il tentait de la mordre, mais il avait trop tardé avant d’essayer, maintenant il avait trop besoin d’air pour tenter quoi que ce soit d’autre que de respirer.<br /> C’était bien vu de sa part de s’être laisser ligoter, il ne pouvait rien bouger d’autre que les muscles de son visage. Elle en était convaincue maintenant, il allait crever là entre ses cuisses.</p> <p>Dix minutes. Il ne bougeait plus. Elle ne sentait plus le moindre souffle la pénétrer. Mais il était encore trop tôt. Pas question qu’un peu d’oxygène le réanime. Il fallait être sûre qu’il soi bien mort.</p> <p>Vingt-cinq minutes écoulées au radio réveil sur la table de nuit. Maintenant plus aucun doute. Elle se leva, détendit ses jambes ankylosées, les frictionna légèrement pour que le sang revienne dans les mollets puis sauta du lit pour mieux contempler le cadavre.</p> <p>Pauvre type. Rencontré dans un bar vendredi soir, il l’avait abordée comme on aborde une pute. Elle s’était prise au jeu, il lui fallait deux mille pour lundi. Alors elle lui avait proposé un week-end pour un prix imbattable. « Ta femme et tes gosses sont en vacances, t’as tout le temps devant toi ! Pour deux mille balles, je t’accompagne jusqu’à dimanche soir » Trop content, il avait accepté. C’est comme ça qu’elle avait du l’écouter raconter sa vie, sa femme, ses gosses, son boulot… entre deux parties de jambes en l’air. Il baisait mal, il baisait vite surtout. Et pas question de remettre ça avant qu’une bonne heure se soit écoulée. De toutes façons, elle s’en foutait. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait suivi ce type, mais quelle que soit la raison, elle irait jusqu’au bout, jusqu’à dimanche soir. Ils avaient d’abord baisé classiquement et de séances en séances ils étaient passés à des jeux plus ambigus. Elle lui avait d’abord donné quelques gifles bien senties pendant qu’elle le chevauchait, puis elle lui avait enfoncé la moitié de la main dans l’anus pendant une fellation, et à chaque fois le type en réclamait un peu plus. C’est comme ça qu’il s’était retrouvé ligoté, une série de pinces à linges accrochées aux testicules, et une épingle à nourrice dans chaque téton. Pourquoi ce con avait-il alors demandé qu’elle vienne se faire lécher ? C’est là qu’elle avait décidé d’en finir….<br /> Puis elle s’adressa au corps :<br /> « Bon, je te laisse. C’était sympa, j’ai bien aimé. Surtout là. Dis, je t’ai dis que c’était la première fois que je couchait avec un huissier ? Non, je ne te l’ai pas dit. Tant pis, de toutes façon tu n’aurais pas compris. Au fait, tu as un remplaçant ? Qui c’est qui va venir chercher mes deux milles balles demain ?»

  4. Shushu ajoute:

    Je n’aurai qu’un mot : beuark.

  5. miss_touni ajoute:

    sympa … il s’est passé quoi aprés? un peu de vomi peut etre?

  6. Phuzer ajoute:

    Une façon originale d’aborder cette pratique..

  7. paul ajoute:

    je trouve ce texte délicieusement pervers et érotique.
    vive l’ondinisme!!!!
    merci Anne!

  8. modotcom ajoute:

    le dialogue : là est toute la beauté!

  9. allaitersonconjoint ajoute:

    Bizarre comme tout doit être fétichisme ou perversion.

  10. La VoyelleZ ajoute:

    __Toujours pas d’urinoir?

    –Non, que du riz blanc, là à droite, suffit de s’ pencher un peu!

  11. zor ajoute:

    J’aime beaucoup!

  12. Laurent ajoute:

    Appelez perversité ce qui détruit le désir, regardez les hommes par ce qui leur manque, jugez les choses. Et n’oubliez pas de sourire, car vous êtes filmés.

  13. la guêpe ajoute:

    L’ondinisme accessible aux handicapés !

    Comme me l’a confié une amie manchote : l’ondinisme ne nécessite pas de gode ceinture, voila un vrai progrés sain et naturel !

  14. ben ajoute:

    Glauque. Alors c’est donc ce texte de françois qui est à l’origine du refus systématique de mes copines depuis un parquet d’année de leur faire un cuni? Et la lécheuse de fente peut elle me dire à quel moment elle pense au prochain disque à écouter peut être?
    Mais bon, chacun ses délires sexuels. N’empêche, je préférais quand ça parlais de Proudhon.

  15. Ras' ajoute:

    une logique imparable !

  16. pateric ajoute:

    Effectivement : « frapper » n’est pas toujours sexuel. Mais dès lors que ça ne l’est pas, n’est-ce le début de la perversité malsaine et contre-nature ? Non ? ah !

  17. Égide ajoute:

    Maintenant, tu sais.

    ? ? ?

    La libido à zéro et le jardin de sable.

    Mais, tu sais, ton air si contristé, quand je t’ai pissé dessus !
    Si c’est pas une preuve çà, masochiste !

    Mais je n’éprouve rien, l’avilissement ne m’a rien fait.
    J’ai l’odeur de ton urine dans mes cheveux.
    Buddy lad, tu es la cavalière.

    C’est tout ?
    Mais tu baises même pas !

    C’est la faute à Nietzsche.
    Tu vois, je suis un paria.
    C’lui qu’on sacrifie à la fin de la fête.
    Par ennui. Un dernier sursaut d’ivresse.
    L’amour n’est pas, sans noirceur ni odeur.

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