Pompon. Le mot est délicieusement ridicule et décrit à merveille la nature profonde de l’objet auquel il se réfère. On a qu’à penser à « pompons » pour se sentir toute douce, toute légère à l’intérieur; impossible de rester sérieuse et grave lorsqu’on a le pompon au bout de la langue.
Peut-être est-ce un signe de ma nature intrinsèquement volage et frivole, mais j’adore ces grosses touffes soyeuses et sphériques. Je les appréciais particulièrement l’hiver dernier, alors qu’elles ornaient le bout des lacets des bottes des jeunes filles à la mode. Il y a un je-ne-sais-quoi de terriblement sexy avec les pompons: ils attirent le regard vers les bottes, les bottes attirent le regard vers les mollets, les mollets vers les cuisses, les cuisses vers le cul et le cul vers l’anatomie complète de la charmante propriétaire de bottes à pompons.
Je les ai observées tout l’hiver, par la fenêtre du bistro où j’ai brûlé chaque midi mes lèvres avec un café turc. Elles allaient et venaient sur le trottoir, les pompons dansant sur leurs chevilles comme quatre petits minets. La trajectoire de l’œil était toujours la même : bottes, mollets, cuisses, cul. C’était si croquignolet de les voir déambuler ainsi que je me mis à fantasmer chaque soir, seule dans mon lit, sur une femme, la femme, celle qui à elle seule incarnait toutes ces étrangères aux bottes si troublantes.
Je l’imaginais portant ses bottes à pompons et rien d’autre. Elle s’approchait lentement puis grimpait vers moi en faisant gémir le matelas. Levant un talon, puis l’autre, elle s’installait au-dessus de ma tête, de sorte que ses pompons venaient chatouiller mes joues et mes oreilles. Là-haut, je voyais sa chatte, son adorable minou, qu’elle faisait légèrement bâiller en roulant de ses hanches. C’était toujours à ce moment que, dans cette fantaisie masturbatoire, je lui demandais de s’accroupir — ce qu’elle faisait sans se laisser prier.
Apparaissait alors le cinquième pompon.










(le 2 avril 2010 à 3h23)
Un truc qui me plaît beaucoup chez vous, c’est que, tout en faisant fi d’une pornographie « chic » et propre, vous ajoutez un certain sens du sacré aux cochonneries que vous racontez. Si on était sur Facebook (ou au lit), je dirais « j’aime ça ».
Et voilà, j’ai un fantasme de plus, merci.
(le 2 avril 2010 à 10h51)
C’est quoi le 5 ième pompon ?
(le 2 avril 2010 à 15h35)
Chacun porte sa Grèce.
Sinon, vous connaissez la différence entre les vérole et le travail ? Mais ceci est un autre sujet.
(le 2 avril 2010 à 22h30)
C’est drôle, je lis ça, et je viens juste de terminer de faire mon premier pompon. Je commence le tricot, et comme c’est le plus facile… Mon chat ne veut rien savoir du pompon, trop paresseux pour jouer avec. :)
(le 3 avril 2010 à 21h05)
marrant on dirait un texte de mec, Anne, c’est toi qui l’a écrit ? En tout cas je me retrouve complétement à mater les filles qui passent…
(le 4 avril 2010 à 0h42)
Bien triste sera le jour où les lesbiennes ne regarderont pas les filles déambuler dans la rue.
(le 5 avril 2010 à 15h16)
Beethoven les adorait également, à preuve, le début de la Cinquième:
« Pom pom , pompom. »
(le 10 avril 2010 à 6h33)
ce qui m’interpelle, c’est que décidement il n’y a pas de 6eme pompon, quoi qu’il est vrai que les unijambistes ca existe aussi
(le 12 avril 2010 à 21h12)
Délicieux. Comme il me fait plaisir de revisiter un lieu depuis si longtemps.