La fonte des neiges

Léa était la plus jolie fille du village. C’était une beauté gracieuse, délicate, presque irréelle, qui contrastait fortement avec son patelin natal, une campagne comme il en a tant où les hivers s’étirent à n’en plus finir. À la fin de février, alors que la neige a depuis longtemps perdu sa blancheur virginale et que la terre est enduite de cette souillure immonde et froide qui annonce — mais de loin seulement — le printemps, Léa n’avait qu’à paraître pour devenir le point focal de tous les regards, de toutes les attentions.

Ceci, évidemment, déplaisait au plus haut point à son père qui ne voyait pas d’un bon œil que tous les vauriens du canton rodent autour de son enfant chérie. Jaloux de la vertu de sa fille unique, il surveillait constamment ses fréquentations avec le zèle de celui à qui on aurait confié la garde des joyaux de la couronne. Il avait fait le serment qu’il la mènerait pure et sans tache à l’autel, le jour de son mariage; la seule pensée que son hymen puisse être abîmé de quelque manière que ce soit lui était tout simplement intolérable.

Voilà pourquoi il était si furieux ce jour-là, lorsqu’il frappa à la porte de son voisin.

— Tiens, bonjour Marcel… quel bon vent t’amène?

— Beaulieu! Ton fils est un salopard! Un dégénéré! Je t’avais dit de l’éloigner de ma fille! cria le papa courroucé, en guise de salutations.

— Mais… qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que tu te mettes dans un état pareil? demanda le voisin, soufflé.

— Il a écrit le prénom de ma fille en pissant dans la neige! Voilà ce qu’il a fait, ton cochon de fils!

— C’est tout? Mais voyons, Marcel, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat! Ce ne sont que des jeux d’adolescent… une bêtise innocente, sans conséquence…

— Innocente? Innocente? Mais c’est l’écriture de ma fille! siffla-t-il, les dents serrées par la rage.

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7 commentaires pour “La fonte des neiges”

  1. Prax ajoute:

    Analyse pissographique ?

  2. La VoyelleZ ajoute:

    Léééééééééééééééééééééééaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

  3. Succuba ajoute:

    (rire) pas mal du tout !

  4. jb ajoute:

    une fois, y’avait une fille. jeune, femelle, en mal de revanche irrémédiable. elle se dit : « tiens, ce poivrot pourrait faire l’affaire ».
    les trous du cul regardaient ça de loin, sans trop se mouiller.
    le poivrot se disait : « la mort, y’a que ça de vrai ».

    tous avaient la conscience que les autres existaient.

    nase comme un con, soumis, des années plus tard, le poivrot relut sacher masoch, la venus.
    « le monde est tordu jusqu’à la moelle », se dit-il.

    bise anne

  5. Laurent ajoute:

    Bonne introduction… à la sémiologie.

  6. ben ajoute:

    mais gandhi c’est un professionnel ou t’aime vraiment pas me ska?

  7. madame de K ajoute:

    « omar m’a tuer »

    (mais là c’était du sang…)

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