La conférence interrompue (2/5)

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

Nom du fichier : conference02.wav

AA : Anne Archet, conférencière interrompue
LB : Louis Berthier, artiste subventionné
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale
L : Lucifer, poète sans abri

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : «Individualisme, aristocratie et anarchie», par Anne Archet. Suite et fin.

L’individualisme de Nietzsche est aristocratique dans le sens où il est convaincu que tous les individus ne sa valent pas : il y a les forts et les faibles. L’erreur est de comprendre ces termes dans le cadre des relations sociales actuelles et surtout de croire que « forts » veut dire « bourgeois », « maîtres » ou « dictateurs » et que « faibles » veut dire « prolétaires », « esclaves » ou « opprimés »; la pensée de Nietzsche est beaucoup trop complexe pour tomber dans un tel manichéisme.

Nietzsche distingue plutôt la force et de la faiblesse, la volonté de puissance ascendante (qui va dans le sens de la vie) et la perversion de cette volonté (lorsqu’elle se heurte à des obstacles comme la morale, la religion ou la société), perversion qui fait que l’individu retourne sa volonté contre lui-même, s’affaiblit et éventuellement s’autodétruit. Le fort et le faible ne sont donc pas nécessairement deux individus séparés et distincts dont l’un réduirait l’autre en esclavage; ce sont plutôt deux tendances en lutte qui coexistent chez l’individu, le tirant tantôt vers le bas, tantôt vers le haut.

Le fort — l’aristocrate étymologique, le meilleur — et le faible ne sont donc pas deux individus séparés dont l’un réduirait l’autre en esclavage. Il s’agit plutôt de deux tendances qui tirent l’individu tantôt vers le bas, tantôt vers le haut. L’individu fort est celui qui s’est placé dans des conditions de vie qui favorisent la tendance ascendante de sa volonté et qui parvient à faire triompher en lui les forces positives. Le faible est celui qui renonce à lui-même, qui a honte de son égoïsme, qui préfère se dominer lui-même, dominer ses passions, ses instincts, plutôt que d’exercer sa puissance vers le monde extérieur.

Le fort est un « homme supérieur », c’est un individu qui…

[Bruits de pas lourds.]

SB : …arrête de me traiter de gouine!

LB : Seulement si tu arrêtes de me traiter de phallocrate!

AA : … c’est un individu qui…

SB : C’est pourtant ce que tu es, espèce d’hétérosexiste!

LB : Quand tu m’insultes, tu pourrais au moins utiliser un vocabulaire que tout le monde comprend, au lieu de cracher ton jargon de brouteuse de carpette radicale.

SB : Tu es vulgaire et borné. Pas besoin de frotter longtemps un hétéro pour découvrir un macho.

LB : Tu as le même look que mon garagiste et même l’Aubainerie Croteau a moins de chemises à carreaux en stock que ta garde-robe. Alors merci bien, je préfère encore me faire frotter par une vraie femme.

SB : Tu sais ce qu’elle te dit, la vraie femme?

AA : Je disais, l’aristocrate est l’En Dehors cher à E. Armand, un marginal, un individu isolé par choix et non par dépit. Il…

LB : Si tu veux mon avis, tu devrais cesser d’ériger une anomalie génétique comme l’homosexualité au rang de vertu ou pire, de programme politique de libération des femmes.

SB : Anomalie génétique! Pourquoi pas maladie mentale, tant qu’à y être… les années cinquante sont finies depuis longtemps, espèce de néanderthalien!

AA : Souvent les marginaux appartiennent à la race des déçus. Le troupeau n’a pas voulu d’eux et leurs tentatives désespérées de s’y intégrer ont échoué…

LB : Arrête de m’insulter et écoute plutôt ce que j’ai à te dire. Tu es homosexuelle, ça saute aux yeux. Tu es aussi frustrée — ça aussi, ça se voit tout de suite, et ça s’entend même dans ta voix. Ça fait de toi une marginale qui veut se venger contre l’univers.

AA : … leur critique de la société relève alors du ressentiment, que Nietzsche définit comme une volonté de vengeance qui ne se réalise pas immédiatement par peur ou par faiblesse et se développe sournoisement en se satisfaisant de la dévalorisation de ce qu’elle ne peut vaincre…

SB : Je suis bien heureuse que les straights me rejettent parce que je n’ai rien à faire de leur monde pourri. Tu crois que j’ai envie de me marier, de me taper une bite puante chaque soir, de pondre des morveux en série, de torcher la maison alors que j’ai ma journée de travail dans le corps et par-dessus tout, me prosterner devant le Dieu Phallus? Je laisse ce genre de vie aux conasses qui n’ont rien compris.

LB : Qu’est-ce que tu peux être méprisante! Tu peux bien me dire que je suis resté pris dans les années cinquante, alors que tu me radotes des vieilles rengaines des années soixante-dix! Les conasses, comme tu dis, ont au moins le mérite de perpétuer l’espèce… On ne peut pas en dire autant des inverties dégénérées de ton genre!

AA : Le grand individu n’est donc pas l’homme ou la femme du ressentiment. Il ne méprise pas la foule et la société parce qu’elles le rejettent. C’est plutôt lui qui les rejette et se place au-dessus d’elles. Il sort de la norme par en haut, non par en bas…

SB : Pfff. Si vous arrêtiez de vous reproduire comme des lapins, vous, les hétéros, le monde serait un endroit plus tolérable et moins surpeuplé…

AA : … Le grand individu est un génie, un artiste, un héros. C’est celui qui affirme de nouvelles valeurs…

LB : Tes propres parents étaient hétéros, alors arrête ton cirque! Le monde existe grâce à nous! Si on vous laissait le contrôle, tout fouterait le camp!

SB : Arriéré!

LB : Erreur de la nature!

AA : … c’est l’enfant qui joue et qui dit oui à la vie, au devenir, à lui-même. C’est l’aristocrate, l’individu souverain.

SB : Fasciste!

LB : Emmerdeuse!

AA : Assez! Vous n’avez pas fini de vous chamailler comme des gamins? Vous ne voyez pas que j’essaie de travailler?

SB : C’est lui qui a commencé, avec son hétérosexisme!

LB : Si on t’écoutait, on serait tous tapettes et ce serait la fin de la civilisation… non, de l’espèce!

SB : Qu’est-ce que tu peux être épais! Tout ce que je dis, c’est qu’on doit reconnaître et accepter qu’il existe deux orientations sexuelles. On peut être hétéro ou homosexuel, c’est tout.

AA : Hého, attends une minute… « c’est tout »?

SB : Bah oui. Deux possibilités… on peut être attirée par des personnes de son propre sexe ou du sexe opposé.

LB : Ouais. Deux options, comme la vérité et l’erreur… ou le bien et le mal…

AA : Vous ne trouvez pas ça un peut court, un peu simpliste?

SB : Je te vois venir, madame la bisexuelle.

AA : Je ne compte plus les fois où nous avons eu cette discussion.

SB : C’est parce que tu ne veux pas admettre que tu as tort.

LB : Qu’est-ce qu’elle dit?

AA : Je dis que les préférences sexuelles — et l’orientation sexuelle — ne sont pas des catégories étanches. Et que d’être attirée par les deux sexes n’est pas un symptôme d’immaturité, d’ambivalence ou d’indécision.

SB : Ouais, ouais, ouais. Qu’est-ce que c’est, alors?

LB : C’est de la fifure à temps partiel!

[Rire gras.]

SB : Esti d’épais! Franchement! Ce que madame n’a pas compris, c’est que ceux et celle qui se disent bisexuels sont au mieux inconscients de leur orientation sexuelle, au pire hypocrites.

AA : Qu’est-ce qui ne faut pas entendre…

SB : Je suis sérieuse! Les bis se déclarent comme cela lorsqu’ils commencent à admettre qu’ils sont attirés par des individus de leur sexe alors qu’ils ont connu précédemment des relations hétérosexuelles insatisfaisantes. Mais c’est le cas de presque tous les gays et les lesbiennes! Les bisexuels n’osent tout simplement pas sortir définitivement du placard et s’avouer franchement leur homosexualité.

LB : Ça me semble logique.

SB : Et ça, c’est quand elles ne sont pas carrément hypocrites… J’en ai connu plus que ma part de ces prétendues bisexuelles qui se donnaient une petite vie hétérosexuelle bien confortable pour jouir sans vergogne des avantages de la fameuse « normalité » bourgeoise alors que clandestinement elles s’adonnent aux joies de l’amour saphique…

AA : Foutaises! Tout ça, ce n’est que de la foutaise. Avec qui suis-je en couple, moi qui baise des hommes clandestinement, au point de me faire prendre en flagrant délit?

SB : Je ne parlais pas nécessairement de toi…

AA : Tu parles! J’ai commencé ma vie sexuelle avec des femmes et je n’ai découvert les hommes que bien après. Et depuis, je vis jouis de tous les inconvénients de la fameuse « anormalité » du couple homosexuel…

SB : Ça va, ça va, ne te fâche pas…

AA : Si ça se trouve, ce sont les gens qui n’ont toujours connu qu’une attirance envers un seul sexe qui sont l’exception. Votre orientation sexuelle sur un mode binaire, ça ne colle pas à la réalité.

LB : Ha! Ben dans ce cas, je fais fièrement partie de l’exception!

SB : Et moi aussi! Jamais, au grand jamais, je ne serais attirée par un Gino de son espèce.

AA : Peut-être pas lui… mais un autre…

SB : Anne!

LB : Serions-nous sur le point d’avoir une révélation-choc?

AA : Hé hé hé…

SB : Anne! Je t’en prie!

AA : Disons que Simone n’est pas tout à fait vierge en ce qui concerne la gent masculine…

SB : Tu avais promis de…

AA : Tant qu’à me faire traiter d’hypocrite, aussi bien être aussi mesquine. Imagine-toi, mon cher Louis, que j’ai déjà surpris madame plus-lesbienne-que-vous-toutes au lit avec un homme.

LB : Pwah ha ha! C’est la nature qui revient au galop!

SB : C’est loin d’être ce que tu penses, espèce de demeuré.

AA : Elle avait le visage enfoui dans un oreiller et se faisait prendre en levrette par Paul… Tu te souviens? Le serveur de L’Indocile

LB : Paul? Il n’est pas censé d’être gay, lui?

SB : Il l’est toujours et moi aussi!

LB : Alors… Pourquoi?

[Silence.]

SB : C’est que… on avait bu et puis… Paul venait de se faire larguer par son chum… il pleurait dans mes bras et me disait qu’il vieillirait seul et abandonné de tous… Alors moi, j’ai voulu le consoler. Je lui caressais les cheveux… et puis je l’ai embrassé sur le front. C’est alors qu’il s’est redressé et m’a fixé avec ses yeux rougis. Son regard était si triste et j’étais si désemparée devant tant de désespoir… Avec une voix tremblante, il m’a demandé si j’avais déjà couché avec un homme. Je lui ai répondu que non… jamais. Il m’a alors embrassée…

AA : Et tu t’es laissée faire…

SB : J’étais troublée, je ne savais que faire… quoi penser… il m’a caressé les seins… s’est escrimé maladroitement avec mon soutien-gorge… puis, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai pris par la main et je l’ai entraîné dans ma chambre. Je me suis assise sur le lit et lui, debout devant moi, à ouvert sa braguette…

[Silence.]

LB : Et… ?

[Silence.]

AA : Et… ?

SB : Ben… j’ai glissé ma main à l’intérieur… son machin commençait déjà à durcir. C’était la première fois que j’en touchais une… une… une bite. Je me serais attendue à quelque chose de plus âpre, de plus râpeux… de plus rugueux, comme une joue masculine… mais non, c’était doux, chaud et moite… Paul s’est mis à soupirer, il a baissé son pantalon… puis son slip… il était alors… enfin, vous imaginez comment…

AA : Bandé.

SB : C’est ça. Et il a approché son sexe de mon visage…

LB : Et tu l’as…

SB : Oui, je l’ai… et je crois que je l’ai bien sucé. Je suis lesbienne, pas idiote, je sais comment ça fonctionne. Pour une première fois, je suis convaincue d’avoir fait du bon boulot. C’est même lui qui m’a dit d’arrêter, car il était sur le point de… enfin, je ne voulais pas qu’il éjacule dans ma bouche et il l’avait compris sans que je n’aie à le lui dire.

AA : Et c’est à ce moment qu’ils se sont mis à forniquer selon les voies tracées par le Seigneur!

SB : Ne te moque pas, Anne. Il m’a déshabillée, puis m’a retournée… et a enfoui son visage entre mes fesses. Il m’a léché le cul, tu te rends compte… j’ai cru qu’il voulait m’enculer, alors j’ai un peu regimbé, mais il est descendu sur ma chatte et… et bien, je mouillais et après quelques instants, je me suis mise à soupirer, si bien qu’il a posté sa bite contre ma… enfin… vous savez ce que je veux dire… il a fait ce qu’il avait à faire…

LB : Et c’est là qu’Anne vous a surpris?

AA : Je suis entrée dans la chambre pendant que Paul la broutait comme une chèvre. Ils étaient tous deux si concentrés qu’ils n’ont même pas remarqué ma présence. J’hésitai à les interrompre, ils étaient si mignons… et la situation était si inusitée… j’ai donc décidé de les laisser s’amuser et d’aller faire la même chose de mon côté. Je ne suis revenue à l’appart que le lendemain.

LB : Tu lui a raconté ce que tu avais vu la veille?

AA : Évidemment. Elle a rougi jusqu’à la racine des cheveux et a balbutié un tas d’explications incohérentes. Pourtant, je ne lui avais aucunement fait la morale…

SB : Comment aurais-tu pu me faire la morale puisque tu vas toi-même te faire mettre tous les jours impairs par le premier porteur de bite venu?

AA : Quoi qu’il en soit, tout ceci prouve bien qu’en ce qui concerne l’orientation sexuelle, tout n’est pas blanc ou noir et que même ceux qui se disent exclusivement homo ou hétéro font souvent des écarts dans leur diète habituelle.

SB : Ça ne prouve rien du tout! Ce n’était qu’une erreur de parcours!

AA : Quelle mauvaise foi! Personne ne t’a forcée et de ce que j’ai pu voir, tu y a pris pas mal de plaisir!

SB : Ce n’est pas parce que j’ai baisé une fois avec un homme — gay, en plus — que je ne suis pas lesbienne!

AA : Ce n’est pas ce que je dis! Tout ce que je…

SB : C’est un épisode qui ne pèse pas lourd dans toute une vie de désir et d’amour des femmes. C’est l’exception qui…

LB : Qui confirme la règle, exactement.

AA : Tu es d’accord avec elle, maintenant? Qu’est-ce qui te prend?

LB : Elle a raison, c’est tout. Lorsque ça n’arrive qu’une seule fois… ça ne compte pas.

[Silence.]

AA :[Rires.] Monsieur aurait-il lui aussi des confessions à nous faire?

SB : Lui?

LB : Pas du tout!

AA : Je connais vos secrets, vous deux. Alors inutile de faire l’innocent, Louis.

SB : Macho Man ici présent aurait-il lui aussi goûté à la bite?

LB : Jamais!

AA : Ce n’est pas ce que tu m’as raconté.

LB : Je…

SB : Ha! C’est la meilleure! Monsieur l’homophobe avec une queue dans la bouche… je vois déjà le portrait!

AA: Il a fait bien plus que ça, ma chère.

LB : Anne!

SB : Ah oui?

AA : Oui. Et tu ne devineras jamais avec qui.

LB : Bon. Vous êtes toutes les deux chez moi et je vous prie de partir, j’ai du travail.

SB : Avec qui?

AA : Avec Sylvain.

LB : Bon, ça suffit. Ramassez vos trucs et foutez le camp.

SB : Sylvain… le gars qui sort avec Danielle?

AA : Lui-même.

SB : My gode! C’était la conjonction des mâles alpha!

LB : Je n’ai pas à entendre ça! Restez si vous voulez; moi, je retourne à ma sculpture.

SB : Louis! Raconte-nous comment tu es devenu un suceur de trique! Est-ce qu’il t’a bien shampouiné la barbe?

AA : À ce qu’il m’a dit, il se serait même laissé…

SB : Non! Pas vrai?

[Rires.]

AA : Je te jure!

LB : Ce n’est pas ce que vous croyez.

SB : Et qu’est-ce qu’on croit, au juste?

LB : Sylvain et moi, on se connaît depuis la petite école…

AA : Et maintenant, vous vous connaissez dans le sens biblique du terme.

LB : Quand nous avions douze ans, Sylvain volait des revues de cul de son père et on les regardait ensemble en se branlant…

SB : Comportement tout ce qu’il y a de plus hétérosexuel…

LB : Tous les garçons le font!

AA : Il n’a pas tort, Simone.

LB : Plus tard, il m’a masturbé et je lui ai rendu la pareille. Nous étions si jeunes…

AA : Soit. Mais moi, je parlais de cette fameuse soirée, il y a six mois…

LB : Ben…

[Silence.]

SB : [Criant presque.] On veut savoir comment tu en es arrivé à te faire enculer!

[Bruit de porte qui claque.]

L : Qui s’est fait enculer?

LB : Ah non! Manquait plus que lui!

L : Est-ce que je dois comprendre que c’est toi qui t’ai fait mettre, joli cœur?

AA : Tiens, salut Lucifer.

SB : Tu n’étais pas parti à Vancouver, toi?

L : Je pars seulement vendredi. Alors comme ça, notre tartiste s’est fait tartiner la raie?

AA : Louis nous racontait comment Sylvain s’y est pris pour le sodomiser.

LB : Je ne racontais rien du tout!

SB : Allez, Louis, on est tous au courant. Aussi bien cracher le morceau.

L : Ça fait quel effet de se faire bourrer le trou de balle?

LB : C’était un accident.

L : Yeah, right! Je passe mon temps à tomber assis sur des bites et à me faire enculer par accident! Vous n’avez rien à boire, ici?

AA : Franchement, Lucifer, il n’est même pas encore midi!

L : Les histoires de sodomites, ça me donne toujours soif.

LB : Tu veux une histoire de sodomite? C’est bien ce que vous voulez? Alors, vous allez être servis. Mais ensuite, foutez-moi la paix!

L : On est toutes ouïes, joli cœur.

LB : Sylvain était venu regarder la game à la maison. Après la deuxième période, il était clair que le Canadien allait se faire laminer, alors on s’est un peu désintéressés du match et on s’est mis à parler du bon vieux temps. Et puis je ne me souviens plus très bien comment on en est arrivés là, mais on s’est rappelés l’époque où on se cachait pour se branler en regardant de la porn… alors quand la partie fut terminée, j’ai commandé un film de lesbiennes à la télé à la carte…

SB : On voit que ta tolérance envers les lesbiennes varie selon ton humeur et les circonstances, hein…

L : On s’en crisse de ta tévé! On veut des détails sur ton cul! Tu ne m’avais pas dit que tu avais une bouteille de bourbon?

LB : Je l’ai cachée — je savais que tu viendrais.

L : Salaud d’enculé!

AA : Tu gueule, Lucifer! Cesse d’interrompre, on arrive au moment juteux…

SB : Juteux! Bien dit!

LB : [Soupir.] Je disais donc, on a loué un film de lesbiennes et on l’a regardé ensemble, sur le divan, les pantalons aux chevilles, la queue à la main et les yeux rivés à l’écran. Évidemment, je le regardais furtivement se branler; il devait faire la même chose car nos regards ont fini par se croiser. Il m’a alors dit quelque chose de stupide, genre, que mon pénis avait changé, depuis le temps, qu’il était plus gros… ensuite, il m’a demandé s’il se souvenait des fois où il me branlait… je lui ai fait signe que oui, l’émotion me serrait la gorge. Sans rien dire, il s’est approché et… il m’a sucé. C’était…

[Silence.]

SB : Bon?

LB : Euh… Oui… oui. Curieusement, je ne savais pas quoi faire de mes mains et ça m’embêtait drôlement. Je n’osais pas les placer sur sa tête pendant que sa langue glissait sur mon gland… alors je restai les mains en l’air, comme une victime de holdup. À la télé, un fille se faisait mettre un gode dans le cul en gémissant… Ce fut trop pour moi, j’ai comme perdu la tête, j’étais si excité que j’ai joui en tremblant. Je lui ai balancé mon foutre dans la bouche… Quand Sylvain s’est relevé, il avait une longue coulure de sperme sur la joue, qu’il a essuyée du revers de sa main…

L : Man, je pense que je vais vomir. Je ne devrais jamais écouter ce genre de truc à jeun. Où est ta crisse de bouteille de Jack?

SB : Ça ne nous dit pas comment tu en es venu à te faire enculer.

LB : J’y arrive. Sylvain était bandé comme un âne. Je l’ai regardé et il a pointé la fille du film qui semblait jouir du cul comme une forcenée. Il m’a demandé si ça me plairait d’essayer… Alors je lui ai tout simplement demandé d’y aller délicatement. Il a sorti un condom et du lubrifiant de son sac — je me dis d’ailleurs qu’il devait avoir une idée derrière la tête avant de venir chez moi, puisqu’il avait pris la peine de s’équiper… Il m’a fait coucher sur la moquette du salon, sur le dos… il a relevé mes jambes et a léché un peu mon anus, y a glissé le bout de sa langue… et après, il y a mis du lube. J’étais si excité que j’en avais des bouffées de chaleur, des tremblements… Quand j’ai senti son gland contre mon cul, ce fut plus fort que moi, je me suis contracté. Sylvain a été vraiment patient, il s’y est pris lentement, avec mille précautions… et a réussi à l’enfoncer jusqu’à la garde.

L : Bon, ça suffit. Il n’y a rien à boire et en plus, j’ai la trique. Baisse tes culottes qu’on répète l’expérience, j’ai envie moi aussi de ramoner un petit derrière.

LB : [Sur un ton scandalisé.] Quoi?

SB : Oui! Bonne idée! Voilà quelque chose que je voudrais bien voir!

LB : Il n’en est absolument pas question! Pour qui me prenez-vous?

L : Pour une lopette qui aime se faire mettre au cul! Attends, je baisse mon froc…

AA : Mais il le fait pour vrai !

[Rires.]

L : Tiens! Elle est belle, ma bite, hein? Je suis sûr que tu en meurs d’envie!

SB : Encule-le! Encule-le!

[Rires.]

LB : Remballe ton machin puant, il ne m’intéresse pas du tout. Dis-lui, Anne, que je suis hétéro!

AA : Je n’ai rien à voir avec vos histoires de cœur…

SB : Encule-le! Encule-le!

L : Tu vois comme elle est bien dure… viens, je te la mets dans le rectum… tu vas aimer — après tout, tu en as l’habitude…

SB : Encule-le! Encule-le!

LB : Faites-la taire, quelqu’un!

SB : Encule-le! Encule-le!

AA : Je crois que tu l’auras sur le dos tant que tu ne l’auras pas dans le cul, j’ai bien peur…

SB : Encule-le! Encule-le!

LB : Ok, ça va, d’accord! Mais à deux conditions. Premièrement, avec un condom; j’ose à peine imaginer les maladies qui fermentent dans ses couilles moisies…

SB : Encule-le! Encule-le! Encule-le! Encule-le!

LB : Et deuxièmement, je veux d’abord que Simone me suce. Jusqu’à l’orgasme.

SB : Encu… moi?

LB : Oui, toi.

SB : Je…

AA : Vas-y chérie, je te regarde. Je suis sûre que tu es experte.

L : Fais ce qu’il te dit, salope! Je bande à m’en donner des bleus au gland!

[Silence.]

LB : Suce-le! Suce-le! Suce-le!

SB : Bon. J’accepte. Si c’est le prix à payer pour voir monsieur l’hétérosexiste se faire ramoner…

[Bruit de fermeture à glissière.]

LB : Tiens beauté, elle est toute à toi.

AA : Elle hésite.

L : C’est la timidité.

LB : Elle n’est pas capable, plutôt.

SB : Pas capable? Regardez-moi bien.

[Bruits de succion baveux.]

L : Pour une gouine, elle est plutôt douée… elle y met un max de salive… regarde, ça lui coule jusqu’au scrotum…

LB : Hum… Ouf… Hum… Oui…

AA : Quel enthousiasme… on jurerait qu’elle a enfin trouvé son bonheur. Si elle continue comme ça, elle va devoir assumer les conséquences habituelles du geste…

L : Je sens qu’elles sont sur le point de gicler, tes conséquences…

LB : Oui! Oui! Mmm… Oui!

[Bruits liquides de strangulation.]

LB : Oh! Oh… Fuck! Quelle lamproie!

[Bruit d’une chaise qu’on repousse.]

L : Qu’est-ce qu’elle fait? Elle… Anne… tu l’embrasses?

[Bruits de succion et de lapements.]

LB : Elles font boule de neige!

AA : Tu es la plus vicieuse des suceuses de bites, ma chérie.

SB : C’est que j’ai un excellent modèle, mon amour…

L : Désolé d’interrompre vos mamours lesbiens, mais j’ai un derrière poilu à bourrer, moi.

LB : Chose promise… mets ce condom et je t’en supplie, vas-y doucement.

L : T’en fais pas, la douceur, ça me connaît. Couche-toi, le ventre sur la table, ici… c’est ça…

LB : Attends. J’ai besoin de lubrifiant. J’en ai dans la pharma…

L : Avec toute cette salive et ce sperme entre tes fesses? Arrête de faire ta lopette. Je vais seulement…

LB : Non! Ne fais pas…

L : Han! Tiens!

LB : Aie! Non!

L : Han! Prends-la, mon salaud!

LB : Aie! Aie! Non! Aie!

AA : Lucifer! Arrête! Tu ne vois pas que…

L : Han! Han!

LB : Ahhhhhhhhh!

[Fin de l’enregistrement.]

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8 commentaires pour “La conférence interrompue (2/5)”

  1. Marc ajoute:

    Mais ou donc sont les liens vers ces enregistrements ? ^^
    J’ai beau les chercher, rien… Un oubli sans doutes ;)

  2. Prax ajoute:

    Cela passe sur Radio Canada cette conférence ? Outre atlantique, sur France Culture, les analyses sur Nietzsche sont moins riches.

  3. Julius ajoute:

    Cela fait deux excellents scénarios de films. A quand le tournage ?

  4. Antoine ajoute:

    C’est bien la première fois que je vois de l’érotisme qui à un scénario intéressant tout en étant éducatif. Quand mon prof de philo va me demander ou est-ce que j’ai pris toute mes infos sur Nietzche je vais m’empresser de le rediriger ici.

  5. Friedrich Nietszche ajoute:

    Ach zo, das ist ein zupergut exzellente adaptazion von  » Enfilosophie tant le Boutoir  » korrekt ?!

  6. Friedrich Nietszche ajoute:

    Entschuldigung, etwas « lost in translation », es ist :  » Enfile O Sophie tant le Boutoir « 

  7. ras ajoute:

    La scenette se veut une illustration du propos ? J’ai du mal avec l’acte gratuit vraimen gratuit, donc je mise que oui, mais, malgré une plume qui me plait tant, il me semble qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris, qui est Lucifer dans l’histoire ? (en plus tu te donnes le beau rôle sur ce coup là, coquine !)

  8. Ania ajoute:

    Enorme afflux d’hormones au milieu de ton texte… je mouille mouille mouille!

L'envie de commenter vous tenaille ?


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