Urine des songes

Souvent je rêve que dans une forêt obscure ou une ruelle déserte, un homme à la voix d’outre-tombe m’ordonne de me dévêtir et de m’allonger par terre. Le sol comme l’air est froid, dur, terrifiant. Alors que, transie, je commence à grelotter, il sort une bite aussi longue que noire et m’arrose d’un jet de pisse qui n’en finit pas. Et moi, sans trop savoir pourquoi, je me contorsionne pour en recevoir sur les seins, le ventre, les fesses, les cuisses. C’est chaud, musqué, ça s’insinue dans tous les plis de ma peau, ça me rend folle.

Ce pervers urophile n’a pas de visage. Mais ce qui me surprend le plus — à part, bien sûr, le fait qu’il soit capable d’uriner des litres et des litres sans discontinuer —, c’est que ce salaud ne bande même pas de me voir ramper dans la boue et me trémousser en grognant de plaisir. « Quel mufle ! » me dis-je, le corps traversé de convulsions effroyables.

La nuit dernière, je me réveillai frissonnante et en nage, je me levai et marchai en titubant, hagarde, jusqu’aux toilettes. En pissant, je ne sais pas ce qui m’a prise, je plongeai la main entre mes cuisses, sous le jet chaud, puis je léchai longuement, jusqu’à la dernière goutte, dans une sorte d’urgence hébétée. Jamais n’avais-je fait un truc pareil ; ça ne m’avait jamais traversé l’esprit. Au moment de porter mes doigts à ma bouche, une vive émotion m’envahit, souffle coupé, seins durs.

Si j’étais un garçon, j’aurais bandé à en perdre l’esprit.

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