Le téléphone sonna, ce qui la fit sursauter — habituellement, le téléphone ne sonnait plus à cette heure si tardive.
— Nathalie, c’est Steve. Tu peux envoyer une de tes filles à la suite présidentielle de l’hôtel le St-James? Brad, George et Orlando veulent s’amuser un peu.
Le souffle coupé, elle prit quelques secondes pour se rasséréner, puis demanda d’une voix tremblante d’émotion :
— Est-ce que c’est vraiment le Brad, le George et le Orlando auxquels je pense?
— Qu’est-ce que tu crois, ma vieille, évidemment! répondit Steve. Alors, je te fais confiance: elle doit être classe, sexy, discrète, mais complètement déchaînée. Capiche?
— Depuis quand ai-je l’habitude de te décevoir? Je m’en occupe personnellement, t’inquiète.
— Meci Nath, tu m’enlèves une sacrée épine du pied! Je passerai dans une heure avec le cash, comme d’habitude. Ciao! dit-il avant de raccrocher.
Elle se leva péniblement de son fauteuil, essuya son pantalon de coton ouaté jauni de ses doigts graisseux pour le débarrasser de ses miettes de pizza puis marcha d’un pas lourd jusqu’aux toilettes. Elle vida le point noir sur son nez, enleva la plaque dentaire sur ses incisives du bout de son ongle et replaça tant bien que mal sa coiffure. Elle racla ensuite la boue qui tachait ses bottes et enfila le vieux manteau de fourrure qu’elle gardait sous son matelas.
«Je ne sais pas qui est cette Nathalie et je m’en moque…», se dit Josée en se regardant une dernière fois dans le miroir du vestibule. «Ce que je sais, c’est que ce soir, après quarante-neuf ans d’attente, je vais enfin avoir un peu d’action!»









(le 19 novembre 2008 à 20h46)
Elle en jette, Josée ! Trop top !
(le 20 novembre 2008 à 2h56)
49 ans ? je pense qu’elle va réserver une grosse part de gâteries à George.
(le 20 novembre 2008 à 4h30)
Bah ces trois là doivent être blasé de toute façon, je suis sûr qu’ils ont beaucoup appréciés José.
(le 20 novembre 2008 à 5h36)
C’est très bon !!!!
(le 20 novembre 2008 à 6h47)
Jolie, plein d’espoir, quand la chance d’une vie se présente il faut la saisir, au moins pas de regret. Le meilleur moment sera probablement la montée de l’escalier et le doigt sur la porte.
(le 21 novembre 2008 à 16h22)
Très classe !!
(le 25 novembre 2008 à 2h08)
Et oui, c’est la crise…
Mais pour certains secteurs d’activités, ça marche toujours.