L’ego gouine

Hier matin, j’ai reçu par la poste un cadeau d’anniversaire de la part d’un lecteur français que je remercie de tout cœur (et qui se reconnaîtra). Il s’agit d’un exemplaire impeccable de La Froideur chez la femme, par le Docteur d’Orbec, publié à Paris par la Bibliothèque populaire des sciences médicales. L’ouvrage ne porte pas de mention de date mais il a probablement été publié au début du XXe siècle — si je me fie à la typographie et surtout au propos — à l’époque de la sexologie naissante.

Attention délicate, mon gentil admirateur a placé un signet au milieu du chapitre intitulé «La faute de la femme» où le bon docteur nous explique à quel point l’égoïsme maladif et pervers de la lesbienne représente un danger à la fois pour elle-même et pour la société:

«Par dessus tout, elle [la saphiste] est odieusement égoïste. Malheur à l’homme qui oserait lui faire la cour! Il serait brutalement repoussé. Et pourtant, cette vertueuse si farouche n’est qu’une horrible gourgandine. […] Les saphistes détestent l’homme; mais, par contre, elles aiment la femme d’un amour violent. Pour elle, elles sont capables de toutes les folies, elles iraient jusqu’au crime. Nulle considération ne les arrêtera, ni mari, ni famille, ni enfants mêmes, car elles peuvent être mères sans oublier leur vice. Coûte que coûte, elles retourneront à leur horrible passion, au risque d’y perdre réputation, honneur, santé, raison.»

Décidément, la sexualité féminine est bien menaçante pour les sociétés patriarcales, en particulier celle qui donne congé au phallus. À moins, bien entendu, que cette idée ne me soit venue seulement parce que j’ai perdu depuis longtemps réputation, honneur, santé et raison…!

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15 commentaires pour “L’ego gouine”

  1. Elie ajoute:

    trés amusant l’ecriture de ce blog, on y retrouve de belles pointes d’humour sur des sujets parfois bien sérieux c’est trés sympathique je repasserai m’évader ici.

    elie

  2. Prax ajoute:

    Et en plus, les saphistes sont des passionnées.

  3. petite fr@ncaise ajoute:

    Chère Anne,
    Zut de zut, j’ai raté votre anniversaire ! Alors, une douce caresse pour vous remercier, en ce jour de non-anniversaire, de ces lignes et de … chut, je n’en dis pas plus.
    B

  4. Sihaya ajoute:

    Un tout bon anniversaire Anne!

    Du reste, mh, si tu parviens à lire ce… cette… ce genre de choses sans devenir hystérique, sincèrement, je te félicite. Moi, je n’y arrive pas encore (un peu comme les reportages sur les 4×4, sur les combats de chiens, sur la famine dans le monde, les articles pseudo-sexo-modernistes dans magazines féminins qui te dictent comment être jolie pendant l’amour, etc.).

  5. François ajoute:

    A mon avis l’ ambition de deux gouines s’ est d’ être humainement lier féminines : être unies; ni relache, ni perte de l’ une de l’ autre, duo sur le présent avec une grande libéralité de tendresse.

  6. madrilene ajoute:

    quel beau programme !!! excitant et tout !
    comme diraient les Pantheres Roses : « Quand je serai grande, je serai gouine! »

  7. Clitorette et Vagino ajoute:

    Les choses on bien avancées depuis cette malheureuse écriture, un bouquin du passé complètement dépassé.
    Voila bien l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Ecrire un bouquin qui s’avèrera être un monceau d’inepties quelques années plus tard.
    Médecins, contentez-vous de soigner dans le présent et ne projetez pas vos conclusions fantasmatiques dans le temps.

  8. tock ajoute:

    Bon, comme d’hab, on va contester pour dire … euh … pfff …

    Si, un truc du genre que j’ai un mélange de compassion et de suspiscion à l’égard de ceux qui font de leur sexualité un activisme. Y a des limites aux mélanges des genres, et c’est un hétéro (absoluement pas fondamentaliste) qui le dit … La rationnalité nécessaire de l’engagement et la propention du désir à exister sont à mon très humble avis deux tendance que je ne vois pas coexister. Alors, si c’est le cas, c’est que les éléments biographiques ont bien fait les choses… Le hasard tout de même, quel blagueur.

    Ou alors, l’engagement est déterminé.
    D’où la suspiscion…

  9. SekhmHate ajoute:

    J’aime bien les énormités de la médecine… Surtout en ce qui concerne la femme !
    Ces vieux livres ont vraiment un charme particulier, et je pense que la plupart de nos manuels de médecine actuels paraitront bien désuets aux prochaines générations.
    Espérons juste qu’ils en souriront, au lieu de les brûler en hurlant au blasphèmes…

  10. Sihaya ajoute:

    C’est tout de même bien étrange que même aujourd’hui, lorsqu’on parle de l’homosexualité (ou bisexualité), il est presque toujours question de « sexualité » et non pas d’amour. Car au fond, il est toujours question de la même chose: d’aimer une personne. Et donc, du combat pour le droit d’aimer une personne (absurde non?). Non? Quoi, je suis trop fleurs bleues aujourd’hui (c’est certainement hormonal, comme toujours)?

    Bon, je ne suis pas pour l’autodafé mais si ce machin devait disparaître, je n’en dormirai pas plus mal.

  11. Mayavega ajoute:

    Ah la sacro sainte crainte de la disparition du pénis.
    Pourtant ils voudraient tous qu’on se le mette en bouche.
    Ils sont fout de nous confier ça comme ça, on a des dents (merde quoi).

    La problème des hommes c’est la dépendance, celui des femmes c’est de le savoir.

  12. pfelelep ajoute:

    un bon anniversaire indeed :D

    C’était annoncé ou votre lecteur est un privilégié?

  13. le blog de [moi] » Blog Archive » J’ai vu l’épisode 501 de “The L Word”… ajoute:

    [...] ces pauvres bi-curious au risque de les entraîner du coté obscur de la force risquant réputation, honneur, santé et raison ! Tout ça pour dire que comme d’hab, c’est sensuel et super bien filmé (ou est-ce le [...]

  14. Mayavega ajoute:

    « Les saphistes détestent l’homme ; mais, par contre, elles aiment la femme d’un amour violent. Pour elle, elles sont capables de toutes les folies, elles iraient jusqu’au crime. »

    C’est beau les auteurs qui ne lisent pas shakespeare… ça donne des incultes stupides capable de pondre des absolutions mordantes…

    Les saphistes n’aiment les femmes que comme les homme devraient le faire…
    (ce qui arrive même parfois, non mais)

    Bon et puis, après la bétise… l’atterrement.
    « car elles peuvent être mères sans oublier leur vice. »

    C’est vrai que des générations de pédophiles ne choquent personne, parce qu’être père et vouloir s’envoyer sa fille, quoi de plus normal ? Mais par contre, une lesbienne qui se dépasse pour aller jusqu’à la conception d’un enfant, ça c’est pas du courage, mais du vice.

    y’a vraiment des agrapheuses qui se perdent, sur le chemin vers leur faciès.

    Au fait, bon annivesaire, c’était pour l’anniversaire des carnets ? ou pour le tien ? et le cadeau ? il était empacté ? et c’était qui qui l’a envoyé ?
    (c’est vrai quoi, raconte nous ta vie !!!)

  15. Robert (François) ajoute:

    - L’ égo gouine-
    Le Salut analogue; une révérance et une parole grâce a un geste truc ( tour de main) et une voix harmonieuse.

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