D’abord la marche

François s’effondra sur le parquet en hurlant. Sa peau se couvrit de poils drus et fuligineux, ses membres s’étirèrent et ses mains, comme ses pieds, se recroquevillèrent, percés de griffes acérés. Ses traits se convulsèrent, craquèrent, s’étirèrent pour former un museau sanguinolent, une gueule d’où émergèrent des crocs nacrés. La pleine lune, qui baignait le salon de sa lumière crayeuse, avait transformé l’homme en bête.

Les hurlements tirèrent Sophie de son sommeil, qui accourut en se frottant les yeux.

— Ah non, pas déjà? Je croyais que c’était plus tard dans le mois… dit-elle en replaçant la bretelle droite de sa nuisette.

François bomba le dos et montra les crocs en grognant. Sophie attrapa le magazine de mode qui traînait sur le comptoir, le roula puis frappa de toutes ses forces son museau en lui disant, sur un ton sec et réprobateur:

— Méchant chien!

Le mari-garou cacha son visage entre ses pattes et se mit à gémir. Sa femme se dirigea en soupirant vers le placard, l’ouvrit et maugréa:

— Putain de cours d’obéissance inutiles… je devrais me faire rembourser… mais où ai-je bien pu fourrer la laisse et le collier?

Alors qu’elle s’était accroupie pour fouiller, sa nuisette relevée révéla la lune ronde et fendue de son arrière-train. En pantelant, François s’approcha et glissa sa truffe froide et humide dans cette cible si invitante.

— Hé! Bas les pattes! cria Sophie en se retournant.

Elle attrapa le magazine et frappa de nouveau le museau de son mari. Alors que François gémit une faible protestation, Sophie attacha le collier autour de son cou.

— Tu connais la règle, dit-elle en lorgnant la pine érigée de la bête. D’abord, la marche. Ensuite, et seulement ensuite, tu pourras enfouir ton os.

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14 commentaires pour “D’abord la marche”

  1. Prax ajoute:

    La marche comme préliminaire !
    Je pensais que cela n’était vrai que pour les clubs de randonneurs du 3ème age.

  2. SekhmHate ajoute:

    Ahoooouuuuuuu….

  3. tock ajoute:

    Et après ça se dit anarchiste …

  4. Clitorette et Vagino ajoute:

    Un tibia j’espère !

  5. Poetic Gladiator ajoute:

    Je ne vois pas en quoi l’impertinence ludique serait incompatible avec l’anarchie … Loin s’en faut ! Il reste un livre à écrire sur la libido des garous …

  6. tock ajoute:

    Impertinence ludique, pour la galerie !

    Elle aime ça oui, ces histoires de laisse, de collier tout ça !
    L’anarchiste fait toujours un très bon usage des chaînes. Il est vrai qu’il maîtrise le sujet.
    Alors que moi, elles m’indiffèrent. Ma liberté est très relative faut dire…

    J’aurai beaucoup de mal à croire, qu’en écrivant, elle ne s’est pas identifiée à la sage épouse.

    Le fantasme de la règle, du pouvoir, de l’obéissance…c’est étrange non ? Comme si l’on pouvait souffrir d’être trop libre, et chercher, par conséquent à imposer cet excès aux autres… Les histoires « d’homme (ou de femmes?) à l’envers » sont toujours très instructives.

    Surtout si l’on ne croit pas aux garous … Faudrait voir à pas se foutre de la galerie.

  7. tock ajoute:

    Ceci dit, ludiquement parlant, j’admet volontiers que le concept de mari-garou, c’est poilant.

    Ca, c’est fait.
    Pouvez continuer peinard…

  8. yogi tougoudou ajoute:

    Pour Clitorette et Vagino :
    Mes p’tites poulettes, pas le tibia, mais la colonne vertébrale, c’est bien mieux : enfouissez-la bien profond, puis tirez d’un coup sec ; l’effet est décuplé (mais bon, je m’adresse à des expertes)

  9. Clitorette et Vagino ajoute:

    yogi tougoudou > Il doit s’agir du ténia en l’occurrence, restez correcte jeune homme!

  10. François ajoute:

    Soit !
    François sait que s’ est commun pour un animal de marcher et d’ enfouir les os ( tel est l’enseignement de l’ Homme contre des quatre pattes dans ce monde ); François excédée ( garou) doit certainement dire aussi a sa maîtresse « Allez deux pattes mets toi à quatre pattes et marchons enssemble « ou bien  » Fais ta vie de Louve » ( la louve met bas quatre à cinq petits).

    Peut être que sans être bête, François proposerait a Sophie  » Allez chérie replie tes deux bras et tes deux jambes et mets toi au sol « ou bien  » Procrées moi des enfants « .

    Dans l’ histoire « D’ abord la marche », François reste un lou-p, il faudrait que Sophie reçoive elle aussi un coup de lune, pour faire sa poule mouillée et que étreinte se fasse Soit !

  11. Maphto ajoute:

    François… C’était pas Sylvain au fait ? :)

  12. Marie Christine ajoute:

    Sympa ton site, j’ai bien les fontes, tu les as eu où ? Sinon sur mon site il y a un espace création, si ça t’intéresse.

  13. Eleken ajoute:

    Intéressant petit texte sur le thème de la métamorphose de l’homme… C’est à se demander s’il n’y a pas là qu’une simple métaphore sur notre cher gaillard :oP

    Eleken

  14. zigzag ajoute:

    j’aurais imaginé que c’était plus jouissif , plus jubilatoire, de voir un homme se transformer en bête – et pour l’homme et pour la femme-
    merde alors, quelle déception….pas de quoi fouetter une chatte

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