— Je t’en prie… laisse-moi venir avec toi, pour une fois! le supplia-t-elle en minaudant.
— Qu’est-ce que j’aurai en retour? demanda-t-il machinalement, en finissant de remplir son sac.
Elle s’approcha de lui et, en faisant descendre sa voix d’une tierce mineure, lui susurra:
— Je te laisserai me faire l’amour, mon chéri!
— Me laisser te faire l’amour! persifla-t-il. Tu appelles ça me faire une faveur? Tu en profiterais au moins autant que moi! Ce genre de promesse ne te mènera pas très loin… du moins, pas au Lac aux vents.
— Heu… hésita-t-elle, je pourrais te faire une… gâterie… une turlute?
— Tentant, mais insuffisant, répondit-il froidement. Si tu n’as rien d’autre à m’offrir, laisse-moi finir de ramasser mes trucs, les gars viennent me chercher dans quinze minutes.
— Allez, sois chic, ne me laisse pas toute seule pendant une semaine! Je me ferai toute petite, vous me verrez à peine… je vais même… faire la popote et le ménage! Je décapsulerai vos bières! Je ferai tout ce que tu veux!
— Tout ce que je veux? demanda-t-il en haussant un sourcil.
— Tout.
— Promis?
— Juré craché, dit-elle en levant la main droite et en plaçant la gauche sur son cœur.
— Dans ce cas, tu peux venir.
— Oh! Merci! Tu es un amour, je t’adore! lui cria-t-elle en lui sautant au cou. Je cours faire mes valises!
Il l’attrapa par le bras juste avant qu’elle ne se sauve.
— Pas besoin. Tu n’amènes rien et tu restes comme ça, ordonna-t-il sèchement.
Son visage passa de l’incompréhension à l’effroi lorsqu’elle prit conscience de tout ce que cet ordre impliquait: rester seule dans un chalet près d’un lac, à des kilomètres de nulle part, en compagnie de plusieurs hommes et de leurs chiens de chasse, vêtue de rien d’autre qu’une promesse.









(le 12 novembre 2007 à 13h53)
Récit qui commence bien ;)
(le 12 novembre 2007 à 15h37)
Ma chère Anne,
Depuis les quelques lunes où j’ai le plaisir, solitaire, de parcourir vos faits, gestes, écrits et collections de dessins (pour ne pas parler du hachoir), j’en reviens toujours à la même conclusion : vous êtes un Univers à vous seule. Et il faudrait sans doute une vie au moins pour le (la) parcourir, sans rêver (le sexe est mâle), de le faire en vous tenant la (les) menotte.
Quel dommage ce si grand atlantique entre nos rives. S’il vous arrive de le franchir (je n’aurai pas à le faire dans les mois à venir), venez m’affranchir le temps d’un café (un bon!).
Universellement,
(le 13 novembre 2007 à 2h14)
Ce récit est un phantasme d’homme, c’est clair !
(le 13 novembre 2007 à 2h53)
Schopenhauer n’est pas un chien de chasse, c’est déjà cela.
(le 13 novembre 2007 à 3h02)
comme les fetes sont faites pour etre un peu ratée, les promesses à demie tenues de soirée !
(–>Prax : Schopenhuaer derechef est pour l’instant coincé dans l’ascenseur qui mène vers la fin ;-)
(le 13 novembre 2007 à 9h45)
Tout simplement exquis….
(le 13 novembre 2007 à 11h28)
Ohhhhh !
Merci Anne, de relancer ma petite machine à fantasme. très beau début.
Merci.
B
(le 13 novembre 2007 à 22h18)
Mais qu’est-ce que tu croies mon ptit aman, cette femme est une star internationnale. Y’a un agenda et y’a pas de place pour toi ni pour le reste de la misère humaine! C’est pas comme les bonbons ou suffisait de demander à maman, merde! (moi elle me les donnait pas toujours d’ailleurs).
(le 14 novembre 2007 à 5h24)
@cebon vieux… : 1. Faut pas être jaloux, ça file des boutons, et écrire des bètises 2. Elle est bien au-delà d’une star! 3. J’suis pas misérable (ou pas plus que toi p’tit gars). 4. Sur nous ne sommes pas dans le même style (galaxie). 5. Tu es son secrétaire?
(le 14 novembre 2007 à 7h40)
Alors mon ptit Aman! 3.J’aime que les galaxies entrent en collision. 5.Je suis sa muse. 6. amanamanamanamaaaa ça me rappelle une chanson avec sting et cheb maami, quelqu’un reconnait?
(le 15 novembre 2007 à 3h22)
Très beaux textes…
d’autres sur le blog desMotsX de Candide
(le 15 novembre 2007 à 5h37)
Malgré quelques parasites, inévitables semble-t-il, la propal reste valable.
A.
(le 18 novembre 2007 à 13h52)
Il doit faire froid en cette saison au Québec, non?
(le 20 novembre 2007 à 19h48)
Wow…vraiment très masculinement fantasmatique.
(le 24 novembre 2007 à 11h01)
Foi n.f . ( du lat.fides, engagement, lien). Assurance de tenir un engagement : donner sa foi. Fidélité à ses engagements : la foi des traités. Croyance en la fidélité, la véracité de quelqu’un ou de quelque chose : témoin digne de foi . Croyance aux vérités de la religion. Religion chrétienne : mourir pour la foi. Bonne foi, intention droite, franchise. Mauvaise foi, duplicité. Faire foi, témoigner, prouver. N’ avoir ni foi ni loi, n’avoir ni religion ni conscience. Profession de foi, déclaration de ses opinions, de ses croyances. Ligne de foi, ligne du rayon visuel dans un instrument, sur un navire, etc. Ma foi, par ma foi, sur ma foi, en vérité. Blas. Meuble de l’ écu, représentant deux mains disposées en fasce, et qui s’ étreignent.
(le 28 novembre 2007 à 15h34)
La concrétisation de nos rêves peut se révéler cauchemar ; l’important n’est pas tant ce que nous désirons que le prix qu’il nous faut payer pour l’obtenir. Voilà un texte vivace et drôle. Un homme ne pourrait dire si bien du mal des femmes.