Abolir la société

« Dans une société qui abolit toute aventure, la seule aventure possible est l’abolition de la société. »
(Graffiti de Mai 1968)

La plupart des anars s’accrochent à l’idée de créer une société «nouvelle» ou «libre». Mais bien peu d’entre eux osent remettre en cause l’idée même de société.

Le concept de société est amorphe, vague — et surtout beaucoup plus difficile à appréhender que ces manifestations institutionnelles comme l’État, le gouvernement, l’Église, la famille, le capitalisme et ainsi de suite. Il est si enraciné dans notre psyché que le remettre en question nous donne l’impression de remettre en cause notre propre nature. «L’Homme est un animal social», disait Platon; si on enlève le social, il ne reste plus que l’animal… Or, c’est précisément pour cette raison qu’il faut selon moi remettre cette idée en question; se libérer des carcans identitaires et des rôles préconçus qui répriment nos désirs peut très bien exiger non seulement la transformation de la société, mais son abolition pure et simple.

Par société, j’entends le même phénomène qui a été conceptualisé par la sociologie et l’anthropologie, c’est-à-dire l’ensemble des individus entre lesquels s’établissent des relations durables, réglées par des lois et des codes de conduite. J’entends ce tout supérieur à la somme de ses parties, à l’ensemble de tous ces individus qui se trouvent perpétuellement en situation de dépendance mutuelle — autrement dit, d’êtres qui ne peuvent être complets en eux-mêmes. La société, c’est un système de relations entre des êtres qui agissent (ou qui sont considérés) comme des acteurs jouant un rôle dans le but de reproduire le système et de se reproduire eux-mêmes en tant qu’individus sociaux.

La dépendance sociale est à distinguer de la dépendance biologique — celle des enfants, en particulier. La dépendance biologique de l’enfant cesse lorsque celui-ci a acquis la mobilité et la coordination psychomotrice, vers l’âge de cinq ans pour la plupart des individus. Pendant ces cinq années cruciales, les relations sociales au sein de la famille agissent pour réprimer les désirs de l’enfant, pour lui instiller la peur du monde et étouffer son individualité libre et créatrice sous les couches et les couches de blindage et ainsi faire de lui un individu social, un être dépendant qui n’a d’autre horizon que de frotter à ses semblables jusqu’au dégoût, jusqu’à la nausée, jusqu’au bout de la haine. Toutes les relations sociales ont comme base cette incomplétude originelle créée par la répression de nos passions et de nos désirs; elles sont nées de notre besoin des autres, pas de notre désir des autres. Nous nous utilisons les uns les autres en tissant des liens qui sont inévitablement, à un degré ou à un autre, des relations hiérarchiques, des relations de maître et d’esclave condamnées à devenir conflictuelles, voire violentes, et surtout gouvernées par le ressentiment. Comment ne pas mépriser ceux que l’on utilise et haïr ceux qui nous dominent?

La société ne peut exister sans les rôles sociaux — voilà pourquoi la famille et une forme ou une autre d’éducation-dressage sont des éléments essentiels de toute société. L’individu social n’assume pas un rôle unique, mais agrège plusieurs rôles qui créent ce fameux blindage trop souvent confondu avec la personnalité. Autrement dit, les rôles sociaux sont la façon dont les individus sont définis par le système de relations qu’est la société dans le but d’assurer sa reproduction. Ils rendent les individus socialement utiles en les rendant prévisibles, en définissant leur comportement selon les besoins de la société. Le principal rôle social est le travail, pris au sens large de l’activité qui permet la reproduction du cycle de production et de consommation. Bref, la société est la domestication de l’humain, la transformation d’êtres sauvages, créatifs et libidineux qui savent interagir avec leurs semblables selon leurs propres désirs en être difformes et déformés qui se manipulent désespérément les uns les autres dans l’espoir de combler l’abîme sans fond de leurs besoins affectifs tout en ne réussissant qu’à assurer la pérennité des besoins et des relations qui les entretiennent.

Les individus libres n’ont aucun intérêt pour les rôles sociaux et les évitent comme de la peste. Pour eux, les relations prévisibles et prédéterminées sont ennuyeuses et ne méritent aucunement d’être reproduites. Il faut admettre que les rôles sociaux offrent de la sécurité, de la stabilité, un peu de chaleur (de tiédeur, plutôt!)… mais à quel prix! Les individus libres souhaitent plutôt entrer en relation avec leurs semblables selon leurs propres termes, en suivant leurs propres désirs, en s’ouvrant à toutes les possibilités offertes par le déferlement incontrôlé de leurs passions. Ce genre de vie ne peut se trouver qu’à l’extérieur de toute société, dans un espace exempt de rôles sociaux par nature délétères.

La société offre la sécurité, mais elle le fait en éradiquant le risque qui est essentiel au jeu et à l’aventure. La société offre la survie, mais exige en retour notre vie — car la survie qu’elle a à offrir est une survie en tant qu’individu social, en tant qu’êtres constitués de rôles sociaux, en tant qu’être aliénés de leurs passions et de leurs désirs. Une survie de junkies accros à des relations qui jamais ne peut les satisfaire.

Un monde fait de relations désirées entre individus libres serait un monde libéré de la société. Toutes les interactions humaines seraient déterminées immédiatement par les individus désirant entrant en relation et non par les nécessités d’un système social. Dans un tel monde, nous aurions tendance à nous émouvoir, à nous émerveiller, à nous enrager mutuellement, à vivre passionnément plutôt que de n’expérimenter que l’ennui, la complaisance, le dégoût ou la sécurité. Chaque rencontre serait potentiellement une aventure, une aventure qui ne peut pleinement exister où la rencontre se fait presque uniquement selon les diktats des relations sociales.

Voilà pourquoi il faut choisir de lutter pour abolir la société, plutôt que de faire la révolution — même la sociale.

La lutte pour transformer la société a toujours été une lutte pour le pouvoir, parce que le but est de prendre le contrôle du système de relations de la société — un objectif irréaliste puisque ce système est hors du contrôle de quiconque y est intégré. Par définition, la lutte pour changer la société ne peut être une lutte individuelle. Elle demande une action de masse ou de classe. Dans ce cadre, les individus doivent impérativement se définir eux-mêmes comme des êtres sociaux et supprimer leurs propres désirs, du moins ceux qui ne sont pas compatibles avec l’intérêt supérieur de la transformation sociale.

La lutte pour abolir la société est plutôt une lutte pour abolir le pouvoir. C’est une lutte d’individus désirant vivre une vie libérée des rôles sociaux et de leurs contraintes, désireux de vivre passionnément leurs désirs, de vivre tout ce que leur esprit indomptable peur imaginer. Évidemment, les projets collectifs ne sont pas exclus de cette lutte, bien au contraire, mais ils naissent de la conjonction des désirs individuels et se dissolvent au besoin, dès qu’ils se raidissent, dès qu’ils semblent se transformer en relation sociale. La voie de cette lutte ne peut être cartographiée, ne peut être tracée à l’avance, car elle naît de la confrontation des désirs d’individus libres avec les exigences de la société. Cela n’enlève toutefois pas l’utilité d’analyser comment la société nous modèle et d’essayer comprendre les raisons des échecs et des succès des révoltes du passé.

Les tactiques employées contre la société sont aussi nombreuses que les individus révoltés, mais elles partagent toutes l’objectif de saper le contrôle et le conditionnement social, de libérer les désirs et les passions individuels. L’humour, le jeu et l’incertitude sont essentiels, se combinant dans un chaos dionysiaque. Jouer avec les rôles sociaux de façon à les subvertir et ainsi les rendre inutiles à la société, les renverser de pied en cap, les réduire à l’état de simples jouets sont toutes des pratiques louables. Mais plus fondamentalement, il faut confronter la société à l’intérieur de nous-mêmes, avec nos propres désirs et passions, avec la saine et héroïque attitude de celui ou celle qui ne s’abandonnera pas à ses conditionnements, qui ne centrera jamais ses activités autour d’eux et qui est résolu a vivre selon ses propres termes.

La société n’est pas une force neutre. Les relations sociales n’existent que par la suppression des désirs et des passions réels des individus, par la répression de tout ce qui permet les libres relations humaines. La société est la domestication, la transformation des individus en objets utilitaires et la transformation du jeu en travail.

La rencontre libre d’individus refusant et luttant contre leur propre domestication sape toute société et ouvre l’avenir à tous les possibles.

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49 commentaires pour “Abolir la société”

  1. Pascal ajoute:

    Apres une petite periode de doutes et de remise en questions (reference aux deux dernieres semaines), Anne Archet is back :-)

  2. Noche ajoute:

    Cependant l’aventure est parfois d’autant plus delicieuse k’il y a des règles du jeu, des cadres à dépasser..le vide peut faire peur. Et c’est une aventure de vouloir créer sa vie, sa société aventureuse..

  3. tock ajoute:

    Je suis au regret de faire remarquer que je ne lis là, non sans une certaine jubilation triste, un aveu d’échec de l’aventure libertaire. Alors comme ça on change de cible ? Le temps des pavés est bien revolu.

    Je distingue mal ce qui est dit, pratiquement, dans ce texte. A part la vision améliorée du mot mondialisation, qui ne serait qu’un monde d’opportunités infinies.
    Sans déconner: « la rencontre libre d’individus…ouvre l’avenir à tous les possibles ».
    Tu bosses chez Microsoft au quoi ? C’est le nouveau slogan pour l’internet mobile ? Après « Police partout, justice nul part » voici venu « Just do it » plus fort que  » Nike la société  » ou encore  » Nike les Keuf « .

    J’ai comme un sentiment de frustration…un gout d’inachevé là.

    No,us rebalancer de la (vraie) liberté individuelle est non seulement une tarte à la crème (Marx et Bourdieu, on s’en branle du coup ?), mais c’est une tarte avariée en plus. Le fait est que les sociétés sont en plein renouveau: repli identitaire régionaliste, religieux, communautarisme… Et cela pose un réel problème d’adaptation dans un pays comme la France où l’Etat se veut fort, par exemple. Les individus sont pour beaucoup, en recherche identitaire assez forte aujourd’hui: « les nouvelles tribus » comme dit l’autre sociologue. Bien plus complexe à analyser dès lors que de niker la société…

    Il me semble très suspet de nier le besoin social des gens précisemment quand celui ci renaît, ce dont je ne me félicite pas spécialement d’ailleurs…Pour le même sociologue: rien de nouveau sous le soleil. Mais toi, serais tu inquiètes pour ta boutique ?

    La société c’est trop nul … ?
    M’enfin, à ton âge…

    Après avoir échoué à contester l’Etat, puis donc les sociétés, il te restera plus qu’à créer une philosophie super top nouvelle: l’individualisme. Un truc ultra révolutionnaire à mon avis… Les têtes vont tomber. Du jamais vu.
    Désolé, je rigole…Mais c’est le seul conseil que j’ai retenu de ton texte, alors j’applique.

    Hein … s’il faut se jouer des « rôles » sociaux, commence par celui de l’anar de service.
    Je suis sur que tu serais très douée pour la réac convertie. L’introspection, que tu prônes finalement, ravirait mon curé, tu sais. D’ici à ce que tu nous ordonnes d’avoir foi en l’individu…

    Rien de plus normatif qu’un anar en plein doute, de toute façon.

    Et si tu pense que l’humour, le jeu, et l’incertitude ne sont pas des données sociales comme les autres … faut que tu révises tes classiques. Sans marges de manoeuvres, point de social … A moins que ce ne soit l’Etat qui les garantissent ses marges.

    Diable…qu’il est compliqué d’être anar au pays des individualistes. Mais comment me reprocher d’en jouer ?

    Je reste pour ma part un adepte pur et dur de la secte marxiste, matérialiste et structuraliste. L’économie d’abord. L’analyse sociale, je me le sers moi meme avec assez de verve pour n’avoir point besoin des conseils de crypto-réac qui n’hésitent pas à écrire « il faut choisir ».

    Sans blague…

    (Là, je me pose une question sidérale: ne serais-je pas anarchiste ?)

  4. Mortibus ajoute:

    Ben c’est vrai quoi ! sans les régles zétablies par l’humanité depuis qu’elle existe et avec ses racines bien profondemment implantées dans notre ADN m’ étonnerait beaucoups qu’on en sorte aussi facilement.

    Moi mon rêve c’ est une société style bonobos, ben oui quoi, tout ce que l’ humain fait mais sans le fric… Pas mal hein ! sans le pognon ça changerait quoi ? j’ attend les réponses ! merci

  5. Jacques ajoute:

    Je ne saurais trop vous conseiller une série de livres qu’on pourrait qualifier de science fiction :
    « le monde du fleuve » de Phillip José Farmer. Le pitch du livre :
    Tous les humains, qui ont jamais vécu, renaissent en même temps le long d’un fleuve de plusieurs millions de km et n’ont plus à craindre la mort. Et tout ce dont ils ont besoin, nourriture, vêtement leur est gracieusement fourni.
    Quel meilleur départ pour une vraie anarchie, puisqu’il n’y a plus de besoins …
    La suite démontrera que changer la nature humaine est beaucoup plus difficile que de changer la société …

  6. Flivo ajoute:

    Je me suis arrêté à « selon moi », déja « créer » m’avait paru curieux (mais je reviendrai sans nul doute).

  7. Yvan ajoute:

    Pour ma part, j’aime mieux lire votre colonne droite, que votre colonne gauche, très chère Anne de mes amours.

    Êtes-vous certaine d’être la seule auteure sur ce site ?
    N’y a-t’il pas deux écrivains ici: un à droite et un à gauche?

  8. Maphto ajoute:

    Il y a la « Anne » à droite, plus humaine et émotive et la « Archet » à gauche, plus revendicatrice, révolutionnaire, révoltée et érotique…

  9. Eguirdor ajoute:

    Et il y a aussi la Anne à gauche, son sein raffiné et sa lèvre à bouclettes et la Anne à droite, sa lèvre à bouclettes
    et son sein raffiné…
    - Mais regardons plus en détails! Prennons une Anne Archet bien constituée, tranchons la en deux dans le sens
    de la verticale, qu’obtient-on? (Les enfants, ne touchez pas c’est dangereux!)
    - Alors qu’obtient-on?
    - Joachim arrête de jouer avec son oeil!
    - OOOON OBTIIIIIEEEENT???
    - Un être sexuel totalement inutile! Rendez-vous compte! Plus rien à insérer nuuuuuul paaaart!!!
    (Quelques enfants se mirent à crier, d’autres à pleurer, pendant que Joachim tentait veinement de se suicider
    en cognant sa tête contre les barreaux de la fenêtre…)

    Tout celà pour dire que moi, j’aime l’Anne Archet entière.
    Celle qui donne à réfléchir à droite, à gauche et même entre les deux yeux… ;op

  10. La nausée ajoute:

    Lettre ( trop courte ) à l’intension d’Oldcola.
    Voyez-vous, ce jour, j’ai dû passer dix fois par ici entre mille petites occupations bien utiles.
    A aucun moment, je n’ai eu l’envie de lire le texte ci-dessus.
    ( et, d’ailleurs, pas davantage les autres; peut-être modestement les survoler )
    Je crois, à la réflexion, que je suis simplement hermétique à ce fond d’écran.
    Mais ce genre de fond me rend si capable de vomir que je reviens.
    … à chacun sa lecture, à chacun son plaisir …
    Bonne fin d’analyse

  11. AnusDei ajoute:

    Proposer d’abolir la société, c’est oublier qu’il n’y a pas qu’une société, mais qu’il y en à plusieurs. En abolir une, c’est ouvrir la porte aux sociétés charognardes. A peine détruite qu’il y aura déjà de grands gourous macabres pour s’approprier les brebis abandonnées. A peine éradiquée que des vipères viendront répandre leur poison dans les oreilles des âmes esseulées. Abolir la société, ça me paraît plus qu’utopique.

    La réalité, à mon avis, c’est que nous avons besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse et qui nous rassemble. Face à l’inéluctable mort qui approche, ça nous rassure et nous réconforte d’être utile et d’avoir un rôle à jouer au sein de la société. Un rôle imposé ? Peu importe pourvu que nous puissions jouer la comédie, être les acteurs d’un scénario que nous n’aurons pas à écrire. A l’extrême, remettre sa vie entre les mains de la société, c’est une manière de se déresponsabiliser. « Ce n’est pas de ma faute si j’ai tué monsieur, je n’ai fait qu’obéir aux désirs assassins de la société, je n’y suis pour rien moi » pourrait-t-on entendre en période d’après guerre. C’est un fait : les humains ont besoin de servir la société et d’y jouer la mascarade, tout comme ils ont le désir schizophrène de la liberté et de l’esclavage.

    Le problème n’est donc pas la société en elle-même. Le problème est dans le scénario qui lui est donné de jouer. Tout repose sur l’écriture d’un scénar qui reposerait sur des valeurs autres que celle que les médias et consort veulent faire avaler aux pantins que nous sommes : le tout sécuritaire, repli sur soi, peur de l’autre, compétition, travail, famille et patrie. Rien de tout cela n’invite à la rencontre, à la découverte, ni à l’amour.

    L’individu « libre » quant a lui, qu’il y ait société ou pas, s’invente et provoque chaque jour des aventures. La société n’est pour lui qu’un vaste terrain de jeu dans lequel il y a une multitude de rencontres possibles. Inutile pour lui de souhaiter voir la société disparaître car elle ne représente pas un danger pour celui ou celle qui ose la rencontre, qu’elle soit anecdotique , passionnée, éphémère, ou mémorable. Le seul risque qu’il court, c’est de se heurter à des murs, à des humains conditionnés sous atmosphère protectrice, ou d’être prit pour un fou.

    Une société ouverte et altruiste, c’est parfaitement possible. C’est juste une question de propagande et de matraquage de cervelle, ça a fait ses preuves depuis la nuit des temps. Les méthodes resterons les mêmes, mais le message transmit sera (notez l’optimisme !) différent.

  12. Flivo ajoute:

    Mouais, subjectivisme, formalisme et idéalisme ( avec un vieux fonds platonicien), mais continuez le chaos dyonisiaque, il vous va bien au teint.

  13. zigzag ajoute:

    je ne connais nul homme ou femme ibre puisque tous ont été formatés dès le départ comme vous l’expliquez bien, par le dressage dès l’enfance et le s modèles et références qu’il s ont imités

    peut etre pensent-ils etre libres, différents parce qu’ils sont subversifs ? un peu ?
    vous même avec votre texte ci-dessus qui donne envie, ne formatez -vous pas les jeunes esprits qui sont vos élèves ? n’est-ce pa s là une relation sociale par excellence ? ne notez-vous pas ? ne suivez-vous pa sle programme ?

    bien sûr on peut reverser tout ça, tenter d’être autre chose… « libre. » ? ..mais dès lors qu’on met un pied dans cette ‘société’ par le travail, les soins, etc…on y adhère malgré soi
    l’enfant sauvage peut etre….

    voilà, moi je reve oui à cela, grandir à peu près sauvages, et ne pas reproduire les modèles sociétales, cohabitation avec l etre aimé, enfants, éducation, travail, loisirs etc…joli manque d’imagination que de perpetrer tout cela depuis des siècles…

    mais rever ne suffit pas, le vrai homme ou femme libre est celui qui acte : refus total de ce qu’il fustige, pas de compromission
    les mots ne suffisent pas, jamais

  14. Du pavot au Narcisse ajoute:

    Lettre ( trop courte ) à l’intension d’Oldcola.
    Je reconnais bien Anne Archet derrière votre masque.
    On reconnaît aisément sur vous son poil de chèvre sanguinaire,
    Sa manière facile de faire dans le bouc idéologue.
    Car, qu’est-elle d’autre le fier disciple d’un Khomeiny sur le retour ?
    Derrière sa douceur de chamelle errent des lendemains de fléau.

  15. Marie ajoute:

    Mon propos n’est ni calculé, ni délibéré, ni conscient, ni étudié, ni intentionnel, ni mesuré, ni mûri, ni pensé, ni pesé, ni raisonné, ni sensé et doit être compris comme tel.
    Depuis la nuit des temps, la plupart des penseurs, des philosophes, ont fait en sorte que la pleine conscience du droit, du devoir, de l’individu à s’assumer lui même s’efface au profit d’une organisation sociétale qui prétend régir intégralement, pour leur plus grand bonheur, la vie des hommes.

    Par ex Platon refuse tout droit à l’individualisme, tout droit à l’originalité, tout droit à la «  » liberté subjective » . Il prône une tripartition de la société : philosophes, gardiens, travailleurs. Etc etc…….Montaigne, ce grand humaniste, réserve à la femme une place de choix dans la société: » la plus utile et honorable science et occupation à une femme, c’est la science du ménage »" Merci Michel!!

    «  » L’activité philosophique relève d’une sève diminuée et d’une profondeur suspecte qui n’ont de prestige que pour les timides et les tièdes »
    Cioran

  16. Maphto ajoute:

    Plus je lis le journal et plus je pense que notre société est corrompue jusqu’à la moelle. On devrait peut-être suivre les conseils de madame Archet et s’en débarasser pour de bon.

    Reste maintenant à savoir comment on fait pour devenir un individu libre…

  17. AnusDei ajoute:

    Maphto dit : « Reste maintenant à savoir comment on fait pour devenir un individu libre… »

    On se suicide.

  18. Mephisto ajoute:

    Le suicide comme avenir de la sociétée? Je ne le renierai pas.

  19. AnusDei ajoute:

    « Le suicide comme avenir de la société?  »

    Seulement si il est collectif.

  20. Maphto ajoute:

    Je pense que le suicide est plutôt l’absence de toute liberté. Du moins, son état accompli…

  21. cadavreexquis ajoute:

    Je ne suis pas trop d’accord avec ce texte… Excusez moi si ce que je vais écrire n’a rien de philosophique ou sociologique.
    Tu ne peux pas dire que les individus seraient plus heureux d’une autre façon, tu ne le sais pas : les gens vivent, c’est tout ce qui compte, ils veulent mourir le plus tard possible et si la démocratie capitaliste n’est pas la perfection (qui n’est pas de ce monde), force est de constater que c’est là que les individus vivent le mieux. Oui il y a des dépressifs et des suicidaires, mais qui peut dire que c’est une loi du monde moderne : modernité = dépression ? (parole d’une dépressive chronique…)
    Je ne trouve pas que l’on puisse écrire à tout va le mot « formatage », nous ne sommes pas des logiciels. Les circuits neuronaux changent tout au long de la vie (!). C’est vrai, nous sommes une somme de représentations sociales et d’imaginaires collectifs, mais on a aussi la possibilité d’aller ailleurs, nous ne sommes pas condamnés, pas plus biologiquement que socialement. On ne sera jamais « tout neuf », il n’y aura jamais « d’homme nouveau », et si « la masse » nous semble une boule informe qui se reproduit, il reste une bonne dose de création, de possibilités individuelles.
    Tu ne sauras jamais quelles sont tes désirs natuelles : il n’y en pas, si ce n’est celui de survivre. L’homme est une boite à idées, il se différencie des animaux non en ce qu’il est social, politique, culturel, intelligent, raisonnable, mais seulement en ce qu’il peut avoir des expériences mentales telles que l’imaginaire : en gros, on scénarise pour appréhender le réel et faire des choix, certains plus que d’autres (voilà ce qu’est la schizophrénie, ce n’est pas seulement la contradiction…). Tes désirs dépendent donc du monde dans lequel tu vis, il n’y en pas de plus vrais, de plus naturels, il n’y pas de chaos à faire danser comme les étoiles, je ne crois pas à ce que dit Nietzsche le dessus.
    On n’abat pas un système parce qu’on a des désirs d’envol, on l’abat quand on a faim, quand on meurt dans des camps, quand on est surveillé par un grand oeil… Les intellectuels y greffent toujours de belles pages sur la liberté, mais ce ne sont pas eux qui font le monde.
    Tu vois, c’est beaucoup plus simple en réalité, ce que les hommes veulent.

  22. Yonatan ajoute:

    J’ai déjà lu des thèmes semblables dans des revues anti-civilisationelles (duh!).

    Revenir à l’état sauvage?

    L’abolition de la société ne pourra-t-être justement sans un mouvement de masse, à moins que l’action géniale et efficace des individus libres soit tellement intense et répétée que toute restructuration soit impossible.

    Je flotte entre deux électrons hésitants d’une société qui verse dans le morbide. (?)

    Sinon, étant donné ma relecture de l’Idéologie Allemande, je verse dans le marxisme pour l’instant, comme dernière idée-marchandise efficace à réifier pour régler le malheur cosmique. Tock a déjà tout dit.

  23. Maphto ajoute:

    Moi je pense que madame Archet propose une redéfinition du contrat social entre les individus. La démocratie devait justement permettre aux citoyens de se réapproprier les instances étatiques mais elle a échoué lamentablement. Notre société contemporaine n’est pas démocratique mis à part un doux vernis qu’elle revêt pour confondre les pauvres âmes crédules qui croient encore aux promesses des politiciens.

    Le contrat social passerait probablement aujourd’hui par une dynamique individualiste. C’est-à-dire que l’individu se réapproprie ce que la société et l’état lui ont volé, soit sa liberté, le droit de ne pas travailler comme un esclave pour une corporation, la possibilité de vivre selon ses désirs et ses passions dans une quête effrénée d’intensification de sa propre existence, etc.

    Bref, c’est une éthique égoïste.

  24. CURIOSITE ajoute:

    Si la fierté est parfois associée à quelques minorités, ici, elle le serait plutôt tenue de virtuelle.
    En effet, pour ma plus grande joie, je viens de ressusciter mon premier site et constate avec plaisir, que cette réminiscence d’un monde des premiers âges de mon écriture, où vous n’existiez pas sur la toile, s’adapte très bien à son nouvel environnement moderne.
    Malgré les changements d’enseigne des hébergeurs du site, il n’a rien perdu de ses liens, ni même de sa forme.

  25. Rémi Legrolandais ajoute:

    Dire que l’homme est un animal social ne le distingue en rien des autres animaux qui vivent tous dans des sociétés avec des règles encore plus rigides que celles des hommes.

    Plutôt qu’animal, l’homme est une bête sociale dans toutes les acceptations du mot bête : « féroce, violent, grégaire, suiviste, … etc. Son comportement reste, en grande partie, dominé par ses instincts le plus reptiliens que l’on appelle inclinations ou désires naturels et qui sont à la base de la loi de la jungle qui gère nos économies de marché, entre autres.

    Enlever la sociabilité aliénante à l’homme, c’est le ramener à cette état de pure bête.
    Le laisser avec cette aliénation n’est pas mieux.
    Alors quoi faire ?
    Mais, est-il toujours sage de faire quelque chose !

    Le problème ne se situe, peut-être, pas dans le genre de société ou l’absence de société dans laquelle l’Homme vit mais le problème est probablement cet Homme, lui même, qui est trop bête pour être humain et trop social pour être libre, si liberté il y a.

    Alors, au lieu de chercher à changer l’immuable, avec tout ce que peut comporter ce chimérique changement de conflits, de sang, et d’autres catastrophes inutiles, mieux vaut, peut-être, cohabiter avec, tout en essayant de rester vaillamment distant.

  26. AnusDei ajoute:

    CURIOSITE largue des virus…N’y allez pas!

  27. CURIOSITE ajoute:

    Ah ?
    Des virus OGM ?

  28. oldcola ajoute:

    Des virus OGM ! plein mon placard congélateur -80 °C. Plein veut dire des centaines de milliards, pas moins, et ce n’est pas une figure de langage.

    Et un intérêt appuyé pour les GMP (Genetically Modified Pathogens) destinés au bioterrorisme (mais plutôt à base de bactéries, les virus sont un peu délicats pour certaines applications).

    Y-en-a que ça intéresse par ici ?

    AnusDei, le suicide collectif n’est plus à la mode, il y en a qui l’ont pratiqué. Résultat, pas un seul apôtre de vivant pour passer la bonne parole. De quoi leur décerner un Darwin Award on memetics.

    « la nausée » je trouve bien bête de vomir sur le clavier de ton ordinateur, ça fait coller les touches après. Essaie de faire comme moi, lire posts et commentaires dans un aggrégateur RSS, où tu pourra appliquer le style qui te sied le mieux.

  29. CURIOSITE ajoute:

    > Oldcola
    Car je n’éprouve de l’admiration que pour ceux que leur création dévore,
    Dans mon interrogation, n’y voyez rien de personnel, ni même de l’ordre de la cyber-méchanceté.
    Je me demande si, des placards polaires de vos recherches, un virus couve en vous.

  30. cadavreexquis ajoute:

    rémi, excuse moi, mais écrire autant de clichés, ça frise la dissert de terminale.
    Personne ne sait ce que l’homme vaut en dehors de toute culture et société. Tu ne peux pas dire une vague assertion style l’homme est un loup pour l’homme parce qu’il y a en effet des meurtriers et que si on n’avait pas nos systèmes, on partouzerait sur les trottoirs et tout le monde tuerait tout le monde à coup de bombe à chiottes. C’est stupide de prétendre que 1) il y a une nature humaine et que 2) cette nature humaine est décidemment trop vilaine. Tu n’en sais rien, et on doit reconnaitre à Sartre d’avoir proposé la condition humaine plutot que sa nature.
    Redéfinir un contrat social, oui, mais affirmer que nos pulsions sont enchaînées, mauvaises ou bonnes, niet. J’adhère pas.
    Et puis d’abord, arrêtons de se regarder.

  31. oldcola ajoute:

    >CURIOSITE
    Ca m’étonnerait, ce sont des bactériophages, je vous espère plus évolué(e)s que leur quotidien.

  32. CURIOSITE ajoute:

    >Oldcola
    L’hygiène intime aurait eu raison de mon pauvre être depuis belle lurette.
    Néanmoins, peut-être que dans les errements d’une phase de régression incontrôlée, en période d’oestrus, mon histoire cellulaire pourrait retourner chercher le flagelle perdu par mon spermatozoïde dans le ventre de maman. Toutes les histoires d’amour laissent des traces, surtout celles qui durent.

  33. AnusDei ajoute:

    >CuRiOSITé

     » A virus or unwanted program was found: PHISH/BANKFRAUD  »
    Cette alerte apparaît deux fois de suite lorsque je me connecte à ton blog virulent et pathogène.

  34. CURIOSITE ajoute:

    Ah ?

  35. Francis ajoute:

    L’ANARCHIE C’EST DANS TA TÊTE!

    Il me semble que la meilleure place de l’anarchie, c’est dans votre tête, comme un éternel lendemain qui chante, qui vous fait du bien, car vouloir l’imposer ( proposer?) se terminerait évidement dans un bain de sang, aussi belle et sincère que soit votre utopie, or je suppose que ce désir d’abolir l’état, vous l’avez par amour des gens, pas par haine? Il me semble que vous ayez une vision trop angélique de la personne humaine : regardez ce qui c’est passé là où il y a eu très peu d’état, beaucoup d’anarchie : viols, meurtres, etc… et pour lutter contre ça, les gens commencent à dialoguer, s’organiser etc… donc recrèer un état qui est un moindre mal, un mal nécessaire, toujours à améliorer. Je pense que les progrès vers plus de liberté, d’autonomie, de respect se trouve dans les petites choses concrètes, petites améliorations jour après jour.
    Autrement, si vraiment vous désirez abolir la société, faites-le vous-même, à l’image d’Henry-David Thoreau : allez construire seule une cabane dans les bois (vous avez de belles grandes forêts) sans rien utiliser, strictement, de ce que la société produit et vivez-y en totale autarcie ; vous vivrez une expérience anarchiste de façon totalement pacifique! Sauf du point de vue de l’écologie…
    Désolé d’être pragmatique… autrement, pour les délires, il y a l’art, la littérature, espaces de liberté sans limites, c’est toujours ça.

  36. sis ajoute:

    Pour un peu de temps libre…

  37. Nim' ajoute:

    C’est un fort beau texte, éminemment bien construit, appuyant là où ça grattait déjà et appelant à tout un tas de commentaires évidemment critiques. Je ne serai pas longue, les autres commentateurs ont dit des choses bien plus intelligentes, avec lesquelles je suis plus ou moins d’accord selon les cas, mais je rajouterai seulement une petite chose quasi-anodine qui a heurté mes yeux et qu’il ne me semble pas avoir lu dans la trentaine de commentaires précédents.

    Stigmatiser les relations sociales comme pilier du joug de l’homme, je veux bien, mais d’après certaines acceptions, toute interaction entre êtres humains est une relation sociale. Pire, une société -au sens littéral- se crée dès que deux êtres humains interagissent, pour certains sociologues et consorts. Et personnellement je suis plutôt d’accord avec cette acception-là. Dans ce cas-là, le texte perd son sens… Et j’avoue que ça m’embête, parce que sinon le raisonnement est brillant.

  38. le Loir ajoute:

    Je n’essairai pas de jouer au malin et dire des choses pour prouver que je suis intelligent. Je vais simplement vous remercier pour vos notes d’anarchistes individualistes. C’est toujours agréable de voir que nous ne sommes pas seul. Et bonne journée! :)

  39. Pierre ajoute:

    Ni gauchiste, ni anarchiste, je vous dis chapeau bas, Mme Archet .

  40. Professeur Y ajoute:

    Ce texte (comme tout ceux que j’ai lus sur ce blogue), une fois débarrassé de ses ridicules paillettes intellectualisantes « à la mode de mai 68 », témoigne d’une ignorance épaisse, lourde, accablante, affligeante, à faire lever les yeux au ciel. C’est un bel exemple du nouvel obscurantisme qui enraye toute véritable pensée; on fait semblant de s’affranchir avec fracas, mais on ne parvient qu’à tourner en rond en faisant la preuve qu’on ne connaît rien à l’homme, ni à la liberté.
    Je dois dire cependant à votre décharge, Madame Archet, que vous faites l’économie des nécessités logiques les plus élémentaires avec un applomb qui force l’admiration. Abolir la société? Mais faites, je vous en prie; elle va renaître aussitôt, identique à elle-même, à ceci près qu’elle sera peuplée des imbéciles qui croiront l’avoir abolie. D’ailleurs tout ceci a déjà eu lieu, dix fois plutôt qu’une, et se répète inlassablement depuis des lustres, partout en Occident.
    Personne n’a fondé, ni établi, ni défini la société. Vous voudriez qu’il en soit autrement, n’est-ce pas? Vous voudriez qu’il y ait un « complot » visant à vous faire rentrer dans le rang, ce qui pourrait vous donner l’illusion qu’il faut s’y dérober? Voilà bien ce que c’est que votre anarchisme de pacotille; un délire de persécution pour adolescents attardés. Si seulement vous saviez ce que votre ineffable, votre émouvante, votre innocente bêtise doit au Christianisme…

  41. Anne Archet ajoute:

    Yannick, faudrait apprendre à lire avant de faire un commentaire.

    (Je n’arrive pas à croire que je dois apprendre une telle chose à un doctorant.)

    Oh, et un seul aurait suffi, en passant.

  42. Professeur Y ajoute:

    L’emploi de mon prénom véritable est ici pour le moins indélicat; ça m’apprendra à frayer avec des gens qui veulent abolir la société, et partant toute forme de politesse. Mais on ne m’y reprendra plus.

  43. Anne Archet ajoute:

    L’indélicatesse, c’est de répondre à des arguments en traitant la personne qui les expose d’ignorante.

    En fait, non, ce n’est pas de l’indélicatesse, c’est de la mollesse intellectuelle.

  44. lycorne ajoute:

    « Abolir la société » est un article d’une excellente qualité parce qu’il suscite notre questionnement sur notre condition sociale.

    Comment donc s’épargner la vanité d’abolir la société tout en atteignant l’ultime perfectionnement ? Que l’individu devienne non pas seulement adulte mais homme et au lieu qu’il ait des désirs et des passions, que cet homme soit devenu homme (ou femme) Dieu parce qu’il aurait été infiniment humain et infiniment souverain.

  45. Pieyre ajoute:

    Pour résumer tout ça simplement, il y a toujours la phrase du bon vieux Léo Ferré: « On naît seul, on meurt seul, entre les deux, il y a les « faits divers ». Fais tout ce que tu peux pour qu’ils ne te soient pas imposés. »

  46. yenayer ajoute:

    Pour ma part, je ne vois rien, venant de la société (occidentale), qui entraverait la liberté individuelle de chacun. L’individu y est roi, ne dépend de personne, n’a aucune contrainte morale et encore moins religieuse. Il peut clamer tout haut que sa vérité est la vérité sans que personne ne le contredise. Il peut choisir la « religion » qu’il veut et surtout s’en fabriquer une à sa mesure en mixant tout ce que le marché de l’ésoterisme et la spiritualité met à sa disposition. Il peut être con, idiot, ignare et crétin et crier tout haut qu’il assume, alors il passera à la télé et sera fait star. Il peut être homosexuel, bi-sexuel, hétéro, queer, même zoophile… et jusqu’à pas très longtemps ( à peine 30 ans) pédophile sans souci.
    En fait, l’individu est tellement « libre » qu’il est seul … en demande de liens, de contact, de l’autre. L’individu est désamparé constament à la recherche du regard de l’autre pour se sentir exister…en fait à la recherche de la société dont il s’est affranchi.

  47. tiniak ajoute:

    tsi hi…
    « La lutte pour abolir la société est plutôt une lutte pour abolir le pouvoir.  »

    C’est peut-être cette phrase qui valide à mes yeux le reste de la démonstration.
    En 1968, se met en marche la libération de l’individu des carcans moraux, des castes… d’une société du devoir.
    Bientôt quarante ans plus tard, force est de constater que ces premiers pas de l’individualité a permit au Grand Capital de surfer sur la vague individualiste pour mieux creuser les écarts entre les « laborieux » et les « profiteurs ».
    Anarchie… NI DIEU! NI MAÎTRE!
    C’est bien du pouvoir de ces entités sociétales qu’il s’agit de s’affranchir dans le projet anarchiste. Pas de la société.
    Une société constituée des individus les plus libres et les plus responsables possibles verra disparaître des mots tels que soumission, prison, dévotion… Une valeur centrale : l’humain, plein et entier, corps et esprit.
    Un principe éthique : l’éducation, considérant l’homme perfectible et s’attachant à l’armer contre les forces animales de la peur, de la domination, de la morbidité.

    C’est vrai que ça fait du bien d’en parler, hein ?

    Merci de votre attention… et de la variété de vos commentaires.

    (propos libertaires tenus depuis le doux pays de France)

  48. tiniak ajoute:

    @tok et celles et ceusses qui usent du mot « individualisme » :

    L’individualisme est un système – l’anarchie le récuse!

    L’individualité est un état – l’anarchiste en abuse!

    Il m’a semblé que les propos d’Arnet interrogent davantage la notion de soumission (au pouvoir, aux usages) qu’ils ne cherchent à démontrer un carcatère inique de la société.

    C’est l’effet pervers de l’instinct grégaire qui est mis en cause, pas le contrat social.
    NI SALAUD! NI MOUTON!

  49. Pascalou ajoute:

    G pas tout lu, mais le quinqua (68…!) libre ke je suis a beaucoup apprecie de lire une petit soeur oser se jeter ; Tock, je ne t’envie pas, trop de cynisme et d’aigritude pour etre epanoui et construire sur ces bases là,j’espere et te souhaite de meilleurs sentiments à vivre . Anusdei, j’appprecie cette oto-dérision et te souhaite de continuer meme si je sens comme une sourde entrave a tes pensées, reste souple ! Flivo, arrete de te la peter : la carte n’est pas le territoire !!! et un intellect n’est qu’une abstraction…du Monde. Zigzag, on se voit quand tu veux…si ça fée pa tro cher en intendance……Marie, je n’ai pu te lire qu’au moment où j’ai oublié tous tes « ni », ta liste de philosophes me semble restreinte, pour l’extreme oriental ke je suis. Ah! Maphto, ta temperance fait du bien, serait ce la sagesse qui t’habite ? puisse tu te concretiser !!! Cadvreexquis, pour quelqu’un qui rabache l’impossibilité de savoir, je pense que tu en sais trop…, comment puis je prendre au serieux tes tentatives d’abstraction ?!?!?! Francis, tu confonds Anarchie et Chaos, et l’experience que tu proposes ne l’appelle t-on pas retraite ou ermitage chez certains philosophes ou religieux ? si l’anarchie c’est fuir l’Autre alors comment la partager…?! Professeur Y, tu as oublié l’espace, Pro Fesseur te va mieux…c’est moins docte mais si vraisemblable…! Yenayer, mets des lunettes !!! la plupart de mes copains d’adolescence sont morts ou ont connu la prison et d’autres déchéances pour avoir acté ce que tu as ecrit !!! le « libre » ?, plutot le « Vide »!
    A Tous : j’ai beaucoup apprecié vous lire , et participer a votre dialectique ; je vous invite a lire Alfred Elton Van Vogt, c’est à ce jour la seule description elaborée d’une « société » anarchiste viable où la culture de nos capacités réduit à l’etat d’anecdotes le doute des hommes : le monde des non A, Le colosse anarchique, …etc….Ma chère Anne, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, ni l’idée de Famille ou de Société en voulant se débarasser de ses travers, pour ma part la liberte je pense la cultiver en ne sortant pas de « la peau du premier : celui ki a trouve la roue n’a pas eu de maitre pour lui montrer, pas de dessin où la recopier, tout juste sa faineantise pour le motiver( en plus du reste…), et j’en aime d’autant plus mes Amis, mes Compagnes et mes Semblables tout tordus ou abimes qu’ils soient. je ne pense pas que notre espece aie, pour l’heur, un veritable avenir , mais le bonheur, à ce qu’on m’a dit, n’est pas une destination tout juste un chemin…qui pour un anarchiste ne passe pas par le pouvoir social ou l’argent, plutot par l’être, le partage,…. et…..l’Amour !!! Mes meilleurs sentiments à tous !!!

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