Le mot, l’image et la sécrétion

Dans ma courte existence, j’ai dû lire des milliers et des milliers de pages de littérature obscène, mais — je l’avoue bien humblement — je n’ai consommé que très peu de pornographie audiovisuelle.

Pour ce que j’ai pu en observer, une des différences fondamentales entre les deux genres est l’absence flagrante, dans les vidéos, de ces détails triviaux que sont la morve, la sueur, le cérumen, le sang, les excréments. Par exemple, les rapports anaux sont étonnamment propres, faciles, aseptisés même. En fait, la seule humeur qui semble avoir le droit d’exister au grand jour est le sperme, à un tel point qu’il est inimaginable, dans ce genre de représentation, d’oser éjaculer ailleurs que sur le visage de sa partenaire.

Oh, et la salive me semble particulièrement sous-exploitée. Pourtant, que serait l’amour sans elle?

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21 commentaires pour “Le mot, l’image et la sécrétion”

  1. AnusDei ajoute:

    Ce serait l’amour sans ailes.

  2. Comme une image ajoute:

    Évidemment très d’accord avec ça.
    Et ça manque aussi de baisers.

  3. Madrilene ajoute:

    J’ai eu l’occasion d’assister à un debat sur la pornographie et en particulier sur la question de savoir si la pornographie faite par les lesbiennes en direction des lesbiennes se demarquait de la pornographie « commerciale » traditionnelle.

    Une participante qui a fait des stages dans des boites de prod américaines, disait que systematiquement tout ce qui pouvait etre secrété par le sexe des femmes etait essuyé « manu militari », bref que la vision idéologique était effectivement un sexe féminin aseptisé (pas de poil, pas d’hydrolats…) et soumis ou deferlement diarrhéique du phallus surpuissant et aveuglant !

    Ce qu’il faut comprendre c’est que le porno audiovisuel est un produit qui est fabriqué, fabriqué comme une savonnette, avec des codes trés strict et qu’en aucun cas il ne s’agit d’amour car il n’y a pas de place pour l’organique et l’imprevu : la majorité de la pornograhie est mécaniste et rentabiliste (permettre au spectateur (qui est trés majoritairement un homme) d’arriver à la jouissance le plus rapidement possible).

    Ceci dit il est trés interessant de voir la pornographie des années 70, bcp plus libre et inventive dans sa grande majorité (il y a tjrs des marges même dans le systeme ultra capitaliste de la prod pornographique actuelle…)

    Ca crachotte quand même un peu en pornographie, mais surtout rapidos dans la main ou direct sur le sexe pour lubrifier, mais vu que jusqu’à présent ils mettent pas de micro camera dans la bouche des acteurs qui par ailleurs ne s’embrassent pas des masses (c’est surtout ca qui est en pénurie)….

    En revanche on voit de plus en plus de « femmes fontaines »

    Quant aux excrements, il doit bien y avoir quelques sites spécialisés un peu hard qui en propose : comme j’ai pas de penchants scatophiles, j’ai pas été voir mais je suis sure dans le marché « segmenté » au possible de la pornocratie qu’on doit trouver ca trés facilement (sans parler de l’ »uro »sphere »)

    Mais je pense que tout le probleme est dans la dé-monstration et dans ce qui est donné a voir : la pornographie majoritaire n’a pas de secret, et du coup se fout pas mal de la question de savoir comment montrer les secrétions de la réalité…

    Il s’agit moins pour ceuxqui font cette pornographie d’aller chercher le point aveugle et elastique de notre imaginaire mais de construire (sans montrer ce qui est retranché) un « objet » scopique absolument artificiel, sans laisser voir que cette vision omnipotente est en fait le résultat de nombreux retranchements…(sans parler du son qui n’est quasi jamais en prise direct mais trés souvent l’objet d’un doublage, ce qui peut parfois etre finalement assez drole) dans la majorité des cas on a des scénario sans jeu…or même une horloge pour pouvoir fonctionner nécessite que ses rouages soient légérement désajustés…
    Bonsur ces considération, bonne bave a tout le monde

  4. Madrilene ajoute:

    si t’as gardé tes chaussures à talons haut pendant la baise, c’est que t’es dans un film porno !

  5. Prax ajoute:

    A force de fabriquer des lubrifiants aux arômes divers et de synthèse, on en oublie le naturel. Retrouvons le gout des choses simples, léchons bio.

  6. X-Addict ajoute:

    Je suis explosé de rire … bon aprés la gerontologie tu visites la scatologie ?
    Images un instant le male virile sortant bistouquette légerement entachée de delit rectale, aprés un assaut fort satisfaisant des deux . Avouons une fois pour toute, capote mise ou pas, que l’effet visuel n’y est pas.
    Pour le reste je ne sais, il n y a que vous pour regarder la fiente pornographique et ses images d’épine ale.
    Vous ne me choquerez pas !

  7. Madrilene ajoute:

    (j’ai réfléchi(é) à un truc : si le parti pris de certains porno est une femme « poupée gonflable », c’est normal qu’il n’y ait pas de mierdre dans les scenes anales… l’idéologie est assez logique avec ses idéaux finalement)

  8. François ajoute:

    Le rapport sexuel est comme même généralement l’ union des parties intimes d’ un homme et d’ une femme pour procréer un enfant ou une habitude pour prendre du plaisir; à ce statut je ne comprend pas la raison pour laquelle des films montrant ces scènes sont interdits aux moins de 18 ans.

  9. François ajoute:

    Parce que si l’ adolescent(e) s’ habituent à regarder des films de violences interdits aux moins de 16 ans et bien à l’ age ou Ils entreprendront de procréer ou même de réaliser leurs propres actes sexuel, les problèmes conjugaux peuvent être présents car il est possible qu’ un état psycologique vulnérable s’ est installée dans les consciences à l’ age de 16 ans.

  10. François ajoute:

    Il serait donc meilleur d’ apprendre l’ Amour avant la Violence

  11. Zhom ajoute:

    Personne ne dirait « je consomme de la littérature », encore moins « je suis un consommateur de poésie. » Mais l’expression « consommateur de porno » est malheureusement adéquate. Le hard au cinéma, c’est encore l’équivalent d’un cheeseburger double avec bacon : Ça n’a pas de goût mais ça bouche un trou.

  12. Gros Yeux ajoute:

    Anne Archet souille systématiquement les godes qui pénétrent ses orifices. Soit. Mais elle ne doit pas généraliser son cas aux trous de tous ses contemporains. Certain(e)s ont la délicatesse de se récurer même à l’intérieur.

  13. Madrilene ajoute:

    gros yeux –>enfin un usage pour le goupillon tombé en désuétude avec les hussards de la raie publique !

  14. Harold ajoute:

    Cette remarque est juste (les éjaculations ont aussi lieu sur les seins des actrices), mais elle n’est valable que pour le porno nord-américain « mainstream ». La production occidentale actuelle s’oriente, à coté de ces films « fers de lance », vers des niches de marché (films ultra-spécialisés scatophiles, par exemple), avec des films à visée « réaliste », réalisés en plan-séquences et son direct (technique appelée « gonzo »). C’est une manifestation du fameux phénomène économique lié à Internet et théorisé sous le nom de « long tail » (no pun intended).

    Dans cette standardisation d’un marché mondialisé du sexe, un peuple résiste vaillament à l’envahisseur de la foufoune rasée nord-américaine garantie 0% mouille: les japonais. Certes, l’immense majorité de leur production est censurée (mosaiques aux endroits intéressants), mais il existe des versions dites « export » (et disponibles sur Internet) qui montrent toute la créativité et l’inventivité de ce peuple. D’abord, l’orgasme de l’actrice est souhaité et recherché. Toute une panoplie de gadgets vibrants et tournicotants sont d’ailleurs utilisés à cet effet le plus souvent. Ensuite, les fluides sont à l’honneur, ainsi que les poils (pas systématiquement pour ces derniers, mais le plus souvent). Enfin, tout est montré comme dans la réalité, même les accidents de parcours lors de rapports anals. J’ajoute aussi que les acteurs sont de « taille normale », ce qui évite aux spectateurs de développer inutilement des complexes à cet endroit…

    Certes, les actrices japonaises doivent se conformer systématiquement à l’image de femme lubrique à tendances masochistes, dominée impitoyablement par le mââââle japonais triomphant, mais dans l’ensemble, ces films dégagent une impression de fraîcheur et d’authenticité que l’on rencontre rarement ailleurs (le plaisir des actrices y est sans doute pour beaucoup). Là aussi, il y a des niches de marché, et à vous de trouver votre bonheur parmi les films de souleveurs de jupe en place publique, ceux de tripoteurs du métro ou de mangeurs de vomi (bon appétit). Toujours surprenant, parfois dérangeant, le porno japonais est ce que le porno occidental aurait du toujours être: un hymne aux corps, à la chair et au plaisir des deux partenaires.

  15. tock ajoute:

    Consommé ?
    Perso, j’ai jamais rien payé.

    L’industrie du porno n’est qu’un détail de la société porno qui la crée. La « pureté » porno est une simple forme de vulgarisation, un lissage marketing. Ca fait causer les révoltés du porno.

    Sans salive, je ne bande pas.
    Avec salive, je jouis. Encore une toute petite fois… une toute petite dernière fois.

    Après, j’arrête.

    Et alors, le porno « indus » pourra entrer dans les écoles. En cours d’histoire.

  16. Jacques ajoute:

    Mon petit grain de sel :

    La pornographie reflète le pire de nos instincts de mâles chasseurs de femelles. Il en faut beaucoup, tirer des coups ou la durée et le nombre de fois sont plus importants que la qualité. Et surtout que le plaisir de la partenaire.
    Avez vous déja vu dans un film X, une actrice simuler un orgasme. Elle simule le plaisir, le fait de se faire bourrer par une grosse qui la défonce, et c’est tout. Alors que les hommes doivent obligatoirement montrer leur « jouissance ».
    Quand au secretions, poils …, il ne faut quand même pas oublier que c’est avant tout une industrie qui est là pour faire du business. Si demain, la mode changeait, on verrait immédiatement les films changer également.
    Quand à la déclassifiation des films X. Espérons que jamais ça n’arrivera. Et je ne dis pas ça par pudibonderie ou « bienpensance ». Comment pourrait-on montrer un film X à des jeunes qui n’ont pas encore eu d’éxpériences. Quel serait le résultat ? Une sexualité totalement déformée, à base de femme objet, de changements de positions (et quelles positions) toutes les 2 mn et d’éjaculation en gros plan sur le visage …

    Ce type de film devrait être interdit à tous ceux qui n’ont pas encore eu suffisament d’expériences pour en « gouter » toute l’ironie.
    Et quelle ironie : je mets au défi qui que ce soit de refaire exactement une scène et d’y trouver du plaisir, alors que c’est exactement ce que c’est sensé montrer …
    Mais je n’énerve, alors j’arrète là, en vous invitant à laisser ces films au magasin, et à vous plonger dans un bon roman érotique, ou l’imagination va vous faire fantasmer beaucoup plus que ce vulgaire étalage de chair.

  17. Darc ajoute:

    @Madrilene : rentabiliste, de ne pas montrer les sécrétions féminines? Je ne pense pas. Le spectacle du plaisir féminin (avec ses « preuves » concrètes) à toujours été un stimulant pour les mâles de notre espèce. Je penche plutôt pour une bizarrerie de la législation américaine concernant « l’obscénité ».

    En gros, il s’agirait d’accepter de montrer du sexe mais sans « bavures », « coulures » ou autre « déchet »… Je ne suis pas sûr de mon propos, mais je me rappelle avoir lu que le pornographe Seymour Butts avait été condamné pour « obscénité » à cause de sa propension à montrer des sécrétions vaginales dans ses films. Simple reliquat de pudibonderie américaine qui s’exprime, donc.

  18. Madrilene ajoute:

    Hello Darc

    ma remarque sur la rentabilité ne concernait pas l’essuyage des sécrétions féminines. La rentabilité c’est par exemple de savoir que le public est à 85 % masculin et que commercialement parlant (et sans grande nuance) il est plus vendeur d’adopter le point de vue de la domination masculine sur un objet « erotique »n et d’évacuer le « sujet » féminin, en gros de l’effacer et de l’escamotter d’où l’essuyage
    Finalement, cette pornographie bien particulière (je suis absolument pas contre la pornographie bien au contraire et je ne pense pas que ttes rentre dans ce cadre restrictif), donne aux masturbateurs des scènes masturbatoires ou « l’autre » est utilisé comme un objet.

    si cela s’appliquait au deux sexes, cette interdiction de la sécretion à l’écran, mais force est de constater que les flots de spermes déversés ostensiblement ne sont pas le moins « obscenes » du monde au yeux du censeur américain : je pense qu’il s’agit d’une manoeuvre idéologique, ce type de pornographie n’est surtout pas là pour présenter ou represnter le plaisir féminin, elle n’est ici qu’un accessoire une poupé gonflable un chuia plus animé mais ravalée au même rang, il est donc logique qu’il ne s’écoule rien d’elle….A ùon avis ce qui dérange leplus les pudibonds c’est effectivement la possibilité du plaisr féminin qui les inquiete tellement….
    Je ne connais pas Seymour Butts, je vais voir ce que je trouve sur le net…
    C’est drole que tu parles de « preuves » concretes pour le plaisir féminin, parce que justement c’est parfois trés trés difficile voir impossible à « prouver » et rien que ca ca doit faire flipper pas mal de mâââles ;-)

  19. Madrilene ajoute:

    Darc re, au fait, (quelques temps plus tard…) je suis aussi d’accord avec ton analyse sur le fait qu’un sexe féminin « baveux » est surement plus obscene pour les censeurs americains et sans doute que le côté « hygiéniste » y est peut etre aussi pour quelque chose…
    Ceci dit avec internet, la censure a perdu bcp du controle qu’elle pouvait avoir quande le X était encore diffusé uniquement en salle….

  20. Mistral ajoute:

    Cibole, Anne ma soeur Anne, je m’ennuie du temps où tu suscitais des commentaires de weirdos haletants, désireux de te sauter. Tu t’en plaignais, on compatissait, c’était le bon temps marrant. À cette heure, on jurerait que ton lectorat s’est renouvelé dans les rangs de l’ADQ et des Enfants du Saint-Esprit Rectangulaire.

    Par ailleurs, stricto cinema sensu, quand les plottes auront une micro-caméra dans le fond de la boutique, on n’aura plus besoin de voir venir les mecs sur leurs joues. D’ici là, on veut pas le saouère, on veut le ouère.

  21. oldcola ajoute:

    Cette idée de µ-caméra change le sens de la « caméra cachée ». Je suis certain que l’on pourrait monter quelque chose avec un endoscope vaginal. Vais consulter l’autre Anne à ce sujet Christian. Il y a une super-production à faire, avec des capotes luminescentes qui changent de couleur lors de l’augmentation de la température par le frottement !

    En attendant de disposer de la vidéo, des images obtenues par résonance magnétique vous donnent une idée (en noir et blanc)

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