Lorsque j’entrai dans la chambre les bras chargés de paquets, ma nouvelle partenaire de chambre avait déjà fini d’emménager. Une mignonne couette lilas avait été étendue sur un des deux lits et tout son barda était rangé, hormis un soulier rouge à talon haut placé sur la première tablette de son étagère.
— Bonjour, je m’appelle Aurore, me dit-elle gentiment. J’espère que ça ne te dérangera pas trop si j’ai déjà choisi mon côté. On peut changer, si tu le préfères…
— Non, ça me va. La fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt!
Elle se mit à rire avant que je ne m’aperçoive de la blague involontaire au sujet de son prénom. Je rougis et pointai du doigt la chaussure sur l’étagère, histoire de faire dévier un peu la conversation en lui demandant si elle avait perdu l’autre.
«C’est un souvenir de la maison», m’expliqua Aurore. «Ma mère tenait dans notre bungalow un club échangiste — en fait je devrais plutôt dire un bordel, puisqu’on y échangeait surtout des faveurs sexuelles contre des billets de cent dollars. Après l’école, mon copain Patrick venait dans notre sous-sol attendre la fin du quart de travail de sa maman et nous jouions au ping-pong. Nous n’avions à notre disposition qu’une seule raquette; l’autre était fort probablement mise à toute autre utilisation par une des filles de maman. Heureusement, il y avait cette chaussure qui traînait…»
Aurore étira le bras, attrapa le soulier et me le remit.
«Tu vois, la sangle est brisée, et la semelle est bien large…»
Le hochai la tête.
«Patrick s’arrangeait toujours pour avoir la raquette en me disant que la chaussure était pour moi puisque c’était une godasse de fille. Ce n’était pas si difficile à utiliser qu’on pourrait le croire. Puisqu’on jouait des heures et des heures, jour après jour, Patrick devient très habile, mais j’étais meilleure que lui. Je lui faisais littéralement mordre la poussière!
Un après-midi, en plein milieu du troisième match revanche de Patrick, je remarquai du coin de l’oeil un homme qui descendait les escaliers.
— Ah! Voilà ce qui explique tout ce bruit! dit-il en s’approchant.
Comme nous faisions mine d’arrêter, il ajouta:
— Non, continuez, c’est un rythme parfait pour…
C’est à ce moment que ma mère, en peignoir, vint nous rejoindre avec quelques-unes de ses filles.
— Te voilà, chéri! dit-elle sur un ton badin. Allez, monte, petit coquin; nous n’en avons pas fini avec toi!
— Quel âge a-t-elle? demanda-t-il à ma mère en me regardant d’un drôle d’air.
— Trop jeune pour toi, répondit-elle sèchement.
— Tu as raison, évidemment. Qu’est-ce qu’elle porte, au juste? Deux souliers, un t-shirt, des shorts, une petite culotte, probablement… et si on jouait une petite partie de strip ping-pong?
— Ne sois pas ridicule, lui répondit maman.
— Dix mille dollars par point. Mais si je me rends à cinq en premier, je gagne la fille, proposa-t-il simplement.
Pendant que ma mère réfléchissait à cette offre mirobolante, son client prit la raquette de Patrick et me fit une frappe directe au coin.
— Un zéro, on enlève une chaussure! déclara-t-il sur un ton railleur.
J’étais alors déséquilibrée et le salopard savait foutrement bien jouer. À coup de flips et de spins, il gagna un point, puis un autre et je dus retirer mon t-shirt. Heureusement pour moi, mes seins étaient juste assez développés pour gigoter et j’ai pu grâce à eux remporter les quatre points suivants.
Je servis pour le match, mais il répondit par un smash du tonnerre de dieu. J’en fus donc réduite à enlever mon short. J’avais à cette époque tout juste assez de poils pour jeter une ombre sur mon petit mimi et j’espérai que le spectacle qu’il offrait aurait sur mon adversaire un effet comparable à celui me mes tétons en début de match. Je lui servis donc une balle liftée et il me la renvoya en la liftant de plus belle. Je tentai alors de couper mais le talon aiguille de ma raquette-chaussure transperça la balle et l’empala. Point de match.
L’homme signa un chèque et le remit à ma mère qui pleurait toutes les larmes de crocodile de son corps. Quant à moi, je le suivis jusqu’à sa voiture, nue comme un ver et chaussure de ping-pong toujours à la main.»
— Wow, commentais-je un peu bêtement. Est-ce que tu as… je veux dire, est-ce qu’il t’a…
— Bien sûr que non! il ne m’a rien fait. Bien au contraire, il m’a conduite au centre d’accueil.
Je la dévisageai, interloquée.
— Ben quoi? Rien n’empêche les agents de la protection de la jeunesse d’aimer le ping-pong… me dit-elle malicieusement.










(le 23 mai 2007 à 3h24)
Chute bluffante après la tension de l’échange de balles.
(le 23 mai 2007 à 7h30)
Mon Dieu, Mon Dieu … que j’ai eu peur.
Heureusement, la morale est sauve.
(le 23 mai 2007 à 8h03)
et sinon: collocataires … en centre d’acceuil ?
(le 23 mai 2007 à 8h27)
C’est quand même étrange qu’un « agent de la protection de l’enfance » profite de la mère, et de ses « filles », puis foute à poil une gamine, qu’il achètera en suite à sa mère pour… le remettre aux services sociaux.
Un personnage aussi surprenant et riche que l’homme en question ne serait certainement pas à ce poste, à moins d’être passionné, auquel cas il ne s’intéresserait qu’aux enfants, et pas au reste ni à leur nudité. De plus il ne paierait pas la mère.
Bref, bien que j’aies aimé la chute, je l’aurais appréciée encore plus s’il s’était agit d’un simple millionnaire qui, rongé par le remord, aurait fait de la vie de la petite fille quelque chose de plus digne, histoire qu’elle ne finisse pas comme sa mère. Après selon la narration ca aurait pu être très cul-cul, ou un peu dark. C’est ce que j’aurais préféré évidemment ^^
(le 23 mai 2007 à 17h58)
Oui, je me souviens tres bien de la susnomee Aurore. Cette jeune personne promettait beaucoup d’ailleurs… mais elle a mal tourne malgre tous mes efforts. Tout ce travail, tous ces efforts, ce genereux sacrifice de soi… pour rien. Jeunesse ingrate.Rendez-vous compte par vous meme de l’horreur de sa situation aujourd’hui:
Aujourd’hui.. Elle ecrit.
(le 24 mai 2007 à 19h50)
Et cela si avait été un garçon, la raison de l’histoire en aurait fait une fille.
(le 24 mai 2007 à 20h03)
@Prax
Jolie langue.
@tock
accueil
@stabbquad
Pseudonyme ridicule et style à la hauteur. Achetez-vous un vélo.
@Agent
Changez de clavier ou achetez un dictionnaire.
@Laurent
Incompréhensible.
(le 25 mai 2007 à 2h25)
@ Maître Capello
Normatif. On dirait ma mère.
Il en est de l’orthographe comme des filles, il faut en avoir envie; ou pas.
(d’autant qu’avec accueil, je n’y arriverai pas).
(le 25 mai 2007 à 3h54)
@tock
Remarque judicieuse. J’en parlais d’ailleurs à un psychanalyste il y a environ 2 ans. Alors qu’il me proposait la consommation de substance réduisant considérablement les fautes d’orthographe, je lui faisais part de mon inquiétude concernant la baisse d’intelligence qui serait liée. Il n’a pu me répondre qu’en terme de traumas en grappe. Médecine contemporaine.
(le 25 mai 2007 à 4h11)
On parle de moi ?
(le 25 mai 2007 à 4h51)
L’accent, l’accent? Et bien pour tout vous dire, aussi aigues puissent etre vos protestations et aussi graves puissent etre vos raisons de braire, oui veritablement, vos accents, que les points soient bien mis sur les i et les barres sur les t, vos accents d’orthodoxie……et bien …Je m’en circonflexe le clavier.
(le 25 mai 2007 à 5h41)
Joli texte, on reste collé jusqu’à la fin qu’on appréhende…. Ouf, l’histoire se termine bien….
(le 25 mai 2007 à 9h23)
@Agent
(Ci-joint un peu de poussière.)
Je n’en doute pas une seconde. Et c’est la raison de ma présence.
Nulle part, ici ou jamais ailleurs. Un autre problème que vos talents vont régler ?
(le 25 mai 2007 à 11h38)
Ton compte est bon bon Maitre Capello
Mais au risque de te decevoir, mes talents ne regleront aucun probleme car ce sont les questions que l’on regle. Les problemes, je preferere les resoudre, que ce soit ici ou nulle part ailleurs et meme la-bas si j’y suis.
ps:
Et cesse de te faire passer pour Daniel Mermez, c’est agacant a la fin et ca ne trompe personne.
(le 25 mai 2007 à 13h09)
@Maxou le dead
Maman, y’a un mort qui parle, c’est lui le monsieur ?
(le 25 mai 2007 à 13h17)
@Max Favalelli
Les claviers américains, la mauvaise foi, la tromperie, la manipulation et la duperie sont mes grilles préférées. En général, elles m’amusent énormément (et l’amusement est une denrée rare pour moi).
C’est un jeu. Chatouillez-moi et je vous poserais une autre question, à régler en petites cases noires. Une chose que j’adore, vous le verrez si vous ne l’avez pas déjà vu : les ordres.
(le 25 mai 2007 à 16h41)
Belle acquisition que ce contrôleur de commentaire « MaîtreCapello » chère Anne.
Ou l’avez-vous acheté ?
(le 25 mai 2007 à 19h53)
Et voilà, il en fallait bien un qui fasse une fausse note. La bémol, VPC, la bémol. Je sais bien, dans la décomposition occidentale, le sol dièse s’en approche. Un peu d’oreille s’il vous plaît, nous tenons ici une assemblée de discussion atemporelle.
(le 25 mai 2007 à 20h03)
C’est co… c’est co-co… c’est comme ça. VPC, maternelle, 3ème section. Non madame, non monsieur, un enfant doit s’habituer à pleurer, vous reverrait votre bambin ce soir, il a des exercices d’éveil cognitif à faire.
(le 26 mai 2007 à 4h33)
Reverrait…On croit rêver
Je ne sais à quelle étrange fin vous vouez ce terme, Ô maître révéré…
(le 26 mai 2007 à 9h43)
_Dediee a Maitre Capello_
En 13 lettres:
Croiser les mots plutot que le fer
Pour ne rien dire comme pour ne rien faire
(le 26 mai 2007 à 21h01)
(Cours primaire)
Bescherelle
Voyez-vous ? Un peu d’effort, vous butez sur quelque chose.
Mad Max
Libre expression et expression libre. Volonté, courage, tolérance, curiosité. Vous me le copierez cent fois au tableau et irez y réfléchir ailleurs : dans vos WCs.
(le 27 mai 2007 à 6h56)
Très beau récit (comme tous les autres en passant par là), j’avais hâte de savoir ce que la fin allait nous raconter et je n’ai pas été déçu.
(le 27 mai 2007 à 10h02)
@Gaël
Vous serez un maître lorsque vous ne réduirez jamais la parole au silence, mais quand vous amènerez le silence à la parole.
Il faudra alors mourir loin d’un monde trop sûr et trop connu.
Laurent, défunt.
(le 27 mai 2007 à 11h31)
@Capello
C.R.U.C.I.V.E.R.B.I.A.G.E>
(le 28 mai 2007 à 18h16)
sourire²
(le 30 mai 2007 à 14h41)
Thème : l’unité
@Mad Max
Maître Capello. Ouvrez un blog, vous avez l’air de vous ennuyer au ping-pong. A la rigueur, allez chercher les balles. Rendez-vous utile.
(le 31 mai 2007 à 5h32)
@Capello
La correction…
Est bien la qualite
Qui semble le plus vous faire defaut…
A moins que ce ne soit la qualite
Elle-meme…
Soignez donc vos reparties
S’il vous-plait
A moins que vous ne preferiez
Qu’on tombat le filet
Que l’on vous prete un tabouret…
Une paire d’echasses…
Que l’arbitre l’on chasse
Que sur la regle on pisse
Pour vous rendre service
Ou une autre raquette
Si la votre est defaite
Allez panser vos plaies
En un nouvel hospice
Et mediter ces vers
Il faut bien se soigner
Avant que d’essuyer
Notre prochain revers
(le 31 mai 2007 à 14h06)
Maître Capello dit : « Vous devriez avoir une image, Ping Ping. Je choisirai pour vous, car le monde est bien mal fait, celle d’une église. Vous y seriez pour une fois habillé, ce qui enlèverait à la correction la futilité. Mais voyez comme vous me ravissez de ce service dont je ne profiterai que le jour de brume qui marquera notre rencontre. »
@Ping Ping
Je ne souffre pas, c’est ma colère qui vous fait affront. Je ne suis pas né pour être adoré, je ne suis pas né pour détester et la vie, grande et belle inconnue qui se révèle à la patience de chaque seconde oubliée, ne sera jamais votre marche forcée, même bafouée. Parce que vous êtes des hommes et parce que le camp ou la couleur n’efface pas la mémoire de ceux qui s’en souviennent. Vous êtes de la division et du règne; votre présence ne fait que me questionner.
Que cela ne vous plaise pas ne me regarde pas. Que cela ne vous arrange pas me réjouis déjà.
D’autres seront peut-être là.
(le 31 mai 2007 à 16h41)
Bondiou, v’la t’y pas qu’not maitre de chapelle s’prend pour l’ Antecrisse
(le 5 juin 2007 à 17h29)
Quels personnages ambigus que les vôtres … et c’est cette ambiguité même qui fait toute leur richesse. Vous cultivez le second degré avec un art consommé, et avez le bon goût de ne jamais « juger » vos personnages, quels que soient leurs paradoxes et leurs contradictions. Aucun d’eux n’est d’un bloc, ni résumable à l’idée que nous pourrions en avoir à priori. Un véritable tour de force littéraire.
(le 7 juin 2007 à 5h53)
Je ne me lasse pas au contraire !
risque d’addiction…
(le 10 juin 2007 à 5h47)
Dommage, moi qui voulais une scène de viol à la fin…
(le 12 juin 2007 à 15h46)
Excellent ! Quand j’étais gamin, je jouais au ping-pong contre mon frère avec une truelle. Je peux cependant vous affirmer que l’autre raquette n’était pas utilisée à des fins inavouables, même si ses picots auraient sans doute laissé des petites traces rouges du plus bel effet sur des fesses rebondies…
Pendant que j’y pense, il y a une coquille : « Le hochai la tête » au lieu de « Je hochai la tête »
(le 13 juin 2007 à 12h54)
(Cours de réseau)
@Vagant
$ mail root
Subject:
q
(ctrl d)
Cc:
$ mail
& d*
& q
Simple curiosité, monsieur le Gardien de Rien de tout.
(le 13 juin 2007 à 13h14)
Maître Capello, je ne comprends pas ce que vous voulez me dire.
(le 13 juin 2007 à 13h40)
Vagant
1. Votre hypocrisie me regarde énormément.
2. Je n’aime pas la vengeance.
3. Il me semblait avoir répondu ?
(le 13 juin 2007 à 16h50)
Laurent, je n’y comprends vraiment rien ! Vous jouez tous à « plus désagréable que moi tu meurs » c’est ça ?
(le 16 juin 2007 à 16h39)
Vous êtes bien folle chère Anne et combien productive! C’est incroyable.
Sincèrement
Vôtre
Lilas
(le 17 juin 2007 à 18h26)
@Vagant
Tout d’abord, bonsoir à mes amis de la DST. J’ai en effet ici l’immense privilège de parler à mon unique ennemi.
Quelle belle culture, n’est-ce pas ? Que diriez-vous d’un peu plus de pornographie pour ravir nos téléspectateurs ? Car il me semble que Mr Largardère joue encore à touche pipi avec le sexe des enfants…
(le 17 juin 2007 à 18h55)
Ca fait longtemps qu’il n’y a rien eu de neuf ici…. =(
(le 18 juin 2007 à 13h36)
Ce qui est dommage (monsieur comment déjà ? Sekhmate ?), c’est qu’il soit interdit de parler quand les mitraillettes obligent à danser en souriant. Vous pouvez donc vous amuser avec les chiffres, j’ai beaucoup de mal à croire que cela ramène la légitimité de votre divin ascenseur social, en tout cas en ce qui me concerne.
Voyez-vous, j’ai beaucoup de gêne à m’en expliquer ici, car mon habitude est plutôt le silence dans la barbarie coutumière à l’occident, mais tant que votre conception du lien social sera ainsi décidé, vous pourrez toujours espérez fermer la parenthèse par une autre, je ne vois pas vraiment ce que cela changera.
Les symboles ne m’intéressent que lorsqu’ils ont le sens de la responsabilité, du respect et de la liberté Vous vouliez peut-être celui de la réussite ? D’autres que moi vous feront mieux ce plaisir.
(le 20 juin 2007 à 13h10)
Sekhmet est une femme à la base, le jeu de mot orthographique ne modifie en rien son sexe.
Et j’ai rien compris à votre baratin, je répondrais quand vous parlerez un langage dit « courant ». Pas envie de sortir un dico pour vous déchiffrer.
J’exprimais juste un remord. Pas la peine de s’exciter.