Songeuse, Michelle prépare le repas de Julien en contemplant la vacuité de son existence. Être femme de chercheur s’avérait beaucoup moins prestigieux qu’elle avait espéré: elle restait plus souvent qu’autrement à la maison, écrasée sous la routine, ne rencontrait personne d’intéressant et quant à l’argent… mieux valait ne pas en parler. De toute évidence, elle aimait Julien, se disait-elle en remuant la soupe, mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi elle s’entêtait à rester avec lui.
Michelle était encore perdue dans ses pensées lorsque son mari entra en trombe dans l’appartement. Au lieu de s’attabler, il la tira par le bras, la renversa sur le canapé et sans dire ne serait-ce qu’un seul mot, il se mit à la fourgonner vigoureusement en ahanant comme un galérien. Sous ces secousses précipitées et interminables, elle déchargea à en perdre la tête, les yeux révulsés et la bave coulant au coin de ses lèvres.
Longtemps après le départ de Julien pour le labo, Michelle resta avachie sur le canapé, tremblante, anéantie, la jupe relevée jusqu’à la taille et la chatte incendiée. «Je crois bien que je me rappelle, maintenant… » se dit-elle en souriant.









(le 16 avril 2007 à 4h37)
À la troisième ligne du deuxième paragraphe tu dis deux fois le mot « dire »; ça fait un drôle d’effet.
Moi, tu sais, ça me dérange pas; les syncopes cognitives c’est très chic, mais c’est très peu élégant; dans le genre je crois que tu devrais éviter.
Tu n’es pas vexée toujours? Veux-tu que je te vouvoies? Ou tu veux que j’arrête de mettre des «e»? ;-)
(le 16 avril 2007 à 4h38)
Le contrat semble donc équilibré
(le 16 avril 2007 à 10h35)
« Sous ces secousses précipitées et interminables, elle déchargea [..] »
… elle ?! =S ..bah mince alors. « décharger », c’est un bien « gros » mot pour une femme ! ^^
(le 16 avril 2007 à 10h55)
Sekhmet » Je sais, c’est de l’hyperbole. C’est que je venais de relire la Philosophie dans le boudoir et me sentais l’âme foutative.
(le 16 avril 2007 à 12h41)
Et puis de toute manière, il y a d’autres acceptions. Tenez, je sors de lire ceci : « Pour la femme l’orgasme a aussi une fonction de résolution du désir, de décharge, mais qui s’exprime d’une manière légèrement différente que pour l’homme ». C’était ICI.
(le 17 avril 2007 à 7h49)
Faut pas trop m’énerver.
(le 17 avril 2007 à 10h34)
ça gêne un homme qu’une femme puisse « décharger » ?
sous l’effet de l’orgasme une femme peut éjaculer oui et quant aux femmes fontaines, c’est tout simplement à cet instant, un éjaculat
que je sache le terme éjaculer ne s’emploie pas uniquement pour l’émission de geyser
du reste plu sl’homme vieillit, plus son éjaculat diminue, on passe du fleuve en crue au ru par grande canicule
(le 17 avril 2007 à 10h57)
à philograph : j’ai lu l’article que vous citez, , oui, bien evidemment, l’orgasme et la jouissance sont deux choses différentes, il ne faut pas confondre
on peut jouir longtemps, lentement, sans atteindre l’orgasme
l’orgasme est plutot l’acmé
si AA parle de décharge, je suppose qu’elle évoque l’orgasme, d’ailleurs elle le nomme, et je suppose qu’elle emploie le mot a dessein
(le 17 avril 2007 à 13h29)
Je fais une pub ! Pour lire mon excellent exposé sur la question, tapez-vous La Gicleuse, dans le dernier Mœbius, qui, je crois, devrait être en magasins ces jours-ci. La meilleure partie de mon texte est la confusion du lectorat, qui encore une fois, est merveilleuse.
(le 17 avril 2007 à 16h28)
Tellement réaliste!
(le 18 avril 2007 à 15h06)
D’abord un gros merci à AA, je ne savais pas qu’elle connaissait Michèle, mais à des détails près j’ai joué le rôle de « Julien » :-) Je pensais à une fiction…
C’est plus facile d’agir ainsi que d’avoir à expliquer pourquoi on passe la nuit au labo. Au moins elle peut penser qu’on n’a plus le courage de besogner la post-doc après (c’est la fiction à laquelle je pensais).
Bastien, donner des références paragraphe/ligne pour un CSS fluide est un peu bizarre, tu ne trouves pas ? As-tu vu que j’ai utilisé « penser » deux fois dans le même paragraphe ? :-P
Bises
(le 18 avril 2007 à 17h33)
Il est de temps à autre des révisions utiles … Mais pourquoi Anne Archet serait-elle bien moins lotie qu’Aragon « Enfer que tes damnés se branlent Irène a déchargé ». Hé oui, c’est dans « le con d’Irène », dont il dénia d’ailleurs la flagrante paternité. Hé non, il n’y a pas de po nctuation dans ce texte superbe …
(le 19 avril 2007 à 3h49)
[...] je suis fait :-) Jump to Comments Anne Archet, analyste du campus [...]
(le 22 avril 2007 à 6h10)
Bien vu !
(le 23 avril 2007 à 5h43)
Moi j’ai buté sur « fourgonner ».
Rigolo et très juste.
Un coté déménagement quoi …
(le 28 mai 2007 à 11h32)
« la fourgonner vigoureusement en ahanant comme un galérien »
Ca fait beaucoup de syllabes!… Excellent vocabulaire.