Comme à chaque matin, la lecture de son journal l’absorbait tout entier. Assise de l’autre côté de la table, Pascale, sa femme, sirotait d’un air absent son café depuis une dizaine de minutes. Soudain, elle déposa sa tasse, planta son regard dans le sien et lui dit:
— Je te trompe avec Dominique depuis maintenant trois mois.
— Quoi? Tu… tu te fous de ma gueule… je…
— Je suis très sérieuse.
Trop abasourdi pour répondre, il attendit le coup de grâce, qui prit la forme de cette proposition laconique:
— Ça te dirait de nous regarder?
— Oui, réussit-il à articuler en bandant douloureusement.
Il était nu, tapi dans le placard, lorsque Dominique entra dans leur chambre. Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance — or, c’est exactement le contraire qui se produisit. Il s’attendait à des ébats sauvages, violents même, mais il n’aurait jamais soupçonné que Pascale puisse être aussi cruelle et Dominique d’une soumission aussi complète. Leurs étreintes furent rudes et leurs orgasmes interminables.
Depuis sa cachette, il vit ensuite sa femme se lever, sortir une longue corde de la table de nuit et se mettre à ligoter Dominique: les poignets dans le dos, le visage enfoui dans l’oreiller, les genoux largement séparés et les fesses bien remontées vers le ciel. Pascale contempla son travail avec satisfaction puis ouvrit la porte du placard. Il hocha la tête en signe de désapprobation mais se laissa guider jusqu’au lit, entre les cuisses de Dominique.
— Vas-y, mets-la lui, ordonna Pascale. Ne fais pas cette tête, je connais tes tendances et je sais que tu en rêves depuis longtemps.
Comme dans un rêve, il se mit à besogner frénétiquement le conduit sodomique de Dominique jusqu’à ce qu’ils se mettent à l’unisson, tels des coyotes, à hurler leur jouissance à la lune.
Après le départ de Dominique, Pascale le prit dans ses bras et, caline, lui demanda:
— Tu as aimé?
— Bien sûr.
— Tu voudrais répéter l’expérience?
— Peut-être.
— Tu penses à Dominique? demanda Pascale en empoignant la bite de son époux.
— Non, répondit-il. Je pense à ton autre sœur.









(le 8 avril 2007 à 2h27)
Ca c’est du grand art. Jouer ainsi sur le prénom androgyne… L’autre soeur s’appelle Claude ?
(le 8 avril 2007 à 9h10)
J’ai tenté récemment l’écriture d’un texte ambigü quant au sexe du locuteur mais… je suis admirative de votre essai.
(le 8 avril 2007 à 11h55)
Ainsi donc on se connaît ? Et je vous aurais raconté ce truc ? Pourtant, je ne crois pas en avoir beaucoup parlé. Hum… Je ne suis pas le plus discret des ivrognes, mais quand même… Je ne vois pas…
Sophie ?! C’est toi ?!
C’est ta vengeance ?!
Petite garce.
Sache que je faisais semblant de changer de capote !
Ah ah ! Ça te fout les boules, ça, non ?!
Ah ah !
Mouhaaaaa haaaaaa…
(le 8 avril 2007 à 12h05)
Hein?
(le 8 avril 2007 à 16h32)
In cauda venenum…
miam miam
(le 9 avril 2007 à 1h25)
T’en fais pas, Sophie, maintenant que je t’ai démasquée, je ne vais dire à personne qui tu es. M’en fous, au fond.
Ne te préoccupe pas non plus pour la capote, je le faisais pour vous faire une blague, les soeurs grises (recuerdes ?)! Ah ce qu’on s’est bidonnés, quand même, tous les quatre. Votre maman m’en veut elle encore pour cette histoire de buisson ?! Rien à faire, moi, quand je décroche, c’est final. Elle aurait pu comprendre, enfin… Ma phobie des tondeuses, tout ça. Boaf.
Je ne t’aime plus, Sophie, ni aucune de tes soeurs, mais j’ai de bons souvenirs, surtout du chalet à (village secret, hihihi)… Ch’vous embrasse toutes…
É.
P.s. dis à Marlene la voisine que j’ai encore son « jeu de billes ». Elle comprendra.
(le 9 avril 2007 à 15h41)
C’est ça, Éric. Bravo, tu m’as démasquée.
(le 9 avril 2007 à 16h17)
Pendant que j’y pense, Sophie, c’est pas toi qui aurait mon Kolyma de Chalamov ? Je le cherche depuis l’histoire du wagon sale (dernière fois qu’on s’est vus). Si oui, laisse-le chez qui tu sais. Elle me le refilera au hockey jeudi soir.
(le 9 avril 2007 à 16h55)
Pourquoi pas. Comme ça vous allez pouvoir discuter goulag et rondelle.
(le 9 avril 2007 à 18h17)
Youpi ! Avec Anne Archet, le sexe redevient subversif, preuve s’il en est que ses textes philosophiques, poétiques et érotiques ne forment qu’une seule et même entité infragmentable. L’ambiguité portée à son degré d’incandescence (et d’indécence) fondamentale.
(le 10 avril 2007 à 2h03)
Tu sais bien que je ne maîtrise pas le langage des signes en portuguais, pourquoi toujours ce besoin d’humilier ceux qui n’ont pas ta facilité d’apprentissage. Je parle avec elle par petits bouts de papier. Pas pratique pour célébrer un but, et encore moins pour appeler une passe. Enfin, tu sais ce que c’est. Nul besoin de t’élever au-dessus de moi, Sophie. Rappelle-toi… Anything but the gerbil.
Eh eh. Mais je reste discret.
xx
É.
(le 10 avril 2007 à 2h08)
Wow. Que de complicités hermétiques partagées avec cette Sophie. On aurait presque envie d’être elle pour de vrai.
(le 10 avril 2007 à 4h44)
Un mari qui se tape les trois soeurs donc.
Pas un peu fantasme de mecs ça finalement … ? Ce qui fait que j’aime bien, en fait.
Un peu rapide à mon goût toutefois. C’était juste histoire de dire, finalement, pas de raconter ?
(le 10 avril 2007 à 8h58)
Mais non, Tock : c’était juste histoire de rappeler, que les anarchistes ont aussi à leur façon, le sens de la famille.
(le 10 avril 2007 à 9h24)
Lol … pas un instant je n’en ai douté !
Noble valeur soit dit en passant.
(le 10 avril 2007 à 16h52)
Sof ! J’ai encore la marque, tu sais, la morsure. J’ai jamais voulu qu’on me l’enlève.
Quand je débande au mauvais moment, je la regarde, et ça y est !
Ah ce qu’on s’est marrés, hein ?!
Allez, je te…
Sabes que…
Oh…
(le 13 avril 2007 à 20h35)
Je m’attendais tellement à cela et pourtant une phrase fausse un peu cette fin qu’on dit surprenante « Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance ».
Sinon la definition de l’anarchie rend mes utopies plus réelles.
(le 14 avril 2007 à 6h19)
@fumist’
Tu as bien dit… « sa », femme ? Son expectative, dès lors, n’en était que logique.
(le 15 avril 2007 à 21h58)
(J’ai peur!)
Lou Mamba : C’est toi qui écrit des courriels pour dire d’aller récupérer nos trésors en Afrique?
(le 16 avril 2007 à 10h22)
Ah oui mais, euh… Si Dominique est la soeur de Pascale, se peut-il que le mari accepte aussi rapidement d’assister à un inceste ?
Petit pervers, va.