Rapbutchzel

Comme à l’habitude, Rapunzel dénoua ses longues mèches d’or et les laissa cascader le long du mur de pierres de la tour. Le prince grimpa, entra par la fenêtre, fit basculer la jeune femme sur le lit, l’enconna prestement et vigoureusement, l’éclaboussa généreusement de sa liqueur séminale et princière, l’embrassa sur le front puis redescendit le long de la route capillaire en sifflotant de satisfaction.

La nuit suivante, lorsque qu’il revint lancer des cailloux à sa fenêtre, le prince constata avec horreur que Rapunzel avait coupé ses longs cheveux et qu’il n’avait plus aucun moyen de grimper et la rejoindre. Stupéfait, il contempla longuement son cou gracieux et délicat — qu’il n’avait jamais remarqué auparavant — ainsi que ses lèvres sensuelles et ses seins ronds et mignons comme des petits pains de mie. Ivre de désir, il fit les cent pas devant la tour en fixant la fenêtre ouverte. Soudainement, le silence de la nuit fut déchiré par le bruit grinçant des ressorts de matelas qu’on malmène et surtout un bruit incongru, que le prince n’avait jamais entendu auparavant: les cris de jouissance flûtés de Rapunzel.

— Encore! Encore! Ta langue… oui! Juste ici! Oh! cria Rapunzel avant de hululer comme une chouette ayant enfin trouvé son bonheur.

Une heure plus tard, la porte de la tour s’ouvrit. En sortit une grasse paysanne aux cheveux très courts qui s’essuyait les lèvres sur le revers de sa manche.

— Comment avez-vous pu vous rendre au sommet de la tour? demanda le prince, perplexe.

— J’ai ouvert la porte et j’ai monté l’escalier, répondit la roturière qui exhalait une forte odeur de musc et de poissonnerie.

Le prince se frappa le front.

— Je comprends maintenant pourquoi elle ne cessait de répéter que son ex n’avait aucune imagination… ajouta-elle en affichant un sourire goguenard et édenté.

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5 commentaires pour “Rapbutchzel”

  1. Joko ajoute:

    Moralité: le Grimm ne paie pas.

  2. Sekhmet ajoute:

    J’adore vos contes de fée ! =D

  3. Flivo ajoute:

    La grasse paysanne, c’est pour Rembrandt ou parce que tu manges trop de baklavas ?

  4. Pascal Perrot aka Poetic Gladiator ajoute:

    J’aime les pleins et les déliés de votre langue, qu’apparemment votre chevalier eut dans sa poche, pensant qu’il suffisait de faire la queue pour obtenir le pain bénit. Le lumpen-prolétariat serait-il, en matière de sexe, plus raffiné que l’aristocratie ? La chose me semble envisageable.

  5. LDV ajoute:

    « Le prince grimpa, entra par la fenêtre, fit basculer la jeune femme sur le lit, l’enconna prestement et vigoureusement, l’éclaboussa généreusement de sa liqueur séminale et princière, l’embrassa sur le front puis redescendit le long de la route capillaire en sifflotant de satisfaction. »

    C’est bien la phrase la plus savoureuse que j’ai lue aujourd’hui. Félicitations.

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