La petite culotte blanche s’était détachée de la corde à linge et avait virevolté par dessus la clôture pour atterrir sur le pas de ma porte. Je la ramassai, puis allai frapper chez la voisine.
— C’est la vôtre? lui demandai-je en souriant malicieusement.
Elle fit signe que oui, rougissante. Elle avait trente-cinq ans, quarante peut-être — je n’ai jamais été douée pour deviner l’âge de mes coups de foudre — un éclair gris qui rayait sa chevelure de minuit et un sourire affûté comme un scalpel. Elle prit la culotte, m’invita chez elle et m’offrit un café.
La table de la cuisine était revêtue d’une vitre translucide et sa blouse l’était presque autant. Quant à son espresso… il était noir comme le péché, brûlant comme l’enfer — exactement comme son regard. Nous échangeâmes quelques banalités de bon voisinage jusqu’à ce que ma tasse soit refroidie et que mes sens s’échauffent. Après une vingtaine de minutes, elle me montra poliment le chemin de la sortie, souriante comme le Chat de Cheshire.
Le lendemain matin, un string rouge reposait sur ma pelouse.









(le 12 février 2007 à 4h21)
Voilà une féria canadienne où le taureau a des cornes affûtées.
(le 12 février 2007 à 11h36)
… »osez osez le défier…. » l’étendard rouge
(le 12 février 2007 à 17h44)
Finalement… de quoi passer une nuit sur la corde à linge….
(le 13 février 2007 à 3h01)
Hemingway n’est jamais cornecul, moi si !
(le 13 février 2007 à 3h44)
Un petit lien vers du mécénat sympa.
AA, tu préfères pas un don de sang ou d’organe, voire de sperme ?
Sur la vidéo, il est même question de toi.
(le 13 février 2007 à 7h38)
Moi, dans un livre qui m’a beaucoup marquée, j’ai lu une version plus épicée : « noir comme la nuit, sucré comme le péché » :)
Hm. Pourquoi mes voisines ne font elles pas, elles aussi, sécher leur linge en plein air ?
(le 13 février 2007 à 11h51)
Il n’y a pas mon calbute gisant quelque part sur la terrasse, des fois ?
Admirez comme je vous ménage, hein oui ?
(le 13 février 2007 à 13h17)
Je sais, je sais, je me dis chaque semaine qu’il faudrait que je calbute au plus vite.
(le 13 février 2007 à 14h02)
Et chaque fois, ça cale, ça bute…
(le 13 février 2007 à 14h05)
Ça bute beaucoup plus que ça cale, d’ailleurs.
Mais je m’en veux de faire tomber à l’eau une expérience aussi splendidement idiote. Je vais voir ce que je peux faire ce week end.
(le 14 février 2007 à 7h38)
C’est le genre de petits textes qui font de vous un écrivain, sans aucun doute.
(le 14 février 2007 à 11h41)
et moi je suis preneur du string rouge de la voisine, puisque la culotte d’Archet ne trouve pas le chemin de la poste :-)
je reconnais volontiers la préséance de Philo quand même, je me disais juste que tant qu’à visiter le bureau de la poste, deux envois ne seraient pas trop lourds…
tu vas Philo ?
(le 14 février 2007 à 12h04)
Hého, j’attends que Monsieur Antoine me donne ses préférences avant de poster l’objet du délit.
(le 14 février 2007 à 15h13)
Jolie petite histoire simple et tendre. A bientôt.
(le 15 février 2007 à 5h11)
L’objet du délit ! Mazette.
Et mes préférences ! Je ne savais pas que je pouvais choisir :-)
a) celle que tu portes actuellement
b) si t’en portes pas celle que tu as porté en dernier
c) si c’est si vieux que le souvenir s’est évanoui, celle que tu aimes le moins, ou celle qui se trouve en haut de la pile, ou celle que tu attrapera en farfouillant au hasard; enfin, n’importe laquelle.
Si un choix devrait être fait, alors qu’il ne soit pas sur la base de la forme ou de la couleur, mais de l’histoire que tu accrochera ici même :-) Et puisqu’il s’agit d’une culotte pas d’histoire liée au sex :-P Ca serait trop facile.
Et pas de « Monsieur Antoine » entre nous, Oldcola ça ira.
Bises
(le 15 février 2007 à 5h54)
Oh ! Le pervers !
Je me suis toujours demandé ce que pouvait faire un vieux monsieur avec une petite culotte souillée de jeune femme.
Tu veux la porter sur toi ? La faire infuser dans un grand bol d’eau chaude ? En faire un doudou ?
Raconte, va …
(le 15 février 2007 à 11h22)
:-)
Pervers probablement, mais pas dans les petites culottes; c’est juste un cadeau pour des amis qui pourraient accrocher ça à un mur ou préférer la mettre à la poubelle. Ils nous diront ce qu’il en est une fois qu’ils auront eu la chance d’aller la chercher à la poste.
J’ai toujours eu un faible pour les contenus plutôt que le packaging.
(le 16 février 2007 à 0h33)
Delicieux
(le 20 février 2007 à 9h35)
Au départ, l’intention est assortie de la candeur du départ de la relation, à savoir la couleur blanche qui symbolise la pureté des intentions.
Quoi de plus banal en effet qu’une culotte blanche immaculée, qui pourtant suscite déjà des phantasmes.
En effet, qui dit immaculée dit « à maculer », en terme de prédation des espèces.
Puis vient enfin le string rouge. On amenuise en effet la surface de la pièce de tissu concernée. Et la couleur devient rouge, symbole du réchauffement de la situation.
La diminution de la surface augmentée au réchauffement du degré celsius de la toison rouge nous conduit tout droit vers une certitude : la troisième étape risque de voir survenir la directe suppression de la surface cachant le « Pot aux roses ».
Rose sera la prochaine étape. Nous serons successivement passés par les étapes du blanc, du rouge, au rose imaginaire.
Et d’une surface rendue à la nudité totale.
Il y a là sans nul doute une relation pythagoricienne de progression du phantasme à la réalisation d’une action suggérée.
L’action n’est pas évoquée. Elle n’en pârait du fait que plus réelle. Y aura t-il une suite ?
(le 20 février 2007 à 11h38)
Au départ, l’intention est assortie de la candeur du départ de la relation, à savoir la couleur blanche qui symbolise la pureté des intentions.
Quoi de plus banal en effet qu’une culotte blanche immaculée, qui pourtant suscite déjà des phantasmes.
En effet, qui dit immaculée dit « à maculer », en terme de prédation des espèces.
Puis vient enfin le string rouge. On amenuise en effet la surface de la pièce de tissu concernée. Et la couleur devient rouge, symbole du réchauffement de la situation.
La diminution de la surface augmentée au réchauffement du degré celsius de la toison rouge nous conduit tout droit vers une certitude : la troisième étape risque de voir survenir la directe suppression de la surface cachant le « Pot aux roses ».
Rose sera la prochaine étape. Nous serons successivement passés par les étapes du blanc, du rouge, au rose imaginaire et suggestif.
Et à une surface rendue à sa plus simple expression.
Il y a là sans nul doute une relation pythagoricienne de progression du phantasme à la réalisation d’une action suggérée. Soit un développement du sinus au cosinus carré, suivi d’une tangente à la situation.
L’action n’est pas évoquée. Mais elle n’en pârait du fait que plus réelle. Y aura t-il une suite ?