Grande prison des stigmates

Je souffre des plis vulvaires de la lune
Cicatrices argentées sur mes nymphes d’émoi
Qui grugent le bois huileux des naufrages
Et mes yeux froissés de vestale impie

Apaise ma peine de ton hymen froid
Serre contre ma nuque tes cuisses d’oubli
Tes cheveux sont des aiguilles rouillées
Dans mes bras assoiffés de sucs maladifs

Nous prierons le vide et recevrons la terre
Je vendrai ta salive aux apaches éborgnés
Pour une seconde d’éternité assourdissante
Pour un instant tragique, le souffle coupé

Le rêve n’a plus de regards, et toi,
Femme aux mille sexes armés de fer
Tu plonges dans mon esprit tes cils vacillants
Pour éclairer le ciel d’apostasies flamboyantes

Notre agonie sera pavée de marbre obscur
Assourdissante comme l’aliénation délirante
Dans la grande prison des stigmates
Refuge abyssal des corps fracassés

11 commentaires pour “Grande prison des stigmates”

  1. jessie ajoute:

    J’aime!

  2. ras ajoute:

    « Pour un instant tragique, le souffle coupé »
    joli

  3. Zhom ajoute:

    Moi aussi j’aime!
    Parce que ça dit ce que ç’a à dire (comme dirait l’Autre)

  4. sheepyr ajoute:

    On dirait du picabia

     » Les pantoufles trottaient dans l’azur famélique »
    « Au rythme entrelardé de mâles abricots »

  5. sanieptia ajoute:

    Je n’ai rien compris, mais c’est toujours un plaisir de vous lire.
    C’est un peu ça la littérature : peu importe ce qui est écrit, quand c’est bon, c’est bon, et ça se sent.

  6. Tenaille ajoute:

    Ce texte m’atteint, sans que je puisse dire pourquoi ni comment. Etrange, mais plaisant.

  7. Little stella ajoute:

    Une bizarrerie savante…mais qui me plaît quand même !

  8. FrançoisBoucane ajoute:

    J’ai parfois l’impression qu’Anne boit plus que moi :-)

  9. le voyeur de service ajoute:

    Oh put…. ! j’ai rien compris, mais c’est beau, c’est beau, qu’on en redemande

  10. Pascal Perrot aka Poetic Gladiator ajoute:

    Sheepyr s’égare en confondant les élégantes abstractions poétiques de Picabia avec ce texte époustouflant et éminemment charnel. La poésie n’est pas faite pour être expliquée, disséquée, mais ressentie profondément dans son corps, comme la musique. Ce texte ne fait pas qu’éblouir mes neurones en un brillant exercice de style, il me bouleverse totalement, dans ma chair. Il est né d’un vécu, d’un ressenti, douleurs et douceurs mélangées, d’une blessure qui jamais ne pèse mais retransformée en soleil. Ici, Anne est encore plus nue que dans ses textes érotiques. Et cette nudité est sublime. Ne le verra que qui sait voir …

  11. PAtrick ajoute:

    Je peux rien dire de plus, sauf qu’avec ce texte et les autres, sincèrement ca me donne le gout de voir la vie sous un autre angle. Même si c’est dure a accepté, je pense que la notion du plaisir devrait m’atteindre un peu plus. Nous sommes tellement dans notre tête, c’est terrible. Des fois, en lisant tes trucs, je peux comprendre un peu ce désir d’homosexualité que tant explore… Mais toi tu l’explore d’une manière tellement pure . Même si le tout se résume à ces textes , je penses que c’est vrai. Je crois que c’est plus fort que tout! Tant d’acceptation!!! C’est mongole. Et , quand je vois tant de sorcière qui griffe les hommes, et eux qui en retour se laisse décriffer, c’est l’enfer. J’imagine qui faut croire…

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