La langue au chat

En robe de chambre, Simone nourrissait Ravachol, son chat, pendant que je faisais bouillir de l’eau pour le thé. La vapeur tomba et le sifflet se tut dès que je retirai la bouilloire du feu, laissant entendre le bruit du chat lapant son bol d’eau – de tendres et fines griffures de son liquide et collant. Je versai l’eau dans la théière puis me retournai vers Simone en lui demandant:

– Tu sais à quoi ce bruit me fait penser?

– Non. À quoi? me répondit-elle le plus sérieusement du monde.

Toujours partante pour une démonstration pratique, je l’attrapai par la taille et réussis tant bien que mal à la hisser sur le comptoir. Elle déposa ses jambes adorables sur mes épaules pour me permettre d’admirer son minou – pas celui qui lape, mais qui s’offre à laper. Ce que je fis, en dessinant du bout de la langue des vrilles décousues tout le long de ses nymphes… si bien qu’elle finit par tordre son popotin sur le stratifié gris, à mordre ses lèvres en lançant à la ronde les trois «Oh!» qui marquent invariablement l’apothéose de son bonheur charnel.

Quelques instants plus tard, je lui demandai, en promenant nonchalamment un doigt sur le léger duvet de son pubis:

– Tu l’as entendu? Ce bruit baveux, ce froissement gluant sur ta chatte?

– Oh oui ! me répondit-elle en souriant malicieusement. Rassure-toi, ta langue n’a presque rien à envier à celle de Ravachol.

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27 commentaires pour “La langue au chat”

  1. sanieptia ajoute:

    C’est là que vous excellez, pas dans l’idéologie ou la politique.

  2. Phy. ajoute:

    Anne, vous êtes entière et d’une seule pièce. J’adore vos récits érotiques et vos écrits anarques sont bien longs à lire, mais pour rien au monde je ne voudrais vous voir renoncer à écrire vos convictions. Continuez à être vous-même.

  3. Tenaille ajoute:

    Je me permets de n’être pas d’accord avec le premier intervenant. Il est amusant de constater que l’érotisme ne soulève aucune protestation quand les thèmes plus « politiques » (je ne suis pas sûr que ce terme soit le plus approprié) soulèvent mille contestations.

  4. PeeWee ajoute:

    Heureusement que Ravachol ne mangeait pas des croquettes…

  5. Ménille Avénale ajoute:

    Heureusement que Ravachol ne croit pas que la démocratie est le meilleur des régimes.

  6. Lucidia ajoute:

    Un retour de l’Archet à des symphonies sensées! ;)

  7. gmc ajoute:

    tenaille,

    pour votre plaisir:
    à quoi sert d’émettre des protestations sur un texte narrant l’appréciation d’une lesbienne à tendance zoophile sur les qualités tactiles de la langue de sa partenaire a priori, d’après elle, au moins aussi performante que celle de son chat dans la pratique du cunnilingus. les adultes, peu nombreux il est vrai, savent bien que l’activité sexuelle, qu’elle soit hétéro, homo ou autre, est une pratique animale débouchant sur un plaisir animal, rien de bien nouveau sous le soleil, il n’y a bien que les enfants pour lui apposer une autre étiquette, la simple vision d’un reportage animalier sur les bonobos – espèce ô combien plus intelligente que le primate névrosé qui s’autoqualifie d’humain, l’ensemble des conflits chez les bonobos se règlant systématiquement dans la pratique sexuelle – étant suffisantepour le constater.

    une petite citation, pour faire culturel et sortir des fondamentaux biologiques:

    chez les Grecs, la déesse du Désir s’appelle Aphrodite.
    quel est donc le Désir des dieux? c’est que ce monde soit.
    ce monde existe-il? apparemment oui, donc le Désir est satisfait
    qui est donc cet Eros? un fils illégitime d’Aphrodite, en langage moderne, on dirait une pathologie mentale, le début du bordel en somme…
    qu’est-ce donc que l’érotisme? un vernis simili-culturel servant à soi-disant magnifier un truc on ne peut plus commun au travers de postures intellectuelles pseudos-transgressives mais en réalité totalement artificielles et spécieuses.
    la beauté naturelle n’a pas besoin de ce genre d’ajouts au goût rance pour resplendir.

  8. Kath ajoute:

    super ton ajout gmc m’en vais voir ton blog, as tu remarqué quand meme qu’Anne reste dans la lignée Anarchiste avec Ravachol mythe de la révolte désespérée, pauvre chat lui qui aime le lait on lui fait laper de l’eau…
    Insipide comme le billet…

  9. Justine Miso. ajoute:

    Pour taxer d’Anne d’insipide, vous n’avez pas dû la goûter…
    Pour ma part, je me suis régalée,
    il est vrai que ce billet doux était plus digeste que les billets verts.

    J’M.

  10. Zhom ajoute:

    Vous avez bien dressé votre chatte, la mienne fait encore ses griffes.
    Remarquez, ce n’est pas si mal, j’aime bien les sensations fortes.
    Mais à la longue, ça use…

  11. flo ajoute:

    Madame, votre langue me parle.

  12. Ben ajoute:

    Vous aussi, vous lisez sur les lèvres?

  13. Isafc70 ajoute:

    Je passe lire silencieusement depuis longtemps, et j’apprécie ! Juste ce mot pour vous dire que je vous intègre dans les liens de mon blog. Merci pour tous ces mots superbes que vous nous offrez quotidiennement.

  14. Ras ajoute:

    Vive le retour de la poésie !

  15. Une passante ajoute:

    Aaaaahhh!!!
    L’essence des sens…… ;-P
    Petites Pensées Pétillantes et Baisers Félins

  16. pierre ajoute:

    Je ne vois pas 36 alternatives à l’appréhension de l’érotisme ; à gauche, à droite, au centre !
    Là-dessus, on converge.
    Elle est belle la vie …

  17. Kath ajoute:

    le subtil ce sont les trois ho!! mdr… le peril c’est le comptoir assez haut ho!! l’oubli c’est qu’Anne ne dit pas si elle se penche sinon il lui faut une echelle pour boire son thé…ollé

  18. Escape ajoute:

    C’est là qu’on voit que Anne est une révolutionnaire : sa chatte s’appelle Ravachol.

    Ah la la, Anne et son con textuel…

  19. Pierre G. ajoute:

    A la bonne vôtre ! Anne Archet est passée de la « brève » conversation politicienne de salon aux « lèvres de comptoir ».
    Merci à Justine Minou pour son « Patronne ! La même chose !», et comme on dit dans le bistro de mon village « Servez nous une resucée ! c’est Anne qui régale !»

  20. pierrot ajoute:

    Non, décidemment, j’ai beau passer et repasser ici comme une langue gourmande. Je ne pourrai partager ce plaisir avec les lecteurs de mon site. Tant pis pour eux!

  21. ludine ajoute:

    Je hais les tours de St Sulpice
    quand, par hasard, je les rencontre,
    je pisse contre……..( çé pas si facile)

  22. hugues ajoute:

    Si vous la tenez dans l’extase c’est que votre langue l’happe.
    non?

  23. cyprine ajoute:

    Anne, vous m’épouvantez, en époux hanté vous me hantâtes. Hantez-moi en hâte…

  24. Marc ajoute:

    J’adore vos écris et vous visite souvent a bientôt.

  25. Jo ajoute:

    En tant qu’homme je ne saurais trop conseiller aux femmes de goûter au délice qu’une chatte généreuse en liqueur salée.

  26. BièreAuBeurre ajoute:

    Et bien votre chat vient de me trouer le con.
    Merci.
    Paroles d’un grand chat:

    « Si je prends la parole, ce n’est pas pour me défendre des actes dont on m’ac­cuse, car seule la société, qui, par son organisation, met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable. En effet, ne voit-on pas aujourd’hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui désirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal à l’oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages. »
    « Que peut-il faire celui qui manque du nécessaire en travaillant, s’il vient à chômer ? Il n’a qu’à se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de pitié sur son cada­vre. C’est ce que j’ai voulu laisser à d’autres. J’ai préféré me faire contrebandier, faux-monnayeur, voleur, meurtrier et assassin. J’aurais pu mendier : c’est dégradant et lâche et même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d’attendre, prenaient où il y a et par n’importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu’il y a danger à vouloir consacrer l’état social actuel, où l’inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant. »
    « On finira sans doute plus vite par comprendre que les anarchistes ont raison lorsqu’ils disent que pour avoir la tranquillité morale et physique, il faut détruire les causes qui engendrent les crimes et les criminels : ce n’est pas en supprimant celui qui, plutôt que de mourir d’une mort lente par suite de privation qu’il a eues et aurait à supporter, sans espoir de les voir finir, préfère, s’il a un peu d’énergie, prendre violemment ce qui peut lui assurer le bien-être, même au risque de sa mort qui ne peut être qu’un terme à ses souffrances. »
    « Que faut-il alors ? Détruire la misère, ce germe de crime, en assurant à chacun la satisfaction de tous les besoins ! Et combien cela est difficile à réaliser ! Il suffirait d’établir la société sur de nouvelles bases où tout serait en commun, et où chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins. Alors on ne verra plus des gens comme l’ermite de Notre-Dame-de-Grâce et autres mendier un métal dont ils deviennent les esclaves et les victimes ! On ne verra plus les femmes céder leurs appâts, comme une vulgaire marchandise, en échange de ce même métal qui nous empêche bien souvent de reconnaître si l’affection est vraiment sincère. »
    « Oui, je le répète : c’est la société qui fait les criminels, et vous jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer la société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes ; et votre œuvre, en s’attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n’est votre justice qui s’amoindrit à punir les effets. »
    « J’ai travaillé pour vivre et faire vivre les miens ; tant que ni moi ni les miens n’avons trop souffert, je suis resté ce que vous appelez honnête. Puis le travail a manqué, et avec le chômage est venue la faim. C’est alors que cette grande loi de la nature, cette voix impérieuse qui n’admet pas de réplique : l’instinct de la conservation, me poussa à commettre certains des crimes et délits que vous me reprochez et dont je reconnais être l’auteur. »
    « Jugez-moi, messieurs les jurés, mais si vous m’avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la misère, alliée à la fierté naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l’aisance même aurait fait des honnêtes gens !»
    « Une société intelligente en aurait fait des gens comme tout le monde ! »

  27. mlf ajoute:

    « je l’attrapai par la taille et réussis tant bien que mal à la hisser sur le comptoir. »
    Simone est d’une passivite deconcertante parfois…

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