Le père et la fille s’affairaient ensemble dans la cuisine. Pendant qu’elle lui décrivait la gribiche qui lui tenait lieu de voisine lorsqu’elle habitait un appartement miteux près de l’université, il l’écoutait et riait en hachant distraitement des oignons. C’est alors que le large couteau à légumes glissa et fit une profonde entaille dans son index. «Merde!» cria-t-il, en tenant fermement son doigt à la base, pour juguler le flot de sang écarlate s’écoulant de la plaie.
En un instant, elle se trouvait à ses côtés. «Attends», dit-elle. «Donne-moi ton doigt.» Elle saisit le doigt ensanglanté, étudia la blessure en fronçant les sourcils, puis l’emprisonna délicatement entre ses lèvres.
La fille entrouvrit la bouche et marmonna autour du doigt paternel: «La coupure n’est pas aussi profonde qu’elle en a l’air. Maman avait l’habitude de faire comme ça, et ça marchait à tous les coups.» Le père pouvait sentir la langue de la jeune femme et la succion de sa bouche.
Il restait donc ainsi, le bras un peu relevé et son doigt planté dans la bouche de sa fille qui le tenait par le poignet avec ses deux mains. Évidemment, des idées plus ou moins malsaines se bousculaient dans son esprit. Et il était tout aussi clair que sa fille, qui n’était pas idiote, était parfaitement consciente du caractère ambigu de son geste. Avec un regard amusé, elle se mit à jouer de la langue d’une façon malicieusement suggestive.
La fille sourit, ce qui eut comme conséquence de briser la succion. Elle retira le doigt de sa bouche en riant. «Quel vieux vicieux tu fais!» dit elle. «Et moi, je suis une jeune vicieuse et je crois savoir d’où me vient cette sale manie…»
Elle reprit le doigt de son père et le remit dans sa bouche mais le retira aussitôt. «Je n’arrive pas à le faire quand tu me regarde comme ça!» pouffa-t-elle. Elle lâcha la main de son père et se laissa choir sur une chaise en riant aux éclats. «Ris tant que tu veux, moi je vais aller chercher un bandaid» répondit-il, d’un air faussement agacé.
Ils s’assirent à la table en riant de bon cœur et elle prit sa tête entre ses deux mains.









(le 13 septembre 2006 à 2h17)
c’est toujours aussi sobre, clair et bien ecrit
bravo a toi et merci
(le 13 septembre 2006 à 5h55)
Moi, quand ma tête finit entre deux mains, ce ne sont jamais les miennes.
(le 13 septembre 2006 à 5h59)
un texte très émouvant
vous parvenez à faire de l’inceste, qui existe au moins à l’état larvaire, à mon avis, dans toutes les familles, quelque chose de tendre, joyeux et assumé, finalement quelque chose de sain
oh l’exquise limite
cette exploration que vous entreprennez est, euh, je sais pas, mais beaucoup
(le 13 septembre 2006 à 6h29)
L’Archet d’Anne vient de faire glisser au creu de notre oreille sa suave symphonie avec un doigté de Maître. Chaque note est à sa place; continuez, continuez pour le plaisir de la curiosité, pour le plaisir des mots et… du vice ?!
(le 13 septembre 2006 à 9h19)
une fessée et au lit sans manger !
(le 13 septembre 2006 à 15h33)
je mangeais une sucette la dernière fois, et je jouais au foot en même temps
et ma mère me dit, arrête, c’est dangereux, on sait jamais
je dis ok, puis après, je lui dis: mais c ‘est possible qu’elle rentre en entier la sucette si je l’avale ?
et elle me répond: « si tu savais tout ce qu’on peut y rentrer dans la bouche, tu serais surpris… »
Je sais pas comment interpréter ca…
(le 13 septembre 2006 à 17h38)
la dernière contrib est un repompage de bashfr….bien tenté pal !
(le 13 septembre 2006 à 18h57)
Trop cute!
You still rock, babe!
Moi je n’ai pas d’enfant, je n’ai qu’un chien.
Il lèche les orteils mais il ne suce pas.
(le 13 septembre 2006 à 19h34)
« La pratique, c’est quand ça marche mais que l’on ne comprend pas.
La théorie, c’est quand on comprend mais que ça ne marche pas.
Souvent théorie et pratique se rejoignent: rien ne marche et on n’y comprend rien ».
(le 13 septembre 2006 à 23h28)
Ce n »est qu’en acceptant nos limites et nos failles, nos rêves interdits, nos félures, plutôt que de les masquer, les nier, les enfouir que nous serons en mesure de les « affronter » et de les détourner par la grâce d’un rire. Ce n’est certainement pas par le déni que de telles ambiguités s’abolissent ni même se gèrent. Ce que l’on masque, nie, enfouit, devient vite incontrôlable quand cela entre en expansion, avec une force accrue. Vous dites tout cela avec tellement de talent, et sans avoir l’air d’y toucher …
(le 14 septembre 2006 à 3h14)
« Hier j’ai téléphoné à tante Alex » lui dit-elle en tentant de ne pas penser aux cognements de son coeur dans sa poitrine. « Elle m’a dit qu’elle passerait nous voir dans l’après-midi. »
Il ne répondit pas tout de suite. Puis il prit une grande respiration pendant que deux petites larmes s’échappaient de ses coins d’yeux.
- « Ta mère et moi…. » sa voix s’étrangla et il renifla bruyament. « Ta mère et moi la recevions souvent l’après-midi alors que tu était au pensionnat Ste Cyprine. Je passai des heures à les regarder toutes les deux. »
- Si tu veux papa, je peux la rapeller et lui dire de ne pas venir ?
-Non, si tu la rapelles, dit-lui d’apporter son matériel, nous en aurons sans doute besoin. »
(le 14 septembre 2006 à 3h53)
François « tu était » étais « rapeller » rappeler, « rapelles » rappelle, « dit lui » dis lui
toi yen a d’où? Canada dry comme les autres?
Où alors t’as pas touché la bonne b ces jours ci
(le 14 septembre 2006 à 4h33)
Hmmm, kès queue sa doigt te gêne et ré kom frust rations. Et faut aimer ça pour oser le signaler ici.
Essaie le SM. Si possible en public. ça doigt te correspondre.
Et oui, moi je suis doux.
(le 14 septembre 2006 à 20h19)
Brava le tabou, bravo réussi. Avec doigté de surcroît. Je m’amuse chez vous madame.
(le 15 septembre 2006 à 11h44)
merci FrançoiS j’essaie SM m’en serais pas doux thé capito cosi? au fait t’es d’où? blond?
(le 15 septembre 2006 à 18h12)
tiens , un troll…
(le 16 septembre 2006 à 11h12)
tiens un Geek…
(le 23 septembre 2006 à 8h37)
C’est drôle, ça ne m’a pas fait alleurs, je veux dire, sur d’autres blogs, mais, chère Anne, j’aimerais t’avoir couchée sur des feuillets, encorsetée dans une couverture de cuir, dans ma bibliothèque…