Bouffis par le sommeil, ses yeux clignèrent, laissant entrer douloureusement la lumière dans une tentative laborieuse de mettre au foyer la forme assise en face de lui, sur le grand lit à baldaquin. En essayant de se lever, il s’aperçut que sa poitrine et ses jambes étaient ligotés à la lourde chaise de bois. Lorsque les brumes finirent par se dissiper, il la vit ; elle feuilletait distraitement un magazine pornographique aux coins racornis.
Constatant du coin de l’œil qu’il reprenait ses esprits, elle lui écrasa sous le nez des tétons quadrichromiques sur papier couché.
– Je suppose que cette cochonnerie t’appartient ?
– Je… c’est la première fois que je la vois…
– Mon œil ! cria-t-elle en le giflant avec la revue. Je parie que tu te branles sans arrêt en zieutant cette horreur, non ?
Sa faible réponse fut étouffée par la petite culotte de coton que sa femme lui enfonça dans la bouche. Elle se rassit, posa le magazine sur ses genoux et sans relever les yeux lui dit sur un ton n’appelant pas la réplique :
– Montre-moi.










(le 28 mars 2006 à 23h07)
Hmmm. Ce mec doit avoir le « goût » particulier du risque… à garder ainsi des revues de format rogné 11×17 si près du grand lit baldaquin.
(le 29 mars 2006 à 2h34)
au doigt et à l’oeil, évidemment …et que ca saute!
(le 29 mars 2006 à 2h34)
c’est la femme du commissaire Maigret ??
(le 29 mars 2006 à 8h57)
Il faudra penser à lui enlever la culotte…pour qu’il puisse avaler…
(le 29 mars 2006 à 10h49)
Alors qu’il n’a pu être prouvé que le dit magazine était maculé? C’est pas de l’abus de pouvoir là ?
(le 29 mars 2006 à 10h51)
Quand même !
(le 29 mars 2006 à 14h30)
Bien fait !
Ce mec n’a qu’à s’acheter un ordi comme tout le monde ! Encore un avantage du Progrés sur la Réaction….
(le 29 mars 2006 à 16h17)
L’effet fut immédiat : tu m’as fait marrer une fois de plus …
Bravo.
Point barre.
D
(le 29 mars 2006 à 20h46)
En réalité, cette femme semble tout simplement frustrée de ne pas voir son mari se toucher devant elle. A tous les coups, au final, c’est le magazine de leur fils… Une histoire bien glauque, bien comme je les aime ! ;-)
(le 30 mars 2006 à 4h19)
Pour la centième fois je vous le dis : votre écriture est de qualité supérieure. Et ce que vous nous dites grâce à elle est à la fois distrayant, touchant, et profond.
J’aimerais avoir un jour dans ma bibliothèque un recueil des meilleures histoires d’Anne Archet.
Vous croyez que c’est possible ?
(le 30 mars 2006 à 10h32)
Quand ça m’arrive, ça ne va jamais plus loin que la claque en pleine face avec la revue.
(le 30 mars 2006 à 10h47)
J’ai jamais compris pourquoi Ostide s’acharnait à lire mon blogue, qui comme chacun sait n’offre que du soft porn lesbien intello-popon avec ses sempiternelles histoires de doigts dans une chatte humide et de léchage de noune entre un poème et une analyse politique. En plus d’être phoney baloney, bien entendu.
:-)
(le 30 mars 2006 à 12h45)
Ben quoi, je passe faire mon tour une fois de temps en temps justement pour voir si ça n’a pas changé. Faut le voir comme une preuve d’ouverture et de respect, le comportement contraire aurait justement été de continuer de te dénigrer injustement sans savoir de quoi je parle.
Imagine quelqu’un qui aurait décidé de ne plus jamais écouter du Pink Floyd après leur premier album parce qu’il trouvait Syd Barrett trop fucké. Il aurait raté tous les chef d’oeuvres qu’ils ont fait par la suite. Mais il avait quand même raison de trouver Syd fucké.
Moi, c’est les scénarios de soft porn lesbien, ça me fait l’effet d’une scratche sur un disque de vinyle. On n’a pas tous les mêmes fantasmes. Comment dire, je trouve que ça fait trop « chick lit ». Trop appât à pervers. Trop culte de la femme-objet. C’est juste une opinion, ou encore une impression. J’ai le droit d’en avoir. Je trouve que c’est un grand talent qui produit des perles, mais qui du même geste se perd à jouer le jeu que le système veut bien nous faire jouer pour faire reculer la cause féministe et les relations hommes-femmes de 40 ans en arrière.
(le 30 mars 2006 à 13h26)
Féminisme, fantasme ! Les gros mots maintenants. Bon, personnellement, je trouve que les hommes ont beaucoup à apprendre sur l’art d’aimer une femme. Et ce que j’ai trouvé de mieux jusqu’à maintenant, comme petit aperçu, ce sont les sites de Anne.archet et de Cindy Bi. Merci à vous deux!
(le 30 mars 2006 à 14h23)
Je ne faisais que vous taquiner, Ostide : inutile de vous justifier.
(le 30 mars 2006 à 14h35)
Les hommes ont beaucoup à apprendre sur l’art d’aimer une femme… on croirait relire Janette Bertrand tient ce genre de propos depuis 30 ans pour expier l’odieux d’avoir joué un stéréotype de ménagère les 30 années précédentes. Mais là n’est pas le propos.
Je dénigre l’apologie de la femme-pitoune, et voilà qu’on me sort la sempiternelle accusation de l’homme-cornichon. Voilà des stéréotypes que j’abhorre, et qui sont l’objet même de la plupart des campagnes publicitaires et des campagnes de relookage corporatives actuelles.
(le 30 mars 2006 à 15h56)
On ne serait pas un tantinet réactionnaire par hasard mon cher Ostide ( Hostie de quoi au juste?)
(le 30 mars 2006 à 16h29)
Oui, le réactionnarisme est la cause qui m’anime, et je présume qu’Anne Archet me saura gré de pardonner cette incartade dans son blogue.
C’est Ostide Calisse, comme dans hostie de calice, le juron de prédilection en Haute-Gaspésie.
(le 30 mars 2006 à 18h03)
‘tain, arrêtez de vous prendre le chou, je débande !
Par curiosité quand même (plus forte que le désir, tss) qu’est ce que « phoney baloney » et ou se trouve la Haute Gaspésie, si tant est que…. ?
(le 30 mars 2006 à 18h09)
http://www.phoneybaloney.net/
OK, les compagnies outre atlantiques sont au choix:
A/ fourbes
B/ moins habiles que les notres
C/ moins efficaces dans la manipulation des consommateurs que les not’
……
oû nous mene une culotte de coton enfoncée dans une bouche…
(le 30 mars 2006 à 20h40)
Ras » Ah la la, il faut toujours traduire pour les franco-français.
La Haute-Gaspésie est une (magnifique) région où est située la réserve faunique des Chic-Chocs ainsi que les villages de Sainte-Anne-des-Monts, Cap-Chat et Mont-Saint-Pierre.
Quant à phoney baloney, ça veut tout simplement dire bidon.
(le 30 mars 2006 à 22h10)
Ça me fait penser au livre Folle de Nelly Arcan. Et ça appèle Putain par la même occasion, par la même auteure. Ouf, ces livres m’ont fait plutôt flipper.
La porno m’a personellement beaucoup touché dans ma vie sexuelle depuis mon adolescence et disons que tout ça viens me chercher. Si vous voulez plus de détails, en petit-e-s voyeurs et voyeuse que vous êtes, aller voir le lien sur mon nom, ce sont mes textes écrits depuis un petit bout.
(le 31 mars 2006 à 8h40)
Pour une fois que ce n’est pas nous qui utilisons un angliscisme, aucune moquerie ne sera tolérée ! :-)
« réserve faunique des Chic-Chocs ainsi que les villages de Sainte-Anne-des-Monts, Cap-Chat et Mont-Saint-Pierre. »
Tous ces noms inconnus résonnent à mes oreilles d’un écho tellement exotique alors que nous partageons la même langue…
(le 1 avril 2006 à 3h06)
Plus proche du « dérèglement systématique de tous les sens » de Rimbaud et d « renversement des valeurs » de Nietszche que du notable provincial qui monte à Paris pour satisafaire des côtés inassumés de sa libido, Anne Archet dans son travail s’implique , sors ses tripes . C’est un engagement non de révolutionante mais bien d’une personne qui a décidé de ne pas séparer sa pensée de sa vie de tous les jours …Alors perversion ou subversion ?
Canhard qui va retourner sa galette de vynil « Lick my decals off ,baby » de Captain Beefheart .
(le 1 avril 2006 à 6h45)
Personnellement je milite pour le décalage entre « vie quotidienne » et « pensée », comme tu dis Canhard ou plutot « vie fantasmée »….Les égos qui se frottent et s’entrechoquent sont déja assez pénibles comme ça sans qu’en plus tout le monde se sente « l’âme slave »….
(le 1 avril 2006 à 7h18)
Non non , j’ai bien dit « pensée » en tant qu’idéel et non fantasmes ,en tant qu’idéal .
Dans le même ordre d’idée on peut citer O.T.H. « y a ceux qui vivent leurs idées , y a ceux qui veulent en vivre » Il ne s’agit pas de l’apologie de l’exacerbation de l’égo mais du refus de la résignation .
Du style : » Connais -toi toi même » « Le radical de l’homme c’est l’homme « …
Enfin je voudrais pas m’avancer , je ne vois ça que de ma « fenêtre » .
(le 1 avril 2006 à 10h55)
En tant qu’ancien noctambule montpelliérain, je ne peux qu’être touché par la référence OTH….
Ceci dit, la phase de la révolte, refus de la résignation, voire « punk attitude » etc etc ça n’a qu’un temps…La preuve: Mâme Archet nous a ressorti ses fonds de tiroirs dont certains assez trash, mais ce n’est que parce que pendant ce temps là elle pouponne (moi, j’y vois un adieu à l’insouciance)….
Alors que se passe il aprés ?
(le 1 avril 2006 à 15h42)
Un problème avec les hommes ???
(le 2 avril 2006 à 9h12)
Je ne participe pas au débat.
(le 3 avril 2006 à 9h53)
Vous vous faites rare, Anne, j’en dépite dans mon coin.
(le 3 avril 2006 à 10h37)
deux ans que je lis.. premiere fois que je laisse un commentaire ..
magnifique :)
(le 2 juillet 2006 à 22h24)
C’est le désir quelque peu irréaliste de découvrir le courriel de Nelly Arcand qui m’a fait échouer sur votre site. Je n’ai pas tout lu, et j’avoue ne pas être entièrement au parfum concernant les buts et objectifs de ce site. Néanmoins, je ressens ici la création, la liberté d’être. Alors je me lance, dans le noir et la paresse de celui qui n’a pas étudié toutes les règles. Fallait-il continuer une histoire? ou en inventer une..? Qui vivra verra…
Elle n’en pouvait plus d’impatience, de rêves et d’images. Elle se consumait de désir, au sein de cet océan qu’est la foule des grandes villes. Seule, parmi des millions d’êtres… Un contact, des contacts, voilà la seule raison d’être, l’unique raison d’exister. Communion… union des esprits et des corps, inexplicable satisfaction de l’unité saine et irremplaçable.
Elle en était là, et elle allait y remédier. L’ultime but émergeait enfin, la course a la réalisation trouvait finalement son point de départ. Elle aimerait; tous, toutes, et sa joie serait puisée au fur et à mesure des contacts, des rencontres. Qu’ils s’étendent sur quelques secondes ou des années, les contacts humains seraient sa source première de nourriture émotionnelle et intellectuelle. Sa sexualité, à travers ce mode de vie, prendrait un essort extraordinaire et fascinant.