Je sortis sans bruit de la chambre et tombai nez à nez avec Louis, qui m’attrapa par le bras.
– Te voilà enfin ! Mais où donc étais-tu passée ?
– Je… cherchais les toilettes.
– Viens, j’ai quelqu’un à te présenter.
Il m’entraîna jusqu’au salon, où la plupart des convives papotaient, un verre de champagne à la main. Nous rejoignîmes un homme âgé d’une quarantaine d’années, impeccablement habillé, aux cheveux gominés, et portant périodiquement à son nez un mouchoir de coton d’un blanc immaculé.
– Marc-Antoine, je te présente Anne Archet. Elle étudie l’histoire et veut devenir écrivain.
– Enchanté de vous connaître, me dit Marc-Antoine avec une moue hautaine vaguement méprisante.
Louis se tourna vers moi et m’expliqua :
– Marc-Antoine est un nez, un des rares à exercer cette profession au Québec.
– Un nez ?
– Je travaille dans la parfumerie, mademoiselle l’écrivain, expliqua sèchement le nez.
– Il peut reconnaître instantanément n’importe quel parfum, ajouta Louis. Vas-y, Marc, dis-lui quel est le sien.
Pétrifiée, je retins mon souffle alors que le nez se pencha vers moi pour me renifler. Deux petits reniflements brefs et agressifs, aussi méprisants que la moue qu’il ne cessait d’arborer.
– Elle dégage une forte odeur de sperme, déclara-t-il après deux secondes à peine de réflexion, en me foudroyant du regard. Je suppose qu’elle vient tout juste de pomper une queue. Est-ce qu’elle avale, mon cher Louis ?
Des larmes noyèrent mes yeux lorsque que Louis, le visage cramoisi, me lança un « Salope ! » probablement bien mérité avant de tourner les talons et fuir vers la cuisine.
– Mais pourquoi lui avoir dit ? criais-je à Marc-Antoine, avant de me lancer à la poursuite de mon amant.
– La prochaine fois pétasse, suce ton mec, pas le mien, siffla-t-il les dents serrées.
Il me frappa au visage de son mouchoir avant de m’abandonner à ma migraine.










(le 17 mars 2006 à 12h53)
Black BLoc en action – Quartier latin – 16/03/2006 -
La presse ne fait que relayer les communiqués du ministère de l’intérieur: « Il s’agit de groupes d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ». LAissez nous rire.
LA suite sur
http://hirsute.hautetfort.com
(le 17 mars 2006 à 13h32)
Scusez je vais commenter l’excellent texte d’Anne ,occultant les préoccupations militantes franco- françaises , on peut ? Andy tu es plein de bonnes volonté mais tu fais débander . On parlera plus du CPE qu’Anne Archet sera considérée comme celle qui a déclenché la » vraie authentique révolution véritable » et sera l’ icône imputrescible du monde occidental . Euh , soit je me calme .
Ha oui je disais que j’allais commenter . Bah , trop fort , de plus en plus fort ,de mieux en mieux, jusqu’où s’arrètera-t-elle ?
Impressionnant .Je suis impressionné .Poiurtant j’ai pas la répûtation d’être impressionna
Euh , on fait comment pour faire comme toi ? Dis ?
(le 17 mars 2006 à 13h33)
*Pourtant j’ai pas la réputation d’être impressionnable .
(le 17 mars 2006 à 14h13)
Trop fort !
Le sperme sent décidément trop fort. Et pourtant, je n’ai point senti la chute arriver.
(le 17 mars 2006 à 15h37)
Snif, elle est triste ton histoire…
(le 17 mars 2006 à 15h46)
Bah à cause de la bète provok on en soit amené a oublié Marc Antoine … Et reepreoicheraia
(le 17 mars 2006 à 15h50)
et reprocherait aux même la fin d’une illusion ( pour faire simple , tant la confusion se plait aux jeux …)
(le 17 mars 2006 à 15h52)
Soit , oubliez moi !
(le 17 mars 2006 à 16h26)
hautement technique
(le 17 mars 2006 à 17h23)
Succulent !
(le 18 mars 2006 à 4h27)
aussi bien que Gogol !
(juste une question, « pourquoi lui avoir dit ? » est-ce que ca veut dire que Louis ne le savions point ? Dans ce cas c’est de la suce en plein sommeil paradoxal non ? et ca reveille pas les morts ?)
(le 18 mars 2006 à 5h26)
Conclusion : la prochaine fois, pensez à faire comme Scarlett O’Hara quand elle voulait cacher qu’elle avait bu : gargarisez-vous à l’eau de Cologne.
Au fait, un petit people français affirme que le sperme est la meilleure crème de beauté qui soit. Qu’en pensez-vous ?
(le 18 mars 2006 à 8h36)
Excellent ce petit texte! En quelques lignes vous imposez un contexte précis, une mise en situation, des échanges verbaux extrêmement efficaces et paf! une conclusion aussi originale que subite.
Vous m’épatez toujours. La seule chose qui soit prévisible, c’est le sujet: la sexualité, inéluctablement, de façon crue, pour bien « stimuler » le lecteur.
Les jeunes écrivaines exploitent toutes ce même filon. Le sujet rapporte à court terme, mais aussitôt arrivé, aussitôt parti. Vous mettez votre indéniable talent à risque, traitez d’autres sujets. Vous n’avez pas à suivre la mode, vous êtes plusieurs « coches » au dessus de la mêlée.
Bonne journée,
Accent Grave
(le 18 mars 2006 à 10h09)
vous noterez Accent Grave, que si les filles ont une fréquente préférence pour l’expression de l’érotisme ou des sentiments, les garçons ont un engouement certain pour les articles de « réflexions », actualités ou autres.
On retrouve finalement des postures usuelles de séductions (charme pour les femmes, intelligence pour les hommes), qui sont aussi des représentations de ce que nous considérons comme le « vrai monde », celui où il compte de vivre.
Mlle Anne : je suis d’accord avec Justine Miso, il fait un peu mal ce texte (celà dit, j’aime bien). ça tient, je crois, à Louis, que parmi vos personnages, j’avais pris l’habitude de considérer comme le viel ami, sûr, fiable, aimant… son insulte m’a choqué (mais j’avais mes sels alors je ne suis pas tombé)
faut-il que l’amour libre soit le frère siamois de la trahison?
j’ai le sentiment que lorsque l’on parle toujours d’un même thème, ça signifie aussi, que l’on cherche à dire quelque chose d’autre. Sujet sur lequel j’ai bien quelques idées, malheureusement, j’ai envie de minauder, alors je n’en dirai rien.
(le 18 mars 2006 à 13h11)
En quoi cette histoire est-elle triste, Justine Miso. ? J’aurais tendance à dire qu’elle est logique, et non triste.
(le 19 mars 2006 à 2h54)
Tomber nez à nez avec une bouche coupable d’aimer trop la vie dans son premier jet.
(le 19 mars 2006 à 11h22)
‘taing …c’était de la bonne .
(le 19 mars 2006 à 16h16)
Télépinou écrit :
> vous noterez Accent Grave, que si les filles ont une fréquente
> préférence pour lâexpression de lâérotisme ou des sentiments, les
> garçons ont un engouement certain pour les articles de
> âréflexionsâ?, actualités ou autres.
Justement, sur le même sujet j’ai eu l’idée d’écrire un article de synthèse joliment documenté. ;-)))
Lisez « Diététique » sur mon site.
(le 19 mars 2006 à 18h33)
j’ajoute pour ma part qu’il manquait l’essentiel à ma bafouille :
l’important ce n’est pas quoi, mais comment
et là…
(le 20 mars 2006 à 1h41)
*exploiter un filon ?* à part le lendemain matin effacer le filet de sperme séché sur la cuisse appréciée, je ne vois pas, soyons raisonnablement littéraires, continuons à retailler les hosties.
(le 20 mars 2006 à 6h15)
Bref et intense.
(le 20 mars 2006 à 10h35)
je viens de comprendre (enfin je crois…) !!!
je ne comprenais pas pourquoi c’était si grave de le dire à Louis, à moins qu’il n’ait été sucé dans son sommeil, mais en fait c’est un autre que lui qui a bénéficié de l’aubaine, suis-je bête !
je vais aller lire un article de reflexion pour le coup, à moins « con » …
(le 20 mars 2006 à 10h35)
une voix nasillarde : c’est ce qui s’appelle parler du nez…
(le 20 mars 2006 à 10h57)
L’expression «je ne peux plus te sentir» prend ici tout son «sens».
;-)
(le 20 mars 2006 à 15h32)
Est-ce dire que le « Nez » est non seulement capable de reconnaître l’odeur du sperme, mais aussi précisément la personne dont il provient? Sympathique personnage.
C’est le pied…
(le 21 mars 2006 à 3h15)
Voià un texte qui a comme un parfum de fleur de chataignier..
(le 21 mars 2006 à 4h36)
Moi, j’adore AA…
(le 21 mars 2006 à 10h00)
Nez en moins, elle aurait pris son pied…
(le 23 mars 2006 à 12h26)
Ralphy: mon « snif c’est triste » était un brin humoristique, néanmoins pour disserter très sérieusement sur le sujet (j’adore l’inutile), elle est triste car dans cette histoire Anne doit rompre avec son amant et qui plus est se prend une claque et l’autre abruti est également triste puisqu’il se rend compte que son copain le trompe avec une femme.. Bref, beaucoup de Vaudeville mais contrairement aux vaudevilles usuels, celui là finit mal.
Pour répondre sur « le choix du thème des jeunes ecrivaines », je ne sais pas si je suis écrivaine mais ce qui est certain c’est que le thème qui m’inspire le plus est de très loin les hommes, les femmes et les relations que l’on peut entretenir avec eux, sexe inclus… ma vie quotidienne quoi :-) Ma vie quotidienne n’est pas (j’ai de la chance) la guerre, etc… Mais je crois que même si je devais parler « d’actualité », j’en parlerai avec une vue « micro », avec des « anecdotes qui font vivre » et pas de façon analytique… J’écris pour m’amuser, pas pour obliger les autres à penser comme moi. Enfin, je crois. Ce qui est certain c’est qu’il n’y a aucun « marketting » derrière le choix de parler de fesse, il y a du plaisir et c’est tout ce qui m’importe dans ce loisir qu’est l’écriture pour moi :-)
J’M.
(le 24 mars 2006 à 12h22)
Excellent… Original et spirituel. J’ai eu du nez en m’égarant dans les parages.